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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 21:37

I. Expérience de Tafjel & Billing & Bundy & Flament

L'objectif de cette expérience était de montrer que la simple induction expérimentale d'un clivage d'une population en au moins 2 groupes « minimaux » et de peu d'importance (pas d'opposition sur des positions sérieuses, des idéaux ou des valeurs par exemple il se différenciaient par leur goût sur une couleur plus claire ou plutôt foncée) conduisait les individus à favoriser leur groupes et défavoriser l'autre.
Le fait de diviser une population en deux, même si c'est anodin induit des comportements discriminatoires.
Ca peut être « garçons VS filles », « étudiants VS enseignants » etc...
paranthèse: les médias semblent très friand de ce clivage quand il s'agit de faire passer un message négatif sur une personne ou une communauté la majoration de ce clivage est de mise!

Cette catégorisation, qu'on vérifie tout simplement au niveau de la perception (cf psychologie cognitive), l'individu la fait pour rendre son environnement complexe plus simple c'est à dire « simplifier le réel ».
Mais c'est un peu plus complexe que cela.
On observe un phénomène d'assimilation/contraste
L'assimilation est une sous estimation des différences entre les éléments d'une même catégorie
Le contraste est une surestimation des différences entre des éléments de catégories différentes.

Tafjel (1963) le met en évidence avec l'expérience suivante:

 

tafjel.jpg

 

Dans la condition H on a attribué des catégories aléatoires A et B
Dans la condition N pas de catégories
Dans la condition C, on a 2 catégories A et B en opposition (soit A les « petites lignes » et B les « grandes lignes »)
Dans les conditions H et N les sujets  perçoivent simplement des  mêmes différences de longueur entre les lignes.

Mais dans la condition C ils surestiment les différences entre les lignes « d » et « e » par exemple (catégories différentes » et sous-estiment les différences entre les lignes « c » et « d » par exemple (mêmes catégorie).


Autrement dit, une même différence de longueur, lorqu'elle implique 2 lignes de la même catégorie, est estimée comme étant inférieure à une même différence de longueur impliquant 2 lignes de catégories différentes.
Ce principe d'assimilation/contraste se retrouve aussi chez les sujets sociaux (individus) mais il y a une grande différence: Ici en plus d'une dimension cognitive il y a une dimension motivationnelle qui est l'identité sociale (on va forcément se retrouver dans une catégorie d'individus).

II. Le biais de favorisation intragroupe

Il consiste à favoriser les membres de son groupe au détriment des membres de l'outgroup opérant sur le jugement social:
« Nous les femmes, nous sommes plus intuitives» ou « Nous les hommes nous sommes plus attentifs »...

Ceci est valable sur les cognitions mais aussi sur les comportements.
L'outil de prédilection pour mettre en évidence le biais de favoritisme intragroupe : les matrices de Tafjel.
Dans notre groupe de TD nous avons utilisé ces matrices: ICI


Comme Tafjel, nous avons utilisé deux critères arbitraires.
Ici il s'agissait de la préférence esthétique sur des tableaux de Kandisky et Kleen.
Comme Tafjel nous avons fait le pari que classer les étudiants sur 2 critères arbitraires (ici la préférence esthétique) devrait conduire les sujets à favoriser leurs groupes en dépit de l'autre groupe.

Voici nos résultats (les scores attribués):

Intra                                          Inter                               Outgroup       

10,1                                           7,25                                 7,8                


Lecture des résultats:

  1> La comparaison des choix intergroupes avec les choix intragroupes et le choix hors-groupe montre que par opposition au choix intergroupe, les moyennes des choix intragroupes et horsgroupe se situent tout près du point d'équité maximale de la matrice (soit 7,5).

2>D'autres résultats montrent que les sujets qui favorisent l'endogroupe sont largement majoritaires

III. Conclusion 

La simple répartition des sujets en deux groupes (même si le clivage est anodin) entraîne des discriminations entre les membres des deux groupes.
De toute évidence, la catégorisation sociale n'est pas juste un principe d'organisation. Elle est capable de créer un comportement discriminatoire.

Pourquoi favorise-t-on notre groupe au détriment de l'autre?
Tafjel (1972): En favorisant l'intragroupe, les individus cherchent à attribuer à leur groupe une valeur positive contribuant ainsi au maintien où à l'élaboration de leur identité sociale.
Tafjel & Turner (1979 puis 1985) ont énoncé les deux principes de la théorie de l'identité sociale:
On a besoin d'avoir et de préserver une identité sociale
On y arrive en faisant des comparaisons favorables entre l'endogroupe et l'exogroupe.

Le « bonheur financier » par exemple ne serai-il pas plutôt le fait de gagner plus qu'autrui plutôt que de gagner bien tout simplement?

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 14:02

Article: ICI

I. Rappel sur la norme d'internalité

« Valorisation socialement apprise des explications des évènements psychologiques :ce que l'on fait (nos comportement)  et ce qui nous arrive/ nos expériences (renforcements) qui accentuent le poids de l'acteur comme facteur causal ».

Cette norme intervient dans les pratiques d'évaluations:
les évalués ont tendance à donner des explications internes pour obtenir une évaluation positive. C'est le paradigme de l'autoreprésentation.
Les évaluateurs montrent un biais préférentiel pour les sujets internes. C'est le paradigme des juges.

 

II. Etude de N.Dubois & F.Le Poultier

Objectif

Démontrer que la norme d'internalité ne marche pas qu'en laboratoire mais aussi en milieu écologique.

Opérationnalisation des variables

VI1: Niveau scolaire des élèves (moyen faible vs faible)

VI2: CSP (élevée vs basse)

VI3: Réponses au questionnaire (internes vs externes).

