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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 00:00

   


                                        




L'INFLUENCE SOCIALE

I.La Conformité ou le conformisme


La conformité est l'idée qu'une personne modifie sa position et ou ses idées dans la direction de celle du groupe.

Un des aspects centraux de l'influence sociale est que nous ne nous basons pas sur notre propre expérience seulement pour définir ce qu'est la réalité. Nous nous reposons également beaucoup sur les idées des autres. De façon générale, nous sommes sensibles aux points de vue des hommes, et donc nous sommes dans une situation difficile quand nous n'avons pas les mêmes points de vue.

Quand nous ne sommes pas d'accord, la solution la plus simple est de s'en remettre à l'avis des autres, de se rallier à leur point de vue.

I.1>L'épreuve de ASCH, 1951.

Le but de Asch était de voir quels sont les facteurs qui amènent les individus à céder à la pression d'un groupe. Dans ce cas précis, le groupe propose une réponse incorrecte.

Expérience : Tâche de comparaison de longueur de segments, il y a 3 segments de longueurs différentes et le sujet doit dire lequel des 3 segments est de même longueur que le segment étalon. Il s'agit d'une tâche évidente qui ne comporte aucun risque d'erreur majeure. Des groupes sont constitués, chaque groupe est formé de 7 personnes et d'un sujet naïf. Les autres sont tous des compères qui ont reçu l'ordre de donner des réponses incorrectes unanimes (12 essais sur 18). La position du naïf est qu'il répond toujours en avant dernier, cela nous montre qu'il est exposé à la pression du groupe.

Résultat : Asch comptait observer une résistance de la part des sujets naïfs, mais c'est le contraire. Sur les 12 essais, il y a 37% de réponses conformes à celles du groupe et 75% qui répondent segment 3 (ce qui est la bonne réponse) au moins une fois.

Conclusion : Se conformer ne se fait pas tout seul, ce n'est pas une solution facile. Cela se fait à la suite de tout un raisonnement de la part du sujet. Dans le raisonnement, il y a énormément d'arguments sociaux.

I.2>Les facteurs qui influencent le conformisme.

Premier facteur : Les caractéristiques individuelles sont des caractéristiques propres au sujet (sexe, nationalité, culture, âge) qui peuvent influencer sur sa façon de réagir dans une situation donnée.

Expérience :C'est une comparaison culturelle de l'influence dans les sociétés primitives.

Les Temmes de Sierra Leone sont des cultivateurs dont l'économie est basée sur une accumulation de nourriture. Les esquimaux de l'île Baffin sont des chasseurs et pêcheurs qui n'accumulent pas la nourriture mais la cherche en cas de besoin. Ces 2 sociétés primitives subissent des tests de perceptions visuelles, toujours compères et naïfs. Les Temmes se conforment plus que les esquimaux.

Conclusion :Ils sont plus dépendants les uns des autres donc l'expérience montre ces interactions. Les esquimaux ont une conscience individuelle, ils sont habitués à être indépendants. La conclusion est qu'il y a des différences qui relèvent de l'appartenance culturelle.

Deuxième facteur : Caractéristique du groupe

Il y a deux grandes caractéristiques : Taille du groupe, pour qu'il y ait conformisme, il semble qu'il faut qu'il y ait un minimum de compère dans le groupe. Selon Asch, le conformisme augmente jusqu'à ce qu'on atteigne le nombre de 3 compères et au-delà, on atteint un palier.

L'unanimité du groupe, cela correspond au nombre de compère qui répondent incorrectement. Ce qu'on observe, c'est que la présence d'un seul compère qui donne la bonne réponse réduit d'une façon très importante la conformité par rapport à la situation précédente.

Troisième facteur : Relation entre l'individu et le groupe.

Niveau d'interdépendance de l'individu et du groupe au niveau des récompenses. Le conformisme est plus grand quand les membres du groupe travaillent en vue d'une récompense commune que lorsqu'on a prévu des récompenses individuelles. L'attrait du groupe, la conformité est plus grande quand le sujet considère le groupe comme attrayant. Le sujet doit être sûr d'être accepté par le groupe et il faut qu'il pense que cette acceptation sera plus grande s'il se conforme.

Statut du sujet dans le groupe. Les sujets qui ont un statut intermédiaire par rapport au groupe vont plus se conformer que ceux qui ont un statut élevé et que les personnes à statut inférieur.

