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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 19:22

Les destins de la pulsion vont nous permettre de mieux comprendre ce qu'est une pulsion, de quoi elle est constituée..

                          Les destins de la pulsion 

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La sublimation

C'est le destin auquel nous sommes le plus soumis. Une pulsion sexuelle ne peut jamais être totalement réalisée nous l'avons vu, car elle se confronte aux pulsions du Moi qui prennent compte elles de la réalité, du monde dans lequel nous vivons.

Dans l'exemple amusant (sinon j'aurais essayé...) de l'article précédent, je fais de la sublimation. Ma pulsion sexuelle (principe de plaisir) ne peut être totalement réalisé car confornté aux pulsions du Moi (principe de réalité), alors il va bien falloir faire un compromis. Dans l'exemple précédent j'ai mis ma pulsion sexuelle au service de mon imagination fantasmatique en me donnant tout de même une possibilité d'observation.

Je sublime quand je joue de mon instrument de musique, quand je caresse le chat, quand je parle mal de quelqu'un que je ne supporte pas, quand je joue au tennis avec un copain.

 

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Le retournement de la pulsion sur la personne propre (changement de l'objet de la pulsion)

Cela dépend de l'organisation narcissique que nous allons voir plus bas. Plus il y a narcissime (plus on s'aime soi même) plus on va se privilégier comme objet de notre pulsion.

C'est essentiellement les comportements de voyeurisme (pulsion scopique active) et d'exhibitionnisme (pulsion scopique passive) qui ont fait supposer à Freud l'existence du narcissisme. La pulsion à but passif témoigne d'un retour à l'objet narcissique c'est à dire le Moi.

Le narcissique a une libido plus narcissique qu'objectale.

Illustrons-le aussi avec le sado-masochisme...

Le masochiste est plus narcissique que le sadique:

En admettant que la douleur puisse être source de plaisir le sadique s'identifiera à celui qu'il tourmente. On pourrait dire qu'il s'aime "indirectement".

Mais le masochiste s'identifie au sadique (il lui laisse assumer son propre rôle puisqu'il ne peut le faire lui-même) et donc par cette identification c'est comme si il s'aimait soi-même. On pourrait dire par cette identification "qu'il s'aime directement" puisqu'en s'identifiant l'autre c'est comme s'il s'aimait soi-même.

Donc dans les deux cas on jouit de l'excitation sexuelle qui accompagne les tourments mais on peut dire que le masochiste en jouit plus "égoistement", en fait plus narcissiquement.

 

Le renversement de la pulsion en son contraire (changement de but)

Le renversement de l'activité en passivité: c'est une étape logique suivant nécessairement le retournement sur la personne propre.

- Je veux infliger de la douleur à autrui (produire de l'excitation sexuelle)

- Je veux qu' autrui ce soir moi (changement d'objet, donc retournement sur la personne propre)

- Donc la pulsion est transformé en son contraire: Je veux avoir mal

Le renversement de contenu d'une motion pulsionnelle: Cela ne concerne que la transformation de l'amour en haine. La pulsion ne connait que deux choses (plaisir et déplaisir). Ce renversement explique l'ambivalence des sentiments humains (on dit bien que la haine est une forme d'amour).

Le renversement de la pulsion en son contraire ne concerne qu'une partie du quantum ( à comprendre comme force) de la motion pulsionnelle, il y a toujours une partie non transformée (ambivalence).


Le refoulement

C'est ce destin de la pulsion, chef d'orchestre de la névrose et des irruptions de l'inconscient qui va nous permettre d'en savoir plus sur la pulsion elle-même.

Nous avons vu que les motions pulsionnelles de la sexualité se heurtaient à des résistances du moi en raison du principe de réalité. Ces résistances (pulsions du Moi) rentrent donc en conflit avec la pulsion sexuelle.

 

A partir de maintenant on parlera de « pulsion » pour désigner la pulsion sexuelle et de « résistance » ou « censure » pour désigner les pulsions du moi.

 

Donc les résistances cherchent à rendre la pulsion inefficace et cherchent à refouler le représentant psychique (Vorstellung) mais jamais directement, par le truchement de  représentations qu'il contient et qui essaient de se frayer un chemin à la conscience...Pour cela elles vont envoyer un signal de déplaisir à l'appareil psychique qui refoulera le représentant psychique (représentation ou groupe de représentations de la pulsion), on va y revenir...

Freud dit « le concept de pulsion nous apparaît comme un concept limite entre le psychique et le somatique, comme le représentant psychique des excitations issue de l'intérieur du corps et parvenant au psychisme, comme une mesure de l'exigence de travail qui est imposé au psychique par suite de sa liaison au corporel »

Appelons les excitations du corps « quantum d'affect » (en gros sommation des forces que représente l'excitation) et son représentant dans le psychisme « représentant psychique », c'est une image de mémoire, trace mnésique comprenant une ou plusieurs représentations.

On l'appellera « représentation de chose » quand la représentation est dans le système inconscient ou préconscient (ce sont essentiellement des images mnésiques, ça peut être aussi des sons, voire des odeurs...). Quand cette trace devient consciente elle devient une « représentation de mot ». Mais nous reverrons ce point là qui nécessite à lui seul un article.

Donc un quantum d'affect lié au représentant psychique (représentation ou groupe de représentation). En gros on se représente toujours l'objet de notre quantum d'affect (représentation) car celui ci est indispensable à son but.

Illustrons ce dernier point comme ceci nous allons remonter plus tard à cette construction:

 

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                                        Comment cela se fabrique-t-il?


Le refoulement originaire

 

- Un quantum d'énergie libre (quantum d'affect) va être confronté à une représentation originaire (qui deviendra le Vorstellung), conséquente à une suite de perceptions (au hasard: la tétée par exemple), qu'il va essayer d'imposer à la conscience.

