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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 19:22

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Gisela Pankow propose à la fois une théorisation de la psychose et elle essaye de proposer une clinique, une approche thérapeutique de la psychose. Ce qui est important pour elle est de déterminer les moyens thérapeutiques spécifiques qui peuvent être proposés au patient.

Elle considère qu’il y a vraiment un point important dans l’approche de la psychose et c’est celui de l’image inconsciente du corps, c'est-à-dire ces expériences du corps prises dans le langage, ces premières impressions somatiques et psychiques, ces premiers affects. Une précocité du lien et la manière dont il est mis en mot. Si cette image inconsciente du corps peut être prise dans le champ de la psychose on observer que dans des dessins d’enfant ce qui disparait c’est des parties qui font conflits.

Pour Gisela Pankow, le rapport à l’unité corporelle est extrêmement fragilisé, toujours susceptible d’être morcelé, non unifié. C’est ce qui pour elle peut expliquer ces difficultés majeures, de perte de limite de confusion entre le dedans et le dehors.

Elle évoque certains modelage qu’elle fait réalisé à des patients schizophrènes, et sur ces modelage ne figure que certains éléments anatomique, mais pour autant le patient ne peut penser qu’il ne s’agit pas d’un corps « normal », il y a une impossibilité de percevoir le corps dans son ensemble. Pour envisager la perspective thérapeutique Pankow se focalisera sur le corps.

La conséquence de cette fragilité du lien tient au fait que le sujet va être bloqué sur une problématique pré œdipienne qui peut plonger le sujet dans un profond isolement, qui peut l’instaurer dans des relations de fusion. Ce sera toujours une relation teintée de narcissisme dans lequel l’objet n’arrivera pas à prendre place. Dans le champ de la psychose il y a un réel problème : celui de la relation transférentielle, et il va falloir à partir de ce problème du lien, inventer une technique qui va permettre à ces patient de favoriser un accès à une symbolisation (de son histoire), d’essayer de créer des liens, une chaine associative.

Elle envisage plusieurs perspectives thérapeutiques. L’une d’elles est le contact avec la famille, c'est-à-dire que s’il y a eu pour tel individu une déconstruction de l’image du corps elle va tenter de comprendre ce qu’il en a été de la dynamique familiale, d’inscrire cet individu au sein de plusieurs générations (relations aux parents, aux grands-parents…), elle contextualise l’histoire du cas, et elle considère qu'en invitant les membres de la famille, c’est une invitation à comprendre, pour cette famille, mais c’est aussi une possibilité de parler de sa place (de mère, de père), de sa relation à l’enfant. Alors pour les patients schizophrènes elle propose de fonctionner en plusieurs temps :

 

Les temps de rencontre

Rencontre avec la mère

- Elle écoute cette mère parler de ce qu’il se joue avec la famille,

- Elle interroge la mère sur ces relations avec ces propres parents.

- Elle propose à cette mère d’évoquer la situation dans laquelle elle se trouvait au moment de la conception de l’enfant.

 

Rencontre avec le père (les mêmes trois temps).

 

Rencontre alors le patient

Elle réfléchie à comment instaurer une relation thérapeutique avec un patient psychotique. Elle invente une technique qu’elle qualifie de greffe de transfert. Il s’agira d’élaborer une méthode qui lui permet d’établir un lien transférentiel en greffant un élément tiers à l’intérieur de la relation patient - analyste. L’objectif de cet élément tiers est de faciliter un repérage entre le moi et le non moi, les limites corporelles, et respecter cette cohérence fragile de l’image du corps.

 

Méthodes

Soit elle est confronté à des patients très perturbés : elle considère que l’acte thérapeutique peut être initié par l’intermédiaire de technique, par exemple des techniques de relaxation (training autogène de Schulz), des exercices de détente à poursuivre à domicile où elle invite le patient à ressentir des sensations de manière à faciliter un ressenti d’un corps habité. Son objectif est de faire vivre au patient des sensations corporelles et de mettre en place une expérience des limites du corps propre. L’objectif au niveau symbolique est de viser à une restructuration de l’image du corps dans la relation à l’autre.

Pour d’autres patients moins perturbés : on peut demander au patient de réaliser un dessin, un modelage. Elle demande au patient d’acheter de la pâte à modeler de couleur différente, d’acheter un cahier, des crayons de couleurs et de dessiner pour elle puis de lui ramener ces dessins. Quand le patient vient avec cette production elle interroge. Puis elle demande un complément par la parole, une verbalisation qui constitue un point de départ. Elle va appliquer à ces différentes formes de production une méthode d’association d’idées très proche du rêve éveillé, elle invite même le patient à raconté une histoire avec un avant, un pendant et un après. Elle instaure un jeu dans la relation thérapeutique. Ce jeu elle ne peut le penser qu’à partir de ces greffes de transferts.

 

A partir du moment où dans le travail thérapeutique il y a eu cette possibilité d’instauration par le biais de ces greffes de transfert d’un discours sur une souffrance, elle laisse libre champ au patient de continuer le travail thérapeutique à son rythme, que se soit au niveau de séances en face a face ou en s’installant sur le divan.

 

Conclusion

La cause de délire dans les problématiques psychotiques fait souvent suite à des paroles imposées qui portent sur l’énigme que représente la présence de l’autre, quand cette présence comme l’absence n’ont pu être régulés autour de la loi œdipienne. Du coup on est dans des problématiques narcissiques, et le délire sera une manière de répondre à ces paroles imposées. Quand la réponse peut trouver un écho au niveau de la sphère publique il peut y avoir une fonction de compensation qui permet de constituer un statut, une image. Dans le champ thérapeutique des psychoses le travail se situe au niveau de l’identité. Dans le champ de la psychose se n’est pas la réussite privée qui va constituée un objectif, mais c’est d’instaurer une participation sociale forte à la forclusion. Sans ce possible recours à la bonne distance, entre le moi et les semblables les risque des passages à l’acte sont possible : ce qui à été forclos du symbolique peut ressurgir sous la forme d’angoisse ou de passage à l’acte auto agressif ou hétéro agressif.