VD: Avis des enseignants sur le passage en 6 ème. Avis exprimés sur une échelle de 1 (très défavorable) à 9 ( très favorable).

En croisant les 3 VI ça donne qu'il y a 8 (2^3) possibilités combinatoires (donc 8 dossier expérimentaux),  mais on ajoute des dossiers de remplissage dans un soucis de crédibilité  (sinon les enseignants pourraient se douter de quelque chose).

Ainsi on peut avoir un élève faible de CSP basse répondait de manière interne, un élève faible de CSP basse qui répond de manière externe, un élève moyen-faible de CSP élevée qui répond de manière externe etc.


Hypothèses opérationnelles

- Les élèves qui fournissent une majorité d'explication internes obtiendront des avis plus favorable quant à leur passage en sixième que les externes=>Un biais préférentiel pour les internes.
- Les enseignants sous estimeront l'importance du questionnaire d'internalité dans leurs jugement . Ils seront non clairvoyant et n'auront pas conscience d'utiliser l'internalité dans leur jugement. Clairvoyance normative (certains d'entre nous sont plus clairvoyants que d'autres). L'internalité va jouer de manière implicite.

Résultats

tab-copie-2.jpg

légende:

- rouge : comparaison des moyennes pour l'avis de passage en sixième sous la simple influences des réponses internes ou externes.

- Bleu: comparaison des moyennes de l'avis sur le passage en sixième d'après le critère Niveau scolaire

- Vert : comparaison des moyennes de l'avis sur le passage en sixième d'après le critère CSP

- Quels effets simples?

Par analyse de la variance on voit qu'il y a un effet simple du niveau scolaire sur VD (avis des enseignants sur le passage en sixième), ce qui est normal.On verra aussi qu'il y a un effet simple de l'internalité. Aussi, aucune interaction n'est en jeu entre niveau scolaire et internalité.

On peut aussi appréhender  ces effets simples par simple comparaison des moyennes (mais pas de conclusion sans test).

Ainsi pour par exemple la moyenne des avis favorables est supérieure (m= 4,66) pour les élèves qui ont répondus de manière interne que ceux qui ont répondu de manière externe (m= 3,68), c'est très significatif (p<0,0001).

Pareil pour le niveau scolaire moyen-faible (m= 4,76) par rapport au niveau scolaire faible (m=3,58) (et p<0,0001), rien de bien étonnant.

En revanche pas de différence significative au niveau CSP.

- Biais préférentiel de l'internalité

stats.jpg

=> Ce biais préfréentiel marche mieux sur les enseignants non clairvoyants.

III. Discussion/Apports théorique

Jusqu'à présent on avait travaillé avec juste la norme d'internalité comme critère, ici on va montrer qu'elle joue même quand il y a d'autres critères et qu'elle n'est pas la pus saillante.
Cette recherche montre que dans une situation très professionnalisée impliquant des informations aussi importantes que les résultats scolaires, les élèves supposé avoir donné un maximum d'informations internes, ont suscité chez les enseignants un jugement plus favorable que les élèves supposé avoir donné un maximum d'explications externes.
=> Cette attribution de la valeur aux élèves internes est donc bien constitutive de la pratique évaluative des enseignants.
=> L'intervention de critères normatifs sous-tend l'évaluation. Critères auxquels les enseignants n'ont pas toujours accès (ils en ont pas conscience).

IV. Conclusion

La norme d'internaltité affecte l'évaluation dans différents domaines (organisations,scolaires etc)

L'intervention de cette norme dans l'évaluation permet aux évaluateurs d'inférer deux choses:
- Ce que font les gens (les comportements) est le reflet de ce qu'ils sont réellement
- Ce qui arrive aux individus (les renforcements) sont le reflet de ce qu'ils font et donc de ce qu'ils valent ( exemple du stéréotypes des chômeurs fainéants, responsable de ce qui leur arrive, « c'est bien fait »=> idéologie de la responsabilité individuelle).

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 14:41

I. L'erreur fondamentale d'attribution (Ross)

C'est la tendance des individus à sous estimer les explications externes (ou situationelles) au profil des explications internes (ou dispositionelles)

Voici un chercheur en Neuropsychologie cognitive du CNRS  :

                         3957855.jpg

    Il est peut-être en vacances et teste la coutume locale... Pourquoi ce ne serait pas possible? ;-)



On se souviendra volontiers de l'émission passée il y a deux semaines sur France 2 inspirée de l'expérience de Milgram et revisitée par Beauvois sur le pouvoir de la télé, intitulée "le jeu de la mort".

Récapitulatif:

La plupart de mes amis non-psycho m'ont dit (et ils ne doivent pas être les seuls) : "Mais ils sont tarrés ces gens, ils ont pris des malades pour leur expérience. Attends moi j'aurais jamais fait ça! C'est dingue de voir le nombre de cons!"

Comme si tous les gens chez Milgram et chez Beauvois sélectionnés étaient des dangereux psychopathes!!

Pourquoi le quidam pense qu'il ne pourrait jamais être un "bourreau" ou un " lâche sans personnalité" comme les sujets naïfs de Milgram ou dans le jeu de la mort de France 2?

Ou aussi ils diront pour l'expérience de Zimbardo, (Rappel ICI) qu'ils n'auraient jamais agis comme les gardiens.

=>C'est car les individus donnent  plus d'explications personnologiques ou « dispositionnelles » (ils vont chercher l'explication dans l'acteur) que d'explications situationnelles (ou contextuelles).

Nous privilégions donc les explications idiosynchratiques : comportement (ce qu'on fait) et renforcement (ce qui nous arrive) à défaut du contexte!

Excellentes illustrations sur le lien suivant :
http://psychologies.canalblog.com/archives/2009/09/23/15174953.html

II. Expérience

C'est l'expérience faite en TD.