 

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- Mais cette représentation originaire, en raison de la censure (imposée par les pulsions du Moi) va subir l'effet d'un tout premier refoulement déterminant, le refoulement originaire elle est refoulée dans l'inconscient et va venir se lier au quantum d'affect:

 

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- Notre pulsion est désormais composé d'un quantum d'affect lié à une représentation originaire (le Vorstellung) et cette représentation originaire formera le représentant psychique de la pulsion.

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- Mais plus tard le sujet va avoir des « perceptions » ( ce terme c'est moi qui l'emploi) dont certaines de par leur ressemblance avec le Vorstellung seront attirés par lui.

 

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- Ces perceptions en mémoire si j'ose dire,  seront des représentations (qui seront donc des représentations de choses associées au Vorstellung), pouvant éventuellement devenir des représentations de mot si elle passent dans le système conscient (selon leur connotation plus ou moins importantes avec le Vorstellung et le quantum d'affect lié):

 

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Pour ainsi dire, et pour avoir une manière grossière d' illustrer le représentant psychique:

- Quand le quantum d'affect arrive dans la conscience on lui associe un affect "J'ai une envie gourmande"

- Quant la représentation ou groupes de représentations devient conscient c'est l'ensemble des idées, scénarios, images de désir par exemple je pense à du chocolat.

=> "Je mangerais bien......... du chocolat!"


Le refoulement secondaire ou après coup (le refoulement proprement dit)

Mais voilà .. la pulsion pousse toujours et les représentations liées au Vorstellung essaient de revenir au conscient pour la satisfaire.

Et la censure (la barrière du refoulement) est toujours là!!!

Certaines représentations deviendront conscientes pas de problème mais pour d'autre que se passe-t-il?

 

"C'est comme si la résistance imposée par le conscient était fonction de l'éloignement des rejetons de l'inconscient par rapport au refoulé originaire"

 

- La censure va intervenir comme nous l'avons vu pour rejetter les représentations liées si elles ressemblent un peu trop au Vorstellung ou si elles sont chargées de beaucoup de quantum d'affect:

 

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- Ces représentations qui sont un retour du refoulé (ou "rejetons de l'inconscient" comme les appelle Freud) vont être repoussés dans le Vorstellung avec toutes les autres qui lui ressemble:

 

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- Et ça donnera à nouveau cela. Les représentations seront refoulées dans l'inconscient elles reviendront dans le complexe associé à la représentation originaire. Mais elles continueront tout au long de la vie à se frayer un chemin à travers la conscience pour réaliser ce que désire le sujet:

 

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- Plus il y aura de refoulement plus il y aura prolifération du représentant dans l'inconscient:

 

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Et plus il y aura prolifération du refoulé dans l'inconscient plus le représentant va trouver des formes d'expressions extrêmes:

 

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Plus un rejeton (une représentation) a été refoulé, plus celui-ci est investi de quantum d'affect.

 

Dans la cure on demandera au sujet d'amener au jour ces rejetons (qui peuvent passer la barrière de la censure en raison de leur éloignement avec le Vorstellung) en fournissant des associations libres. Petit à petit on va essayer de concilier le sujet avec des représentations investies d'affect...

Le but est donc la levée du refoulement.

 

 


Nous avons parlé là du destin de la composante qualitative du refoulement. Mais il existe également une composante quantitative de la pulsion: le quantum d'affect.

 

Il m'a été difficile de distinguer quantum d'affect et affect mais j'ai compris ça :ce quantum d'affect  (une sommation de forces) on le ressent en nous sous forme d'affects (dégout, joie, peur, envie de rigoler, pleurer...).


Le refoulement donne effectivement un destin à la pulsion en écartant les représentations inconciliables de la conscience (en les refoulant dans l'inconscient dans le royaume du Vorstelllung).

Mais.. qu'advient-il du quantum d'affect???

 

Ce quantum d'affect, l'énergie de la pulsion, sa composante quantitative pourra avoir plusieurs destins. Il va subir un autre destin de refoulement. En fait plusieurs destins lui sont possibles:

 

- Acccession à la conscience (pas de soucis)

- Inhibition

- Formations de substituts/symptômes

- transformation en angoisse

 

Pour détailler ces concepts métapsychologiques en les rendant intelligibles, comme souvent, nous devons passer à autre chose pour revenir sur ça (c'est ça la difficulté des concepts en psychanalyse, enfin je trouve).

Prochain chapitre: L'Inconscient.

 

En attendant pour en savoir plus allez visiter ce lien fantastique: http://geza.roheim.pagesperso-orange.fr/html/refoulc.htm

 

Ou aussi cet article pourra vous aider...

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:13

On emploiera le terme de pulsion un moment sans le détailler, cela sera fait par la suite..

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Dans les "trois essais sur la théorie sexuelle". Freud commence à nous sensibiliser à l'omniprésence des "aberrations sexuelles" ou « perversions ».

 
Dans les déviations de la pulsion par rapport à l'objet (à entendre au sens de Freud comme une déviation par rapport à l'objet sexuel « normal » c'est à dire l'objet de reproduction, c'est à dire une personne de sexe opposée), on retrouve:

 

- L'homosexualité ou « inversion »,

- La sexualité avec des objets,

-La pédophilie 

- La zoophilie.


Il y a déviation dans le sens où l'objet utilisé (une personne du même sexe, un enfant immature, un objet ou encore un animal) ne convient pas à la fonction de reproduction.

La perversion à l'époque de Freud c'est tout ce qui consiste à s'écarter de la fonction de reproduction, « on ne fait pas de sexe pour le plaisir ».

Dans les déviations de la pulsion par rapport au but (se reproduire) on retrouve:

- Les transgressions anatomiques: le simple baiser, les rapports oraux-génitaux,l'usage sexuel de l'orifice anal, le fétichisme.

- Les fixations de buts sexuels préliminaires: toucher et regarder (très important puisque c'est à partir de cela que Freud dégagera le concept de narcissisme), sadisme/masochisme.

