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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:06

I. La psychométrie

 

                                 psychometrie.jpg


L’apparition et le terme psychométrie remonte à Galton 1889 mais les idées datent de WOLF 1932 à mesurer les aptitudes humaines.

Définition opérationnelle : « la psychométrie concerne toutes les méthodes quantitatives utilisées en psychologie ».

 I.1>Les objectifs : Mesurer les caractéristiques mentales

En élaborer les techniques de mesure

Concevoir les lois mathématiques reliant ces caractéristiques au comportement. Aujourd’hui la psychométrie  désigne principalement les méthodes employées dans la conception et construction des tests mentaux.

 

I.2>Psychométrie et évaluation : Diagnostic et pronostic (et conseils !)

L’objectif de la psychométrie est de réaliser une évaluation des caractéristiques individuelles sur le plan intellectuel et de la personnalité. Le test permet d’évaluer la position d’un individu en comparaison d’un groupe de référence. (la population d’étalonnage, qui va permettre d’étalonner le test).Mais il demeure une difficulté de construire une unité de mesure d’une variable psychologique (intelligence ou aptitude déterminée). On va donc situer la performance du sujet par rapport aux performances obtenues par la population d’étalonnage.

 

II. Test mental

II.1>Qu’est ce qu’un test mental ?

Pichot:« Un test mental ressemble à une situation expérimentale standardisée servant de stimulus à un comportement. Ce comportement est évalué par une comparaison statistique avec celui d’autres individus placés dans la même situation permettant ainsi de classer le sujet examiné soit quantitativement soit typologiquement. » .

Zazzo: « Une épreuve strictement définie dans ses conditions d’application et dans son mode de notation qui permet de situer un sujet par rapport à une population elle-même bien définie (biologiquement et socialement).

Un test n’est pas une situation expérimentale à proprement parler, car on ne manipule pas de variable!

 

II.2>La question de la comparaison statistique

La passation doit être standardisée : consignes, exemples, matériel, temps alloué, modalité de réponses, correction.

La comparaison du comportement d’un individu doit se faire en référence à une norme (population d’étalonnage).

Constituer la norme= étalonner le test.

 

II.3>De la performance à l’évaluation des caractéristiques psychologiques

Evaluation d’un caractère psychologique à l’aide d’un indicateur comportemental (mot, indicateur moteur, langagier etc) qui est la réponse du sujet.

L’adéquation entre indicateur et le caractère psychologique pose le problème de la validité de ce qui est mesuré.

 

III.Le principe de la comparaison statistique : l’étalonnage

Test : comparaison de la performance d’un individu à une norme.

Cette norme est constitué par le groupe/population d’étalonnage. Ce groupe doit être clairement définit en fonction de critères (sexe, age, CSP…) correspondant à la population visée par le test (échantillon suffisamment grand de 100 à 1000).

 

III.1>Loi de Laplace-Gauss

Fonction statistique caractérisée par la concentration des observations autour de la moyenne arithmétique (tendance centrale) des valeurs de la variable.

Elle est symétrique et définie par deux paramètres: moyenne arithmétique et écart type (écarts des valeurs de dispersion à la moyenne).

L'écart type caractérise l'aplatissement de la courbe et donne une idée de la dispersion des valeurs autour de la valeur autour de la moyenne (courbe aplatie c'est une dispersion importante, grande variance);

 

Exemple avec le QI:

qi_loi_gauss.jpg


III.2>La loi normale

Toute fonction de Gauss peut être ramenée à un modèle standard: celui de la loi normale

Moyenne= 0; SD (écart-type)=1

La procédure d'étalonnage normalisée est fondée sur les propriétés de la loi normale

En ramenant une distribution quelconque à la loi normale, on pourra ainsi comparer des populations avec des M et des SD différents.

L'étalonnage consiste à décrire la distribution du caractère psychologique mesuré dans la population d'étalonnage et à la répartir en un certain nombre de classes.

 

Exemple avec la loi normale centrée-réduite:

loi_normale_centree_reduite.jpg

 

III.3>L'étalonnage en classes d'effectifs égaux: décilage et centilag

Décilage: division de l'effectif de la population d'étalonnage en 10 classes égales comportant chacune 10% de l'effectif (si la population d'étalonnage comporte 100 sujets, chaque décile comprendra 10 sujets).

Centilage: division de l'effectif de la population d'étalonnage en 100 classes égales comportant chacune 1% de l'effectif.

Chaque décile est défini par une note minimale et une note maximale (les limites de la classe). En raison de la forme de la distribution, l'intervalle de classe (écart entre note minimale et maximale) n'est pas constant: le décilage ne discrimine pas de façon égale les sujets ayant des notes faibles ou fortes et ceux qui obtiennent des notes moyennes.

 

III.3>L'étalonnage en classes normalisée: effectifs inégaux. 

Effectif divisé en un nombre impair de classes (9 classes par exemple) mais les effectifs de chaque classe ne devront pas être égaux

La classe centrale est centrée sur la note moyenne de la distribution

Par construction les classes ont une largeur égale, mais leurs effectifs ne sont plus identiques: ils suivent les fréquences théoriques: ils suivent les fréquences théoriques d'une distribution Gaussienne (on utilise alors le modèle de la loi normale).

 

III.4>Importance de l'étalonnage pour l'utilisation des tes mentaux

L'exploitation des résultats d'un test n'a de sens que par référence à l'étalonnage (on peut alors situer la position d'un sujet quelconque par rapport à cette norme).

Chaque sujet examiné doit être comparé au groupe d'étalonnage qui correspond à ses propres caractéristiques (âge, sexe...).

Nécessité de réactualiser les étalonnages et souvent le contenu des tests pour que l'évaluation demeure cohérente et efficace. Les test bougent selon l'époque, la culture, il faut remplacer des items, reconceptualiser les tests.

 

Distribution statistique des valeurs d'un caractère dans un échantillon de population.

On définit ainsi la fréquence des différentes valeurs que peut prendre le caractère dans un échantillon de la population (sous ensemble extrait au hasard de cette population).

 

Paramètres d'une distribution de Gauss: 

Situer la performance d'un sujet donné par rapport à la population de référence (une courbe par test).

 

La loi normale

Modèle standard de moyenne 0 et écart type 1 (données centrées réduites)

 

IV. Caractéristiques des test et biais d'évaluation: quelles caractéristiques pour un bon test?

Les tests ont trois propriétés essentielles en tant qu'instruments de mesure:

- Sensibilité ( ou finesse de discrimination): capacité du test à distinguer deux valeurs proches du paramètre mesuré. Dépend du mode d'étalonnage (nombre en classes d'étalonnage), du contenu et du nombre des items.

- Fidélité: définit la stabilité du test lors de mesures répétées. Un test doit donner le même résultat, lors de passations successives, si le caractère mesuré n'a pas varié. Méthode test/retest (les résultats obtenus doivent être sensiblement les mêmes).

- Validité: on distingue la validité de contenu (ce que mesure le test, exemple: richesse du lexique mental) et la validité prédictive (ce qu'il permet de prédire, un pronostic donc à court terme, moyen terme ou long terme).

 

IV.1>Contrôle des caractéristiques: comment vérifier ces trois critères?

La sensibilité est définie à priori par le nombre d'échelons (ici le nombre de classes) que comporte l'échelle de mesure. Utiliser un grand nombre de classes ne donne cependant qu'une sensibilité souvent illusoire en regard des erreurs de mesures.

La fidélité est contrôlée par plusieurs méthodes, la plus courante étant le test-retest, qui nécessite deux administrations successives du même test aux mêmes sujets. On étudie alors la corrélation entre les deux tests.

La validité prédictive (pronostic): est estimée par la corrélation entre les résultats au test et un ou plusieurs critères externes (CSP, niveau scolaire, jugement clinique) donnés à postériori.

 

La validité prédictive est généralement modérée,  d'autant plus que les critères externes sont fournis longtemps après le test.

Validité de contenu: difficile à apprécier. Des items sont satisfaisant, d'autres sont défectueux (ils ne mesurent pas ce qu'ils doivent mesurer comme par exemple quand personne ne sait répondre à l'item).Elle est généralement évaluée par la corrélation entre les résultats au testet les résultats obtenus par les mêmes sujets à d'autres test censés mesurer les mêmes caractéristiques.

 

IV.2>Deux types d'erreurs

Erreur aléatoire ("le hasard a fait que"):

- Affecte de manière aléatoire la performance du sujet

- Estimation de l'étendue des fluctuations aléatoires attendue dans le score obtenu par le sujet. Donc pas en lien avec la validité.

 

Erreur systématique

- Affecte de façon non aléatoire la performance du sujet

- En lien avec la validité: source de variation s'appuyant sur un construct psychologique autre que celui qui est mesuré.

 

IV.2.1>Les origines de l'erreur de mesure

Facteurs personnels stables:

- Intelligence

- Niveau éducation

- CSP

- Facteurs personnels transitoires (quelqu'un d'intelligent peut échouer à un test d'intelligence voilà pourquoi on préfère les appeler « tests d'efficience intellectuelle »)

- Vigilance

- Fatigue

- Motivation

- Etat de santé

- Prise de médicament

 

Situation d'évaluation (bruits, température, contexte) pouvant être source de variables parasites

Procédure d'évaluation (situation de passation non standardisée)

Nature du test (items formant le contenu du test).

Biais de représentativité

- Un signe isolé n'est pas une preuve de pathologie


Biais de confirmation

- Recherche de la validation de nos hypothèses (le résultat obtenu ne dois pas être pris pour argent comptant, et tout ne doit pas se baser sur un seul test).

 

Biais de récence: on ne doit pas associer le résultat au test à :

- Motif de consultation

- Dossier médical

- avis de l'entourage

 

Biais MDT

Nombreuses informations soumises à la primauté et à la récence

B iais Rosenthal

Nos caractéristiques conditionnent notre objectivité (sexe, âge, race, compétence).

 

IV.3>Les caractéristiques du test: rappel

Validité Un test mesure ce qu'il est censé mesurer

Sensibilité

- intra-individuelle: différences au sein d'un même individu au cours de mesures répétées

- inter-individuelle: discrimination de deux individus proches 'effets plafonds, plancher, nombre d'items, leur contenus)

Fidélité

 

CONCLUSION:

Mesurer c'est quantifier, ni comprendre ni expliquer.

Le psychologue doit interpréter les résultats au regard de nombreuses variables (cf intelligence).

EXERCICE

Découper les notes en dix déciles.

Voir feuille ICI

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 20:45

INTRODUCTION

Théories neurobiologiques:

Support neurobiologique du rêve (ondes PGO)

Le rêve est le premier état de conscience qui apparaît au cours de l'ontogénèse (donc il ne peut pas être l'accomplissement de désirs refoulés)

Le rêve est une activité automatique qui précède le développement de la conscience.
Le rêve pourrait servir au développement cérébral et/ou dans la mémorisation et l'apprentissage.

 

I. Phylogénèse du sommeil paradoxal
Théorie sur la programmation endogène des comportements (les comportements dont instinctifs seraient programmés pendant le rêve).

 

I.1> Rôle sur le développement cérébral

On constate que plus l'individu est jeune, plus il dort et aussi plus l'organisme est immature et plus la quantité de sommeil paradoxal est importante.