I.3>Pouquoi se conforme t-on aux idées d'autrui ?


Dans les situations de conformisme, l'individu cherche toujours à donner la meilleure réponse possible. Double conflit, désir d'objectivité du sujet face à l'environnement se fier à ses sens et ses perceptions par rapport au désir de ne pas se mettre en marge du groupe. On remarque que les sujets sont souvent prêts à faire des concessions et peuvent aller jusqu'à taire leur point de vue pour l'ambiance du groupe.

Deutsch et Gérard, 1955. Le sujet est en proie à 2 types d'influence : Influence informationnelle, prendre en compte les opinions d'autrui pour en savoir plus sur la réalité. Cela s'exerce surtout chez les sujets qui ont peu de confiance en eux et en leurs idées et des sujets qui perçoivent les autres comme plus compétents.

Influence normative, on se conforme parce qu'on cherche l'approbation sociale. On cherche à avoir le maximum de récompenses surtout si elles viennent du groupe. A éviter les remarques négatives que pourrait infliger le groupe.

D'autres expériences ont été réalisées : Levine, 1980.

Conclusion : Les membres d'un groupe n'aime généralement pas les déviants et dès lors qu'un sujet propose un argument différent du leur, ils ont tendance à le rejeter. Il s'agit d'une influence qui se réalise quand le sujet doit répondre en public (plutôt qu'en privé) car le sujet se sent surveillé par les autres et quand le sujet attend des interactions futures avec les membres du groupe.

II.L'obéissance

L'obéissance est que l'idée qu'un individu modifie son comportement afin de se soumettre à l'ordre direct d'une autorité.

II.1>Les travaux de Milgram (1963 – 1974)

Expérience : Effet de la punition sur l'apprentissage avec des électros chocs.

But : Créer une situation inédite dans laquelle un sujet isolé se trouverait piégé entre ses convictions intimes et la pression d'une autorité. Une personne sur 1 000 pourrait aller jusqu'au bout de l'expérience.

Résultat : Niveau moyen des chocs avec 368 V (max : 450 V). 62,5% des personnes ont été au bout de l'expérience. Milgram a analysé les vidéos des expériences. Les sujets montrent des signes d'anxiété, d'angoisse, de nervosité et ne sont pas anti sociaux.

II.2>Les facteurs de l'obéissance

La puissance de l'autorité. On observe que quand les consignes sont données par téléphone, l'obéissance du sujet diminue à 25%. Quand l'expérimentateur joue le rôle de l'élève, le sujet désobéit à chaque fois. Quand l'expérimentateur s'absente et qu'il est remplacé le taux d'obéissance est de 20%.

Les résultats montrent que la puissance de l'autorité est manifeste à condition que la personne qui représente l'autorité est présente et scientifique. Milgram modifie l'expérience dans un lieu délabré, il y a 48% d'obéissance.

La proximité physique de la victime. Il y a 4 conditions : Eloignement : Dans 65% des cas, le sujet est dans une pièce voisine attaché.

Rétro action de la voix : Dans 63% des cas, le sujet crie jusqu'à 1315 V.

Proximité : Dans 40% des cas, le sujet est dans la même pièce.

Proximité tactile : Dans 30% des cas, il faut tenir la main de l'autre.

Les taux d'obéissance diminue à mesure que la victime se rapproche du sujet. Mais la confrontation immédiate avec la souffrance et la douleur n'est pas suffisante puisqu'on a encore la moitié des sujets qui continue à donner les chocs.

Présence d'une contestation des autres membres. On fait intervenir 2 autres sujets censés nous aider, le premier sujet conteste quand le naïf donne 150 V et le deuxième à 210 V refuse d'obéir. Seulement 10% des sujets vont au bout, la rebellions gagne les naïfs.

II.3>L'obéissance sur un plan théorique

Deux étapes psychologiques : Etat d'autonomie – Etat d'agent.

Dès lors que le naïf se glisse dans le personnage du professeur, il met en veilleuse ses obligations sociales et quitte l'état d'autonomie qui normalement le fait considérer comme un individu à part entière. Dans un état d'autonomie, on se sent responsable de ses actes et on se sert de sa conscience pour guider son comportement. Dans un état d'agent, le sujet se considère comme faisant partie d'une structure hiérarchique, il considère que les hiérarchiques sont responsables des actes du sujet. Il se sert des ordres de la hiérarchie comme guide des actions correctes.

