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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:36

Introduction

Au départ Winiccott considère qu'aux premiers temps de la vie (détresse), la présence de la mère environnement est une nécessité qui demande une disponibilité quasi totale. Dans ce temps de prématurité une carence massive de l'environnement peut avoir de lourdes conséquences au niveau de la structuration de la personnalité car se forgent tout à coup des fantasmes en lien avec une angoisse, des sentiments de morcellements.

Et puis la dépendance devient un peu moins importante vis à vis de la mère environnement et progressivement l'enfant prend acte de l'effet de la présence de la mère sur lui par un effet d'apaisement de tension.

Il est dans un temps où la demande va favoriser tout un ensemble de productions imaginaires qui permettent à l'enfant de se représenter ce que la mère environnement attend de lui, ce qui peut être à l'origine de sa présence et de son assistance. Mais ce sont des représentations fantasmatiques appartenant au registre imaginaire.

Quand le sujet arrive à minima à accéder à une indépendance, là l'enfant va être capable de réagir par lui-même sans forcément solliciter l'autre pour pouvoir pallier à ses insuffisances. Ce qu'il fait qu'en l''absence de l'autre il peut survivre.

Ces traces affectives auront des incidences sur la construction de la personnalité.

                                                  R-S-I perte et objet a

 

                RSI_Conscience-2.gif

- Le réel c'est quelque chose qui ne peut être saisi, pensé, parlé, jamais tout à fait symbolisé.

- L'imaginaire est la façon dont je m'identifie à l'autre, la façon dont je me représente les relations duelles, l'ensemble de ma vie fantasmatique.

- L'ordre symbolique est la manière dont la culture organise les liens sociaux et me permet de penser ma place

 

Les trois registres sont intimement intriqués et sans primauté d'un registre par rapport à l'autre. Et toute représentation s'organisera par ces 3 registres. Et pour que le Réel l'imaginaire et le Symbolique s'organisent et que le sujet puisse commencer à prendre consistance, il faut qu'il y ai une nécessite qui s'impose à lui. Et cette première nécessité c'est une perte, une séparation, un deuil...

Ces premières séparations se jouent au niveau d'une relation corporelle c'est à dire qu'à un moment donné il y a nécessité qu'un terme soit mis au corps à corps de l'enfant avec la mère e,environnement, la première perte sera celle du sein maternel.

 

Cette première perte Lacan l'appelle objet a,le sein est en donc un objet a. C'est un temps de jouissance qui s'arrête.

A partir de cette perte une quête désirante qui commence à se construire et s'organiser.

Cette première perte donne au sujet la possibilité d'advenir. L'enfant se trouve confronté à renoncer à un « organe » pour se constituer en tant que sujet de la parole et du langage.

Et puis les pertes vont se présenter tout au long de l'existence du sujet du côté du besoin. Ce qui fait office de perte sera aussi la question du regard, la question de la voix.

 

Ce sont les premières séparations qui poussent le sujet à s'autonomiser et ces premières pertes s'organisent autour d'une relation de fusion.

Voyons à travers les complexes les pertes que le sujet devra assumer..

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:19

Va s'inaugurer la place que prend l'Autre dans le circuit de l'échange. La place qu'il prend sera déterminante pour le sujet mais aussi soumis à un ordre culturel et dans les tous premiers échanges la détresse de l'enfant va être interprétée avec un sens.

I. Les trois temps

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I.1> Temps du besoin et le réel

Le ou les besoins auxquels l'enfant est confronté vont se manifester par des décharges motrices, des cris et ces manifestations sont asignifiantes donc c'est un état de détresse général qui témoigne d'un réel déséquilibre.

Pour évoquer ce moment, Lacan emploie le terme de réel, on est dans le registre animal/biologique/somatique. Univers n'étant pas régit par des intentions, par la pensée. C'est une détresse absolue de l'ordre du somatique. Il est question de la survie du petit d'homme. Pour évoquer cette période Lacan dans les complexes familiaux évoque la question de la triade du malaise dans le passage intra-utérin çà l'extérieur. L'enfant sera confronté à 3 éléments:

- Asphyxie de la naissance

- Malaise labyrinthique (problème du tonus musculaire)

- Le froid de la nudité

La triade du malaise donc du nouveau né dans lesquels où il se trouve submergé sans qu'il puisse les symboliser. Il a comme seul moyen le cri comme décharge pulsionnelle.

Cet état de survie ne peut être contenue que par l'intermédiaire d'un tiers. La présence de l'Autre est déjà requise.

 

I.2> Le temps de la demande et l'imaginaire

Les cris vont être interprétés par un autre. Mais l'Autre va leur demander une réponse signifiante, accorder du sens aux cris, et l'enfant va se voir modifié dans ce rapport à l'Autre qui va l'apaiser, lui proposer des soins (tonico-émotionnels) et il sera accompagné par des mots qui a une fonction « contenante » ou « corporelle ».