Chez des animaux immatures comme le chat et le rat le sommeil paradoxal va diminuer au cours de la vie.

Mais chez les espèces matures le sommeil paradoxal est important à la période prénatale puis de la naissance à la mort ça ne va quasiment pas changer.

 

40.jpg

 

Voyons chez l'homme

Une forte corrélation entre quantité de sommeil paradoxal et maturation cérébrale.

Il semblerait que le sommeil paradoxal joue un rôle important lors de la synaptogénèse.

Chez le nourrisson le sommeil paradoxal joue comme stimulateur endogène qui va remplacer un peu l'environnement.

Si on supprime le sommeil paradoxal chez des animaux leurs cortex sera moins épais que chez un animal témoin mais pourtant le nombre de neurones st pour ainsi sire identique. Donc diminution du nombre de connexions, synaptogénèse moins efficace.

Un animal élevé dans un environnement pauvre (peu de stimulations) aura un cortex moins épais.

 

II. Sommeil paradoxal et mémoire de l'individu

II.1Approche comportementale de la relation sommeil-apprentissage
Un apprentissage d'une liste de mot est meilleure quand elle est suivi du sommeil.
Le sommeil favoriserait le traitement de l'information.
Est-ce que cet effet est conséquence du sommeil paradoxal?

 

II.1.1> Est ce que la privation de sommeil paradoxal perturbe l'apprentissage?

On a fait une privation de sommeil paradoxal. On dispose un labyrinthe de 3 compartiments et on met de la nourriture dans une des branches du compartiment.

On va comparer les performances des animaux privés de sommeil paradoxal avec les témoins (non privés).

Résultats:

Les animaux témoins atteignent 99% et ceux privés de sommeil paradoxal 97%

Donc pour l'instant pas de différence significative.

Si on complexifie l'apprentissage:

- Les animaux témoins 84%de réussite

- Les animaux privés de sommeil paradoxal: 52%de réussite

 

001-copie-4.jpg

 

→ La privation de sommeil paradoxal n'a pas d'effets sur les apprentissages simples mais de l'effet sur les apprentissages complexe. Donc la privation de sommeil paradoxal entraîne une perturbation de l'apprentissage complexe.

 

II.1.2> Est ce que la quantité de sommeil paradaxal varie au cours de l'apprentissage?

Comme dans la piscine de Morris l'animal (le rat) doit retrouver l'ilot.

Dans un premier temps il dépasse et l'animal peut le voir.

 

Résultats:

Avant apprentissage: et après apprentissage: la quantité de sommeil paradoxal varie très peu (non significativement).

 

Si on rend l'apprentissage complexe (l'animal ne voit pas l'ilot) bien la quantité de sommeil paradoxal est beaucoup plus importante (x10) donc les apprentissages simples ne modifient pas la quantité de sommeil paradoxal mais les apprentissages complexes en induisent une augmentation significative.

→Il existe une relation entre le sommeil paradoxal et a complexité de l'apprentissage.

 

II.1.3>Pourquoi seuls les apprentissages complexes sont ils favorisés par le sommeil paradoxal?

Les apprentissages simples impliquent des réponses simples et des comportements conditionnés.

 

Un neurone A active un neurone B qui donne une réponse simple.

Mais les apprentissages complexes impliquent l'élaboration de stratégies qui sont nouvelles pour l'animal.

Le neurone A active le neurone B mais en suivant un trajet plus complexe. Dans cette situation les circuits nerveux se sont formés au cours de l'apprentissage. Seuls ces circuits nerveux sont soumis à l'effet du sommeil paradoxal..

Toutes les expériences ont montré que le sommeil paradoxal favorise l'apprentissage et notamment les apprentissages complexes.

 

II.2> Approche génétique de la relation sommeil-apprentissage

Cette relation entre sommeil paradoxal et mémoire peut être étudié par méthode génétique.

On prend 2 souris de souches différentes:

Les souris A ont toutes le même patrimoine génétique et les souris B aussi mais les deux souches sont génétiquement différentes.

 

002-copie-4.jpg

 

La courbe d'apprentissage chez R nous montre qu'elle atteint un taux de performance au bout de 5 séances et B6 au bout de 10 séances environ.

Est ce que le sommeil paradoxal varie chez ces différentes souches de souris?

Chez BR l'augmentation de sommeil paradoxal est de 10% chez B6 elle est de 8%.

Les gains de sommeil paradoxal sont en blanc au dessus des diagrammes, ils sont non colorés

Dans la privation de sommeil à droite, la courbe d'apprentissage de B6 n'a quasiment pas été modifié mais la privation de sommeil paradoxal chez BR affect sa performance.

Le sommeil paradoxal favorise l'acquisition de nouvelles informations

Conclusion:

Le sommeil paradoxal favorise les apprentissages et leur vitesses d'acquisition. Il joue donc un rôle important dans la mémorisation.

 

II.3> Plus

Toutefois il existe des arguments contre:

- On sait que la mémorisation se situe en grande partie dans l'hippocampe (siège d'une neurogénèse continue, donc il produit des neurones en permanence contrairement à l'ancienne idée reçue).

A partir de là certains chercheurs ont montrés que la privation de sommeil paradoxal entraîne un stress chez l'animal et ce stress induit la sécrétion d'hormones: les corticostéroïdes (hormone de stress). Et ces corticostéroïdes agissent sur l'hippocampe et inhibent la neurogénèse et cette inhibition va induire des perturbations de la mémoire.

- Les arguments contre disent que ce n'est pas la privation de sommeil paradoxal qui induisent cela mais donc le stress provoqués et les corticostéroides.

- Les antidépresseurs suppriment le sommeil paradoxal or toutes les études cliniques montrent que toutes les personnes qui sont sous antidépresseurs n'ont pas de troubles de la mémoire donc le sommeil paradoxal n'induirait pas d'altération des fonctions mnésiques.

 

Donc selon la théorie actuelle le sommeil favorise la mémorisation car il renforce les connexions synaptiques. Elle a a été montrée grâce aux techniques d'imagerie cérébrale.

Les sujets doivent s'orienter dans une ville virtuelle et ils apprennent à localiser des lieux.

Par TEP on peut visualiser les zones qui s'activent, on constate une activation de l'hippocampe; Puis quand on regarde pendant le sommeil on obtient à nouveau une activation au niveau de l'hippocampe. Les mêmes zones cérébrales qui étaient activés pendant l'apprentissage comme si le cerveau « révisait » en fait il renforce les circuits nerveux.

 

CONCLUSION:

Toutes les expériences montrent que le sommeil favorise la mémorisation mais on ne peut affirmer avec certitude que c'est le sommeil paradoxal

 

III. Someil paradoxal et mémoire de l'espèce

III.1>Théorie de la programmation endogène

Cette théorie (de Michel Jouvet) met en relation le sommeil paradoxal pas avec la mémoire de l'individu mais avec la mémoire de l'espèce. Cette théorie est basée sur la phylogenèse du sommeil paradoxal au cours de l'évolution et elle est basée également sur des observations comportementales.

 

A partir de ces 2 axes de recherches:

- Le sommeil paradoxal permettrait à une information contenue dans les gènes qui sera traduite dans les circuits nerveux nécessaires au comportement innée de l'espèce.

- Le sommeil paradoxal serait responsable de la programmation génétique des comportements.

Quels éléments pour étayer cette hypothèse?

Si on compare les vertébrés inférieurs (exemple: serpent) avec les vertébrés supérieurs (exemple: homme). Le sommeil paradoxal n'existe pas chez les premiers mais il existe chez tous les vertébrés supérieurs.

Chez les premiers la neurogénese est continue , et elle est limitée chez les vertébrés supérieurs.

Donc chez les premiers, les circuits peuvent être entretenus par cette neurogénese continue. Et chez les vertébrés supérieurs cet entretien serait due au sommeil paradoxal.

La théorie de la programmation endogène postule que le sommeil paradoxal permettrait la mise en place et l'entretien des comportements spécifiques de l'espèce.

 

III.2> Objectivation des rêves

En ce qui concerne les observations comportementales...

On peut observer le comportement onirique, qu'on observe aussi par lésion du locus coréulus alpha (qui inhibe le tonus musculaire pendant le sommeil). Donc pas d'inhibition pendant le sommeil paradoxal.

Les résultats sur le chat: l'animal se redresse, lève la tête, explore visuellement, suivie par toute une série de comportements, des comportements spécifiques de l'espèce, mais ils sont fait sans but (joue avec une souris invisible).

Qu'en est-il chez l'homme?

Chez les nourrissons bien qu'on ne parle pas de sommeil lent ou sommeil paradoxal on parle de sommeil « calme » ou « agité » (le sommeil agité s'apparente au sommeil paradoxal).

On a étudié les mouvements du bébé lors du sommeil agité, on y voit des mimiques faciales universelles.

Donc chez l'homme les circuits nerveux correspondant aux expressions faciales sont activés . Lez bébé répète pendant le sommeil paradoxal des comportements de communications.

 

En résumé:

Les observations comportementales chez l'animal et chez le nourrisson permettent de conclure que lors du sommeil paradoxal certains circuits nerveux nécessaires à l'expression des comportements sont activés.

 

III.3> Génétique du sommeil paradoxal

Cette relation entre sommeil paradoxal et mémoire de l'espèce.. On peut se demander quel est le rôle des facteurs génétiques dans l'expression des comportements???

 

Rappel activité PGO (activité électrique qui démarre à partir des noyaux du pont et qui active une désynchronisation corticale)

Activité PGO= support biologique du rêve

 

Est-elle programmée génétiquement?

Est-elle liée aux événements vécus par l'individu?

Pour répondre à la première question on a réutilisé des souris génétiquement différentes BALB/c et C57BR

 

003-copie-5.jpg

 

La différence qu'on observe entre les 2 souches se situe au niveau de l'activité des globes oculaires (gauche et droite). Ils sont relativement amples et durent assez longtemps dans la première souche et sont plus brefs et dure moins longtemps dans la deuxième souche.

On sait que l'activité oculaire est dépendante de l'activité PGO.

 

Le codage de l'activité PGO au cours du sommeil paradoxal peut être déterminé par des facteurs génétiques qui vont intervenir quant à l'organisation nerveuse.

 

Des facteurs génétiques interviennent dans l'élaboration des comportements?

On a fait des études avec des écureuils (car ils sont des comportements spécifiques il gratte le sol pour cacher la noisette).

On a isolé un écureuil à partir de la naissances et on constate que quand on lui donne une noisette l'écureuil gratte le sol. Donc cela est un comportement inné (programmé génétiquement).

Ces comportements innés conservés lors de l'évolution sont des comportements de survie. Par exemple chez le chat bien nourri il chasse quand même les oiseaux.

Chez le nourrisson on peut l'observer. Très jeunes ils sont capables d'imiter l'expression faciale adopté par l'expérimentateur et on sait qu'il ne peut pas le faire intentionnellement à cet âge là. Il possède des circuits nerveux moteurs préprogrammés qui sont activés non intentionnellement.

 

            bb.jpg

 

Le sommeil paradoxal permettrait la mise en place des circuits nerveux programmés génétiquement et nécessaires à l'expression des comportements innés de l'espèce.