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent nous faire passer du stade d'autonomie à celui d'agent : Le fait d'avoir reçu des récompenses antérieurement. Le fait de percevoir la séance de façon très positive. Le fait d'estimer que les expériences sont légitimes.

Il existe des facteurs favorisant le maintien du sujet à l'état d'agent : Crainte de froisser l'autorité. L'inquiétude devant la désobéissance. La croyance que l'autorité est légitime.

Tendance à blâmer la victime. Expérience de Lerner (2ème interprétation). Si quelque chose de négatif arrive au sujet, c'est qu'il le mérite et qu'il a fait quelque chose qui justifie son malheur.

Expérience de Meeus et Raaïtmakers, 1986. Expérience du type de Milgram.

Effet du stress sur les performances. Entretiens de candidat chômeurs pour un job. On fait une remarque négative pour troubler le sujet.

91% vont jusqu'au bout.

46% quand l'expérimentateur s'en va.

15% quand il y a des sujets avec nous.

45% attribue la responsabilité de leur comportement à l'expérimentateur.

22% dise que c'est la faute du sujet.

33% reconnaissent l'état d'autonomie.

III.La normalisation
I.1>Définition

La normalisation est l'interaction d'individus ou de groupe qui aboutit à un compromis et à un nivellement des positions respectives. C'est une conception qui diffère des 2 processus précédents d'influence sociale dans le sens où le conformisme et l'obéissance font référence à la pression plus ou moins explicite d'un individu ou d'un groupe sur un autre individu. Alors qu'avec la normalisation, on a une pression réciproque qui s'exerce au cours des échanges entre les individus et qui vise à dégager une norme de jugement acceptable par tous.

I.2>Expérience de Sherif, 1935

Objectif : Montrer comment les interactions entre plusieurs personnes font émerger des produits originaux qui vont constituer des règles de conduites et des échelles de référence communes.

Protocole : Les individus sont confrontés à des stimuli ambigus. Il faut fixer un point lumineux dans le noir à quelques mètres. Les sujets pensent voir bouger le point lumineux. L'estimation de l'amplitude des mouvements est variable et il se crée une norme personnelle. Au fur et à mesure des essaies, les sujets sont arrivés à une norme collective. En passation individuelle, chaque sujet fait preuve de grande variation dans ces estimations puis se crée au fur et à mesure une norme personnelle dans la même fourchette de donnée. Quand on fait des passations en groupe, on constate la formation d'une norme collective. Puis, on interroge à nouveau les sujets individuellement et on observe qu'ils continuent de répondre avec la norme collective. Une norme s'est crée dans le groupe et elle a véritablement été intériorisée par les sujets.

Conclusion :
C'est un processus qui s'établit plus lentement lorsque l'on fait un pré test individuel, on met les sujets directement en groupe. Lorsqu'il y a eu passation individuelle, il faut que le sujet efface son propre point de vue pour laisser place à la norme collective. Il parle d'une influence mutuelle et il explique qu'il s'agit de la conséquence d'une application sincère des différents membres du groupe dans l'élaboration de la norme. Chacun ressent la norme de façon positive puisqu'elle a été crée ensemble et la norme apparaît alors comme solide d'où l'impact prolongé de la norme sur le comportement des sujets.

IV.L'innovation ou l'influence des minorités.
IV.1>Généralités

De façon générale, on est tenté de concevoir le but de processus d'influence sociale comme étant essentiellement de réduire les divergences entre les individus. L'influence sociale s'exercerait surtout dans un sens unique du groupe vers l'individu.

Avec les expériences de Moscovici, on va voir apparaître une autre forme d'influence sociale, l'influence minoritaire. A partir de là, l'influence sociale admet une deuxième caractéristique qui est la possibilité de changement en laissant l'individu exprimé ses propres points de vues.

L'influence minoritaire est l'influence exercée par un individu ou un petit groupe à l'encontre de l'ensemble du groupe auquel il appartient et avec lequel il manifeste un conflit. Si l'influence s'exerce, on parle de minorité agissante.

IV.2>Expérience de Moscovici sur l'influence perceptive (1969)


Tâche de perception et d'évolution de la couleur d'une diapo unicolore.