Donc face à cette détresse tout à coup l'enfant va rencontrer une satisfaction et cette satisfaction va inaugurer un premier mode de relation avec l'Autre. Au point même que en l'absence de l'autre l'enfant va ressentir une frustration. L'autre va prendre une consistance et une demande peut lui être adressée en rapport avec l'insatisfaction. C'est le circuit de la demande.

Mais cette demande va être la porte ouverte à beaucoup de représentations. « Comment plaire à l'autre? Comment le garder? »

Des images de l'Autre vont se créer et dans chaque nouvelle rencontre, de nouvelles images. Si initialement j'ai rencontré le moment de réponse à ma détresse, les réponses maternelles ne sont jamais identiques. Je voudrais que ce moment initial indispensable, de survie se répète à l'identique. Mais l'échange n'est jamais identique.

 

Donc un ensemble de traces va se construire attestant de la réalité de la présence de l'objet et de la réalité de la consistance de la personnalité. Ces traces ou "représentations", Lacan les apellent des imagos.

 

Il y a une réalité imaginaire: qui est l'autre? Comment je peux le solliciter? Lui plaire? Que va t-il me faire?

 

I.3> Le temps du désir et la symbolique

La question du désir est le fait qu'il y a sans arrêt, un décalage, entre ce que je demande et ce que j'obtiens. Et ce décalage génère une réelle insatisfaction. C'est de cette expérience que va naître le désir (désir initial qu'on veut se voir répéter mais qui n'est jamais au rendez vous, on y rencontre toujours un manque ou « castration »).

Plus rien ne sera jamais pareil et on va avoir un ressenti de l'absence.

Et dans cette quête impossible, l'enfant rencontrera du symbolique. Il va falloir trouver une explication à ces allers retours de la mère qui ne répond pas seulement aux questions des attentes de l'enfant mais aussi régit par ce qui motive son désir de femme. Il y a des « règles » pouvant expliquer ces allers retours.

 

II. L'Autre

L'Autre c'est la loi, la culture ce qui va permettre de concevoir commet le sujet est intégré dans un environnement (scolaire, culturel, etc).

L'Autre donc ce n'est pas à proprement parler forcément les semblables, mais un ensemble de règles qui vont venir codifier les échanges, évoquer les différentes règles.

La place de l'Autre a une fonction symbolique.

Dans cet environnement l'autre maternel (la mère environnement) sera un agent, l'enfant par rapport à la mère environnement va être initié à ce circuit de l'échange et la pluralité des relations d'objet va refléter une activité fantasmatique, inconsciente, qui rattache le sujet au monde extérieur. Et cette activité fantasmatique évoluera tout au long de la sexualité.

Les premiers temps qui vont passer dans le circuit dépendent du cadre symbolique où vont s'instaurer les échanges. Le rapport à l'Autre permet à l'enfant de décrypter le réel, les attentes de l'autre. Il y a donc un cadre symbolique où tout un chacun va avoir un cadre symbolique et ce n'est pas seulement la famille (culture).

Pour être confronté à la culture il faut un agent, au départ c'est l'autre maternel.

Pour la construction de la personnalité , les différentes formes de représentations fantasmatiques que le sujet se forger a, ces représentations sont la résultantes du sujet à la mère environnement, et ce qu'elle lui a donné comme outil pour décrypter le réel.

Névrose, psychoses, ou perversions on a toujours été confronté aux trois registres du réel, imaginaire et symbolique.

 

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 11:47

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Introduction

La personnalité est constituée d'un ensemble de caractères permanents qui constituent l'identité d'une personne. Ces caractères vont se construire selon les lignes de forces et de faiblesses d'un individu. Ces lignes de forces et de faiblesses sont pour Freud autant de points de fixations-régressions quant à la sexualité infantile.

Fixation: liaison privilégiée de la libido sur certains objets et modes de satisfaction ayant pour rorigine les premiers échanges du sujet avec la mère (ou substitut maternel) lors des stades prégénitaux jusqu'à l'organisaiton Oedipienne.
Régression: C'est le retour à un mode de satisfaction privilégiée de la libido.En d'autre termes un retour à un point de fixation. 

Freud considère que ces différenres fixations-régressions sont déterminantes pour la construction de la personnalité et pour l'existence du sujet (origine de ses choix, de ses angoisses, de ses investissements...)

 

Dans la vie en général, chez un sujet, on observe un aller-retour entre ces points de fixations-régressions. Tout en constituant l'humanité du sujet, ces points ne constituent pas une fragilité narcissique insurmontable. Le sujet peut même s'appuyer dessus pour vire.

Mais dans certains cas, face à un événement qui fait crise, la personnalité va se décomposer en suivant un chemin déterminé par ces points qui ont été à l'origine même de sa construction. Dans ce deuxième cas, on a un sujet qui va rencontrer une situation qui fait crise et cela n'est rien d'anodin, c'est une rencontre, une séparation, une perte.

Ce qui fait achoppement avec la crise est révélateur. Mais pas sur n'importe quel mode. La crise va se loger dans ce qui a été précédemment à l'origine des fragilités qui ont permis à l'individu de se construire.

