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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 22:03
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 15:48

I. Caractérisation des mots émotionnels
I.1> Exemples

  • JOIE: mot émotionnel dénotatif (dénote une émotion

  • PLAGE mot émotionnel connotatif (connote une émotion: ici connote plutôt la joie que la tristesse)

  • ERREUR/MUSIQUE: mots émotionnel négatif/mot émotionnel positif

  • LUMIERE/ PASSION (mots peu intenses/intenses

Donc les mots émotionnels se caractérisent par :

- la valence (caractère positif ou négatif)

- l'intensité.
I.1>Comment caractérise-t-on les mots émotionnels?

On a eu besoin de faire des évaluations subjectives (on a eu besoin de passer par des individus pour qualifier) de la valence et de l'intensité. Pour évaluer cela on va demander aux sujets d'évaluer en disant s'ils renvoient à des émotions positives, négatives, neutres etc.

  • Alcool: positif, neutre ou négatif? (En 2002, A.Syssau a observé ça négativement et aujourd' hui il est positif). Mais il y a des mots où 100% des sujets vont trouver ça positif, négatif ou neutres.

  • Evaluation positive de l'intensité (quantification) : « indiquez sur une échelle allant de 1 à 7 comment vous sentez à la lecture d'un mot de 1 « très excité » à 7 « totalement calme ».

  • On va obtenir des normes lexicales sur la signification émotionnelle des mots en langue française.


I.2> La signification émotionnelle des mots les rend-t-elle particulier sur le plan cognitif?
I.2.1> Etude de l'effet de la valence et de l'intensité émotionnelle des mots sur les temps de décision lexicale:

  • Tâche de décision lexicale: investigation indirecte du rôle de la signification émotionnelle:décider si une suite de lettre est un mot et répondre la plus rapidement possible par « oui » ou « non ». (Lapin vs sipin).

I.2.2>Matériel:

  • MATERIEL

  • 16 mots positifs dont 8 intenses et 8 non intenses

  • Exemples: ESPRIT (83%;4,41) et AMOUR (99%;9,05) : %= fréquence des individus et chiffre = intensité

  • 16 mots négatifs dont 8 intenses et 8 non intenses

  • Exemples: FAUTE (85%;4,26) et HAINE (98%;8,03)

  • 32 mots neutres

  • Exemple: ELEMENT (85,5%;neutre)

  • Contrôle de la fréquence, de la longueur des mots, de la concrétud


I.2.3>Résultats:
tablo-copie-1.jpg

Effet significatif de la valence : +

Effet principal de l'intensité non significatif

Interaction valence x Intensité significative

 
I.2.4>Des résultats contradictoires:
 

- Dans certaines études, on observe une facilitation uniquement pour le positif (négatifs vs neutres ne se distinguent pas mais la reconnaissance des positifs est plus rapide).

- Dans d'autres un ralentissement uniquement pour le négatif, et encore dans d'autres une facilitation pour le positif et le négatif.

- Les chercheurs cherchent encore pourquoi ils ne trouvent pas les mêmes résultats =>Effet de l'intensité encore mal connu: facilitation pour le positif intense et ralentissement pour négatif peu intense.
Les faits montrent qu'il y a des différences dans la reconnaissance visuelle des mots selon leur signification émotionnelle.

Une fois qu'on aura ces faits il faudra les interpréter: pourquoi quand on lit un mot positif on le reconnaît plus vite?... Reste à trouver des modèles théoriques.


II. Modèles explicatifs

II.1> Caccioppo & Gardner, 1999:Ralentissement pour les mots négatifs: le biais négatif 

Nous disposons d'un système de vigilance qui conduit à évaluer automatiquement les stimuli qui se présentent à nous selon leur valence (positif vs négatif): 2 systèmes motivationnels qui sont l'approche et l'évitement, avec  dominance du système d'évitement par rapport à celui d'approche (Caccioppo & Gardner: ils partent du principe qu'il est plus important d'évier un danger pour la survie que de rater une opportunité positive). Cela se manifesterait sur les mécanismes émotionnels.

Focalisation de l'attention.

Quand le système d'évaluation détecte un stimulus négatif il focalise toute son attention de façon massive sur ce stimulus: c'est le biais négatif attentionnel. Du coup l'attention va avoir du mal à se désengager du stimulus négatif car elle est focalisé sur lui. Cela expliquerait le ralentissement du temps de réponse pour les mots négatifs.


II.2> Lang, Bradley & Cuthbert, 1997 : 2 systèmes équivalents

II.3> Isen 1985, Unkelbatch et al : Densité supérieure du réseau sémantique positif

Ils partent du principe qu'il y a plus de mots positifs et que les expériences positives sont assez similaires entre elles et seraient reliées en revanche les connaissances négatives seraient particulières (si on fait de l'introspection un évènement négatif est différent d'un autre et c'est pas le cas pour des évènements positifs).