Protocole initial : Les sujets sont en groupe de 6 personnes. On demande de dire à haute voix la couleur de la diapo qui est devant eux. On projette toujours la même diapo qui est de couleur bleue mais on change le taux de luminosité. Le groupe est composé de 4 sujets naïfs et de 2 compères qui sont soit en première et en deuxième position soit en première et en quatrième position. Les compères vont être la minorité et doivent répondre vert tout le temps alors que c'est bleu. On a invité tous les sujets à passer un test de daltonisme ce qui va renforcer le doute chez les sujets naïfs.

Résultats : On note un effet d'influence relativement faible puisque sur l'ensemble, on a seulement 8,42% de réponse verte. A partir de ce résultat, Moscovici a demandé au sujet d'établir une frontière entre la couleur bleue et la verte. Il leur montre 16 diapos où il y en a 3 qui sont franchement bleu, 10 qui sont échelonnées du bleu au vert et 3 qui sont franchement verte. Il observe que les sujets naïfs tendent significativement à attribuer la couleur verte à des diapos que les sujets du groupe contrôle continue à apercevoir comme bleu. Il explique que cela révèle la marque d'une influence sous terraine dont les individus ne sont pas conscients, c'est un effet latent qui va s'inscrire de façon assez profonde chez le sujet.

Protocole qui vise à tester l'effet de consistance. Les compères vont toujours donner la même réponse. Les sujets sont toujours en groupe de 6, on leur présente toujours 36 diapos bleues qui vont différer par les différences de luminosité. Il y a 3 compères 3 conditions : Condition expérimentale dite consistante où les compères répondent vert 24 fois et bleu 12 fois. Condition contrôle ou tous les sujets sont naïfs.

Consistante : 8,42%

Inconsistante : 2%

Contrôle : 0,25%

Conclusion : Tout indique que le comportement ferme de la minorité instaure le doute qu'en à la perceptive majoritaire, signal l'existence d'un point de vue alternative, démontre l'attachement de la minorité à se positionner, annonce que le seul moyen de sortir du conflit et de prendre en compte le nouveau point de vue.

IV.3L'influence minoritaire sur un plan théorique.

Selon Moscovici, la minorité lorsqu'elle donne un point de vue divergent force les membres de la majorité à se lancer dans un processus de validation c'est à dire qu'ils vont essayer de comprendre pourquoi la minorité avance un tel point de vue et donc ils vont examiner ce point de vue de façon approfondie pour essayer de valider leur propre point de vue.

Moscovici défend l'idée qu'à un contraste entre influence majoritaire et influence minoritaire. Influence minoritaire : On aurait un traitement cognitif scrupuleux des informations avant que l'influence ne s'opère. Influence majoritaire : On a un traitement plutôt superficiel et donc pour exemple dans l'expérience de Asch sur les segments, on a vu que les sujets ne traitent pas l'information donnée par les autres sujets, il se focalise sur les aspects sociaux de la situation.

Selon Moscovici, la minorité agissante se définit par 5 styles de comportements et c'est l'interprétation de ces styles de comportement de la minorité par la majorité qui permet à l'influence d'opérer. Les 5 styles sont : Investissement, c'est l'importance que le sujet ou la minorité accorde à son objectif ou à ses idées.

Autonomie, c'est l'indépendance du jugement et des attitudes et cela reflète la détermination selon ses propres principes.

Consistance, c'est le fait de maintenir toujours la même idée.

Rigidité. Moscovici explique qu'un comportement qui se situerait à mi-chemin entre la rigidité et la souplesse serait le meilleur moyen pour influencer quelqu'un.

Equité, elle rend compte du souci de la minorité d'établir des relations réciproques avec la majorité.

Conclusion : L'influence minoritaire ne s'exerce que dans des conditions limitées mais elle est tout de même réelle. On peut juste dire que c'est une question de temps.


Source de l'article: http://pagesperso-orange.fr/alex.g/psycho/d2/influence.htm

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 15:02

L'expérience princeps de Milgram à travers la fiction : "I comme Icare":








Plus tard:


                        
                  
                                        



Source de cette vidéo: canalblog.fr




Aujourd'hui

L'expérience de Milgram revisitée par Beauvois. Ici on teste la soumission à l'autorité de la TV. Quel est son pouvoir réel?
Début du reportage:
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