Matériel expérimental: ICI.

Résultats

En moyenne on a une préférence des sujets pour le questionnaire numéro 4 et le questionnaire le moins apprécié est le questionnaire numéro 1

III. La norme d'internalité

Jellison & Green (1981)

« Ce serait l'expression d'une norme sociale qui fait accorder plus de valeurs aux sujets ayant rempli le questionnaire de manière interne, ça renverrait à une norme d'internalité.

- Cela vient de l'éducation « c'est bien vu d'endosser la responsabilité de ses actes ».

- Cette culture prédomine en Europe de l'Ouest et Amérique du Nord. Le rôle de la famille est important car il inculque l'éducation et les valeurs.

- Les internes sont mieux évalués pour la réussite sociale que les externes (il faut assumer ses actes).Cela marche même lors d'un entretien d'embauche.
- On trouve des individus plus internes (ou externes) que d'autres.

Leur hypothèse

« Si l'internalité est socialement valorisée, les évaluateurs devraient juger plus favorablement, les individus ayant répondu au questionnaire de manière interne que ceux ayant répondu de manière externe. »

Résultats

Les résultats montrent que conformément à leur hypothèse les individus les plus internes (les plus normatifs) sont jugés plus favorablement que les autres.
On pourrait dire que c'est un « biais préférentiel » pour les internes.

III.1>L'effet "PIP" (primus inter pares)

« Je suis comme les autres mais en mieux »

C'est la tendance que nous avons à nous percevoir un peu mieux que nos pairs en général mais surtout dans nos points forts.
Les sujets répondent en tant qu'évalués au questionnaire d'internalité.

Répondez en votre propre nom

Répondez au nom de la moyenne des autres individus


Hypothèse

"Si l'effet PIP est vrai on utilisera plus d'arguments internes (ou énoncés normatifs) en notre faveur car ils sont lus favorisés,  et plus d'externes en faveur des autres."

Résultats

Conformément à l'hypothèse les sujets donnent plus de réponses normatives quand ils répondent en leur propre nom qu'en nom d'autrui.
Les sujets sont "conscient" de la valorisation sociale des énoncés internes et l'utilisent stratégiquement pour servir leur intérêts. S'il n'en étaient pas conscient il ne l'utiliseraient pas de manière stratégique.

Il y a des « clairvoyants » (qui connaissent cette valorisation sociale) et d'autres non.
=> Cf entretien d'embauche (méthode de coaching)

 

III.2> Paradigme de l'auto-présentation

Le sujet répond en tant qu'évalué au questionnaire d'internalité, on demande à des sujets de répondre de manière à se faire bien voir par un évaluateur ou de répondre de manière à se faire mal voir par l'évaluateur.
Hypothèse

"Si l'internalité est socialement valorisée alors les sujets répondront plus par des arguments internes dans le but de se faire bien voir."

Résultats

Les sujets donnent plus de réponse internes lorsqu'ils doivent donner une image positive d'eux-mêmes qu'une image négative.
=> Les sujets sont donc conscient (ou perçoivent) du caractère socialement désirable de l'internalité.

 

III.3>Paradigme des juges (Jellison & Green)

On présente aux sujets des réponses de sujets fictifs à des échelles de LOC. Les sujets placés en position de juges préfèrent les sujets fictifs qui fournissent des réponses internes.

Belle illustration du paradigme des juges (cf vidéo) ICI

 

III.4>Résumé

Les explications internes sont socialement désirables
La prévalence des explications internes peut-être considérée comme l'expression d'une norme sociale: la norme d'internalité

La valorisation socialement apprise des évènements psychologiques (comportements + renforcements accentuant le poids de l'acteur comme facteur causal).

 

stop.jpg

                             Lui c'est sûr il est pas "clairvoyant"

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 14:25

Hypothèse générale
On aura une attitude d'autant plus favorable à l'égard d'un objet social, après avoir argumenté en faveur de ou défendu publiquement cet objet.

Méthode

Participants: Eleves de L2 psycho du TD de psycho sociale le mardi de 17h15 19h15 en préfa 1.3

Matéreil expérimental: ICI

Procédure:

Il s'agit ici d'étudier le changement d'attitude par l'engagement. Il convient de constituer 2 groupes:
Nous supposons ici (allez savoir pourquoi) que les élèves auront une attitude de base de type aversif envers les chasseurs.

On a utilisé un plan d'observation avant/après avec groupe témoin.

Un plan avant/après?

Un ensemble de sujets qui répondent donc au même test puis on partage ce groupe en 2.
Dans un groupe on introduit une variable et pas dans l'autre donc VI inter (« absence »; « présence).
Ici c'était la production publique d'argument en faveur de la chasse/des chasseurs.
Donc le premier groupe était le groupe expérimental et le deuxième le groupe témoin.
On dit que la VI va avoir un impact sur les scores globaux des sujets.

 

On prend 2 fois la même mesure avec le même instrument ici : différenciateur sémantique d'Osgood  qui consiste à étudier le sens d'un concept chez des sujets.
La consigne est chaque fois la même: positionner dans l'échelle les connotations que le mot ou le concept entraîne dans l'esprit.
Ce sont des échelles antinomiques bipolaires (exemple: chaleureux/Froid).


- Un groupe expérimental : il se verra remplir  une échelle d'attitude (cf matériel expérimental)  envers les chasseurs, ensuite ils devront publiquement produire des arguments en faveur des chasseurs (genre : « ils protègent l'écologie » ou « ils maintiennent les traditions » etc). Après un laps de temps où ils seront invités à faire une pause, ils reviendront remplir une seconde fois l'échelle d'évaluation.


- Le groupe contrôle quant à lui devra remplir aussi 2 fois l'échelle d'attitude envers les chasseurs mais en revanche n'aura pas à produire publiquement des arguments en faveur des chasseurs.