 


 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:15

INTRODUCTION

Ce qui va caractériser la psychose est la structure de personnalité focalisée sur le mode du maintien d’une unité d’image (d’une cohérence identitaire). Donc toute la problématique du sujet psychotique se joue autour de la sauvegarde de l’identité.

 

                           paranoia.jpg

 

Aussi un sujet psychotique n’est pas "reconnaissable", il peut fonctionner comme tout le monde, bénéficier d’une bonne réussite professionnelle, bénéficier de l’inscription au sein d’une structure familiale car il a la possibilité de se construire par adhésion quasi-totale à une norme sociale qui lui donne un statut. Pour bon nombre de psychotique, il peut ne pas y avoir de décompensation, et on a des sujets pris dans une psychose ordinaire, une "psychose blanche", et on va vraiment être confronté à une "normalité".

Pour le psychotique, et en fonction des aléas de son histoire, il est possible qu’il puisse un jour être confronté à la loi œdipienne qu’il rencontre dans la réalité extérieure:

 

La fragilité de la personnalité peut alors tout à coup apparaître, se réveiller, car dans le champ de la problématique psychotique la loi œdipienne est forclose, exclue de son système de pensée. Ce qui fait que quand le psychotique rencontre cette loi œdipienne surgit une angoisse intense qu’il ne peut contenir, penser, élaborer.

Et le cristal de la personnalité se brise face à cette angoisse, c’est ce qui va être à l’origine de la décompensation qui va se traduire de la manière suivante : on va observer une perte de contact avec la réalité avec bien souvent une mise en place d’une néo réalité (délires, hallucination) qui va faire face à cette événement qu’il ne peut penser. La psychose n’est pas un état déficitaire particulièrement avancé. Il y a une possibilité d’insertion.

 

On est dans un univers qui est radicalement différent de celui dans lequel évolue le névrosé.  Si dans la névrose le conflit est en rapport avec la loi œdipienne, dans la psychose le conflit n’est pas avec la problématique œdipienne, le conflit majeur est de maintenir un minima d’une cohésion d’image (il doit « sauver sa peau » par rapport à un autre), une sauvegarde de l’identité.

Quand le sujet ne rencontre pas la loi œdipienne, les relations précoces vont déterminer l’avenir du sujet par l’instauration de relations fusionnelles, passionnelles, parfois destructrices car la relation d’objet n’est pas stable du faot qu' il n’y ai pas de différence nette entre le moi et le non moi, cela peut même aboutir à un retrait de l’individu sur lui-même, par des angoisses très fortes (angoisses de morcellement). Cette unité d’objet est très difficile à mettre en place, à maintenir, et elle peut vaciller.

 

En terme de points de fixation régression

- Dans la schizophrénie : fixation très forte au niveau du stade oral : ce moment où les liens vont être vécus sur le mode à la fois d’une jouissance et d’une angoisse, ce moment où l’enfant se trouve véritablement pris dans un caprice de la relation d’un autre.

- Dans le champ de la problématique paranoïaque: le point de fixation-régression se trouve à la phase anale. Pour sauvegarder son identité, la relation à l’objet est très difficile à envisager car elle ne peut être vécue et ressentie que sur un mode persécutoire. Mais le rapport à l’objet est crucial car il doit être sous contrôle, car sinon il présente une véritable menace pour le sujet. Et contrairement à la problématique schizophrénique, les mécanismes de défense donnent au paranoïaque une meilleure assise pour maintenir une unité d’image.

 

Le fonctionnement par imitation

Le fonctionnement par imitation est possible car dans la problématique psychotique il peut y avoir accrochage à une image (d’un père, d’un personnage), et cet accrochage à fonction de béquille. Et cette béquille peut être opérationnelle tout au long de l’existence du sujet, elle fonctionnera au décours de l’adhésion à certains mondes extérieurs qui lui permettent de penser, de concevoir ce qu’il en est du comportement qui doit être le sien.

Tant que le sujet à des réponses aux différentes situations qui jalonnent son existence, l’angoisse est contenue. Ce modèle social, cette béquille, lui permet de penser, de trouver une réponse à différentes situations. Le traitement de la réalité extérieure se traduit chez certains par une sur-adaptation à la réalité. Tout s’organise autour des connaissances du sujet : connaissances du monde, qui le rendent logique, compréhensible. Du coup la personnalité pré psychotique fonctionne par une addition de signification avec toutes les réponses qui permettent de répondre aux questions qui jalonnent l’existence.

 

 « Quand on va poser la question de savoir ce qu’est un père, plusieurs réponses sont possibles : un géniteur, celui qui s’occupe de l’enfant, celui qui transmet un patrimoine, celui que l’enfant reconnait et adopte comme père ».

 

La connaissance est un moyen de protection de l’angoisse, un moyen de trouver une série de réponses. Mais ce ne sont que des réponses juxtaposées les unes après les autres, parfois sans véritablement de liens entre elles.

Bien souvent ce qui interroge dans le champ de la clinique sans que la décompensation n’est forcement eu lieu, c’est que malgré ce semblant de réalité, le rapport au corps reste problématique. Pour Lacan, l’abandon du corps est toujours quelque chose de suspect .

 

Moment de bascule 

L’unité d’image ne tient plus, il y a un risque d’effondrement.

Chez certains il peut y avoir un évènement qui fait rupture, et tout à coup toutes les significations acquises, toute la connaissance, ne suffisent pas à penser l’évènement. Face à une vérité nouvelle on a un individu qui n’a pas les connaissances et qui a une interrogation qui demeure. Le sujet devant l’énigme que présente cet évènement nouveau, présente un moment d’angoisse du réel qu’il ne peut traiter sur le mode imaginaire, qui ne peut prendre aucune perspective symbolique. On est alors confronté à un moment où la dissociation se met en place, face à la réalité extérieure qui reste impensable.

 

Le moment de la décompensation

Au moment de la décompensation il y a une panne : pas de réponse imaginaire et aucune perspective symbolique.