 

Cette théorie de la programmation endogène des comportements a été prolongé et on a émis l'hypothèse qu'il existe une relation entre sommeil paradoxal et caractère psychologique de l'individu...

Les caractères sont la résultante des gènes et de l'environnement (culture).

Étudions certains caractères psychologiques dans les familles.

Pour répondre à la question si cette relation est aussi liée vécu de l'individu, observons l'adoption..

Deux vrais jumeaux adoptés dans des familles d'accueil différentes (les deux jumeaux sont génétiquement semblables).

 

 

004-copie-5.jpg

 

Le résultat de l'expérience montre les capacités cognitives, il existe une forte similitude entre ces individus et ce malgré l'environnement.Il existe une hérédité psychologique .

Pourquoi existe-t-il une hérédité psychologique alors que ces individus ont eu un environnement différent ? On sait que l'environnement est très important (synaptogénèse). Alors la question c'est comment cette hérédité psychologique a pu persister?

On l'explique par la programmation endogène des comportements et l'activité PGO.

Dans le sommeil paradoxal on a une programmation et un entretien des circuits nerveux programmés génétiquement.

 

Au cours du sommeil paradoxal donc on peut observer des comportements innés chez les organismes (nourrissons, animaux

Le sommeil paradoxal induit l'activité PGO

Des facteurs génétiques interviennent dans l'organisation des comportements

Il existe une hérédité psychologique.

 

Conclusion:

Le sommeil paradoxal pourrait être responsable de la programmation génétique des comportements innés et de la part héréditaires de notre personnalité.

 

III.4>Comment résumer ce système de programmation endogène?

005-copie-1.jpg

Un signal déclencheur inné (Le chat voit l'oiseau) va déclencher un neurone A en relation avec un neurone moteur . Le neurone A va induire la synthèse d'un récepteur chez B. Ce neurone là reçoit des infos du générateur PGO pendant le sommeil paradoxal et sous son influence la synapse va se stabiliser (devenir fonctionnelle) et provoquer une réponse spécifique (comportement inné: l'oiseau chasse le chat).

Donc le signal déclencheur inné va déclencher une réponse inné en raison du sommeil paradoxal.

Si on supprime le sommeil paradoxal, la synapse ne va pas se stabiliser et à la place de la réponse spécifique on obtiendra une réponse non spécifique.

C'est l'activité pendant le sommeil paradoxal qui va permettre la stabilisation des synapses à l'origine du comportement spécifique des espèces.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 20:17

Pourquoi dormons-nous???

Les observations sont les suivantes:

Le sommeil est une comportement quantitativement important (8h/j )

Le sommeil a été conservé au cours de l'évolution, il doit donc avoir un avantage.

 

I. Théorie adaptative
Le sommeil permettrait aux organismes de s'adapter à l'environnement (voir la durée de sommeil chez différentes espèces, les animaux chasseurs dorment plus que les animaux chassés).

Le sommeil s'est adapté aux contraintes du milieu (les carnivores 14h et les herbivores 4h on peut supposer que les herbivores consomment moins d'énergie et n'ont pas besoin de dormir autant que les carnivores)

Enfin le sommeil s'est adapté au mode de vie des animaux (exemple du dauphin).

Exemple du dauphin: Il a une respiration volontaire, les mammifères doivent remonter à la surface pour respirer. SI le dauphin dort profondément il risque de se noyer, soit il respire et ne dort pas.

34.jpg

 

Chez le dauphin: quand un hémisphère dort l'autre est éveillé et 20 min plus tard c'est l'inverse. Donc un sommeil alterné entre les deux hémisphère. Il peut donc assurer 2 fonctions vitales pour lui.

Donc au cours de l'évolution la nature à tout fait pour préserver le sommeil.

 

II. Théorie restauratrice

Le sommeil aurait un rôle réparateur et dans l'économie d'énergie de l'individu.

Rappel:

Quand on est éveillé on consomme de l'ATP → Adénosine qui va participer à l'impulsion du sommeil. Plus on consomme de l'énergie plus l'adénosine augmente. Quand on dort les réserves énergétiques vont se reconstituer.

Et cette théorie a été confortée par la découverte de l'adénosine.

 

II.1>Arguments pour

Les chauves souris dorment beaucoup, puis après le hérisson, le chat, le chien, l'homme puis l'éléphant.

Il existe une relation entre la taille et la durée du sommeil. Les petits animaux dorment plus. Si on fait une corrélation avec l'activité métabolique (on sait qu'elle st plus active chez les petits animaux que chez les gros).

Les petits animaux produisent plus de radicaux libres que les gros et cela est compensé par une augmentation de la durée du sommeil.

Aussi autre argument pour cette théorie: l'hormone de croissance (qui active la synthèse des protéines) est sécrétée en masse lors du sommeil profond.

SI on interrompt le sommeil de l'individu on verra deux pics d'hormone de croissance, cela sera fait pendant le sommeil profond.

Aussi on a vu que la privation de sommeil entrainait un rebond et l'activité physique augmente le besoin de sommeil profond.

 

II.2> Arguments contre

On n'a jamais observé de réparation d'organes physiologiques pendant le sommeil.
Animaux à activité réduite: le paresseux à une dépense énergétique faible et c'est un des animaux qui dort le plus (cela va donc à l'encontre de la théorie restauratrice).

Le sommeil du dauphin : son corps ne se repose jamais (pour respirer) donc a une activité physique permanente et dort alternativement. Quand on le prive de sommeil, le rebond de sommeil se fait dans l'hémisphère qui a été privé.

Le repos n'est pas équivalent au sommeil (insomnie: on n'est pas aussi reposé quand on se repose que quand on dort)

Enfin la privation de sommeil entraîne essentiellement des troubles psychiques.

 

 

II.3>Conclusions

En définitive le seul organe concerné par le sommeil c'est le cerveau.

Pour la conservation d'énergie?

 

Si les animaux avaient été resté éveillés ils auraient consommés trop d'énergie et la nature les auraient fait disparaitre au profil de ceux qui en consomment moins (animaux dormeurs).

A quoi peut servir cette économie d'énergie? Regardons l'arbre généalogique des espèces:

 

36.jpg

Chez les vertébrés inférieurs on n'a jamais observé de sommeil proprement dit. Mais chez les vertébrés supérieurs des oiseaux jusqu'aux mammifères.

Les « animaux à sang froid » donc vertébrés inférieurs où la température varie selon l'environnement. Mais chez les animaux à sang chaud (vertébrés supérieurs comme l'homme) la température est constante.

L'idée est que le sommeil permettrait de conserver l'énergie chez les animaux nécessitant la régulation de leur température interne.

 

Sommeil et régulation des dépenses énergétiques:

On a vu que la température varie et atteint un minimum vers 4h du matin, elle est le reflet de la diminution de l'activité métabolique (on dégage moins de chaleur).

En réalisant des expériences de privation totale du sommeil.

L'animal à son poids qui diminue mais pourtant il mange énormément => Il n'est plus capable de réguler ses dépenses énergétiques. Donc le rôle du sommeil serait capable de réguler les dépenses énergétiques.

On constate aussi que sa température corporelle diminue au cours de la privation. => Le sommeil est nécessaire à la thermorégulation.

Puis à la fin: mort de l'animal (la plupart des causes est une infection donc on suppose aussi un rôle du sommeil dans le renforcement des défenses immunitaires et la privation de sommeil entraine une augmentation de la sensibilité aux infections).

Sommeil et conservation de l'énergie:

 

37.jpg

 

Le Glucose est capté par les cellules gliales et par la glycolyse va donner du lactate et deux molécules d'ATP. Mais une partie de ce glucose va être stockée sous forme de glycogène (susceptible de donner du lactate).

Cet acide lactique est capté par les neurones et cela va aboutir à de l'énergie, 1 lactate= 34 ATP.

Pendant l'éveil le glucose va être transformé en lactate et utilisé par les neurones.

Pendant le sommeil lent on observe une augmentation de la quantité de Glucose et la production de lactate diminue et la production de glycogène augmente. Donc le glucose est stocké sous forme de glycogène et n'est pas utilisé en lactate.

En sommeil paradoxal, forte production de lactate et diminution de glycogène.

Avec ces résultats expérimentaux on peut supposer que pendant le sommeil lent, l'énergie est stockée sous forme de glycogène.

Cette énergie va servir à l'éveil!!

Mais pendant le sommeil paradoxal une partie du glycogène va être utilisée en énergie bien que le fonctionnement cellulaire ne soit pas identique à l'éveil.

Si on fait un bilan: on dépense autant d'énergie pendant le sommeil que pendant l'éveil...

 

On sait qu'il y a un stockage d'énergie sous forme de glycogène pendant le sommeil lent. Mais va-t-il servir à l'éveil ou au déroulement du sommeil paradoxal???

>>> On ne sait pas encore si le sommeil permet de conserver l'énergie.

 

Avec la question de l'hibernation (comportement différent du sommeil où la température diminue jusqu'à 28 degrés et une diminution métabolique de l'organisme considérable et une forte économie d'énergie). On constate que périodiquement l'animal s'éveille et sa température corporelle va augmenter jusqu'à atteindre 38 degré puis l'animal s'endort. Pourquoi? Vu qu'il n'y a eu que de très faible dépenses énergétiques? >>> Le sommeil apporte plus que cette économie d'énergie.

Sur le sommeil paradoxal................... à quoi sert il?

 

Le sommeil joue un rôle fondamental dans l'équilibre de l'individu:

Rôle réparateur, thermorégulation, renforcement des défenses immunitaire et régulation des dépenses énergétiques.

Voyons l'article suivant...

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 18:03

INTRODUCTION

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Une section du tronc cérébral entre le bulbe rachidien et le mésencéphale induit un coma.

Une section en dessous du cervelet n'induit pas de coma et le rythme veille sommeil est préservé.

Il existe donc dans le tronc cérébral une structure responsable du rythme veille-sommeil.

On s'est aperçu dans un premier temps que c'était la formation réticulée (en bleu) qui était responsable du rythme veille-sommeil.

 

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Formation réticulée : partie du cerveau située entre le cerveau postérieur et le cerveau moyen dans laquelle des noyaux et des fibres sont mélangés. Cette partie du cerveau joue un rôle dans les comportements de veille-sommeil et dans la vigilance.


Cette formation réticulée reçoit de nombreux messages véhiculés notamment par les voies sensorielles, concept de « système réticulé activateur ascendant activateur » (envoie les messages sensoriels au cortex) et système descendant facilitateur (envoie les informations aux motoneurones).

 

I. Le système d'éveil

Mais on s'est aperçu en provoquant d'autre lésions qu'il n'y avait pas que ces seules structures impliquées.

Ces résultats ont remis en question une certaine conception du sommeil comme un processus passif,où c’est la privation d’influx sensoriel qui amènerait l’endormissement.

Quels sont donc les autres mécanismes impliqués?

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Voie extrathalamique (en vert): qui a son origine dans les noyaux aminergiques (noyaux du Locus coeruléus:"LC" à noradrénaline, noyaux du raphé "NR" à sérotonine, noyaux tuberomamillaire "TMN" à histamine, noyaux du tube basal "TB" à acéthylcholine)

Voie thalamique (en bleu): noyaux latérodorsal "LDT" et pédiculopontin du tegmentum : "PPT" à acethylcholine.