Plan expérimental:

VI (inter): «Production d'arguments en faveurs des chasseurs entre 2 évaluations d'attitudes »:OUI VS NON.

VD: Evolution du score d'attitude concernant les chasseurs

Hypothèse opérationnelle:

"Si le fait de produire des arguments en faveurs des chasseurs entre 2 évaluations d'attitudes influence l'attitude alors on devrait observer une évolution favorable de l'attitude moyenne dans le groupe expérimental"

Résultats:

tablo-copie-2.jpg

Moyenne témoin:
- avant: 38,5
- après: 38,9

Moyenne expé:
- avant: 37,9
- après 40,4

On est passé de 37,9 à presque pile la moyenne de l'échelle (40,5):

grf.jpg

Nos résultats semblent montrer clairement que l'engagement en faveur des chasseurs produit une modification d'attitude favorable dans le groupe expérimental. Il faudrait compléter cela par des tests statistiques pour valider les résultats.

 

THEORIE:   LE CHANGEMENT D'ATTITUDE

Ca vient d'où?

Théorie de la dissonance cognitive: (Festinger): Tout ce que nous pensons ce sont des cognitions. Et elles sont consonantes. Mais quand 2 cognitions sont en compétition elles sont dissonantes. On est donc dans un état de dissonance. LA situation de dissonance on la vit chaque fois qu'il y a des cognitions incohérentes entre elles. Situation typique : conflit entre nos attitudes et nos comportements. L'état de dissonance est insupportable pour le sujet et va essayer par tous les moyens de le réduire. Je sais que fumer ça donne le cancer mais je fume (dissonance)

On en sort comment?

Plusieurs stratégies:

On adapte nos comportements (exemple: "j'arrête de fumer")
On change nos attitudes (« bah faut relativiser tout ça, le cancer ça s'attrape pas comme ça, ils exagèrent... »)

Cette deuxième stratégie est la plus fréquente!

Expérience de Festinger & Carlsmith
On fait faire 2 tâches très fastidieuse à des  sujets: après les sujets les perçoivent effectiveent très ennuyeuses.
Ensuite on leur demande de carrément participer en tant que compère pour aider le chercheur: il faut raconter aux gens que les tâches sont intéressantes.
Le sujet va donc commettre un acte contredisant ses opinions. C'est un état de dissonance.
Dans un deuxième temps on leur refait remplir le questionnaire et ils trouvent que les tâches sont beaucoup moins ennuyeuses qu'au début (ils ont réduit la dissonance).

- « Le changement d'attitude n'est pas conscient ».

- Il  est provisoire.
- La dissonance est un état physiologique.

Quels ingrédients pour la dissonance cognitive et le changement d'attitude?

Il faut que le comportement ait un côté aversif. On doit être amené à faire commettre des actes dont les conséquences ne sont guère appréciés par les sujets.
Le fait que le sujet assume la responsabilité de ses actes: responsabilité individuelle incontestable. « je fais ça pour un euro je suis en conflit mais si je le fais pour 15 euros j'estime que mon travail mérite salaire et donc pas de dissonance, je vais légitimer mon comportement »
Le sujet doit ressentir un état de malaise psychologique et physiologique l'activation physiologique se mesure par conduction électrodermale, pression artérielle dans l'expérience de Festinger il y a eu augmentation physiologique chez les sujets libres de prendre partie pour la peine de mort et non ceux qui étaient contraints.
Il faut attribuer le malaise au comportement contre-attitudinal. (Zanna & Cooper 1974).

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 17:45


          imporvisation-marketing.jpg

                                                             "Qui prend le risque?"


METHODE:
- Savoir faire: Calcul de moyenne avec pondération (cf: cours de statistiques)

Expérience de Wallach & Kogan:
Ils travaillaient sur les positions individuelles par rapport à la prise de risque. Pour cela ils soumettaient des petits scénarii racontant l'histoire d'un individu fictif confronté à un dilemme à peu près comme ceux de la feuille ICI
Une option attirante mais risquée
Une option moins attirante mais plus sûre

Les sujets devaient conseiller cet individu en groupe, puis individuellement.
Cette expérience auraient été suivi de plus de 300 expériences analogues et permet de conclure qu'il y a un glissement vers le risque après discussion (prise de risque issue de la discussion).
Quelles conditions nécessaires?
Wallach & Kogan

3 conditions
Condition 1: Discussion + consensus
Condition 2: Discussion sans consensus
Condition 3: Consensus mais sans discussion.

"Si il y a augmentation de la prise de risque dans conditions 1 et 2 ce sera par  la discussion; si l'augmentation apparaît en 1 et 3 ce sera le consensus, et si l'augmentation se fait uniquement en 1 il faut les deux. Effectivement comme l'avait pensé Lewin c'est 1 et 3 qui marchent (même si Lewin n'a rien à voir ici mais cf: travaux sur la participation)."

=>Donc c'est bien la discussion qui induirait un changement d'attitude.

Ensuite Ellis & Spence & Olfield
Ils ont fait d'autres groupes avec des individus ayant des positions similaires ou proches et un groupe avec des individus ayant des positions très différentes.
=>Les positions initiales doivent être divergentes: l'augmentation de la prise de risque n'apparait que quand les sujets divergent.
=>Il faut qu'il y ait discussion effective (rappel)
=>Le matériel doit avoir une certaine orientation: certains scénarii étaient plus propices à la prise de risque: les situations dans lequel l'enjeu est faible entraine l'augmentation! Le match de foot ou les échecs on s'en fiche plus ou moins mais la mort si on tente de s'échapper du camp ou le l'opération risquée ça non.