Exemple du président Schreber de Freud:

 

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 - Elision dans l’imaginaire : Cette absence de réponse dans l’imaginaire apparait au moment où Schreber  est nommé président d’une cours où il va devoir assumer une fonction de supérieur hiérarchique de collègues plus âgés que lui et qui étaient auparavant ses pairs. Cette situation n'est pas "élaborable" pour lui. Comme si il devait assumer une fonction paternelle : celle de président.Mais le problème est que cette situation il ne peut l’envisager, la penser, il n’a aucun soutien, aucun repère ("re-père" ^^) qui lui permet de la dépasser.

 - Elision dans le symbolique : Chez Schreber, à cette faille dans l’imaginaire, va coïncider une autre faille/impasse, celle qui lui permettrait de pouvoir en son nom propre élaborer, construire cette situation. Pour lui compte tenu de la forclusion de la loi œdipienne, Schreiber ne peut tenir une place de père car il ne dispose pas du signifiant de la paternité. Pour Schreber dans le discours de la mère, le père est un personnage prestigieux, ce n’est pas un symbole. L’image qu’il a du père est un personnage, un éducateur parfait. Il est soumis à cette image qu’il ne peut ni égaler, ni surpasser, ni succéder. Cette situation le conduit à ne pas pouvoir dépasser une situation inscrite au sein de la structure familiale.

 

 Le traitement de l'Angoisse dans la psychose

L’angoisse va être traitée en deux temps successifs : Perplexité et conviction.

- La perplexité:

G. Clairembeau décrit l’apparition de phénomènes élémentaires qui vont constituer une première amorce de réponse à l’angoisse. Cliniquement cela se traduit par des discours qui vont s’imposer au psychotique (comme une voix, voire un écho de la pensée, un commentaire de ses actes), ce n’est pas forcément problématique. Le soucis est que ce discours intérieur n’arrête pas. Chez Schreber, une idée lui vient dans un état de demi-sommeil : « qu’il serait beau d’être une femme entrain de subir l’accouplement ». C'est une idée qui va le boulverser. Car elle se répète et laisse Schreber dans un état de perplexité extrême.

 

Pour Clairembeau cette idée constitue véritablement le début du traitement de l’angoisse, cette neutralité à tendance à engendrer le sentiment d’étrangeté face à l’insistance de cette conviction.

- La conviction:

L’hypothèse freudienne est que le délire va avoir la fonction de donner une réponse à l’énigme. Il va y avoir un travail pour donner un sens à cette voix, pour contenir l’angoisse dans laquelle le sujet se trouve.

Schreber reconstitue un scenario qui n’est pas neutre. Pour lui la fin du monde est proche et Dieu lui confie une mission : il doit se changer en femme et il doit engendrer une nouvelle race. Pour se faire il doit entrer dans la perspective d’atteindre une pureté digne de l’élever dans cette rencontre avec Dieu. C’est Dieu qui s’intéresse à lui (dans la psychose c’est l’autre qui est à l’initiative). En dehors de l’énonciation de ce délire, Schreber est quelqu’un qui est capable de soutenir une conversation, c’est un individu brillant. Il ne rivalise pas avec le père, mais devient un complément du père en changeant de sexe, en devenant la femme de Dieu, il se situe dans un prolongement du corps de l’autre. Cette acceptation de transformation de corps identitaire est ce qui va lui permettre de constituer une descendance.

 

 

L'enjeu du délire: la question de l'ego

L'acte créateur

L’enjeu du délire ne prend pas l’aspect d’une affaire privée. Il s'agira tout à coup de témoigner d’un message reçu, l’objectif étant de le faire connaitre publiquement. L’acte créateur est l’exemple de ce destin hors norme. Il peut se manifester dans des champs différents : champ littéraire, création d’un nouveau langage… Dans chacun des cas cet acte créateur à une fonction d’égo, il va avoir pour finalité de redonner une cohésion identitaire au sujet, de compenser cette absence de légitimité d’existence en lien avec la forclusion pour trouver un statut social qui fasse nom, pour trouver un phénomène de compensation.

Schreber, une fois son délire stabilisé, décide de rédiger ses mémoires (alors qu’il est hospitalisé en psychiatrie). Il se pose comme un véritable théoricien. Son écrit, il va le concevoir avec beaucoup de rigueur. Son délire va venir se ranger dans le discours au détour de l’écriture, dans une transmission qui va lui permettre, par l’écriture, de se faire un nom. C’est cette possibilité d’existence par l’écriture qui va lui permettre de se substituer au délire.

Une production artistique, littéraire, comme une performance (professionnelle, sportive), peut véritablement constituer un nouveau fondement à la construction de la personnalité, afin de tout à coup pouvoir bénéficier d’une reconnaissance, d’un statut, afin de pouvoir procéder à la reconstruction de l’identité autour d’un nom, d’un ego. Cette reconstruction à une fonction réparatrice. C’est comme si le psychotique était là en quête d’exister autour d’un nom qui lui soit propre, faute d’avoir pu exister en son nom propre. L’ego dans la psychose à une fonction de suppléance, de compensation. Quand l’ego parvient à donner au sujet une assise identitaire, le délire en tant que tel, les angoisses, perdent de leur raison d’être. Quand cette tentative de reconstruction identitaire ne parvient pas à contenir le sujet, le délire peut réapparaitre, perdurer, et les risques de passage à l’acte peuvent être présents.

 

La question du Nom: exemple du cas Aimée

Lacan rencontre Aimée à Ste Anne. Subjugué par l’histoire de cette femme,  il décide de lui consacrer sa thèse de médecine. Contexte de sa famille : c’est une jeune femme issue d’une famille catholique assez conservatrice. Le premier malheur qu’elle rencontre c’est le prénom qu'on lui a attribué à  sa naissance ( sa mère avait préalablement accouchée d’un enfant, Aimée, qui va mourir quelques jours après sa naissance).

 

Quand Aimée parle de la relation qu’elle entretien avec sa mère, elle décrit une femme qui souffre de dépression, de symptômes de persécution. Au sein de la fratrie, sa sœur Elise va avoir une place particulière. Aimée très rapidement, très tôt, va avoir beaucoup de difficulté à accepter la vie qui est la sienne, et très vite elle rêvait d’un autre avenir, d’un autre statut, une autre image. Elle veut sortir de cette condition qui est la sienne, et son rêvé est de devenir une brillante intellectuelle.