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L'orexine, ou hypocrétine  est sécrétée a jeun à partir de  l'hypothalamus permet d'adapter l'activité métabolique. Elle régule la vigilance selon la demande énergétique et aurait un rôle dans la régulation du sommeil.

L'orexine stimule l'appétit, les cibles de ce noyau se projettent sur toutes les structures de l'éveil. Cela signifie que lorsqu'on est à jeun hypothalamus va sécréter de l'orexine qui stimulera le niveau d'éveil et augmenter la vigilance.

Quand on est rasasié, l'orexine n'est plus sécrétée, entrainant une diminution de la vigilance et donc la somnolence

 

II. Système de sommeil lent  

II.1>Théorie sérotoninergique du sommeil lent

On a longtemps pensé que la sérotonine (produit de la dégradation du tryptophane par une enzyme) était responsable de l'induction du sommeil (car une lésion du raphé entraine une insomnie, l'inhibition de l'enzyme produit une insomnie, et la sérotonine a des effets sur l'insomnie).

Mais le fait de voir que la sérotonine était sécrétée pendant la journée et que les noyaux du raphé était actif pendant l'éveil a fait infirmer cette hypothèse.

 

II.2> Mécanismes de l'endormissement

II.2.1> Noyau ventrolatéral préoptique (VLPO)

La lésion du VLPO induit une insomnie permanente et aussi on a mesuré l'activité des neurones pendant le sommeil lent (en blanc ci dessous).

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Les neurones du VLPO libèrent du GABA et innervent la plupart des structures d'éveil.

Ils inhibent donc le système d'éveil et sont eux-mêmes inhibés par lui (par ses neurotransmetteurs).

 

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En rouge: inhibition (libération de GABA). Mais les noyaux responsables du système d'éveil inhibent à leur tour le système de sommeil VLPO:

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Les neurones du noyau préoptique ventro-latéral (VLPO) sont les neurones qui nousfont dormir. Ces neurones interagissent avec tout le système d’éveil. En s’activant, ils inhibent ce dernier et favorisent ainsi le déclenchement et le maintien du sommeil:

 

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II.2.2>Fonction des noyaux du thalamus dans le sommeil

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Les noyaux réticulaires ont une action inhibitrice sur les noyaux relais. Pendant l'éveil l'acétylcholine des noyaux LDT et PPt va inhiber les noyaux réticulaires, les noyaux relais sont actifs et vont relayé les informations vers le cortex.

Lors du sommeil le VLPO est actif il va inhiber le LDT et le PPT, on enlève l'inhibition des noyaux réticulaires,qui vont inhiber les noyaux relais, ce qui va empêcher les informations de parvenir jusqu'au cortex et entrainer le sommeil ( par une hyperpolarisation des neurones ( Fuseaux de sommeil), entrainant une perte de conscience.


II.3> Pourquoi avons-nous sommeil?
Quand on est réveillé on consomme de l'énergie (ATP) et on accumule de l'adénosine dans le télencéphale basal. Cette adénosine par l'intermédiaire des récepteurs A1 induit une diminution de production d'acéthylcholine par les neurones du télencéphale basal ce qui aboutit à un ralentissement de l'activité corticale et favorise le sommeil.

 

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La privation de sommeil entraîne une hypersensibilation de ces récepteurs A1 et donc plus de sensibilité (hypersensibilité) à l'adénosine. Donc on va se sentir plus fatigué

Exemple de subtances stimulantes, réduction de l'effet du sommeil.

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III. Le sommeil paradoxal

Il se caractérise par une activité corticale importante, une atonie musculaire, des mouvements oculaires avec ondes PGO (ponto-géniculo occipital). Qui vont du pont jusqu'au thalamus  et cortex occipital.

On a mesuré l'activité électrique des neurones pendant chaque phase de sommeil (éveil, sommeil lent et sommeil paradoxal).

Les ondes PGO sont absentes lors de l'éveil et du sommeil lent mais apparaissent lors du sommeil paradoxal.

Certains neurones de la formation réticulée pontique (neurones SP-ON: comme « sommeil paradoxal on ») entrent en activité au moment du sommeil paradoxal.

Mais ces neurones fonctionnent aussi à l'éveil. Ils sont présents dans le tegmentum.


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Une deuxième population a été observé dans le locus coeruléus alpha, ce sont eux qui vont être à l'origine du PGO (thalamus puis cortex occipital et ensemble du cortex: désynchronisation des neurones du cortex).

Ces neurones seront aussi à l'origine de l'atonie musculaire.

Les neurones SP off eux cessent de répondre pendant le sommeil paradoxal (et le sommeil lent aussi) , ils se situent au niveau du noyau du raphé et locus cerebellus.

 

III.1> Le système exécutif du sommeil paradoxal

Des mécanismes qui vont exercer 2 actions complémentaires:

  activation corticale 

  atonie musculaire.

 

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Comment jouent ils un rôle complémentaire?

Lors du sommeil paradoxal il y aura une levée d'inhibition des neurones SP on qui vont être à l'origine des ondes PGO constitué par les noyaux du tegmentumm.

Ces ondes PGO vont d'une part activer les noyaux oculomoteurs (REM), d'autre part par l'intermédiaire du thalamus activer le cortex et donc désynchronisation, activer le cortex sensoriel (et donc onirique: on peut percevoir tout type de sensations) aussi le cortex moteur (comportements pouvant traduire le rêve). La seule zone corticale non activée est le cortex préfrontal, ce qui explique que les rêves ont souvent aucune logique.

 

Pour activer le cortex moteur cela est géré par les noyaux du Locus coéruléus alpha qui agissent sur les noyaux magnocellulaires qui vont inhiber les motoneurones de la moelle épinière et cette inhibition conduit à une paralysie musculaire. Le sujet est « paralysé » et ne peut pas adopter de comportements.

Si on lèse le LC alpha, on peut voir des comportements moteurs au cours du rêve.

Donc Simulation corticale + Inhibition musculaire = 2 grands mécanismes du système exécutif.

 

III.2>Le système permissif

Les noyaux du raphé et Locus coruleus (neurones SP off) inhibe le système éxécutif et empêche le sommeil paradoxal.

Modèle de régulation du cycle veille/sommeil .

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Le sommeil paradoxal est du à une inhibition des systèmes permissifs et une activation des systèmes exécutif!

III.3> Modèle de régulation du cycle veille-sommeil.

Il va faire intervenir différents réseaux de neurones (réseau du sommeil lent: VLPO), les neurones du sommeil paradoxal (Noyaux du tegmentum: LDT/PPT et LC alpha), les neurones de l'éveil (Raphé, LC, VTA, TMN etc) et l'horloge biologique.

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Au moment du sommeil baisse de sécrétion d'orexine ce qui va participer à la diminution de l'éveil. Mise en activité du VLPO.

Mais on ne sait pas trop comment l'horloge biologique déclenche le sommeil...

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 17:41

Mécanismes des antidépresseurs 

Sur un plan neurochimique la dépression est un déficit en sérotonine .

 

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2: vésicule contenant les neurotransmetteurs

3/6: Autorécepteurs

4: espace synaptique où la sérotonine est libérée, il existe des enzymes qui dégraderont le surplus de sérotonine dans l'espace synaptique tel les MAO (monaamines oxydase).

5:récepteurs post synaptiques

8: Récepteurs recapturant de la sérotonine (pompes de recapture)

 

Les premiers antidépresseurs étaient des IMAO (inhibiteurs des monoamines oxydase, enzymes dégradant le surplus de sérotonine ans la synapse), induisant de gros effets secondaires.

Ils ont été remplacés par les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine). Ils agissent en empêchant la recapture de la sérotonine (inhibent donc "8" sur le schéma)

 

Le résultat de ces deux types d'antidépresseurs est l'augmentation de la sérotonine dans la fente synaptique. Mais le neurotransmetteur va aussi agir sur les auto-récepteurs (inhibiteurs!) de l'élément pré-synaptique: auto-inhibition (l'action thérapeutique est donc retardé et il faut attendre 15 jours environ à cause de ce phénomène). Et il se trouve que finalement ces auto-récepteurs annule la sécrétion est l'effet est nul. Mais finalement ces auto-récepteurs vont se désensibiliser et arrêter leurs actions inhibitrices et là l'effet de l'antidépresseur va se faire sentir.

 

Pourquoi la privation de sommeil améliore l'état dépressif?


Cela marche comme les antidépresseurs!


Le taux de sérotonine est plus faible chez le dépressif. La sécrétion de la sérotonine varie de manière circadienne (sécrétée la journée surtout). La sécrétion est inhibée chez le sujet dépressif. Si on le prive de sommeil le taux de sérotonine va continuer d'augmenter prendre une valeur normale et redonne le sommeil. Cette action anti-dépressive est de courte durée car le sujet va dormir et l'état dépressif va réapparaître. La privation d'une nuit de sommeil en plus d'un traitement pharmacologique serait un bon complément.

La diminution du sommeil chez le dépressif serait une automédication afin de lui faire une sorte de « privation ». Et l'insomnie serait un signe précurseur de la dépression.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 17:07

I. Deux mécanismes
I.1> Mécanisme homéostasique et circadien

 

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Le sommeil n'est pas un phénomène passif mais processus actif, et le sommeil s'adapte chaque jour au besoin de l 'organisme. Il existe deux paramètres essentiels qui peuvent varier:La durée, et l'heure de coucher.

Elles sont sujettes à des régulations: Mécanisme homéostatique et mécanisme circadien.

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Le besoin/la durée du sommeil est régulée par un mécanisme homéostasique (H) et va dépendre de la durée d'éveil
L'heure du coucher est régulée par un mécanisme circadien (C )qui va donner un moment privilégié pour dormir en fonction de la température corporelle (quand elle sera la plus basse).
La pression de sommeil se fera la plus grande quand on sera resté éveillé depuis un certain temps et notre température corporelle sera au plus bas (donc quand l'écart entre les courbes H et S sera le plus grand). 

La durée du sommeil et l'heure à laquelle on se couche dépend de l'interaction entre ces deux mécanismes!

Au niveau de l'hypnogramme on observe le sommeil profond en début de nuit puis il disparaît à la fin de la nuit. Cette régulation homéostasique on la retrouve à l'intérieur de la nuit de sommeil.


I.2>Démonstration du mécanisme homéostasique

La régulation homéostasique (plus on reste éveillé plus on a besoin de sommeil)a été mise en évidence comme ceci:

Oon mesure la quantité de sommeil profond en fonction de la durée d'éveil on obtient une droite qui nous montre que plus on reste éveillé plus on va dormir profondément.

Ce qui est étrange à priori c'est qu'on observe la même quantité de sommeil profond chez des animaux n'ayant pas le même degré d'activité, donc le sommeil profond répond la durée de l'éveil et cette augmentation n'est pas corrélée avec l'activité physique.

 

I.3>Démonstration du mécanisme circadien

Il va être démontrée par des expériences de privation. On prive les gens de sommeil pendant 3 jours. Toutes les trois heures on leur demande sur une échelle d'estimer leur état de fatigue. A certains moments de la journée ils se sentent très fatigués surtout aux petits matin puis ça va mieux plus tard. Cette fatigue est ressentie de manière circadienne.