Explications:(non satisfaisantes)
Wallach & Kogan:
Il y a dilution de la responsabilité en groupe (il est plus facile de vivre un échec en groupe que tout seul)= co-responsabilité (« c'est pas moi, c'est nous »). Mais si c'était le cas ça marcherait aussi dans le consensus sans discussion. Or ça ne marche pas quand il n'y a pas de discussion.

Brown (1965):
La valorisation du risque est normative: Dans nos sociétés occidentales il y a une valorisation du risque qu'on retrouve dans différents comportements mais cette valorisation on l'aime car ça entraînera une maitrise de la situation. Cela a 2 implications:
- Plus d'arguments en faveur du risque que de la prudence:
les sujets prudents dans les discussions de groupe sont « informés » qu'ils ne sont pas assez « audacieux » (déviant par rapport à la norme).
=> Donc selon Brown les plus prudents devraient montrer l'augmentation de prise de risque la plus importante. Bons nombres de résultats montrent pourtant l'inverse (corrélation r=.89, extremement fort sur le plan statistique). Cette corrélation montre que plus les réactions de départ sont risquées, plus le glissement vers le risque est important.

Pruitt (1972):
 L'individu est attiré par le risque, mais elle va être modérée par des normes sociales. Quand on est en groupe le fait d'entendre des décisions plus risquées que les nôtres va nous libérer de cette contrainte, de ce cadrage du risque.
Moscovici & Zavalloni (1969): « l'augmentation de prise de risque serait un phénomène particulier de la polarisation collective (on a tendance a extrémiser nos positions quand on se retrouve en groupe: « j'étais contre, je suis encore plus contre ».

Illustration:
  Etudes sur des étudiants français (items de Likert de -3 à 3) en 1969:
  Que pensez-vous de De Gaulle VS Américains?
3 = Extrèmement défavorable
3= Extrèmement favorable

dego.jpg

« Une polarisation vers le risque »:
Si j'avais déjà une position risquée après discussion elle le sera encore plus et si j'avais une position prudente elle serait encore plus prudente.
=> Critique: Ca marche pour le risque mais pas pour la prudence!

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 19:04

EXERCICES ICI

Exercices VI ET VD:
1.VI: type de caractère (majuscules vs minuscules): faire des mesures en INTRA mais avec un texte en majuscules différent de celui en minuscules (mais il faut le même temps de lecture).
VD: le temps de lecture en minutes.

2.VI: niveau des joueurs de tennis (débutant vs pro) INTER; VD1: exploration visuelle (en ?); VD2: temps de réaction (en ms).

3.VI: type de mode d'habitation (rural vs urbain); VD: gêne engendrée par les bruits – gêne estimée sur une échelle en 7 points (de 1 pas du tout gênant à 7 extrêmement gênant).

4.VI1 (inter): degré d'anxiété (faible vs  élevé); VI2 (inter): type de bac (L vs S).

5.VI1: fréquence des mots (INTRA: on voit les 2 types de mots), (élevé vs fréquent) et VI2: type de tâche (inter) (rappel vs reconnaissance) ; VD: nombre de mots correctement rappelés / reconnus (selon épreuve)

6.VI (intra: les sujets passent les 2 modalités): attrait de la profession (prestige VS salaire);  la VD pourrait être le rapport entre le nombre de professions choisies sur la base du salaire et le nombre de professions choisis en fonction du prestige
Exercice-type:

1.
VI1 (inter): type de source (crédible vs non crédible)
VI2 (intra): moment de la mesure (immédiate vs différé)

2. On peut observer différents effets possibles:
effets indépendant de la VI1?
effets indépendant de la VI2?
effets conjugués de VI1 et VI2 (interaction)?

=> Il y a un effet indépendant de la VI1 (type de source), le nombre de sujets qui changent d'opinions(VD) est plus élevé avec une source crédible que non crédible. Cette variable a une effet indépendant de l'autre (la moyenne de la modalité 1 est significativement supérieure à la deuxième).

=> Il n'y a pas d'effet indépendant de la VI2 car le nombre de sujets ayant changés d'opinion sera le même avec une mesure différée et immédiate. Il y a une interaction quand l'effet de la VI1 subit les modalités de la VI2. C'est pour ça qu'on fait un graphique d'interaction.
D'un point de vue visuel, (d'après le graphique). Dès que ce n'est pas parallèle on peut dire qu'il y a un effet d'interaction.

3. Les sujets seront plus influencés quand la source bénéficiera de crédibilité  que quand elle ne sera pas crédible mais cette influence ne durerait pas le temps.

4.Les sujets seront plus influencés quand la source bénéficiera de crédibilité  que quand elle ne sera pas crédible mais cette influence ne durerait pas le temps.

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 18:03


                                  360751488.jpg


                                                 MATERIEL EXPERIMENTAL ICI

INTRODUCTION
Définition:

« Une attitude représente un état mental de préparation à répondre, organisé à la suite de l'expérience et qui exerce une influence directrice sur la réponse de l'individu à tous les objets ou toutes les situations qui se rapportent à cette expérience »  (Allport).
=>il s'agit d'une disposition interne de l'individu qui sous-tend sa perception et son comportement vis à vis d'un objet ou d'une situation.

Par exemple en psychologie sociale, contrairement au sens commun, on va parler d'un comportement « agressif » plutôt qu'une attitude car une attitude ne s'observe pas.
Donc l'attitude (état mental ou disposition qui va l'amener à avoir plutôt un comportement) n'est pas observable.
Autre exemple: le racisme peut-être une attitude prédisposante d'agressivité vis à vis des gens de couleurs.
Mais l'attitude prédisposerait à un comportement. Mais on ne fait pas encore le lien: un raciste ne va pas forcément démolir son voisin de couleur.