 

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La question de perversion comme beaucoup d'autres est tributaire de facteurs culturels, temporaires et statistiques.

 

L'homosexualité et la pédophilie étaient considérées comme des activités normales à l'Antiquité (Grecque du moins). Puis elles ont été prohibées.

L'homosexualité a longtemps été considéré comme une aberration, une « anormalité », puis elle semble être tolérée voire encouragée à notre époque. La pédophilie elle est restée une perversion moralement et légilativement condamnable.

 

Des rapports bucaux-génitaux auraient été surement fort condamnables moralement à une certaine époque. Il semblerait qu'ils soient plus que fréquents et normaux aujourd'hui dans les actes préliminaires surtout à partir du XX ème siècle (voir: « Le comportement sexuel de l'homme » et « le comportement sexuel de la femme » de A. Kinsey, recensement statistiques sur les activités sexuelles humaines, étude fait sur plusieurs états des USA).

Et dans 100 ans? Peut-être que les rapports avec les animaux seront de mode?

Bref, les idées humaines évoluent en tout temps, en tout lieu, et en toute société.


Freud nous sensibilise au fait que la perversion est inhérente à l'Homme et constitue paradoxalement sa normalité.

On la retrouve partout et ce, comme nous l'avons vu dans l'article précédent dans sa meilleure prédisposition dès l'enfance. C'est l'éducation morale qui contribue à éteindre nos dispositions perverses.

Le point fort de cette sensibilisation c'est aussi de nous sensibiliser à une force chez l'homme qui est différente de l'instinct animal qu'il nomme la pulsion. L'homme a des désirs qui ne répondent pas juste à sa survie ou à sa reproduction.

Donc l'Homme ne répond pas à un instinct mais à une poussée différente qui peut se satisfaire selon différentes modalités et qui n'ont pas un seul but exclusif.

Cette force qui nous pousse à la recherche d'un « plaisir » c'est la pulsion (sexuelle).

 

Le monde dans lequel nous vivons fabrique des résistances morales et esthétiques pour lutter contre les perversions. Ca peut être le pudeur, le dégoût.

Ce que Freud remarque chez les névrosés c'est que ce sont le plus souvent des souvenirs liés aux pulsions sexuelles qui reviennent à la conscience par la méthode psychanalytique. Ce sont ces souvenirs là, ces représentations qui ont été écartées de la conscience, en faveur des exigences monde culturel, de la société.

Elles ont été écartées (refoulées) car elles se sont confrontées à d'autres pulsions d'individu qui lui servent à survivre. Bien sûr on peut trouver l'exemple prototypique qui est la faim mais la société nous apprend qu'on ne peut pas vivre en communauté en faisant ce qui nous plaît et/ou n'importe quoi.

Ces pulsions qui servent à préserver l'intégrité de l'individu dans son monde, Freud les appellent pulsions d'auto-conservation ou « pulsions du Moi ».

Ces pulsions du Moi on les voit se réveiller dans la cure lors de résistance, elles servent à empêcher une représentation lié à une motion sexuelle de parvenir dans le conscient de l'individu. Mais nous y reviendrons.

 

La névrose est une impossibilité de faire un choix entre pulsions sexuelles et pulsions du Moi, les expressions symptomatiques sont un compromis entre le désir et la défense. Le pervers fait le choix de sa pulsion sexuelle quitte à dénier les exigences de la réalité. La névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion.

 



C'est l'embrouille? On va essayer de reprendre...

 

Le monde interne du sujet est remplit de pulsions qui peuvent être appréhendées dans un aspect économique (certaines sont plus fortes que d'autres, certains individus ont des pulsions plus ou moins « puissantes » que d'autres), dynamique (des pulsions circulent et peuvent entrer en conflit entre elles), et topique ( les pulsions sont « stockées » dans l'Inconscient, mais elles peuvent parvenir au conscient pour simplifier pour l'instant, mais une pulsion peut circuler d'un lieu à un autre).

Une pulsion agit comme une force constante, une poussée à laquelle on ne peut échapper (contrairement à une stimulation extérieure: par exemple je retire ma main d'un endroit brulant), puisqu'elle provient de l'intérieur du corps.

Cette pulsion est définie par sa source (lieu de l'organisme qui est à l'origine de l'excitation interne), son but est la satisfaction (abaissement de la tension), au moyen d'un objet (celui, celle, le chocolat, le sein, la guitare, le ballon de foot).

 

Principe économiques qui régissent la pulsion sexuelle:

La pulsion sexuelle est régit par le principe de plaisir (ou principe de Nirvana), qui a pour but l'élimination totale de la tension qu'elle crée.

Mais cette pulsion va se confronter au principe de réalité (formé par l'ensemble des pulsions du Moi) et ne pourra donc pas se décharger totalement.

Principe de constance: Fonction économique de l'appareil psychique ayant pour but de maintenir un niveau d'énergie aussi bas que possible tout en préservant son intégrité.

La pulsion sexuelle ne peut jamais être totalement satisfaite sinon cela anéantirait le psychisme et/ou l'intégrité du sujet, c'est pour cette raison que les pulsions du Moi (d'autoconservation) sont là, pour empêcher cela, elles empêchent la satisfaction totale de la pulsion sexuelle..

Le principe de constance devra faire un compromis entre principe de plaisir (évacuation de la tension) et principe de réalité. Comment gérer l'élimination de la tension sans nuire à l'intégrité de l'appareil psychique?

 

Je vais prendre un exemple amusant:

Je suis dans un centre commercial, si je suis pour un peu pervers (et ici dans le sens très commun du terme) ma pulsion sexuelle va me dire touches les fesses de cette fille ça te procurera un plaisir immense. Seulement si je le fais il y a de grandes chances que je me prenne une tarte et qu'elle se plaigne à la sécurité. Une ou des pulsions du Moi vont me dire « hé t'es fou, arrêtes ça tout de suite c'est dangereux, penses à autre chose ».