Si on compare cette courbe à une courbe de température corporelle elle est inversée: les sujets se sentent le plus fatigué quand la température corporelle est la plus basse et se sentent le plus éveillé quand la température corporelle est au plus haut.

Donc le moment où la température est la plus faible est privilégié pour dormir.

 

La tendance sommeil ne répond pas uniquement de la durée d'éveil mais est également déterminée par un mécanisme circadien.

La durée de notre sommeil dépend elle de l'interaction entre ces deux mécanismes (processus homéostasique lié à la quantité d'éveil + processus circadien lié à l'heure à laquelle le sommeil se déroule).

 

I.4>La sensation de  fatigue (ou pression de sommeil)

 

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La pression de sommeil la plus grande va se faire vers 4h car on aura pas dormi depuis un moment et notre température corporelle sera au plus bas. Après dans la journée ça ira mieux car notre température aura remonté vers 17h (2), et ensuite quand elle sera encore descendu disons vers 2h du matin (on sera éveillé depuis encore plus longtemps) la pression de sommeil va se faire très forte.

 

II. Problématiques chez le sujet dépressif

Le problème avec le sujet dépressif en comparaison d'un sujet sain c'est que sa courbe homéstasique monte moins haut que celle d'un sujet sain.

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Les conséquences seront que la pression du sommeil va se faire moins forte et que le dépressif rencontrera des difficultés d'endormissement (c'est pour ça que le dépressif souvent se couche tard et/ou se couche/lève de manière irrégulière, ) et la descente vers la courbe C sera plus rapide (trop rapide) donc il dormira moins et aura un sommeil superficiel non réparateur.

 

Priver le dépressif de sommeil une double conséquence:

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Il s'endormira plus vite (son écart entre H et C sera important) et dormir plus longtemps (redescente de H vers C plus longue) et mieux dormir par conséquent!

  Le dépressif souffre d'une hyporégulation sérotoninergique, la sérotonine est sécrétée pendant l'éveil, s'il est éveillé plus longtemps il sécrète plus de sérotonine jusqu'à revenir à la norme.

Explication plus détaillée ICI.

Mais ce système ne marche pas à long terme!!!

 

III. Situations où ces deux mécanismes ne sont plus en phases

III.1> Perturbations avec changement de phase des synchroniseurs

Avec le décalage horaire et vols transméridiens: Le NSC a des horloges biologiques secondaires avec lesquelles il est en phase. Après décalage, au départ on a une désynchronisation externe (le rythme biologique n'est plus en phase avec la variation périodique jour/nuit) puis....le NSC va se caler facilement sur les nouveaux synchroniseurs mais pas les autres horloges (comme la température donc le mécanismes circadien) et on aura une désynchronisation interne (les deux rythmes H et C ne sont plus en phases) ce qui pourra avoir quelques effets (fatigue, irritabilité...) mais qui se résoudra en général assez rapidement.

 

III.2> Perturbations sans changements des synchroniseurs

Pour les travailleurs de nuits il n'y a pas à proprement parler de désynchronisation externe (ils sont en phase à leur manière avec la variation périodique jour/nuit). Mais il y a bien une désynchronisation interne car les mécanismes de régulation homéostasique et circadien ne sont plus en phase. Mais ici cela est beaucoup plus problématique que dans le cas du décalage horaire:

 

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Quand le sujet va aller dormir (2) l'écart entre H et C sera faible et il aura du mal à s'endormir voir il ne s'endormira pas avant longtemps ou pas du tout (insomnies) et pendant l'activité l'écart sera important  (1) et il sera victime de somnolences.

Le cortisol (hormone de stress) est sécrétée en général vers 6 ou 7 heures (donc au lever), chez le travailleur (comme chez les autres) elle est libérée le matin ce qui ne l'aide pas à s'endormir et baisse le soir ce qui n'aide pas à lutter contre les somnolences. A long terme cela entraînera un déficit chronique de sommeil avec de dangereuses conséquences (santé mentale, troubles endocriniens, troubles des défenses immunitaires).

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 15:51

Il existe trois états de conscience : l'éveil, le sommeil, et le rêve.

Cela dépend de l'activité électrique cérébrale et il est possible de visualiser ces états de conscience en enregistrant l'activité cérébrale.Pour enregistrer cette activité on utilise l'EEG.

I. L'EEG (électroencéphalogramme)

I.1> Quel principe de cet enregistrement de l'EEG? 

On place des électrodes sur la tête du sujet et relié à un enregistreur qui la transmet à une feuille de papier ou ordinateur. Bien sûr une électrode enregistre l'activité tous les neurones en dessous.

 

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Ces ondes (sinusoïdales) traduisent l'activité électrique cérébrale et présentent certaines caractéristiques: une amplitude (en microvolt), la fréquence (le nombre d'ondulation par unité de temps, se mesure en Hz).

 

I.2>Critères EEG

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Veille: On va obtenir un tracé de grande fréquence (13 à 30 Hz) et une amplitude petite car tous les neurones sont actifs . Cela est le rythme bêta quand le sujet est éveillé et attentif

Veille détendue: quand le niveau de vigilance va baisser (éveillé mais détendu) les neurones vont se synchroniser et diminution de la fréquence diminue (8 à 12 Hz) mais l'amplitude augmente: c'est le rythme alpha qui est caractéristique du rythme de repos. Détente physique et mentale.

Le sommeil léger:  le niveau de vigilance continue à diminuer et cela va se traduire par augmentation d'amplitude et la fréquence diminue et devient de l''ordre de (5-7 Hz) : c'est le rythme thêta.

Le sommeil profond on va enregistrer un rythme de très grande amplitude et de fréquence très faible, c'est le rythme delta. Cela implique de nombreux neurones au repos fonctionnant en même temps.

Le sommeil paradoxal dont on reparlera très vite.

 

I.3> Autres critères EEG

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Le stade 2 se caractérise en EEG par les ondes thêta et des ondes particulières (complexe K: ondes de grande amplitude qui apparaît lors de stimulations sensorielles: le sujet en se réagit pas car il est dans un sommeil léger) puis aussi des fuseaux de sommeil le tracé devient plus rapide et l'amplitude diminue. On considère en général qu'un sujet dort lorsque l'on constate des fuseaux de sommeil. D'un point de vue musculaire le tonus diminue et aussi les mouvements oculaires.


ILLUSTRATION VIDEO:

 

II. Autres critères polysomnographiques

II.1> EOG et EMG

On trouvera l'électrooculogramme (EOG: mouvement des yeux ) et l'électromyogramme (EMG: tonus musculaire).

Qu'apprend-t-on de plus avec ces outils?

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Dans la première phase de sommeil (endormissement) on constate des myoclonies d'endormissement ce qui donne parfois une sensation de chute. Cette phase dure en général que quelques minutes.

La phase de sommeil paradoxal où les ondes vont se modifier et le tracé EEG va être modifié et les ondes deviennent petites et rapides et devient identiques à celui de l'éveil(d'où le terme "paradoxal".

Il se traduit aussi par une atonie musculaire à l'EMG (atonie musculaire), et beaucoup de mouvements oculaires à l'EOG.

 

III. Critères quantitatifs

D'un point de vue quantitatif on considère:

Le stade 2 comme un stade de sommeil léger mais il est important car il occupe 50% de la durée totale du sommeil

Le stade 3 e stade 4 (sommeil à ondes lentes): sommeil profond et donc les seuils de l'éveil augmentent ça représente environ 25% de la durée du sommeil

Le sommeil paradoxal (ou REM comme "rapid eyes movements") représente 25% environ du sommeil.

 

IV. Déroulement d'une nuit de sommeil

IV.1> Caractéristiques

Pour mieux visualiser ces patterns généraux, on utilise une représentation graphique appelée hypnogramme. L’hypnogramme n’est ni plus ni moins que le film d’une nuit de sommeil, minute par minute, tel qu’enregistré par l’EEG. Il montre donc non seulement la séquence selon laquelle s’enchaînent les différents stades de sommeil, mais également l’heure à laquelle chacun débute et finit.


IV.1.1> Chez le sujet jeune et sain
Si nous analysons de manière chronologique un hypnogramme typique comme celui ci-dessous, on remarque qu'après quelques minutes de sommeil lent nous glissons peu à peu dans ce qu'il est convenu d'appeller sommeil lent profond donc : d’abord le sommeil lent léger (stade 1 et 2), puis le sommeil lent profond (stade 3 et 4).

En bleu le sommeil paradoxal.

Le "creusement" illustre la profondeur du sommeil.

Le jaune représente des périodes d'éveil

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Le sommeil est organisé en cycle qui comporte une partie de sommeil lent et une partie de sommeil paradoxal. Chez l'homme chacun de ces cycles dure 90 minutes. Les phases jaunes correspondent à certains éveils dans la nuit dont on n'a pas conscience la plupart du temps

Au début le sommeil profond et très présent puis disparaît dans les derniers cycles qui sont composés uniquement de sommeil léger.

Pour le sommeil paradoxal il dure peu au début et beaucoup à la fin.

Vu qu'il apparaît toutes les 90 min le sommeil paradoxal a un rythme ultradien.

La principale caractéristique du sommeil est son organisation temporelle en cycle de 90 min.

 

Autre caractéristique frappante de l’hypnogramme : la présence de cycles récurrents dans la succession des différents stades de sommeil. Ceux-ci se déroulent un peu comme une vague: 1-2-3-4-3-2-1-REM-1-2-3-4-3-2-1-REM-1-2… etc. Chaque descente en sommeil profond est donc suivie d’une remontée qui mène directement à une période de sommeil paradoxal (ou REM).

 

IV.1.2> Chez le sujet âgé

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Le sommeil se transforme quelque peu et se désorganise toujours dans les cycles et surtout dans le sommeil profond, les éveils sont plus fréquents et donc les horloges biologiques ont tendance çà se dérégler et ça affecte la rythmicité. Et aussi on voit que le sommeil paradoxal est plus important en début qu'à la fin.

 

V. Variations interindividuelles

V.1> Latence d'endormissement (ou latence du sommeil)

C'est le moment où on est prêt à dormir (où on s'endort et où on observe les fuseaux du sommeil) .La plupart des individus possèdent un temps de latence de 15 min et donc ils mettent environ 15 min pour s'endormir. Certains mettent beaucoup moins de temps à s'endormir et d'autres beaucoup plus.

Bien que d'origine génétique, cette latence sera sensible à de nombreux facteurs et en particulier des facteurs psy (comme l'anxiété), mais aussi environnementaux (chaleur en été).

En clinique cette latence permet d'observer le niveau de vigilance du sujet, s'il met peu de temps à dormir il a un gros bas niveau de vigilance et s'il met longtemps il a un fort niveau de vigilance.

 

V.2>Les horaires spontanés du coucher

On y trouve les « couche-tôt » et les « couche-tard ».

Les sujets du matin se couchent pour la plupart vers 23h et se lèvent vers 7h. Les "couche- tard" se couchent plus tard (environ 24h) et se lèvent un peu plus tard (mais pas beaucoup).