Les psychologues ont voulut:
- connaître les attitudes
- évaluer les attitudes: pour les comparer entre différents groupes de répondants

I. Les caractéristiques des attitudes

Comment se fait-il qu'on soit raciste ou tolérant àla différence de culture (ethnie/couleur..) par exemple?

Les attitudes sont:
Issues de l'expérience, de l'éducation et des interactions sociales.
Acquises et non innées.
Stables et durables.
Parfois sensibles à certains facteurs suceptibles de les t influencer (voir même faire changer).
Polarisées (positive ou négative).

Comment mesurer les attitudes?

I.1>Les échelles d'attitudes
On construit des entretiens mais l'outil de prédilection est le questionnaire métrique ou « échelle d'attitude ».
Ce questionnaire est:
Un ensemble de propositions (ou d'items) concernant un objet ou une situation.
Les sujets sont invités à indiquer dans quelle mesure ils approuvent/désapprouvent chacune des propositions.
L'attitude d'un sujet donné est définie par ses réponses aux questionnaires.

I.1.1>Echelle de Likert
Les échelles de Thurnstone & Likert sont très anciennes, mais aujourd'hui il n'y a quasiment que l'échelle de Likert qui est utilisée et depuis... rien!
Il vaut mieux prendre des échelles paires pour forcer le sujet à se positionner. (par exemple de 1 à 6 : Très défavorable, défavorable, plutôt défavorable; plutôt favorable, favorable, très favorable. Tandis que de 1 à 5 le sujet peut prendre la médiane).

LIKERT:
- « le score global de chaque sujet est obtenu par la somme des notes affectées par le sujet à chacun des énoncés »
- « C'est donc ce score global qui me permet de placer chaque sujet sur un continuum hypothétique et de mesurer soit ses attitudes, soit tel trait de personnalité ».

exemple: attitude vis à vis de l'autorité parentale:

ech.jpg


Le matériel est un questionnaire de personnalité mais le principe est le même sauf que çela mesure un trait de personnalité plutôt qu'une attitude face à un objet/situation.

Objectif: retenir uniquement les items prédictifs du score global pour les insérer dans le questionnaire définitif:
item.jpg


- Likert: un item est prédictif du score global et sera conservé dans la version finale si:
a score global fort, score de l'item fort
à score global score de l'item faible

C'est la méthode des "groupes extrêmes".
Par exemple item 7:


item2

Ici l'énoncé est prédictif: il répond à la proposition 3 de Likert.

Autre exemple (fictif):
item3.jpg

Ici ce n'est pas prédictif (ou alors c'est prédictif pour un seul groupe mais on ignore lequel).

Autre exemple (encore ficitf):

item-4-copie-2.jpg


Ici non plus cela n'est pas prédicitif.

Exemple avec notre item 6:

item5.jpg

Ici ce n'est pas significatif : il va donc falloir faire un test statistique.

Pour cela comparons la distribution observée avec la distribution qu'on aurait sous hypothèse d'indépendance:
Nous oublierons que nous ne sommes pas en effectif suffisant pour le test du Khi 2.

Distribution observé:
obss.jpg

Distribution sous hypothèse d'indépendance:

ind.jpg

Calcul χ2 :   l χ2 = ((6-5)/5)^2 + ((5-6)/6)^2
= 0,73
Notre ddl  =(colonnes – 1) x (lignes – 1) = 1 ou (k-1) x (p – 1)

Rappel : le  χ2 calculé doit > X2 théorique
Ici:  0,73< 3,84
Donc pas de différence significative, l'item n'est pas prédictif !
Si on avait eu un χ2 comme l'autre groupe de 6,24 on aurait eu une différence significative à p< 0,05 mais également à p< 0,02 mais pas à 0,01 donc on a des résultats bétons à 1% d'erreurs.

Mais cela va-t-il dans le sens de l'hypothèse?
Les statistiques permettent de dire qu'il y a une différence,mais il faut regarder si conformément à l'hypothèse cela va dans le bon sens.
Dans les items de notre échelle, on a des items qui peuvent mesurer autre chose que la rigidité ou la flexibilité: l'item 11 par ex: « d'ordinaire je vérifie plus d'une fois que j'ai fermé la porte à clef ». Cela ne mesure pas forcément une rigidité comportementale.

Les 3 composantes de l'attitude:
Un objet d'attitude réel ou évoqué, suscite une attitude qui a 3 composantes:
affective
comportementale
cognitive
atti.jpg
La dimension affective est à l'origine de l'évaluation positive ou négative  de l'objet.

Exemple de Martine (Beauvois) :
Martine va faire les soldes, et s'arrête devant une vitrine où elle voit la robe de ses rêves (composante affective).
La dimension comportementale ce sont les intentions d'actions éveillés par l'objet : Martine réfléchit à l'usage qu'elle pourrait faire de la robe: « séduire Martin » qui trouve toujours un bon prétexte pour refuser ses invitations.
La dimension cognitive est l'ensemble des informations (croyances) sur l'objet d'attitude:  elle réfléchit au prix, à la qualité du tissus.




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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 15:55

I. Expérience de terrain
Hypothèse générale:

Les individus se pronocent moins sur le contenu informatif d'un message que sur la source dont il provient ou "peu importe ce qui est dit, on accorde plus d'importance à celui qui le dit: prestige de la source.

Hypothèse opérationnelle:
On obtiendra plus de réponses de rejet (VD) dans la condition "parti extrémiste" que dans la condition "parti centriste" (VI).