Je devrais donc faire un compromis de cela, et je regarderais très discrètement les formes de la fille.

Je satisferais en partie ma pulsion sexuelle tout en ne me mettant pas en danger.

Mon appareil psychique m'aura soumis à ce principe de constance.

 

Pulsions sexuelles VS Pulsions du Moi (ou pulsions d'auto-conservation)

Pulsions sexuelles et pulsions du Moi n'ont pas le même but, même si ces deux buts peuvent être considérés comme important.


Les pulsions sexuelles poussent (une fois matures) à la conservation de l'espèce, la reproduction donc dans le but très élaboré de la pulsion sexuelle.

Freud dira que le plaisir procuré par la sexualité n'est pas le but mais le moyen (de se reproduire).

Les pulsions du Moi ont quant à elles pour préserver l'intégrité de l'individu, sa survie immédiate.

Ce qui implique que le sujet sera dans un conflit permanent.

Bien sûr en admettant un instinct à l'Homme on se dira que bien évidemment les pulsions du Moi (de sa survie immédiate sont essentielles) mais comment se sont mis en place les pulsions sexuelles, au sens large?

 

Les pulsions sexuelles sont dans un premier temps étayées (étayage) sur les pulsions du Moi. En d'autres termes elles se reposent au départ sur les pulsions du Moi.

Le sein apporte la nourriture indispensable pour la survie organique mais il y a aussi autre chose, le nourrisson ne veut pas seulement retrouver le sein pour survivre mais pour le plaisir, l'amour.

La nutrition est un prétexte d'amour, de plaisir, de jouissance pour le nourrisson!

L'amour, le plaisir, la jouissance s'étayent sur la nutrition.

De manière générale une pulsion sexuelle s'étaye toujours sur autre chose lors du développement de l'enfant.

 

Pulsions partielles et sexualité infantile 

Nous avons pu voir que dans son but élaboré la pulsion sexuelle nous pousse à la reproduction. Mais nous avons vu que ce n'était pas forcément le cas dans les perversions (déviation de la pulsion par rapport à l'objet et au but). Sans doute est-ce en raison de l'observation de perversions que Freud emploie ce terme spécifique de pulsion (Trieb) plutôt que d'instinct (Instinkt)...

Mais ce qu'on retrouve dans la perversion n'est rien d'autre qu'une fixation à des pulsions partielles de l'enfance.

Pour prendre l'exemple simple du baiser: on ne sait toujours pas l'origine de ce fameux baiser. Certains spécialistes pensent que cela remontent à la préhistoire, quand les mères mâchaient la nourriture pour donner à leur bébés.

Peut-être que le pervers qui a rendu cette coutume à la mode était fixé sur le plaisir que lui apportait cet échange avec sa mère? Apparement cela a eu du succès....

Trêve de plaisanterie, on dit que ces pulsions sont partielles car elles fonctionnenent de manière autonome indépendemment les unes des autres. Nous avons même vu que Freud se sert des pulsions partielles pour définir des stades de la sexualité infantile (oral, anal, phallique, génital).

Lors d'une maturation de ces pulsions partielles il y aura développement d'une pulsion sexuelle plus élaborée à l'âge adulte entrant au service de la reproduction.

Quels devenirs de ces pulsions? Elles ne peuvent pas se réaliser totalement vu qu'elles sont confrontées aux pulsions du Moi alors que vont-elles devenir? Ceci est l'objet de l'article suivant...

Les destins de la pulsion vont nous permettre de mieux comprendre ce qu'est une pulsion, de quoi elle est constituée...

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 22:59

 

Théorie de la séduction (ou théorie du traumatisme sexuel, "neurotica")

 

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Dans le traitement de ses malades névrosés, Freud voit revenir quelque chose de récurent: Un ou des traumatismes sexuels qui seraient intervenus durant l'enfance.
Dans « Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défenses » en 1896, Freud en s'intéressant à leur étiologie nous dit que les symptômes de l'hystérie (de conversion), de la névrose de contrainte (névrose obsessionnelle), de l'hystérie d'angoisse (névrose phobique) sont les conséquences du processus de refoulement. Il souligne que le refoulement est un mécanisme de défense (inconscient) pour mettre à l'écart une représentation inconciliable avec le Moi.
Il tente aussi une approche de certaines psychoses mais on ne développera pas cela ici.

Ce qui est important de noter c'est qu'au départ Freud entend que reviennent conscients des scénarios ayant pour couleur des traumatismes sexuels qui seraient vécus dans l'enfance.
Il dit de l'hystérie «l'hystérie est déterminée par un incident sexuel primaire survenu avant la puberté, qui a été accompagné passivement, c'est à dire de dégoût et d'effroi » et de la névrose de contrainte « chez l'obsédé, ce même incident a été accompagné de plaisir ».

Névrose selon le sexe:


- L'hystérie est plus fréquente chez les femmes car elles seraient plus sujettes à des attouchements vécus passivement et avec effroi. La pénétration serait à l'âge tendre un vécu terrible pour une enfant.
- La névrose obsessionnelle est plus plus fréquente chez les hommes car il ne s'agit pas d'un acte vécu  passivement avec effroi mais activement avec plaisir (masturbation de la verge par une bonne d'enfant par exemple). Dans l'après coup le fait d'avoir participer activement et d'avoir pris plaisir à cela devient les reproches de l'obsessionnel.

Freud dit que la nature de la névrose sera fonction du traumatisme vécue et qu'un garçon peut être victime de pénétration, qu'il sera sujet potentiel au développement d'une hystérie et qu'une fille peut ressentir du plaisir à certaines stimulations et qu'elle sera sujette potentielle au développement d'une névrose de contrainte.