Pendant les vacances chez les "couche-tôt" ont tendance à peu modifier leur rythmes mais les sujets du soir retardent beaucoup plus leur heures du coucher (ils la décalent de 2 ou 3h et le lever est beaucoup plus tardifs).

Ces critères sont d'origine génétiques.

Cette caractéristique pourrait dépendre de la valeur de la période biologique chez chaque individu.

 

V.3>La durée du sommeil

On obtient une courbe normale possédant un pic autour de 7-8h (la majorité de gens).

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La principale différence entre gros et petits dormeurs se situe au stade 2. La quantité de sommeil profond est identique mais les gros dormeurs ont plus de sommeil léger. Donc le sommeil profond est une valeur stable chez tous les individus.

 

VI. Privation de sommeil
VI.1> Quels effets de la privation de sommeil?

VI.1.1>Observations

Diminution de durée de sommeil de moins de 30 minutes toutes les 3 semaine: 

Quand on diminue la quantité de sommeil on modifie la quantité de sommeil léger mais la quantité de sommeil profond reste la même. Les sujets ont réduit la quantité de sommeil léger.

Pour conclure, en comparant le sommeil de gros et petits dormeurs, le sommeil profond est une valeur stable et c'est surtout du sommeil profond dont on a besoin et il est l'ordre de cinq heures par nuit.

Récupération du sommeil après privation totale:

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Si on prive le sujet de sommeil pendant une nuit, la nuit suivante il récupère comme cela: déjà il dort plus (cet allongement est appelé le « rebond de sommeil » il conserve et augmente essentiellement la quantité de sommeil profond.

Si on le prive de deux nuits de sommeil le rebond de sommeil augmente et en particulier le sommeil profond augmente notablement.

Au cours de la deuxième nuit de récupération c'est essentiellement le sommeil paradoxal qui est augmenté.

Si un sujet est privé de sommeil il récupère par un rebond de sommeil avec une priorité pour le sommeil profond puis ensuite le sommeil paradoxal.

VI.1.2> Conséquences d'une privation de sommeil

Elle affecte surtout l'activité cognitive (l'activité physique en est moins affectée). La performance diminue au fur et à mesure du nombre d'heures d'éveil.

Cette privation va entraîner l'apparition de micro sommeil (quelques secondes) et le nombre de micro sommeils augmente en fonction de la durée de privation ainsi que leur durée respective. Attention donc à la conduite automobile!

VI.2> Privation sélectives du sommeil

On va choisir le stade de sommeil que l'on va supprimer.

La privation du stade 4 (le plus profond) : Troubles du comportement, anxiété, dépression. D'ailleurs on sait qu'il y a une diminution du stade 4 chez les sujets dépressifs. L'amélioration de l'état dépressif est corrélée avec une augmentation du stade 4 du sommeil.

Privation du sommeil paradoxal: Cela semble ne pas avoir d 'effet particulier chez l'individu.

Un antidépresseur peut avoir comme effet de supprimer le sommeil paradoxal, et cela semble ne pas avoir d'effet sur le comportement de l'individu.

Une privation trop longue entraîne la mort. Mais avant on observe des troubles de l'humeur (euphorie/dépression, irritabilité), instabilité psychomotrice (le sujet marche sans arrêt), des troubles sensoriels (illusions, voir hallucinations), désorganisation de la pensée, troubles de la mémoire, voir délire.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 14:32

I. Les  rythmes biologiques
I.1> Origine des rythmes biologiques

La chronobiologie est une étude récente c'est au milieu du XX eme siècle qu'on a montré par des expériences la rythmicité (organisation temporelle) se manifestant donc par l'existence de rythmes biologiques. L'activité des organes varient périodiquement (passe par des creux et des pics dans la journée).

 
Quelle est l'origine de ces rythmes biologiques?

Tous les organismes vivants sont soumis à des phénomènes universels.

La terre tourne autour du soleil: cycle saisonnier ou annuel

La terre tourne sur elle même donc pendant 12 heures une face de la terre est tournée vers le soleil (jour) et l'autre non (nuit), c'est un cycle journalier de 24h.

Au cours de l'évolution les organismes ont du s'adapter à ces variations périodiques. Et ceci a été à l'origine des rythmes biologiques.

 

I.2> Définition d'un rythme biologique

« Un rythme biologique est la variation biologique d'une fonction (physiologique ou comportementale) ».


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Un rythme est caractérisé par:

sa période: temps nécessaire au déroulement d'un cycle
son amplitude: différence entre le Max et le min du cycle
sa phase: elle est une valeur de la variable à un moment donné comme «le degré de vigilance à un temps T » on sait que le minimum de la vigilance c'est pendant la nuit par exemple. On sait donc qu'il y a corrélation entre valeur de la variable en fonction du rythme.

Exemple de la température corporelle: elle varie au cours de la journée (le minimum de la température corporelle correspond au minimum de la vigilance et le maximum de la température corporelle correspond au degré maximum de vigilance, c'est donc une phase. La phase, une relation entre 2 rythme biologique ou un rythme et l'environnement.

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I.3> Les différents types de rythme

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On s'intéressera particulièrement aux rythmes circadiens et surtout le sommeil puisque c'est l'objet ici.

I.4> Rôle des rythmes biologiques 

Les animaux se sont adaptés aux variations de l'environnement en créant des rythmes biologiques

Ces rythmes biologiques ont donc un rôle adaptatif.

Exemple de rôle adaptatifs:

Chez les animaux la reproduction se fait en sorte que les naissances  des petits se feront au printemps. Donc les cycles de reproduction sont prévus pour que les petits survivent.

Chez l'homme le rythme du sommeil est prévu pour que l'homme soit actif le jour, on peut appeler cela « homéostasie prédictive », l'organisme prévoit  les variations de l'environnement et répond par une programmation dans le temps.

 

I.5> Caractéristiques du rythme circadien veille-sommeil

Chez le rat, en le privant de tout indice de synchroniseur (terme définit un peu plus bas) on a observé une persévération de l'activité rythmique sauf que l'animal commence son cycle un peu plus tard. La période du cycle sera plus longue que 24h , c'est la période de libre cours qui représente la période biologique interne propre à l'animal sans informations extérieures:

 

=> Les rythmes circadiens sont d'origine endogène (même sans informations de l'environnement persiste une période de libre cours) ils ne sont pas dues donc à l'alternance jour/nuit. Donc il y a un oscillateur (horloge biologique capable de mesurer le temps) qui régule ces cycles.

Donc certains éléments sont capables de modifier la période biologique (=25h), on appelle ces éléments des synchroniseurs. Un synchroniseur agit sur la période biologique pour la modifier (sur 24h). Donc d'une part l'horloge biologique génératrice de l'activité rythmique et les synchroniseurs.

 

I.6> Mise en évidence de l'effet d'un synchroniseur sur le rythme veille-sommeil chez l'homme

Expérience chez un sujet qui n'a pas d'informations extérieures:

On enregistre son rythme sur une période standard et on voit que le sommeil apparaît rythmiquement tous les jours au début de la nuit et a une période de 24h (avant qu'il ne rentre dans le boomker). Après isolation du sujet et privation d'informations temporelle, on enregistre à nouveau son rythme veille-sommeil. Chaque jour le sujet va se coucher un peu plus tard. Il a donc aussi une période de libre cours supérieure à 24h.

Si on introduit un synchroniseur (on fait sortir le sujet du boomker) le rythme de 24 h réapparait (le synchroniseur synchronise donc la période du rythme biologique qui est donc supérieure à 24h) et le cale sur sa propre période qui est de 24h en général. Il synchronise donc sur la période jour-nuit.

 

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                   Actogramme d'un sujet humain privé de synchroniseur et mise en évidence de la période de libre cours.

Il existe une horloge biologique ou oscillateur, générateur du rythme biologique. Elle n'est pas bien réglée car la période biologique d'un individu peut aller de 20h à 28h. Cette horloge si on la supprime, l'organisme adopte sa propre période.

Les synchroniseur (le principal étant l'alternance jour/nuit) qui a une période de 24h vaont agir sur l'horloge biologique et la « remettre à l'heure », celle-ci adopte une période de 24h.

 

I.7> Synchroniseurs et puissance des synchroniseurs

Le principal, la lumière en alternance jour/nuit synchronise notre cycle veille/sommeil sur une période de 24h. Un autre exemple de synchroniseur chez l'homme est l'activité sociale: au cours de notre journée on passe par des creux et des pics d'activité, de repos, de repas, l'activité sociale synchronise donc notre horloge biologique et on se synchronise entre nous.

Ceci a été démontré expérimentalement:

On a isolé des gens (plus de repères comme notre sujet de tout à l'heure) et la période de tout le monde va devenir approximativement 25h ils se sont donc synchronisés entre eux: l'activité sociale est un synchroniseur (mais moins puissant que la lumière). La lumière est donc le meilleur synchroniseur.

Chez les rats normaux ils adoptent une période de 24h et les rats aveugles adoptent une période de libre cours > 24h. Mais 3 mois plus tard ils se sont synchronisés sur le « bruit/silence » » des autres rats donc toute variation périodique de l'environnement peut servir de synchroniseur.

 

II. Le rythme veille-someil

II.1> Une nécessité

Jusqu'à récemment on pensait que le fait de dormir la nuit et être actif le jour était une commodité. Mais à partir de 1970 des expériences ont modifiées cette interprétation.

 

Isolement temporel d'un individu (plus d'informations temporelles). Parmi les premières expériences dans des grottes, aujourd'hui en laboratoire. Donc on l'isole de tout repère temporel.

Après isolement il conserve un rythme veille-sommeil mais chaque jour se couche un peu plus tard vu que son rythme est d'à peu près 25h. Puis le sujet qu'on a enfermé dans la grotte était arrivé  lui à un rythme périodique de 30h.


Quelles conclusions?

En l'absence de synchroniseur le sujet maintient une périodicité de veille/sommeil. CE rythme est donc d'origine endogène. Dormir est donc une nécessité biologique.

La période du rythme s'allonge, et on va observer une désynchronisation externe (veille/sommeil n'est plus en phase avec l'alternance jour/nuit)

L'interaction entre le rythme de la température corporelle et le rythme veille/sommeil. Dans les conditions standards il se situe vers la fin de la nuit et après isolement il se situe en début de nuit, donc le sujet se couche au moment du minimum de sa température corporelle. La température corporelle influence le sommeil.

 

II.2> Phénomènes de désyncronisations

II.2.1> Désynchronisation externe et désynchronisation interne

La désynchronisation externe c'est quand le rythme biologique n'est plus en phase avec les variations périodiques de l'environnement (le sujet qui est allé dans une grotte n'avait plus un rythme en phase avec les variations périodiques jour/nuit). Quant à la désynchronisation interne forcément conséquente à la désynchronisation externe  c'est quand deux rythmes biologiques internes/oscillateurs ne sont plus en phase (température corporelle et sommeil par exemple).

On y reviendra plus bas.

 

II.2.2> Principales causes de désynchronisations chez l'homme

La diminution de quantité de lumière en hiver peut être à l'origine d'une désynchronisation. Chez certaines personnes sensibles à la lumière ils se sentent moins bien en raison de la diminution de lumière plus suffisante pour synchroniser les rythmes biologiques. Les désynchronisations créent les malaises de l'individu.