Participants: Comme d'habitude, les étudiants du TD de psycho sociale, au nombre de 38 ce jour-là.
Matériel/stimuli :  cf document
Procédure: On demande aux sujets (de plus on les présume de parti centriste ou de gauche en rapport contextuel avec l'université dans laquelle ils sont) de répondre en terme d'accord ou de rejet à 8 propositions.
On va distribuer une feuille à un groupe en leur disant qu'il répondent aux proposition d'un parti centriste (on baptise le groupe "parti centriste") et à un autre groupe qu'ils répondent aux propositions d'un parti extrémiste (on baptise le groupe "parti extrémiste").


Plan expérimental:
- VI: source du message (2 modalités: "parti centriste" vs "parti extrémiste")
- VD: degré d'accord avec chacune des propositions sur des échelles ordinales allant de 1 ("pas du tout d'accord") à 6 ("Tout à fait d'accord")


Résultats:
Tableau de données brutes:

brut.jpg


Tableau de contingence:


contin.jpg

Test statistiques:
Pas besoin de test d'indépendance pour inférer rapidement que ces résultats expérimentaux ne sont pas significatifs sur le plan statistiques.
Néanmoins opérons avec un test du χ2
- Il s'agit de voir si la différence entre nos résultats mesurés et les résultats qui auraient été mesurés sous hypothèse d'indépendance des variables sont bien dû à une influence d'une des variables où à une fluctuation d'échantillonage et ne diffère pas sur le plan statistique d'une distribution au hasard.



χ2= ∑ (1≤i≤ et 1≤j≤p) tij2 ou = (1≤i≤ et 1≤j≤p) ((nij-ñij))   2
                                                               ______
                                                                  √
ñij

χ2= 0,24 pour un seuil d'erreur de (ddl = (k-1)x(p-1)= 1) de 0,1 d'erreur (1%)
Le seuil d'erreur acceptable est de 0,05 soit χ2(Ð) = 3,84
Si χ2 (D)>
χ2(Ð) alors les 2 groupes diffèrent statistiquement.
0,24<3,84, donc pas de différences sur la plan statistiques.
Inutile d'aller plus loin avec d'autres tests...

Notre hypothèse n'est pas validée ici et on la rejette partiellement (il va falloir tester d'autres échantillons)!

II. Le conflit d'identification
II.1>Prestige de la source (Rouquette, 1994 : inspiré de Lorge, 1936).
Citation: " Le bienfait et la nécessité dans le monde politique d'une petite rébellion de temps à autre"

VI: Source du message (condition Jefferson VS condition Lenine).
VD: mesure du degré d'accord (avec la citation).
Groupe Jefferson: en majorité en accord (les sujets pensent qu'elle est de Jefferson).
Groupe Lenine: en majorité en désaccord (les sujets pensent qu'elle est de Lenine).

Pour Lorge, l'évaluation de l'opinion d'une personne dépend du prestige attribué à son auteur.

II.2>Changement des perceptions du message (Asch)
Le fait de connaître l'auteur d'un message conduit à une réorganisation cognitive. Quand on connaît cet auteur, ça affecte le contenu du message lui-même. Pour le même message on aura pas la même perception, et on ne comprendra pas exactement la même chose.

Asch refait l'expérience Jefferson/Lénine et obtient les mêmes résultats et demande ensuite aux sujets de faire une petite dissertation pour expliquer ce qu'ils ont compris du message:

Ils n'ont pas compris le même message selon la condition et justifient le mot "rébellion" très différement:
- Groupe Jefferson: Réforme, changement,non-violence, ils soulèvent bien entendu l'adjectif "petite"
- Groupe Lénine: Chaos, révolution, et sous-estiment l'adjectif "petite"

II.3>L'évitement du conflit d'identification
Perez & Mugny (1989): théorie de la dissociation.
Selon eux le fait d'approuver ouvertement une source ne signifie pas seulement accorder une valeur à ses opinions mais implique aussi d'endosser les attributs de cette source (se déclarer d'accord avec une opinion nazie signifie pour l'individu qu'il est lui-même proche de l'idéologie nazi). L'identification avec une telle source conduit à un coût symbolique puisque le fait de s'attribuer les caractéristiques de cette source est incompatible avec le maintien d'une identité sociale positive.
D'où une recherche de différenciation envers la source. On donne donc des réponses divergeantes de celle de la source et pas forcément son avis.
L'activité cognitive est occupée à la différenciation donc on ne traite vraiment le contenu du message, on le rejette en bloc.

Lemaire (1975) : "on traite de façon unilatérale le message.  Processus de dissimulation. Stratégie de différenciation sociale qui montre que le sujet peut se montrer en désaccord avec des idées/opinions pour lesquelles il est en accord ou qu'il partage habituellement.
Le sujet rejette en bloc des opinions qu'il partage habituellement.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:10

     ARTICLE  "LA PSYCHOLOGISATION" ICI


Questions

1>Quelles sont les stratégies de résistance au changement? (lignes 50-52)
la psychologisation: on va associer le message aux caractéristiques psychologiques, comportementales de la source du message (c'est un « parano », un « raciste » etc...). Et c'est comme ça qu'on l'explique. On établit un lien entre le discours et le comportement
(l211-218).
•  Le déni: On va « travailler » sur le contenu du message pour trouver des arguments contre, on va essayer de trouver une contre-argumentation, et déterminer le caractère invraisemblable des propos/arguments. (l 228-233)

2> Ces stratégies marchent-elles? Et si oui de manière manifeste (immédiate) ou différée?
tab-copie-1.jpg

Celle qui est donc efficace à long terme est la psychologisation.

3>Pourquoi ces stratégies ont des effets différents au niveau latent? (lignes 107 à 121)

4>Objectif de l'étude
Objectif de Mugny & coll:
Si la psychologisation est la seule stratégie véritablement efficace pour lutter contre l'influence minoritaire alors les sujets devraient utiliser préférentiellement cette stratégie pour résister à l'influence des minorités.