D'ailleurs de par cette théorie initiale une expression restera célèbre: « L'hystérie est au féminin ce que la névrose obsessionnelle est au masculin »


On a longtemps reproché à Freud qu'il ne devait pas croire aux fictions des malades qu'il traitait mais il répondait : "Le scénario semble tout le temps revenir... dans la seule situation de la psychanalyse"!!! et « Pour l'instant il n'y a que la psychanalyse qui peut rendre conscient ce qui est inconscient».

 



Le doute

 

Dans une lettre à son ami Fliess Freud lui confie: "Je ne crois plus à ma neurotica car dans chacun des cas il fallait accuser en général le père de perversion, une telle généralisation de ces actes envers des enfants semble peu croyable et puis surtout il n'existe aucun indice de réalité dans l'inconscient de telle sorte qu'il est impossible de distinguer la vérité et la fiction investie d'affect".

 

 

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                                                              "S.Freud et W.Fliess"

 

 

Malgré ces théories qu'il devait abandonner, Freud avait repéré que le refoulement est un processus universel, autant chez le névrosé que l'individu sain, mais que l'apparition d'une névrose apparaissait lorsqu'il y avait eu échec du refoulement.

Il est aussi important de noter que le refoulement suppose une causalité à deux temps:

- Refoulement originaire (ou primaire): l'événement traumatique auquel l'enfant n'a pu réagir adéquatement, est resté inscrit dans le psychisme, prêt à faire sentir ses effets comme un problème non résolu.

- Refoulement secondaire: c'est au moment de la puberté où la question sexuelle doit être reprise que le traumatisme, réactivé, joue son rôle pathogène. Son refoulement sera d'autant plus nécessaire que l'excitation, à ce moment de la puberté, sera forte, et c'est donc là le refoulé qui fait retour sous forme de symptôme. Il va falloir refouler à nouveau ce "retour du refoulé". La manière que va avoir le sujet pubère à affronter la sexualité va lui permettre ou non d'effectuer un refoulement secondaire correct, s'il échoue c'est le symptôme.

 

"C'est dans l'après coup que vont agir les traumas de l'enfance".

 



 

Théorie de la sexualité infantile (théorie du fantasme)

 

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Il est très important de lire cet ouvrage de Freud "Trois essais sur la théorie sexuelle"  ne serait-ce que pour comprendre d'où lui vient sa théorie des pulsions.

 

Après son premier essai sur les perversions universelles (dont nous reparlerons plus tard quand nous nous intéresserons à la pulsion), Freud attire, dans le deuxième essai notre regard sur la sexualité infantile.

La lecture du chapitre précédent (sur les perversions adultes) donc est essentielle pour comprendre ce que Freud entend par sexualité. Inutile de rappeler pour une énième fois que sexualité (au sens de Freud du moins) n'est pas réductible à génitalité ou coït.

 

Il commence à dénoncer le déni des adultes, des scientifiques, des auteurs quant aux activités sexuelles infantiles puis parle tout de suite après et j'adore ce passage (page 95 du folio de poche), de l'amnésie infantile, une période où la mémorisation des informations sémantiques est efficiente mais celles des informations épisodiques déficientes (excusez moi pour mon ironie d'introduction de langage cognitiviste), Freud le dit autrement bien entendu:

 

"Mais comment se fait-il que notre mémoire reste tellement à la traîne par rapport à nos autres activités psychiques? Nous avons pourtant des raisons de croire qu'à aucune autre période de la vie elle ne sera mieux d'enregistrer et de reproduire que précisément pendant les années d'enfance".

« Cette amnésie est analogue à celle des névrosés ».

 

Il va décrire les manifestations, les buts de la sexualité infantile et des stades de sexualité

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Les manifestations de la sexualité infantile

- Le suçotement (pouvant être accompagné d'une « masturbation génitale »),et  l'autoérotisme qui l'accompagne: bien évidemment le suçotement exclue la finalité alimentaire et peut être interprété comme la reviviscence active tant qu'à faire ce peu du plaisir de la tétée. On le constate souvent avant l'endormissement.

« La satisfaction sexuelle est le meilleur des somnifères »


L'autoérotisme: mise en évidence de l'étayage des pulsions sexuelles sur les pulsions d'autoconservations. N'est ce pas plus le désir du sein que le besoin de nutrition que recherche l'enfant? La pulsion est dite autoérotique car elle ne connait pas encore d'objet mais le seul corps de l'enfant.

Le but sexuel infantile

Freud nous dit qu'elle répond à la pulsion et que son but est d'apaiser la tension (déplaisir) et que la satisfaction a du au moins être vécue une fois pour laisser derrière elle le besoin de répétition.

 

« Nous pouvons nous attendre à ce que la nature ait pris de solides précautions pour ne pas laisser cette expérience de satisfaction au hasard ».


Le but sexuel est donc de substituer à la sensation de stimulation projetée sur la zone érogène une stimulation externe qui suspende la sensation de stimulation interne en provoquant la sensation de satisfaction (comme la succion).

 

Les stades de la sexualité infantile

Pour arriver au but le moyen c'est la masturbation. Par cela Freud définit plusieurs stades de la sexualité infantile.


- Oral: on vient de le voir (sein et suçotement)

- Anal (ou sadique-anal)

- Phallique

- Génital à la puberté.

 

"L'enfant est un pervers polymorphe" 

L'enfant dispose de toutes les aptitudes requises pour la perversion, il ne se comporte en aucune autre sorte de manière différente que le pervers adulte. S'il le met aussi facilement en acte c'est qu'il ne dispose que de faibles résistances non encore élaborées (pudeur, dégoût, morale ne sont pas encore bien établis)

 

"A cet égard l'enfant ne se comporte pas autrement que la femme moyenne inculte, chez qui subsiste la même prédisposition perverse polymorphe. Dans les conditions habituelles, celle ci peut rester à peu près normale sexuellement mais sous la conduite d'un habile séducteur, elle prendra goût à toutes les perversions et en maintiendra l'usage dans ses activités sexuelles."