Une autre origine est l'activité comportementale (sortir tard le soir par exemple)

 

III.Les horloges biologiques

III.1> Caractéristiques d'une horloge biologique (ou oscillateur)

Elle doit avoir une activité autonome

Elle doit posséder des voies d'entrées qui lui permette d'être renseignée sur les synchroniseurs (jour/nuit, activités sociales)

Elle doit posséder des voies de sorties qui vont lui permette d'imposer des rythmes biologiques (sécrétion d'hormones, cycle veille/sommeil, absorption de nourriture, température corporelle)

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III.2> Structure impliquées dans le rythme veille-sommeil
III.2.1> Le NSC (noyau suprachiasmatique)

Pourquoi le noyau suprachiasmatique (NSC) est-il une horloge biologique?
Le noyau suprachiasmatique (noyau dans l'hypothalamus au dessus du chiasma optique) peut être considéré comme une horloge biologique interne car il répond aux 3 caractéristiques de cette dernière, soit:
- Activité autonome (l'activité de ses neurones est périodique et dans le cas du rythme veille/sommeil il se cale dessus).
En isolant les neurones et en les maintenant en survie on mesure leur activité électrique: (schéma).

Le résultat montre que l'activité électrique de ces neurones isolés augmente pendant la journée et diminuent pendant la nuit.
- Il  reçoit des informations de l'environnement (ici de la part de certaines fibres du nerf optique) qui vont le renseigner sur l'activité jour/nuit et lui permettre de réguler son activité
- Il possède des voies de sorties. En effet le noyau suprachiasmatique se situe dans l'hypothalamus (qui régule la plupart de nos fonctions biologiques dont la veille et le sommeil).

ll.2.2> L'épiphyse (ou glande pinéale) 

Elle est constituée de pinéalocytes (neurones particuliers qui ont la particularité de sécréter une hormone: la mélatonine et la caractéristique de cette sécrétion est qu'elle se fait selon la lumière, en fait elle est inhibée par la lumière).

 

II.2.3>Fonctionnement

05.jpg

 

Pendant la journée l'info lumineuse est captée par la rétine puis acheminée jusqu'au au NSC, ce NSC est en relation avec le noyau paraventriculaire (NPV). La particularité c'est que la relation avec le NSC et NPV est inhibitrice.

Quand la rétine ne capte plus de lumière le NSC n'est plus activé et donc n'inhibe plus le NPV qui  lui va s'activer et l'info rmation va passer par la ME le ganglion sympathique cervical jusqu'à  l'épiphyse qui va sécréter de la mélatonine.

Cette mélatonine va être déversée dans les vaisseaux sanguins, et par circulation sanguine elle va influencer le NSC (en fait ça revient au NSC) pour l'inhiber quand il fait nuit.

La mélatonine est un transducteur du signal lumineux (« il fait jour » ou « il fait nuit »). Cette mélatonine a un rôle important dans la synchronisation du cycle veille-sommeil.

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Des individus isolés peuvent dormir toutes les heures mais sept minutes maximum et donc on obtient la courbe en vert. Au début ils ont beaucoup de mal à s'endormir mais à partir de 21h ils vont s'endormir de plus en plus longtemps jusqu'à atteindre 7 minutes. Cela était corrélé avec la sécrétion de mélatonine.

La sécrétion de mélatonine représente la capacité à dormir en quelque sorte. L'individu peut bien dormir deux heures après la sécrétion: la mélatonine est la « porte du sommeil ».

 

II.2.4> Résumé

Il existe une horloge biologique qui est le NSC (en plus il a toutes les caractéristiques d'un oscillateur et impose un rythme veille/sommeil) il reçoit des infos de la lumière mais aussi de l'épiphyse par l'intermédiaire de la mélatonine. Donc il reçoit une double info et le NSC va prendre une période de 24h et imposer une activité rythmique de l'épiphyse.

 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 13:12

I. L e développement moral à l'adolescence

 

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  Etudier le développement moral c'est étudier comment la personne apprend à se situer par rapport aux normes sociales.

Commentaire 1:

- Un aspect comportemental : comment la personne agit en société vis à vis d'autrui?

- Un aspect réflexif: quels jugements la personne porte sur les situations sociales et les comportements sociaux?

 

Commentaire 2:

- On distingue traditionnellement la « morale » (les règles d'actions effectives) et l' »éthique » (le système de valeur sous-jacent aux règles d'action)

 

Commentaire 3:

- « se situer » , cela signifie que la personne peut être en accord...ou en désaccord avec l'idéologie dominante.

 

I.1> Choix méthodologiques théorisés

Origine historique: Jugement moral chez l'enfant (Piaget, 1932)

L'évolution de l'enfant va de l'héteronomie (norme de par les autres, prend les normes à l'extérieur donc il prend les normes sociales, par ex dans les jeux: se conformer aux règles en les respectant de manière absolue) vers l'autonomie (il définit ses propres normes, il décide par lui même).

 

Puis Kohlberg:

- Les « dilemmes » de Kohlberg, comme celui de « M.Heinz », où l'on suscite une opposition entre des critères moraux et des critères légaux.

 

M.Heinz dont la femme a un cancer et va mourir, il entend parler d'un nouveau médicament et monnaye son invention très cher et M.Heinz n'a pas les sous après avoir rassemblé les sous. Il volerait éventuellement les médicaments. L'important ce sont les arguments que l'enfant va donner. Donc cela oppose des critères moraux (une vie humaine est en jeu) à des critères légaux (il ne faut pas voler).

 

Le MJI (Moral Judgment Interview) : passation individuelle; jugements exprimés à propos de dilemmes comme celui de M.Heinz.

Le DIT (Defining Issues test) , développé par Rest .

- La passation (« papier-crayon ») peut être collective;

- Un dilemme; une décision; une décision une évaluation d'arguments possibles pour se décider.

- Certains arguments réfèrent directement aux stades de Kohlberg (les ados se réfèrent plus à ce qui est important) On demande de les ordonner les 3 critères les plus importants.

- Pour pallier le caractère jugé artificiel des dilemmes « fictifs », on a utilisé des dilemmes dits de « vie réelle » (proposés par les participants à partir de leur vécu).. Mais ces dilemmes se sont révélés assez proches des premiers et ils suscitent des niveaux de moralité en moyenne moins élevés, selon les stades de Kohlberg.

Le SRM-SF (Sociomoral reflexion measure, short form):

- pas de dilemme présenté

- Questionnaire à questions ouvertes, par ex: pourquoi faut il tenir une promesse, dire la vérité, aider les autres, etc... (NDRL: un peu « téléphoné non?)

- L'analyse est proche de Kohmberg,mais selon un autre système de stades. 

 

Le PROM (Prosocial reasonning), proposé par Ainsenberg & al.

- Ici des dilemmes opposent le confort personnel au soucis d'aider les autres

- Ex du dilemme de Mary

 

 

I.2> Une analyse en stades: les six stades de Kohlberg

Niveau pré-conventionnel

- Stade I:aximiser son intérêt personnel (éviter les sanctions)

- Stade II: décentration intéressée (profiter des autres)

 

Niveau conventionnel

- Stade III: les normes du groupe proche (être approuvé par les personnes importantes)

- stade IV: l'utilité de respecter les lois (obéir aux règles)

 

Niveau postcoventionnel

 

- Stade V, des lois? Quelles lois? Pour quoi faire? (préserver le bien commun)

- Stade VI: Des principes éthiques guident les jugements (se conformer à des principes éthiques abstraits qui seraient universels.

 

Cohérence des systèmes de stade

 

Attention il ne s'agit pas d'un développement de la délinquance ni d'un achèvement, aux stades 5 et 6, sur des positions idéologiques antisociales.

Cohérence donc et validation de l'aspect séquentiel.

A la période de l'adolescence:

 

- les stades 4 et 5 progressent en fréquence

- Le stade 3 reste relativement fréquent

- Le dépassement du stade 4 peut s'accompagner d'une attitude anti-institutionnelle (voir le DIT) et de régressions apparentes..

 

La  pertinence d'une évolution développementale ne peut être invalidée par le fait que les stades ultimes (ici 5 et surtout le stade 6) restent systématiquement peu fréquents. Ils sont donc valide sur un point développemental et restent pertinents

 

I.3> Variabilité intraindividuelle

On ne change pas d'un stade d'un seul coup: c'est progressif et dépend de situations limitées

Selon les situations, les contextes, une personne pourra présenter des réponses relevant de stades différents: c'est normal! Et cela n'invalide pas la description en stades.

En général, une personne présente fréquemment des réponses relevant d'un stade « x » (exemple: le 3), des réponses moins fréquentes relevant encore du stade précédent et des réponses, peu fréquentes également, relevant déjà du stade suivant.

Se représenter les changements individuels comme un glissement de la fréquence des stades en suivant la progression des stades.

 

 

I.4> Variabilité interindividuelles

Les jugements moraux ne diffèrent pas selon le sexe (contrairement à ce que l'on a pu penser)

Importance du niveau éducatif (scolarité)

Importance des différences d'intégration au groupe de pairs

Importance des différences familiales (mais influence qui peut ne pas être directe: on apprend pas aux enfants à décider.

 

 

I.5>Recherche de déterminants; ce qui peut influencer la progression selon les stades

Expérimenter des situations analogues oblige à dégager des invariants (« Euh..la voisine, il la connait bien? ») et donc des principes.

On prenait une voisine de M.Heinz qui allait mourir du cancer à la place de sa femme et il fallait voler les médicaments. Les ados répondaient la plupart du temps: "Mais il la connait bien la voisine?"

 

Participer au fonctionnement des groupes d'appartenance et prendre des responsabilités incite à réfléchir sur les problèmes sociaux et les solutions possibles.

Etre informé sur le fonctionnement de la société (cf le stade 4)

Expérimenter d'autres références culturelles : Au Kenya Edwards des jeunes scolarisés dans des écoles publiques multiculturelles

Avoir construit une théorie temporalisée et cohérente de soi-même (identité).

 

I.5> Pour conclure 

Importance de l'adolescence dans l'évolution idéologique (croyances, valeurs, principes). C'est une période déterminante pour cela.

Il faut distinguer les jugements des décisions effectives

Importance des émotions dans les décisions:

- exemple fictif et farfelu des tramways fous: (Un tramway roule et va écraser 5 personnes, si on tire sur le levier on va éviter l'accident sauf que le tramway va tuer une personne mais on en sauve 5. Ou alors on est sur un pont le tramway va toujours écraser 5 personnes et si on pousse un homme ça sauve les 5 personnes.

- Quatre grandes catégories d'émotions morales (indignation, satisfaction/insatisfaction spéculaire par rapport à nos actes, empathie, admiration

- Les jugements permettent de mieux contrôler les émotions (classique!) lorsqu'il s'agit de décider d'agir..

 

II. Délinquance et adolescence

 

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La délinquance n'est pas obligatoirement liée à un défaut de jugement moral (Jurkovitch, 1980). 

 

Certes, en moyenne, les jugements moraux des jeunes délinquants sont moins élevés.

Mais certains jeunes délinquants présentent des niveaux de jugement moral analogues à ceux des non-délinquants.