 

Explication sémantique de l'effet positif (lexique mental)


ibes.jpgrequi2.jpg


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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 21:50

                                caisse_qui_dechire.jpg
                                                "le poids des mots, le choc des photos"

INTRODUCTION:
Les émotions à la fois évidentes et mystérieuses. Elles sont un concept pluridisciplinaire, vaste et souvent imprécis (émotion, sentiment, humeur, troubles émotionnels, etc.)
Une émotion est une réaction psychologique et physique à une situation:
« Une émotion est différente d'une sensation, laquelle est la conséquence physique directe d'une sensation. La sensation est directement associée à la perception sensorielle ».
« Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnelle, il pourrait être défini comme la prise de conscience de notre état émotionnel »
« L'émotion peut se définir comme une séquence de changements intervenant dans plusieurs systèmes organiques (cognitif, psychophysiologique, moteur), de manière interdépendante et synchronisée en réponse à l'évaluation de la pertinence d'un stimulus externe ou interne (une pensée par exemple) par rapport à un intérêt central pour l'organisme ».
L'émotion est à différencier de l'humeur, pour laquelle  on ne connait pas le déclencheur.  Le sujet d'humeur dépressive ne sait pas forcément pourquoi il est dépressif, quand on a un chagrin d'amour (émotion) on sait pourquoi.

Définition de Nicolas Frijda (1986): un processus à plusieurs composants:
- Evaluation (« appraisal »): Jugement conscient ou non conscient du caractère plaisant ou déplaisant d'un objet par rapport à soi (valable pour tous les stimuli autour de nous, même quand la prof balance toutes ses phrases: c'est l'évaluation automatique).
- Préparation à l'action: Le traitement émotionnel permet de nous signaler des situations particulières et pour faire ça (traverser la route) il va falloir revoir la hiérarchie de nos buts (traverser ou se faire écraser par le chauffard).

Réponses émotionnelles:
- Les réponses physiologiques ou corporelles: (rythme cardiaque, débit sanguin, conduction cutanée, fréquence respiratoire, tension musculaire, taux d'adrénaline). Les behavioristes ont beaucoup aimé étudier cela (puisque c'était mesurable). « est ce que pour chaque émotion on a des réactions corporelles spécifiques? » On étudie la signature corporelle de chaque émotion.

    frequence-cardiaque.jpg

- Les réponses comportementales ou expressives: le but de ces recherches est de montrer qu'elles sont automatiques.. On a des ordinateurs qui codent si les émotions sont vraies ou fausses.
Mais aussi un autre objectif est de voir si ces expressions faciales sont innées et universelles (problème de l'innée vs acquis). Les travaux de Ekman & Izard sur des otochtones ont montré que toutes les cultures ont les mêmes expressions pour les émotions primaires (en règle générale sauf exception). Des études sur les non voyants montrent qu'ils ont des émotions reconnaissable sans ambiguïté pour les voyants. En revanche le non voyant ne peu simuler de fausses expressions.

    emotions.jpg

- Les réponses subjectives ou expérientielles: C'est la façon qu'on a de parler de nos états émotionnels. Intérêt de la rumination mentale (on se rumine ou on le raconte aux autres): est-ce pertinent de ruminer? « Oui mais pas trop ». Oui car ça permet à intégrer la nouvelle situation dans les cognitions (perdre son enfant), mais pas trop pour ne pas se conditionner négativement. Ensuite : « faut-il raconter nos émotions au psychologue de bistrot? » (« vas y parle, ça te fera du bien »).

   pensee_positive.jpg


I. Psychologie cognitive et émotion(s):
  psychologie cognitive: étude des activités mentales qui permettent l'acquisition, le maintien et l'utilisation des connaissances.
- Est ce que la psychologie cognitive peut décrire ce que l'homme connait d'une « araignée » sans envisager sa peur des araignées?
- Psychologie cognitive du langage: qu'est ce qu'il y a dans le lexique mental à propos de la signification émotionnelle des mots?

I.1>étude de l'émotion en psychologie cognitive: des débuts difficiles
  La raison et la passion : « les émotions font obstacles à la pensée rationnelle » (Platon).
Même nous-mêmes nous le disons  : «Si j'ai planté mon examen c'est car j'étais stressé ».
Il faudrait donc « gérer » ses émotions, les « contrôler » etc.
Dualisme: on ne va pas s'intéresser à la raison ET aux émotions puisque l'émotion perturberait la cognition. Voilà pourquoi un crime passionnel est moins puni qu'un crime prémédité (vive la psychologie?).
« La passion est associé à notre héritage animal » (Descartes)
Darwin (1872): les émotions sont l'héritage de l'évolution de l'espèce, elles ont été fondamentales, mais aujourd'hui elles n'ont plus la même utilité et sont là sous forme de réflexes (ça sert plus à rien de montrer les dents puisqu'on ne va pas mordre). Donc les émotions sont un vestige qui n'aurait plus d'utilité (on pourrait le comparer à l'appendice). Thème de recherche de psychologie de l'évolution.