 

Les recherches sexuelles et théories infantiles 

 

Il y a une vrai pulsion épistémophile (pulsion de savoir) de l'enfant à tout ce qui touche la sexualité: d'où viennent les enfants? Le complexe de castration. La théorie de la naissance, la conception sadique du rapport sexuel.

 

Pourquoi Freud s'est il interéssé à ça?

 

Le résumé que je fait de "Trois essais sur la théorie sexuelle" nous sert à ouvrir le prochain chapitre sur la théorie fondamentale Freudienne : la théorie de la pulsion.

C'est de par la reflexion rigoureuse sur les "perversions" (attention aux faux amis), de la sexualité infantile et des métamorphoses de la puberté (les trois essais du livre donc) que Freud va en venir à la théorie de la pulsion.


Qu'est ce que la pulsion? En quoi peut-elle participer à la vie psychique (saine ou névrotique)? Quel(s) destin(s) pour la pulsion. Ce concept métapsychologique sera abordé dans l'article suivant.

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 19:04

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L'hypnose suggera à Freud avant même la découverte des résistances que le sujet possède en lui des souvenirs, des réminiscences, qu'il pensait avoir oublier. Cela peut être des souvenirs précis, des comportements refaisant surface..
Mais Freud constata de lui même les limites de l'hypnose (de plus il n'aimait pas ce procédé "mystique"). Il continua donc la méthode cathartique de Breuer persuadé qu'on pouvait faire ressurgir des souvenirs à la conscience.

Freud fait donc le pari de ramener les souvenirs inconcients en laissant le sujet dans son état normal: 

J'agis de même avec mes malades. Lorsqu'ils prétendaient ne plus rien savoir, je leur affirmais qu'ils savaient, qu'ils n'avaient qu'à parler et j'assurais même que le souvenir qui leur reviendrait au moment où je mettrais la main sur leur front serait le bon. De cette manière, je réussis, sans employer l'hypnose, à apprendre des malades tout ce qui était nécessaire pour établir le rapport entre les scènes pathogènes oubliées et les symptômes qui en étaient les résidus. Mais c'était un procédé pénible et épuisant à la longue, qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive.


Je ne l'abandonnai pourtant pas sans en avoir tiré des conclusions décisives : la preuve était faite que les souvenirs oubliés ne sont pas perdus, qu'ils restent en la possession du malade, prêts à surgir, associés à ce qu'il sait encore. Mais il existe une force qui les empêche de devenir conscients. L'existence de cette force peut être considérée comme certaine, car on sent un effort quand on essaie de ramener à la conscience les souvenirs inconscients. Cette force, qui maintient l'état morbide, on l'éprouve comme une résistance opposée par le malade.

 

On peut voir dans cet extrait Freud mettre en évidence le processus de résistance quand un sujet essaie d'amener un élément refoulé à la conscience.

Pourquoi Freud abandonne-t-il la méthode cathartique?

 

 

Incapable d'en sortir, je m'accrochai à un principe dont la légitimité scientifique a été démontrée plus tard par mon ami C. G. Jung et ses élèves à Zurich. C'est celui du déterminisme psychique, en la rigueur duquel j'avais la foi la plus absolue. Je ne pouvais

pas me figurer qu'une idée surgissant spontanément dans la conscience d'un malade, surtout une idée éveillée par la concentration de son attention, pût être tout à fait arbitraire et sans rapport avec la représentation oubliée que nous voulions retrouver.

Qu’elle ne lui fût pas identique, cela s'expliquait par l'état psychologique supposé. Deux forces agissaient l'une contre l'autre dans le malade ; d'abord son effort réfléchi pour ramener à la conscience les choses oubliées, mais latentes dans son inconscient ; d'autre part la résistance que je vous ai décrite et qui s'oppose au passage à la conscience des éléments refoulés.

Si cette résistance est nulle ou très faible, la chose oubliée devient consciente sans se déformer; on était donc autorisé à admettre que la déformation de l'objet recherché serait d'autant plus grande que l'opposition à son arrivée à la conscience serait plus forte. L'idée qui se présentait à l'esprit du malade à la place de celle qu'on cherchait à rappeler avait donc elle-même la valeur d'un symptôme. C'était un substitut nouveau, artificiel et éphémère de la chose refoulée et qui lui ressemblait d'autant moins que sa déformation, sous l'influence de la résistance, avait été plus grande. Pourtant, il devait y avoir une certaine similitude avec la chose recherchée, puisque c'était un symptôme et, si la résistance n'était pas trop intense, il devait être possible de deviner, au moyen des idées spontanées, l'inconnu qui se dérobait. L'idée surgissant dans l'esprit du malade est, par rapport à l'élément refoulé, comme une allusion, comme une traduction de celui-ci dans un autre langage.

 

Ce que Freud nous dit ici c'est que rien ne se fait par hasard dans la cure (puis dans les actes et le langage par extension..), les idées du sujet sont déterminées: déterminisme psychique.

Il nous dit aussi que le plus la résistance sera importante, plus le refoulé sera déformé. Mais il y a toujours une ressemblance du symptôme à l'idée refoulée.

Lacan dira plus tard que "L'inconscient est structuré comme un langage".

Avec le mot d'esprit et sa métaphore des deux commercants malhonnêtes, Freud nous explique que l'idée refoulé fait son retour de manière déformée pour passer la barrière de la résistance (ou censure) et ne pas être refoulée à nouveau. Les idées substitus des sujets surgissent à la place des souvenirs refoulées et en sont le déguisement.