 

Histoire D'Aimée

Premier temps: « Trahison d'une jeune poète »

Elle a 18 ans, et elle va éprouver un amour très intense pour un jeune poète qui vit dans son village. Et elle va soutenir avec lui une très longue correspondance, pendant plus de trois ans. C’est problématique car cet amour pur d’Aimée va s’avérer ne pas être réciproque. Cela va plonger Aimée dans un état de dépression sévère. Elle va se confier à une collègue, elle va en faire sa confidente. Elle va régulièrement lui raconter cette histoire d’amour, s’épancher sur sa souffrance, et cette collègue lui dit d’autant plus la comprendre qu’elle a vécu une situation similaire : toutes les deux on partagé un amour, et toutes les deux l’ont perdu. Elles pleurent ensemble. Pour Aimée, cette collègue est la représentation d’une femme idéale. Pendant 4 ans, toutes deux deviennent inséparable.

 

Deuxième temps : « La place à Elise »

Aimée va rencontrer un homme (un collègue de travail) et va décider de se marier (mariage de raison et non d’amour). Après une première fausse couche, elle donne naissance à un garçon. A cette époque sa sœur Elise, célibataire, va venir s’installer dans le couple et Aimée lui laisse une place, elle s’occupe beaucoup de son enfant, et est très présente auprès de son époux. Aimée va entendre des pensées curieuses qui lui traversent l’esprit, et elle a l’impression qu’on devine ses pensées, qu’il y a des paroles d’insultes, de moqueries, ces actes sont commentés. Ce que remarque Aimée c’est que la tonalité de cette voix ressemble fortement à la tonalité de la voix d’Elise.

 

Troisième temps : « Le roman de Pierre Benoît ».

Un jour Aimée, alors qu’elle est en fragilité, va lire le roman de Pierre Benoît : Mademoiselle de la Ferté. Quand elle lit cet ouvrage, cela fait comme une illumination dans son esprit : elle se rend compte que Pierre Benoît a décrit dans son ouvrage des épisodes propres à sa vie (l’amour pour le jeune poète, les relations intimes avec sa collègue). Elle est furieuse car pour elle, Pierre Benoît lui a volé sa vie privée, mais il a en plus publié ces moments de son existence, et en plus il se fait un nom par ce roman et personne ne sait que c’est de la vie d’Aimée dont parle Pierre Benoît.

Dans ce roman elle voit deux femmes fascinées l’une par l’autre et qui ont aimée toute deux un même homme qu’elles ont perdu. Après la lecture de cet ouvrage, Aimée va développer son « grand délire ». La famille va alors devoir hospitaliser Aimée pendant 6 mois en psychiatrie. Mais le délire ne s’arrête pas, elle est convaincue de la légitimité de sa plainte (d’être victime d’un plagia) : délire de persécution. « On lui a volé sa place, son identité. Quelqu’un s’est intéressé à elle, lui a voulu du mal ».

 

Quatrième temps : « Le départ pour Paris ».

Les années passent, la sœur d’Aimée continue à garder une place importante au sein de son couple, avec son enfant. Aimée n’occupe ni une place d’épouse, ni une place de mère. Elle est préoccupée par une reconnaissance qu’elle n’a pas eue. Elle désinvesti le champ de la sphère privée. Aimée réfléchie à comment se faire justice, réparer se qu’il s’est passé : elle va vivre à Paris (elle demande une mutation) et elle écrit un roman (le détracteur). Et ce roman dont l’héroïne s’appelle Aimée est un moyen de dévoiler au grand jour l’imposture dont elle a été victime. Mais on refuse d’éditer son ouvrage. Elle est alors dans une colère extrême, le délire augmente. Elle décide alors de rencontrer Pierre Benoît. Quand elle le rencontre, elle lui explique son amertume. Benoît est surpris par cette rencontre et il écoute, il comprend qu’elle est un peu « folle ». Tout ce passe tranquillement et ils se quittent. Alors Aimée va organiser sa vengeance autour d’un autre objet, une femme. La femme qui va faire l’objet de toute sa haine sera une actrice, Huguette Duflos, qui connait sa célébrité grâce à Benoît. Aimée veut alors tuer cette femme. Aimée fait son enquête sur la vie de l’actrice. Aimée se procure un grand couteau de boucher et le 18 avril 1931 Aimée guette et attend Huguette Duflos, avant son arrivée dans le théâtre. Elle la voit arriver elle se jette sur elle et vise le cœur.

 

Cette dernière échappe à Aimée. Suite à se passage à l’acte, la police arrive, Aimée part en prison, elle y reste 20 jours. Ce passage à l’acte va être médiatisé, on ne parle plus que d’Hugette Duflos . qui a failli être tuée par Mme. Anzieu (Aimée), elle a finalement eu son moment de gloire.

 

L'analyse de Jacques Lacan

Quand Lacan rencontre Aimée, elle est paisible, elle raconte ce qu’il s’est passé, elle n’est plus délirante. Comme si elle était revenue tout à coup dans la réalité. Ce que retient Lacan c’est qu' Aimée s’attaque à une image de vedette, elle s’attaque à une femme alors qu’elle aurait dû être à cette place (problème narcissique). C’est une question de disqualification de l’image, qui est en fait ancienne chez Aimée (dès sa naissance : elle est née après une enfant morte dont elle porte le prénom), elle n’a pas de statut, elle n’a pas de place, elle est à la place d’un autre, elle a aussi rencontré cette disqualification de l’image dans son amour avec le jeune poète, dans la relation qu’elle a avec sa sœur ainée.

 

On a l’impression que dans l’histoire d’Aimée, il y a une impossibilité de s’inscrire dans une filiation, elle n’a pas de place à part entière dans sa fratrie, dans son couple et dans sa place de mère. Lacan émet l’hypothèse que chez Aimée le complexe fraternel (complexe d'intrusion) n’aurait pas été dépassé. Aimée serait restée dans une place ambivalente dans son rapport avec sa sœur ainée. Il y a une fascination pour cette sœur et en même temps un sentiment de haine. Elle a une image qu’Aimée convoite, un statut qu’elle n’a jamais pu trouver. Lacan émet aussi l’hypothèse qu’il y a une transposition de cette relation de convoitise et de haine avec Huguette Duflos.