5>Comprendre l'expérience/méthode

- Plan expérimental:

VI1: Origine/source du message (majoritaire VS minoritaire).
VI2: Position par rapport au texte (POUR VS CONTRE).

- Procédure:

Les expérimentateurs ont fait leurs investigations chez des Grecs où ils ont joué sur des aspects numériques de la population. On doit défendre un texte majoritaire ou minoritaire et rejetter un texte majoritaire ou minoritaire. On a donc un plan factoriel en ce qui concerne les modalités des VI.
2X2. Avec des variables (VI1 et VI2 )intersujets.
tab2.jpg
VD: Degré moyen d'intention d'utiliser les arguments.

- Critique:
Réfutabilité/Test des résultats (cf document)

- Hypothèses:
Hypothèse1: Les arguments de type psychologisant seront davantage utilisés par les sujets devant rejeter un texte minoritaire (condition 4)
Hypothèse2: Ces arguments de type psychologisant devraient aussi être plus utilisés par les sujets devant défendre une majorité (condition 1).

- Résultats:
    results.jpg

La variance représente l'homogénéité ou non de la distribution

Attention on a un effet simple de la VI1 + Un effet simple de la VI2 donc on a un effet d'interaction. Exemple d'effet d'interaction: « Le comportement psychosocial ne peut être étudié en dehors du contexte social ».


- Traitement des résultats tout arguments confondus:
Effet simple de la VI position (pour vs contre)?:
simple.jpg
    Figure 1 : "Degré moyen d'intention d'utiliser les arguments pour supporter ou rejeter les idées majoritaires ou minoritaires.
Il y a une interaction entre la source et la position (cf figure 1) étant statistiquement significative selon les auteurs. On a donc un effet simple. Quelque soit la nature du texte les sujets utilisent plus d'arguments pour défendre X= 4,15) une idée que pour la rejeter (X = 3,84).

Effet d'interaction:

    Cliché 2010-02-21 22-30-54

Pour pouvoir comparer il faut que ça diffère sur au maximum un seul point, par exemple on ne peut pas comparer ceux qui sont pour une majorité et ceux qui sont contre une minorité.

Comparons les « pour »  :
Les sujets donnent plus d'arguments pour défendre une majorité (4,56) que pour défendre une minorité (3,77).

Comparons les « contre »:
On donne plus d'arguments pour rejeter une minorité (3,84) que pour rejeter une majorité (2,87)

Condition majorité:
Les sujets utilisent plus d'arguments pour défendre une majorité (4,56) que pour les rejeter (2,87).

Condition minorité:
Autant d'arguments pour rejeter (3,84) que pour défendre une minorité (3,77).

Il y a 2 conditions qui génèrent une grosse production d'arguments:
pour défendre une majorité
pour rejeter une majorité


- Arguments psychologisants:

psych-copie-1.jpg

  Condition « pour »:
Les sujets utilisent plus d'arguments psychologisant pour défendre une majorité qu'une minorité

Condition « contre:
on utilise plus des arguments psychologisant pour rejeter une minorité qu'une majorité.

Condition majorité:
on utilise plus d'arguments psychologisants pour défendre une majorité que pour la rejeter

Condition minorité:
On utilise plus d'arguments psychologisants pour rejeter une minorité (3,98 )que pour la défendre (3,10).


6>Discussion
- Quelle que soit le type d'argument, (fig 1 et 2) les individus utilisent plus volontiers des arguments défavorables à une source minoritaire qu'à une source majoritaire. Ceci est d'autant plus vrai qu'il s'agit d'arguments psychologisants.
Cette utilisation préférentielle des arguments psychologisants constitue bien une stratégie mise en oeuvre par les sujets pour résister à l'influence des minorités.
H1 Validée.

- Ces arguments psychologisants sont utilisés pour défendre une majorité: H2 confirmée!
- La psychologisation opère comme résistance à la minorité et comme soutien à la majorité.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 16:08

                               ARTICLE  "LA PSYCHOLOGISATION" ICI

I. Critères d'acceptabilité pour la publication d'un article scientifique:

I.1>Intérêt et cohérence:

- L'étude intéresse t elle le secteur couvert pas la revue? On envoie le manuscrit à la revue qui publie ces thématiques là.
- La recherche s'appuie-t-elle sur l'état actuel des connaissances? (on ne refait pas la même étude, on prend en compte les publications validées les plus récentes)
- Apporter sa pierre à l'édifice: les résultats apportent ils quelque chose de nouveau par rapport à ce que l'on sait déjà, à ce qu'on a déjà démontré.

I.2> Robustesse et validité

Robuste sur le plan méthodologique (population non homogènes, variables parasites, expériences non appropriées, traitement statistique non approprié, indicateurs (VD) mesurés).

I.3>>Réfutabilité des résultats

En science on reconnaît comme résultats les données qui sont potentiellement réfutables: on doit pouvoir répliquer l'expérience et une manipulation à l'identique.

I.4>Innovation

- Qu'apporte l'article de nouveau?

II.Structure d'un article empirique:

En psychologie on a la norme de publication APA (American psychology association).

II.1>Introduction: délimitation de l'objet de recherche
On fait l 'état des lieux, et on monte une problématique pour légitimer notre étude où alors on peut monter une explication alternative. Ici l'article montre comment nos performances peuvent être influencées par nos croyances auto-référées. Les attentes négatives nous auto-handicapent.


II.2>Méthode: décrire l'expérience de manière plus que précise:
- Les participants (ou sujets)
- Procédure expérimentale
- Résultats
- Conclusion/Discussion des résultats: on termine en général avec des idées ou des études pour aller plus loin....


III.Pourquoi formater les articles si rigidement?
Faciliter la lecture et le repérage pour le scientifique/le chercheur/le lecteur.


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