 

 

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La méthode des associations libres

 

Suivons l'exemple de l'école de Zurich (Bleuler, Jung, etc.) et appelons complexe tout groupe d'éléments représentatifs liés ensemble et chargés d'affect. Si, pour rechercher un complexe refoulé, nous partons des souvenirs que le malade possède encore, nous pouvons donc y parvenir, à condition qu'il nous apporte un nombre suffisant d'associations libres. Nous laissons parler le malade comme il lui plaît, conformément à notre hypothèse d'après laquelle rien ne peut lui venir à l'esprit qui ne dépende indirectement du complexe recherché. Cette méthode pour découvrir les éléments refoulés vous semble peut-être pénible; je puis cependant vous assurer que c'est la seule praticable.

 

Il arrive parfois qu'elle semble échouer : le malade s'arrête brusquement, hésite et prétend n'avoir rien à dire, qu'il ne lui vient absolument rien à l'esprit. S'il en était réellement ainsi, notre procédé serait inapplicable. Mais une observation minutieuse montre qu'un tel arrêt des associations libres ne se présente jamais. Elles paraissent suspendues parce que le malade retient ou supprime l'idée qu'il vient d'avoir, sous l'influence de résistances revêtant la forme de jugements critiques. On évite cette difficulté en avertissant le malade à l'avance et en exigeant qu'il ne tienne aucun compte de cette critique. Il faut qu'il renonce complètement à tout choix de ce genre et qu'il dise tout ce qui lui vient à l'esprit, même s'il pense que c'est inexact, hors de la question, stupide même, et surtout s'il lui est désagréable que sa pensée s'arrête à une telle idée. S'il se soumet à ces règles, il nous procurera les associations libres qui nous mettront sur les traces du complexe refoulé

 

Freud explique qu'un complexe est un ensemble de représentations liés ensemble et chargées d'affects. Toujours suivant le principe du déterminisme psychique, si on fait l'hypothèse que tout ce que dira le malade ne sera pas du au hasard mais à la dynamique de son inconscient, alors il est possible par le biais d'associations librement définies par le sujet ( d'où le psychanalyste qui insiste : "et ça vous fait penser à quoi?") de redécouvrir le complexe qui a été refoulé.

Les jugements critiques ("c'est asurde" ou "ça n'a rien à voir") forment par excellence les résistances du sujet on l'encourage donc de ne pas tenir compte de cela.

Le plus intéressant c'est que là ou il y a résistance, il y a retour du refoulé qui essaie de se frayer un chemin!  Quand il y a résistance on touche à quelque chose. Plus il y a résistance plus on touche à quelque chose!

 


 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 18:10

Les termes qui seront en bleus sont importants et rien de mieux pour les intégrer qu'un bon dictionnaire de psychanalyse ou Wikipedia (se voulant plus "simple" mais étant parfois plus compliqué à vouloir trop simplifier). 

La psychanalyse est une technique d'investigation des processus mentaux inconscients inventée par Freud. Ce dernier la revendique aussi comme méthode de traitement des névroses ainsi qu'une théorie renvoyant à des concepts métapsychologiques (que nous détaillerons au mieux).


 

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On ne peut pas parler de psychanalyse (et de métapsychologie!) sans parler de Freud. Ainsi quand on commence à s'intéresser à la psychanalyse, on commence à s'intéresser à la psychanalyse Freudienne (avant d'aborder éventuellement autre chose). Je ne reprendrais pas l'histoire de Freud, je ne la connais que trop bien et de plus elle n'est pas indispensable pour en venir à l'essentiel. Disons juste que Sigmund Freud était neurologue et s'intéressait aux névroses: des « troubles nerveux ». Le plus spectaculaire à l'époque étant l'hystérie.

 

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Hystérie est un terme inventé par Hippocrate qui pensait que les troubles nerveux des femmes était intimement lié à l'utérus (déplacement dans le corps). Aussi il était commun il n'y a encore pas si longtemps de penser que l'hystérie était une maladie uniquement féminine (les hommes ne possédant pas d'utérus). A l'époque de Freud  cette idée  de déplacement d'utérus ne demeurait plus de mode, mais tout de même on remarquait la présence de cette affection essentiellement chez des femmes.

 

Freud s'intéressait beaucoup au travail que le professeur français de neurologie JM Charcot effectuait sur les hystériques grâce à l'hypnose: on pouvait suggérer aux hystériques des symptômes sous hypnose (catalepsie, léthargie, somnambulisme...) et en supprimer certains, du moins temporairement.

Après ce stage convaincant, Freud préfèrera traiter ses malades par suggestion hypnotique plutôt que par électrothérapie.

 

 

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Il retournera de nouveau en France (à Nancy chez Bernheim et Liébault) où il s'instruira sur les limites de la suggestion hypnotique.

Après quelques travaux où il mettra en exergue certaines observations (occurrence de l'hystérie chez des hommes, les symptômes hystériques sont bien réels mêmes s'ils ne s'expliquent pas anatomiquement=> Les hystériques ne sont pas des simulateurs), il finit par trouver son égal, le Dr Breuer qui travaille déjà avec une hystérique (restée célèbre: "Anna O" ou Bertha Pappelheim de son vrai nom), qui lui fait le récit de son travail avec elle et de l'utilsation de la   "méthode cathartique", qui s'y j'ai bien compris ne diffère pas énormément de la méthode hypnotique employée par Charcot.

 

 



 

Ils seront conduit à écrire ensemble l'ouvrage « Etudes sur l'hystérie » en 1895.

 

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Cet ouvrage qui rassemble plusieurs études de cas qu'il a écrit en collaboration avec Breuer ne sera pas un ouvrage déterminant sur la psychanalyse et la théorie Freudienne, mais il permettra néanmoins de mettre en évidence que:

 

- « Les symptômes hystériques sont déterminés par des scènes traumatiques dont ils figurent les résidus mnésique ».

 

Traduction: Cela veut dire que les symptômes (manifestations somatiques morbides) des hystériques expriment quelque chose de psychique, quelque chose qui est encore « vivant » dans l'esprit et qui a été causé par une scène traumatique (violence, dégout, honte, plaisir, pleins de possibilités...)