 

Aimée est véritablement prisonnière d’une position narcissique, d’une tentative de maintenir une image pour se protéger d’un intrus, d’un éventuel persécuteur (problématique narcissique). L’absence de régulation par la loi œdipienne n’a pas permis à Aimée d’être délogée de cette fixation à ce sentiment d’intrusion qu’elle a vécu. Et du coup dans la vie d’Aimée l’ensemble des éléments qui vont jalonnés son histoire vont venir fonctionner sur le mode d’une projection. Aimée va devoir éliminer une rivale.

 

Ce qui va intéresser et surprendre Lacan c’est cette brusque guérison. Le fait qu’Aimée soit tout à coup devenue un personnage public a fait que le délire a pris fin. L’histoire d’Aimée à été évoquée au grand jour. Par cet acte Aimée à réussi là où son écriture à échoué. L’hypothèse que va proposer Lacan est de considérer qu'en passant à l’acte Aimée s’est guérie, et le plus important dans ce passage à l’acte est qu’il s’agit avant tout d’une possibilité d’inscrire sa plainte dans le social. Aimée à souvent été disqualifiée dans le privé, et l’une des perspectives dans lequel le sujet peut s’inscrire dans le champ de la psychose est de se faire un nom dans le public à défaut d’en avoir eu un dans le privé.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:49

Voici quelques exemples de points de fixations-régressions..

Cette liste de complexes n'est pas exhaustive!

I. Le complexe de sevrage

Voir résumé sur le complexe de sevrage ICI.

                           Quand-demarrer-le-sevrage-de-Bebe_carre_full.jpg

C'est le complexe le plus primitif.

Au niveau symbolique ce complexe n'est pas géré de n'importe quelle manière, il est codifié, réglé par tout un ensemble de facteurs symboliques (il y a une régulation culturelle). C'est la grande différence entre la pulsion et l'instinct.

La pulsion est prise dans l'ordre culturel et est imprégnée de relation spécifique qui unissent l'enfant à la mère en ce temps de détresse absolue.

Malgré cet ordre symbolique (la culture), il n'empêche que les relations d'objets, ne sont pas forcément toujours organisées à partir de règles identiques. La relation d'objet peut devenir pathogène et durer toute la vie.

 

Voir comment les premières relations précoces avec l'objet peuvent avoir une incidence en fonction de la manière dont le sevrage sera présenté. Certains ne se sortiront jamais de ce complexe de sevrage, ce qui sera mortifère et pathologique.

 

Cette construction de construction en tant que talon d'Achille est déterminante pour l'individu ne se limite pas à un temps. Le sevrage pathologique nous pouvons l'observer plus tard dans la dépendance affective.

Un sevrage qui ne s'interrompt jamais. La relation de sevrage est déterminante pour l'individu.

Ce que l'on constate c'est que cette perte peut pour certains constituer un véritable traumatisme, une hantise de perdre et susciter une nostalgie. Cette nostalgie on la retrouve par exemple dans le cadre de certaines dépendances à des toxiques « appétit de mort », anorexie.

On a un sujet qui se met en marge de la réalité et qui par l'intoxication va se réfugier dans un univers sans limite, dans lesquels les difficultés n'existent pas, les différences n'existent pas,un univers de bien être absolu, un ailleurs sans perte et sans séparation où le manque n'a pas de raison d'être.

Dans ces conduites on est dans un accrochage. Cet idéal conduit à une véritable disparition quotidienne: un sujet qui ne pense pas, qui s'exclut de la réalité et qui n'a de cesse que d'oublier le quotidien et l'ordinaire.

Cette question du rapport à la perte un est élément crucial dans la construction de la personnalité, elle oblige la perte à se positionner, faire des choix, s'inscrire dans la réalité.

L'idéal de bien être où on se coupe de la réalité car on en a pas assez eu ou trop eu peut-être, mais il ne laisse aucune possibilité de penser, cet accrochage pathologique à une relation fusionnelle et protectrice forme un point de fixation-régression.

 

Ces premières expériences de perte, de séparation, elles vont conduire l'enfant à s'interroger sur ce qui pourrait expliquer l'assistance dont il bénéficie. Ce qui pourrait expliquer l'absence de considération de ces 2 mondes et rapidement va apparaître un nouvel élément et cet élément ce sera la question de la place et la fonction du père au niveau de l'environnement.

Puis tout à coup les modalités de construction de la personnalité vont prendre des constructions différentes.

 

Le réel c'est l'inconnu qui vient faire impact, l'angoisse est au plus près du réel.

L'imaginaire me permet de représenter un tas d'intention à l'autre.

Le symbolique sera les mots; le code commun qui peuvent nous aider à décrypter, notre imaginaire est il approprié au réel?

Quand je pense je pense par le réel, l'imaginaire et le symbolique.

 

II. Le complexe d'Oedipe

II.1> Problématique de L'oedipe

Avec le problème de l'œdipe on va avoir tout à coup un interdit, une limite, une explication qui va être posée à l'enfant de ce qui va être possible, de ce qui relève de l'interdit. A partir du moment où cette loi est rencontrée il y a un avant et un après. C'est à dire que les relations de proximité à la mère doivent s'interromprent et l'enfant va devoir trouver une place dans l'environnement qui va l'exclure, des relations privilégiées à la cellule familiale.

 

Tout à coup un conflit fondamental avec le père!

Lacan précise que ce complexe d'œdipe en traduit pas un conflit avec le géniteur, le père de la réalité, mais le conflit est avec la fonction symbolique que le père doit tenir. Pour bien poser une distinction entre la père et le père du réel Lacan utilise le terme de "signifiant du nom du père". C'est une fonction, un symbole, d'interdiction c'est ce qui permet de donner une cohérence au monde. Ce qui explique la présence et l'absence de la mère.

Ce qui est très intéressant c'est de considérer que ce  signifiant n'est pas transmis par le père, ou par un homme qui se déclarerait père mais il n'est porté que par une personne. Il est porté par la mère (dans sa fonction de FEMME). C'est à dire que ce qui fait qu'elle est présente ou qu'elle s'absente tient au fait qu'elle n'est pas que mère mais qu'elle est aussi femme. Et en étant femme ça veut dire ça veut dire qu'il y a une réponse à son désir de femme et ce n'est pas l'enfant qui en est porteur c'est le père qui va venir l'incarner.