Darwin_ape.png

                      "qui s'y frotte s'y pique"


L'émotion, elle est liée au corps (la cognition elle, à l'esprit):  pourquoi on fuit quand on est en danger? Quand on voit un danger (un ours) on part directement. L'émotion  prend le pas sur la cognition. On a pas besoin de réfléchir pour fuir un danger imminent.

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C'est une fois qu'on a quitté le danger qu'on peut se dire : « ouf j'ai eu peur ».
A-t-on déjà dans notre patrimoine une mémoire des stimuli avec lesquels il faut réagir immédiatement (stimuli biologiquement significatifs)?
Selon James les réponses émotionnelles sont déclenchées par le SNP sans passer par le SNC (corps donc pas esprit).
métaphore informatique: la cognition fonctionne comme un ordinateur, si on arrive à simuler le fonctionnement humain sur une machine c'est qu'on a trouvé que c'était un bon modèle de la cognition. Mais elles n'ont pas d'émotions. Donc la psychologie cognitive ne s'y est pas intéressée.

cognitivisme.png

                                                           "Modèle homme cognitif"

L'émotion n'est pas rationnelle, elle est innée, du domaine corporelle MAIS la cognition serait nécessaire à l'émotion : une théorie cognitive de l'émotion.

I.2>Schachter & Singer (1962): théorie bifactorielle de l 'émotion
- Activation physiologique (arousal)
- Interprétation cognitive de la situation (appraisal): signature corporelle de l'émotion : quand mon coeur bat je dois quand même réfléchir pour identifier l'émotion. On a des réactions automatiques mais il faut de la cognition pour évaluer l'origine de ces réactions corporelles.
- Donc émotion = Activation physiologique + Evaluation cognitive.

I.3>Et maintenant?

Années 2000: la révolution affective: passage du QI au QE.
S'intéresser aux émotions en psychologie cognitive c'est se donner les moyens:
- D'envisager la fonction adaptative de la cognition humaine.(on ne pense pas juste pour « penser » mais aussi pour vivre et s'adapter):
"Les émotions peuvent être vues comme au service de l'humain pour sa survie."
=>L'émotion va nous inscrire dans l'évolutionnisme.
- De s'affranchir de la distinction entre le corps et l'esprit (approche jamesienne): le corps participe à notre connaissance: la cognition incarnée (Damasio: les marqueurs somatiques).
L' étude de l'émotion va permettre de nous affranchir de la distinction corps/esprit. Quand on évoque l'émotion on évoque obligatoirement une réaction corporelle (physiologique). Dans  nos connaissances du monde on a des connaissances abstraites (déclaratives) auxquelles on veut ajouter des connaissances des sensations. Comment ce qui est sensation corporelle s'inscrit dans notre cognition (cognition incarnée).

Ce que Damasio appelait marqueurs somatiques c'est que à chaque fois qu'on active une connaissance émotionnelle on active notre corps physiologique (« beurk une araignée »; la madeleine de Proust). Damasio nous montre que certains patients qui ont des lésions frontales (post-opérations ou tumeurs) suite à leur opération, ont été évalués comme « identiques » à avant au niveau cognitif mais des changements au niveau de la personnalité. Mais au niveau de l'émotion ils ont des troubles, ils vont toujours faire le mauvais choix et vont avoir une chute sociale. Damasio a cherché à savoir pourquoi (le jeu de poker: le tas « A » peut rapporter beaucoup mais est très dangereux et le « B » rapporte moins mais est moins dangereux au bout d'un moment les sujets se rendent compte que « A » est trop dangereux mais mais ils continuent à tirer dans le « A »; on enregistre leur réactions électrodermales  avant de tirer « A » et à la simple évocation de l'action il n'y en a pas contrairement aux gens du groupe contrôle => Il leur manque ces informations corporelles par rapport aux évènements.


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                          "Modélisation sur le raisonement des émotions" : Damasio


D'étudier la signification subjective des informations:
Pouvoir étudier la signification subjective des informations:  On ne prenait pas la notion de signification quand on comparait l'homme à l'ordinateur, juste l'information. L'humain contrairement à l'ordinateur ne traite pas toujours l'information de la même manière (en raison de la signification). Le mot « amour » à une signification particulière pour chacun d'entre nous.


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