 

- «La plupart du temps ce n'est pas une seule expérience vécue qui laisse derrière elle un symptôme, mais un très grands nombre de traumatismes analogues et répétés ».

 

- « Les hystériques souffrent de réminiscences, leurs symptômes sont comme des symboles commémoratifs ».

 

Pour expliquer cela, Freud prend la métaphore suivante:


"Une comparaison nous fera saisir ce qu'il faut entendre par là. Les monuments dont nous ornons nos grandes villes sont des symboles commémoratifs du même genre. Ainsi, à Londres, vous trouverez, devant une des plus grandes gares de la ville, une colonne gothique richement décorée : Charing Cross. Au XIIIe siècle, un des vieux rois Plantagenet qui faisait transporter à Westminster le corps de la reine Eléonore, éleva des croix gothiques à chacune des stations où le cercueil fut posé à terre. Charing Cross est le dernier des monuments qui devaient conserver le souvenir de cette marche funèbre. A une autre place de la ville, non loin du London Bridge, vous remarquerez une colonne moderne très haute que l'on appelle « The monument ». Elle doit rappeler le souvenir du grand incendie qui, en 1666, éclata tout près de là et détruisit une grande partie de la ville. Ces monuments sont des « symboles commémoratifs » comme les symptômes hystériques. La comparaison est donc soutenable jusque-là. Mais que diriez-vous d'un habitant de Londres qui, aujourd'hui encore, s'arrêterait mélancoliquement devant le monument du convoi funèbre de la reine Eléonore, au lieu de s'occuper de ses affaires avec la hâte qu'exigent les conditions modernes du travail, ou de se réjouir de la jeune et charmante reine qui captive aujourd'hui son propre coeur? Ou d'un autre qui pleurerait devant « le monument » la destruction de la ville de ses pères, alors que cette ville est depuis longtemps renée de ses cendres et brille aujourd'hui d'un éclat plus vif encore que jadis? Les hystériques et autres névrosés se comportent comme les deux Londoniens de notre exemple invraisemblable. Non seulement ils se souviennent d'événements douloureux passés depuis longtemps, mais ils y sont encore affectivement attachés ; ils ne se libèrent pas du passé et négligent pour lui la réalité et le présent. Cette fixation de la vie mentale aux traumatismes pathogènes est un des caractères les plus significatifs de la névrose."

 

 « Le symptôme serait la conséquence d'un non-dit, ou d'une émotion réprimée qui ne se serait pas exprimée par les voies affectives normales »

 

Traduction: Il se passe quelque chose dans l'esprit des hystériques de non résolut qui n'a d'autre choix que de s'exprimer par des symptômes somatiques (par le corps) puisqu'il n'a pu s'exprimer « normalement » auparavant. Freud parle même d'affects « coincés » (qui n'ont pas pu sortir donc).

 

Il se trouve qu'avec la méthode cathartique on pouvait donc produire une "catharsis" chez le sujet, terme aussi qualifié d'abréaction. Le sujet relie l'affect coincé avec la/les scène(s) traumatique(s) responsables du symptôme le fait de cet liasion de l'affect permet de s'en libérer, de s'en décharger émotionnellement, (on dira plus tard que le sujet relie l'affect à la représentation mais on y est pas encore).



 

 

Fort de ces observations Breuer et Freud pouvaient maintenant se demander:

"Quels sont les mécanismes impliqués quant à l'élaboration de ces processus morbides?"

 

Théorie de Breuer: les états hypnoïdes; théorie qui sera abandonnée par Freud et ne sera pas détaillée ici.

 

Freud postule que quelque chose (de trop difficile à supporter, quelque chose d'inconciliable avec les valeurs morales et esthétiques) a été « refoulé » dans « l'Inconscient ».

 

Car selon Freud: « l'acceptation du désir inconciliable ou la prolongation entre ce désir et les autres exigences du sujet et /ou de son environnement aurait provoqué un malaise intense. Le refoulement épargne ce malaise ».


On verra que ce refoulement est bien un « mécanisme de défense », Freud dit au départ que son rôle est de « protéger la personne psychique » La preuve du refoulement selon Freud c'est les résistances que le sujet fait pour ramener à la conscience des événements inconcsients lors de la cure. Ces deux derniers termes de refoulement et d'Inconscient sont à la base de la métapsychologie Freudienne.

 


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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 17:14

Ce qui sera publié dans les pages qui suivent relèvent d'un travail personnel et ne retranscrit pas les notes de l'enseignement de L3 intitulé "approche psychanalytique de la personnalité" dispensé par Mme Stitou...

 

Ce sont mes relectures de Freud (essentiellement "Cinq leçons sur la psychanalyse", "Trois essais sur la théorie sexuelle" "Métapsychologie", "Le Moi et le Ca", "Inhibition, symptôme et Angoisse") et l'appui sur le dictionnaire de psychanalyse de Laplanche et Pontalis qui seront utilisés dans l'échange en ligne de ce travail personnel, ce n'est pas un copier/coller du cours donc.

Bien sûr je ne peux garantir que ma transcription est fidèle de l'enseignement de Freud, elle reste tributaire de ma compréhension de profane et comme tout sujet de l'inconscient il est fort probable que je commette des biais d'interprétation!!

Ne venez pas m'engueuler après si vous mettez n'importe quoi à votre examen sous prétexte que vous vous êtes basé sur le contenu de ce travail personnel.

Je rapelle d'ailleurs que même pour les retranscriptions de cours, à l'exception de ceux de Mme Capron, ils ne sont pas vérifiés/corrigés par leurs auteurs.

Se fier à mes notes de cours, et dans le cas de cette section ("Introduction aux conceptsde la psychanalyse") à mon travail personnel,est une entreprise à vos propres risques et j'en décharge toute responsabilité...

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