Tout à coup elle instaure un signifiant à son désir et en l'instaurant elle donne toute la légitimité au père d'avoir une influence sur l'enfant.

 

                             Oedipe1.png

 

Cela veut dire que pour l'enfant il y a un changement important qui apparaît:

- Premièrement une blessure narcissique forte (le monde ne tourne pas autour de lui, il n'est pas seul objet du désir maternel) et en même temps de cet blessure narcissique, un ailleurs, un espace qui s'ouvre, une possibilité d'advenir, une liberté, le sujet aura à faire sa place, à exister en dehors de la cellule familiale.

- Ce signifiant du nom du père va aussi induire une différence entre les générations. On passe de relation duelle à une relation triangulaire. Une possibilité d'organiser son existence à partir d'une loi Œdipienne qui se transmet de génération en génération et c'est une loi qui va régler les échanges, qui inscrit l'enfant dans un ordre social, l'enfant n'appartient ni à la mère ni au père mais un destin, une identité régie par un ordre symbolique.

En fonction de la manière dont ce signifiant du nom du père va être présenté à l'enfant, différentes formes de structuration de la personnalité vont apparaître et se stabiliser, se spécifier. La personnalité se structure et s'organise à parti de la rencontre avec un interdit et à partir du sort qui va être réservé à cet interdit.

 

II.2> L'oedipe: Les destins de structures

Comment cela peut se manifester selon les points de fixations régressions.

En fonction de cela il y aura plusieurs risques de décompensation de la personnalité:

 

Risque d'effondrement de l'identité qu'on retrouve dans le cadre de la psychose avec une loi symbolique existante qui existe au dehors du sujet mais qui va être forclose (forclusion) à l'extérieur du système de pensée du psychotique elle n'est pas transmise dans la nature familiale.

Risques de conflits avec la loi: on rencontre cela fréquemment dans la névrose, le sujet a conscience de la loi et qu'il y a des limites à son désir.. mais ça l'embête et s'y oppose et passe sa vie à être en conflit avec cette loi qui ne lui permet pas d'obtenir la réalisation de ses désirs (refoulement) et ça génère de la rivalité, de l'insatisfaction , des quêtes de reconnaissance

Le destin pervers: Un sujet qui à tout a fait conscience de la réalité de la loi, mais qui considère que cette loi sur lui n'a aucun effet et il se protège même de la loi par un fétiche (déni).

 

Donc avec l'œdipe on a une personnalité qui s'organise, qui se stabilise.

 

III. Pour conclure

Quand on travaille sur structuration/déstructuration de la personnalité, au niveau clinique on va être amené la façon dont le sujet raconte sa détresse, sa souffrance, les conflits qui ont jalonnés son existence. L'ensemble de ces histoires à toute les époques. Cette énonciation permet de contextualiser l'histoire du cas sans se situer dans un perspective développementale, sans se situer dans un simple recueil de fait mais à chaque fois ce qui va nous intéresser c'est en quoi ces récits peuvent venir témoigner de certains points de fixations-régressions qui peuvent permettre de comprendre des répétitions, des symptômes, des impasses.

Donc dans cette perspective Freudienne du cristal on a la possibilité de voir en quoi le passé peut être déterminant sur l'actualité du sujet , sur ses choix, et par ce mode d'approche on va faire le pari de procéder par une absence d'accès direct au symptôme mais ce qui est important c'est de pouvoir les inscrire dans une histoire.

Ce n'est pas les faits en tant que tel qui nous intéresse mais une répétition qui fait qu'il existe dans la vie du sujet un fil rouge en fonction des lignes de forces et de faiblesses, d'après son style on va pouvoir comprendre les difficultés actuelles. Mais il ne faut pas juste se fier à l'actualité pour trouver ce qui a déterminé les modalités d'existence du sujet. Le symptôme n'a de sens qu'à partir du moment où on l'inscrit dans une histoire.

Il faut quand même faire remarquer que dans l'espace du travail thérapeutique le rapport à la parole évolue, il y a donc une possibilité de relecture des traces mnésiques, une possibilité de dépasser les répétitions traumatiques de certains points de fixations-régressions en les inscrivant dans une histoire, en leur donnant un sens. Les symptômes à partir du moment où ils peuvent prendre sens, parler à l'autre, perlaborer, pourront se transformer.  On pourra voir des modifications notoires au niveau de la personnalité.

 

 

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:36

Introduction

Au départ Winiccott considère qu'aux premiers temps de la vie (détresse), la présence de la mère environnement est une nécessité qui demande une disponibilité quasi totale. Dans ce temps de prématurité une carence massive de l'environnement peut avoir de lourdes conséquences au niveau de la structuration de la personnalité car se forgent tout à coup des fantasmes en lien avec une angoisse, des sentiments de morcellements.

Et puis la dépendance devient un peu moins importante vis à vis de la mère environnement et progressivement l'enfant prend acte de l'effet de la présence de la mère sur lui par un effet d'apaisement de tension.

Il est dans un temps où la demande va favoriser tout un ensemble de productions imaginaires qui permettent à l'enfant de se représenter ce que la mère environnement attend de lui, ce qui peut être à l'origine de sa présence et de son assistance. Mais ce sont des représentations fantasmatiques appartenant au registre imaginaire.

Quand le sujet arrive à minima à accéder à une indépendance, là l'enfant va être capable de réagir par lui-même sans forcément solliciter l'autre pour pouvoir pallier à ses insuffisances. Ce qu'il fait qu'en l''absence de l'autre il peut survivre.

Ces traces affectives auront des incidences sur la construction de la personnalité.

                                                  R-S-I perte et objet a

 

                RSI_Conscience-2.gif

- Le réel c'est quelque chose qui ne peut être saisi, pensé, parlé, jamais tout à fait symbolisé.

- L'imaginaire est la façon dont je m'identifie à l'autre, la façon dont je me représente les relations duelles, l'ensemble de ma vie fantasmatique.