Et donc: des niveaux conventionnels de jugement ne garantissent pas contre l'incidence de comportements délinquants.

 

Chercher à mieux comprendre comment les comportements délinquants

 

II.1> Les évaluations de la délinquance adolescente

La signification du terme de délinquance est variable selon les pays

- critères juridiques comme en France

- Critères sociaux (pays anglo saxons): « l'ensemble des conduites antisociales exprimant l'inadaptation d'un individu à al société »)

- …. mais l'adaptation à la société est-elle une obligation morale ou philosophique?

 

Le critère juridique est lui même variable selon les pays

- Par exemple en Belgique un mineur + un majeur = un viol

 

II.1.1> Délinquance officielle et délinquance auto révélée

 

La délinquance officielle est appréciée par les mises en examen et les condamnations

- Variable selon les pays

- Variable selon les délits

La délinquance est moins importante en milieu scolaire que non scoalire (Debarieux)

"Les incidents sont de 0,08%"

Il convient d'être prudent avec ces chiffres, la réalité est plus tranquille qu'on peut le croire, mais le sentiment d'insécuité est à prendre en compte. Il y a de grandes variations de l'insécurité réelle entre les établissements d'un même milieu (les profs peuvent interagor avec les enfants plutôt que d'aller se réfugier dans la salle des professeurs).

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 12:33

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I. Mieux définir l'adolescence

L'idée naïve (l'adolescence comme phase de transition entre l'enfance et l'âge adulte) n'est pas suffisante en psychologie du développement.

- Elle présuppose que l'enfance et l'âge adulte seraient des états stables et ce n'est pas le cas, il ne peut pas y avoir de « transition » entre des « transitions ».

- Or toutes les périodes de la vie, y compris l'adolescence, sont à la fois des périodes de changements et de relative stabilité.

La définition de l'adolescence comme une période d'âge déterminée (12 à 18ans) n'est pas totalement fausse.... mais elle n'est pas satisfaisante non plus car:

- A  cause des variabilités interindividuelles dans son début et son achèvement

- A  cause du manque de critère pour caractériser le début et la fin de cette période

  L'adolescence n'est pas un stade (au sens des développementalistes), car il ne faut pas assimiler « stade » et « âge ».

Il est faux également de relier l'adolescence à la puberté.

- Inhelder & Piaget s'y refusaient déjà car ils définissaient l'adolescence sur des critères sociaux (« l'insertion de l'individu dans la société des adultes »). En effet il y a des « adolescents psychologiques » qui ne sont pas encore pubères.

Définir l'adolescence par les évolutions qui s'y déroulent (à la suite de Avighurst, vers le milieu du XX ème siècle qui parlait des « tâches de l'adolescence »):

- Adaptation aux transformations corporelles

- Construction identitaire

- Apprentissage de nouveaux rôles sociaux (y compris les rôles sexuels)

- Modification des interactions sociales (perception par les autres, « comment nous voient les autres? »)

- Acquisition de nouvelles compétences intellectuelles (cognitives, donc des changements psy)

Ces évolutions ne sont pas toujours synchrone (ne se font pas toutes en même temps) donc certaines sont diachroniques (cf « théorie focale » de Coleman) et parfois ça vaut mieux que quand tout arrive en même temps où ça peut être difficile à gérer.

On estime à 20% la proportion d'adolescents qui éprouvent des difficultés réelles de développement.

Peut-on définir l'adolescence de façon plus « intégrée » (sans en rester à une liste de domaines de changements)?

 Oui, essayons! L'adolescence correspond au déroulement de processus d'autonomisation (on peut dire aussi « désaliénation », ne plus être « autre »):

- C'est le cas au niveau intellectuel (le « stade formel » de Inhelder et Piaget, peut être entendu comme une désaliénation,  - Le stade formel situe une logique dans un ensemble d'autres logiques, on es plus prisonnier de la première structuration logique qui vient., les ados aiment la science fiction car ça envisage une autre société)

- Au niveau affectif et identitaire (dépasser les identifications de l'enfance, l'enfant s'identifiait aux personnes de son entourage, et à l'adolescence remise en cause de cette identification et recherche active d'autres identifications.)

- Et au niveau social (trouver une place dans la société, une place qui soit moins médiatisée par la famille).

 

II. Rechercher des explications

Rechercher les déterminants du changement

Trois directions qui sont toutes « développementales » (cognitif, social et affectif)

 

II.1>Le point de vue développemental en psychanalyse

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L'adolescence est la « Cendrillon » de la psychanalyse. Les psychanalystes s'occupaient des adultes et inféraient sur la très jeune enfance.

- L'origine des transformations est somatique (puberté)

- Comment chercher à satisfaire la pulsion génitale nouvelle?

- « Tabou de l'inceste »; les objets de l'enfance sont insatisfaisants. On peut pas satisfaire cette pulsion génitale dans le cadre familial. Donc nos objets libidinaux dans l'enfance ne le sont plus au moment de l'adolescence.La pulsion a besoin d'un autre objet que la famille.

- La pulsion génitale tend à se satisfaire, mais les identifications de l'enfance (issues de l'Oedipe) sont devenues insuffisantes.

- Et pourtant (c'est ça le noeud du problème), les identifications de l'enfance, c'est l'individu lui-même, c'est ce qui constitue sa personnalité. Les identifications sont donc pour lui le seul moyen d'aborder la satisfaction génitale, alors qu'en réalité elles ne peuvent pas suffire...

- Conséquences: la problématique Oedipienne doit être réactivée pour être dépassée. 

En attendant... l'adolescent est amené à élaborer des mécanismes de défense qui selon Anna Freud sont de deux sortes:

- Contre le lien avec l'objet infantile (haine des parents)

- Contre les pulsions elles-mêmes, c'est à dire contre la sexualité génitale (d'où un dégout un en pas vouloir par certains genre « non moi j'ai pas l'âge » ou « je suis catholique donc pas avant le mariage » ou « je veux pas en entendre parler »).

 

Selon la théorie psychanalytique, l'adolescence s'accompagne de crise personnelle (pour les raisons citées au dessus).

Voilà pourquoi il est conseillé aux familles d'adopter une systémique de l'adolescent si elle veut garder de bons rapport moins conflictuels, lui laisser expérimenter sa sexualité, sortir etc.

Et donc la résolution de la crise passe par une socialisation hors de la famille.

 

II.2> Le point de vue socio-développemental

 

Ici l'origine des transformations se situe directement dans les interactions sociales et dans le jeu des identifications (groupes de pairs; lieux de socialisation comme l'institution scolaire, etc)

Deux concepts (élaborés en psychologie sociale mais utilisées en DVPT) pour mieux comprendre ce qui se passe:

- Le « statut »: comment une personne est perçue par les autres, en tant qu'appartenant à un groupe social; cela génère des attitudes comportementales de la part des autres.

- Le « rôle » (ou les rôles): ce que l'individu doit faire pour valider son statut, c'est à dire son appartenance à tel ou tel groupe; une manière de répondre non aux attentes.

Or au moment de l'adolescence, il y a une modification non quelconque du statut et par conséquent une évolution obligatoire des rôles à jouer.Mais cette évolution n'est pas toujours facile:

- Possibilité de désaccord entre divers rôles (ex: dans la famille ou avec les amis)

- Discontinuité développementale des » nouveaux » rôles à jouer (sexualité, insertion professionnelle).

- L'incongruité de certains rôles: on me pousse à faire ça... mais vraiment ça ne me convient pas (ex: lors d'une forte incitation à certaines formes de réussite sociale).

 

II.3> Le point de vue cognitif

 

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L'origine des changements est situé dans le progrès des compétences intellectuelles, l'adolescent raisonne, discute et réfléchit

Changements décrits par Inhelder et Piaget, puis par les posts-piagétien:

- Une pensée plus abstraite

- Un raisonnement hypothético-déductif (on peut même raisonner à partir d'une hypothèse fausse)

- Une manière de situer le réel (la société actuelle par exemple) parmi d'autres possibilités.

Tous ces changements se manifestent dans les divers domaines de fonctionnement... Pas seulement dans les domaines qui relèvent des connaissances scientifiques! Attention aussi à ne pas se tromper sur l'architecture du psychisme (comment organiser le cognitif par rapport aux autres aspects, il n'y a pas de domaines privilégiés même celui de Piaget permettant d'évaluer des compétences à l'état pur vu qu'il y a des décalages horizontaux aussi donc les niveaux de compétences sont distribués dans tous les domaines... et ils ne sont pas forcément les mêmes selon ces domaines pour une même personne: décalages horizontaux)

Au lieu de présenter des épreuves Piagétienne en pensant évaluer « le niveau cognitif » atteint pour une personne, il est préférable d'analyser les aspects cognitifs domaines par domaine...

 

III. Une approche générale et différentielle de l'adolescence. L'exemple de la puberté.

Toute analyse développementale recherche à la fois:

- Des processus et mécanismes généraux (communs à un grand nombre d'individus, ou même à tous; c'est ce qu'on fait en psychanalyse)

- ET des variabilités interindividuelles.

 

III.1> Quelques points de repères descriptifs

 

courbe

 

- Le pic de croissance en taille et ses variations interindividuelles... et intra-individuelles (toutes les parties du corps ne grandissent pas en même temps).

- La différenciation sexuelle, pas tout en même temps et pour certains aspects cela peut durer longtemps.

La croissance en taille (squelette et muscles) ne se situe pas toujours de la même manière, temporellement, par rapport à la différenciation sexuelle; comparer à ce sujet garçons et filles.

Donc des mécanismesuniversels, des facteurs de différenciation, des processusindividuellement analogues (pas « identiques »).

La variabilité se manifeste en particulier:

- Dans l'âge de déclenchement des séquences

- Dans la durée des séquences et du processus global (plusieurs années de différence interindividuelle).

 

III.1> Illustration: garçons et filles

 

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Il y aune symbolisation du pic de croissance. Chez les filles il est plutôt vers la gauche et les garçons plutôt vers la droite. Chez les garçons il peut y avoir un développement génital au début mais moins intellectuel et ça peut être l'inverse chez les filles. Chez les filles règles entre 10 et 16 ans.

 

III.2> L'esprit et/est le corps

Tous les phénomènes psychiques qui se passent dans le cerveau se passent aussi dans le corps.

Une observation surprenante difficile à expliquer:

 

Des conflits familiaux en l'absence du père se trouvent liés à une démarche (premières règles) plus précoces chez les filles.

 

Une question de phylogenèse? Invérifiable. Mais voici des hypothèses.

Cela a été utilise que quand il y ai stress la jeune fille ai des règles précoces car elle peut se reproduire plus vite. Les enfants ressentent le stress dans les familles.

Question d'hérédité? Invérifiable.

Une femme qui a des règles précoces a des chances d'en avoir une qui en a aussi.

Une question d'interaction stimulante?

On peut mettre en liaison la précocité des règles avec le nombre d'année d'un beau père dans la famille.

 

L'adaptation psychologique aux transformations corporelles

- S'identifier à sa propre image; pas toujours facile (dysmorphophobie).

- Une puberté précoce est plutôt favorable pour les garçons et plutôt défavorable pour les filles. (la fille se trouve marginalisé par rapport aux autres filles et aux garçons si immatures au même âge).

 

 

 
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