- L'ordre symbolique est la manière dont la culture organise les liens sociaux et me permet de penser ma place

 

Les trois registres sont intimement intriqués et sans primauté d'un registre par rapport à l'autre. Et toute représentation s'organisera par ces 3 registres. Et pour que le Réel l'imaginaire et le Symbolique s'organisent et que le sujet puisse commencer à prendre consistance, il faut qu'il y ai une nécessite qui s'impose à lui. Et cette première nécessité c'est une perte, une séparation, un deuil...

Ces premières séparations se jouent au niveau d'une relation corporelle c'est à dire qu'à un moment donné il y a nécessité qu'un terme soit mis au corps à corps de l'enfant avec la mère e,environnement, la première perte sera celle du sein maternel.

 

Cette première perte Lacan l'appelle objet a,le sein est en donc un objet a. C'est un temps de jouissance qui s'arrête.

A partir de cette perte une quête désirante qui commence à se construire et s'organiser.

Cette première perte donne au sujet la possibilité d'advenir. L'enfant se trouve confronté à renoncer à un « organe » pour se constituer en tant que sujet de la parole et du langage.

Et puis les pertes vont se présenter tout au long de l'existence du sujet du côté du besoin. Ce qui fait office de perte sera aussi la question du regard, la question de la voix.

 

Ce sont les premières séparations qui poussent le sujet à s'autonomiser et ces premières pertes s'organisent autour d'une relation de fusion.

Voyons à travers les complexes les pertes que le sujet devra assumer..

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:19

Va s'inaugurer la place que prend l'Autre dans le circuit de l'échange. La place qu'il prend sera déterminante pour le sujet mais aussi soumis à un ordre culturel et dans les tous premiers échanges la détresse de l'enfant va être interprétée avec un sens.

I. Les trois temps

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I.1> Temps du besoin et le réel

Le ou les besoins auxquels l'enfant est confronté vont se manifester par des décharges motrices, des cris et ces manifestations sont asignifiantes donc c'est un état de détresse général qui témoigne d'un réel déséquilibre.

Pour évoquer ce moment, Lacan emploie le terme de réel, on est dans le registre animal/biologique/somatique. Univers n'étant pas régit par des intentions, par la pensée. C'est une détresse absolue de l'ordre du somatique. Il est question de la survie du petit d'homme. Pour évoquer cette période Lacan dans les complexes familiaux évoque la question de la triade du malaise dans le passage intra-utérin çà l'extérieur. L'enfant sera confronté à 3 éléments:

- Asphyxie de la naissance

- Malaise labyrinthique (problème du tonus musculaire)

- Le froid de la nudité

La triade du malaise donc du nouveau né dans lesquels où il se trouve submergé sans qu'il puisse les symboliser. Il a comme seul moyen le cri comme décharge pulsionnelle.

Cet état de survie ne peut être contenue que par l'intermédiaire d'un tiers. La présence de l'Autre est déjà requise.

 

I.2> Le temps de la demande et l'imaginaire

Les cris vont être interprétés par un autre. Mais l'Autre va leur demander une réponse signifiante, accorder du sens aux cris, et l'enfant va se voir modifié dans ce rapport à l'Autre qui va l'apaiser, lui proposer des soins (tonico-émotionnels) et il sera accompagné par des mots qui a une fonction « contenante » ou « corporelle ».

Donc face à cette détresse tout à coup l'enfant va rencontrer une satisfaction et cette satisfaction va inaugurer un premier mode de relation avec l'Autre. Au point même que en l'absence de l'autre l'enfant va ressentir une frustration. L'autre va prendre une consistance et une demande peut lui être adressée en rapport avec l'insatisfaction. C'est le circuit de la demande.

Mais cette demande va être la porte ouverte à beaucoup de représentations. « Comment plaire à l'autre? Comment le garder? »

Des images de l'Autre vont se créer et dans chaque nouvelle rencontre, de nouvelles images. Si initialement j'ai rencontré le moment de réponse à ma détresse, les réponses maternelles ne sont jamais identiques. Je voudrais que ce moment initial indispensable, de survie se répète à l'identique. Mais l'échange n'est jamais identique.

 

Donc un ensemble de traces va se construire attestant de la réalité de la présence de l'objet et de la réalité de la consistance de la personnalité. Ces traces ou "représentations", Lacan les apellent des imagos.

 

Il y a une réalité imaginaire: qui est l'autre? Comment je peux le solliciter? Lui plaire? Que va t-il me faire?

 

I.3> Le temps du désir et la symbolique

La question du désir est le fait qu'il y a sans arrêt, un décalage, entre ce que je demande et ce que j'obtiens. Et ce décalage génère une réelle insatisfaction. C'est de cette expérience que va naître le désir (désir initial qu'on veut se voir répéter mais qui n'est jamais au rendez vous, on y rencontre toujours un manque ou « castration »).

Plus rien ne sera jamais pareil et on va avoir un ressenti de l'absence.

Et dans cette quête impossible, l'enfant rencontrera du symbolique. Il va falloir trouver une explication à ces allers retours de la mère qui ne répond pas seulement aux questions des attentes de l'enfant mais aussi régit par ce qui motive son désir de femme. Il y a des « règles » pouvant expliquer ces allers retours.

 

II. L'Autre

L'Autre c'est la loi, la culture ce qui va permettre de concevoir commet le sujet est intégré dans un environnement (scolaire, culturel, etc).

L'Autre donc ce n'est pas à proprement parler forcément les semblables, mais un ensemble de règles qui vont venir codifier les échanges, évoquer les différentes règles.

La place de l'Autre a une fonction symbolique.

Dans cet environnement l'autre maternel (la mère environnement) sera un agent, l'enfant par rapport à la mère environnement va être initié à ce circuit de l'échange et la pluralité des relations d'objet va refléter une activité fantasmatique, inconsciente, qui rattache le sujet au monde extérieur. Et cette activité fantasmatique évoluera tout au long de la sexualité.

Les premiers temps qui vont passer dans le circuit dépendent du cadre symbolique où vont s'instaurer les échanges. Le rapport à l'Autre permet à l'enfant de décrypter le réel, les attentes de l'autre. Il y a donc un cadre symbolique où tout un chacun va avoir un cadre symbolique et ce n'est pas seulement la famille (culture).

Pour être confronté à la culture il faut un agent, au départ c'est l'autre maternel.

Pour la construction de la personnalité , les différentes formes de représentations fantasmatiques que le sujet se forger a, ces représentations sont la résultantes du sujet à la mère environnement, et ce qu'elle lui a donné comme outil pour décrypter le réel.

Névrose, psychoses, ou perversions on a toujours été confronté aux trois registres du réel, imaginaire et symbolique.

 

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 11:47

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Introduction

La personnalité est constituée d'un ensemble de caractères permanents qui constituent l'identité d'une personne. Ces caractères vont se construire selon les lignes de forces et de faiblesses d'un individu. Ces lignes de forces et de faiblesses sont pour Freud autant de points de fixations-régressions quant à la sexualité infantile.

Fixation: liaison privilégiée de la libido sur certains objets et modes de satisfaction ayant pour rorigine les premiers échanges du sujet avec la mère (ou substitut maternel) lors des stades prégénitaux jusqu'à l'organisaiton Oedipienne.
Régression: C'est le retour à un mode de satisfaction privilégiée de la libido.En d'autre termes un retour à un point de fixation. 

Freud considère que ces différenres fixations-régressions sont déterminantes pour la construction de la personnalité et pour l'existence du sujet (origine de ses choix, de ses angoisses, de ses investissements...)

 

Dans la vie en général, chez un sujet, on observe un aller-retour entre ces points de fixations-régressions. Tout en constituant l'humanité du sujet, ces points ne constituent pas une fragilité narcissique insurmontable. Le sujet peut même s'appuyer dessus pour vire.

Mais dans certains cas, face à un événement qui fait crise, la personnalité va se décomposer en suivant un chemin déterminé par ces points qui ont été à l'origine même de sa construction. Dans ce deuxième cas, on a un sujet qui va rencontrer une situation qui fait crise et cela n'est rien d'anodin, c'est une rencontre, une séparation, une perte.

Ce qui fait achoppement avec la crise est révélateur. Mais pas sur n'importe quel mode. La crise va se loger dans ce qui a été précédemment à l'origine des fragilités qui ont permis à l'individu de se construire.

 "Quand le cristal se brise il le fait autour ses lignes de forces/faiblesses". La crise est vraiment un moment où on observe des troubles importants (Angoisse, être dépassé, ne plus pouvoir faire face à la réalité). Le moment de déconstruction est un moment de difficultés majeures dans lesquelles se trouve l'individu où il se retrouvera face à un élément buté et qui va être intimement affecté par cet événement. Cela n'est pas de l'ordre du "compréhensible". Quant au touche à la question de la souffrance, de la décomposition, on ne peut intellectualiser tout cela .

La déconstruction de la personnalité est au plus près de l'individu dans le registre de l'intime, du talon d'Achille, des points de fragilité au delà du pensable. Le sujet perd tous ses repères et va devenir incapable parfois de faire face.

I. Corps, sexualité........ et langage!!!
I.1>La sexualité

Selon nos pulsions sexuelles et ceux que les autres attendent nous devrons perpétuellement nous positionner.

Comment advenir dans sa sexuation face au réel? Face à des stéréotypes (pressions sociales, familiales, éducatives)?

Pour Freud le point crucial était la sexualité infantile. Il était convaincu qu'elle déterminait l'avenir du sujet. Donc la construction de la personnalité résulte de la sexualité infantile dont la façon dont le sujet devra se positionner sans cesse dans le lien sexuel et la façon dont il aura à composer ou recomposer avec sa sexualité. La sexualité détermine la personnalité, ses forces et ses faiblesses. 

I.2>Le langage

Certes la sexualité est déterminante mais il y a aussi le langage.
La construction de la personnalité (lignes de forces et faiblesses), passe aussi par la manière dont les liens ont pu être parlés, c'est à dire en quoi le langage est venu accompagner le sujet. La manière dont le corps sexué est parlé, mis en bout, et la manière dont le sujet à son tour va se saisir du langage, et de manière précoce, dès les premières tensions pulsionnelles pour s'adresser à l'Autre.
Le langage est vraiment ce qui accompagne à tout jamais la personnalité. Corps, sexualité et langage sont indissociables, ils sont intimement intriqués.
Comment la mise en mot des éprouvés là auront leur importance.. Comment le corps a été bercé par la parole et ce précocement...

Le langage est unne véritable fonction déterminant la construction de la personnalité. La sexuation est prise dans les ailes du langage.

Cette question de la parole et du langage est importante car elle préexiste au sujet et elle le détermine.

Ce qui est important pour le sujet est son histoire mais c'est aussi la manière dont son histoire avant même sa naissance à pu être envisagée,pensée, c'est à dire les façons dont les instances parentales ses sont représentées la venue de cet enfant en fonction de leur propre histoire. La construction dépend de l'inscription de l'individu dans une histoire. Parfois les symptômes du sujet ce n'est pas l'actualisation de la sexualité infantile mais quelque chose à partir des générations antérieures. Ce n'est pas toujours l'événement qui fait la crise mais comment il a fait l'objet ou pas d'une élaboration, comment il a été parlé.

Dans les complexes familiaux Lacan nous sensibilise au fait que :

La famille moderne est un remaniement de la famille primitive via un scénario transgénérationnel. L'individu va naître dans un système déjà élaboré, un complexe qu'on va lui raconter.


Ce ne sont pas les événements en eux même qui sont importants mais la manière, dont le sujet les traverse, dont il les décrypte effectivement, puis c'est aussi la manière dot le contexte familial, culturel, dans lesquels ces événements se produisent, la manière dont ce sera parlé, pensé. Donc comment le corps va être pris en charge par l'ordre de la parole et du langage.

L'énonciation par le sujet de son histoire diachronique dans la cure, si on est capable d'y associer une écoute assez distancié (sans jugements de valeurs) l'énonciation de cette histoire permet de procéder à une lecture synchronique des modes de construction et déconstruction de la personnalité, de l'organisation des conflits psychiques et de l'élaboration des crises.

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