 "Quand le cristal se brise il le fait autour ses lignes de forces/faiblesses". La crise est vraiment un moment où on observe des troubles importants (Angoisse, être dépassé, ne plus pouvoir faire face à la réalité). Le moment de déconstruction est un moment de difficultés majeures dans lesquelles se trouve l'individu où il se retrouvera face à un élément buté et qui va être intimement affecté par cet événement. Cela n'est pas de l'ordre du "compréhensible". Quant au touche à la question de la souffrance, de la décomposition, on ne peut intellectualiser tout cela .

La déconstruction de la personnalité est au plus près de l'individu dans le registre de l'intime, du talon d'Achille, des points de fragilité au delà du pensable. Le sujet perd tous ses repères et va devenir incapable parfois de faire face.

I. Corps, sexualité........ et langage!!!
I.1>La sexualité

Selon nos pulsions sexuelles et ceux que les autres attendent nous devrons perpétuellement nous positionner.

Comment advenir dans sa sexuation face au réel? Face à des stéréotypes (pressions sociales, familiales, éducatives)?

Pour Freud le point crucial était la sexualité infantile. Il était convaincu qu'elle déterminait l'avenir du sujet. Donc la construction de la personnalité résulte de la sexualité infantile dont la façon dont le sujet devra se positionner sans cesse dans le lien sexuel et la façon dont il aura à composer ou recomposer avec sa sexualité. La sexualité détermine la personnalité, ses forces et ses faiblesses. 

I.2>Le langage

Certes la sexualité est déterminante mais il y a aussi le langage.
La construction de la personnalité (lignes de forces et faiblesses), passe aussi par la manière dont les liens ont pu être parlés, c'est à dire en quoi le langage est venu accompagner le sujet. La manière dont le corps sexué est parlé, mis en bout, et la manière dont le sujet à son tour va se saisir du langage, et de manière précoce, dès les premières tensions pulsionnelles pour s'adresser à l'Autre.
Le langage est vraiment ce qui accompagne à tout jamais la personnalité. Corps, sexualité et langage sont indissociables, ils sont intimement intriqués.
Comment la mise en mot des éprouvés là auront leur importance.. Comment le corps a été bercé par la parole et ce précocement...

Le langage est unne véritable fonction déterminant la construction de la personnalité. La sexuation est prise dans les ailes du langage.

Cette question de la parole et du langage est importante car elle préexiste au sujet et elle le détermine.

Ce qui est important pour le sujet est son histoire mais c'est aussi la manière dont son histoire avant même sa naissance à pu être envisagée,pensée, c'est à dire les façons dont les instances parentales ses sont représentées la venue de cet enfant en fonction de leur propre histoire. La construction dépend de l'inscription de l'individu dans une histoire. Parfois les symptômes du sujet ce n'est pas l'actualisation de la sexualité infantile mais quelque chose à partir des générations antérieures. Ce n'est pas toujours l'événement qui fait la crise mais comment il a fait l'objet ou pas d'une élaboration, comment il a été parlé.

Dans les complexes familiaux Lacan nous sensibilise au fait que :

La famille moderne est un remaniement de la famille primitive via un scénario transgénérationnel. L'individu va naître dans un système déjà élaboré, un complexe qu'on va lui raconter.


Ce ne sont pas les événements en eux même qui sont importants mais la manière, dont le sujet les traverse, dont il les décrypte effectivement, puis c'est aussi la manière dot le contexte familial, culturel, dans lesquels ces événements se produisent, la manière dont ce sera parlé, pensé. Donc comment le corps va être pris en charge par l'ordre de la parole et du langage.

L'énonciation par le sujet de son histoire diachronique dans la cure, si on est capable d'y associer une écoute assez distancié (sans jugements de valeurs) l'énonciation de cette histoire permet de procéder à une lecture synchronique des modes de construction et déconstruction de la personnalité, de l'organisation des conflits psychiques et de l'élaboration des crises.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 18:31

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Objectif: Essayer de comprendre comment on construit des normes et comment on les utilise en développement.


Un enfant passe un test:

Test compréhension: 40

Test dénomination images: 10

Mémoire des chiffres: 6

Mémoire des chiffres à l'envers: 4

 

A partir de ces infos là on ne peut rien conclure (une tâche peut être plus complexe qu'une autre par exemple)!


INTRODUCTION
Quand on va travailler avec un test psychologique on va pouvoir situer l'enfant et interpréter sa performance individuelle.

Pour cela il conviendra de comparer la performance de l'enfant à une norme (ou population de référence ou échantillon d'étalonnage ou encore échantillon de standardisation).

La population de référence doit être représentative de l'individu de la sous-population à laquelle il appartient comme par exemple: « les enfants de 0 à 2 ans » ou « les enfants sourds »).

 

Au niveau pratique quand le sujet passe un test on ne va pas travailler à partir de la performance brute mais en note standard ou mesure/performance dérivée.
Cette transformation de la note brute elle va passer par la norme, elle va se faire donc sur la base des données normatives.

Une fois la note standard on va pouvoir comparer l'enfant au groupe de référence, cela pour les subs-test (items variables, difficulté variable) et le test général.

 

Ce type de transformation ne va pas être de même nature selon l'échelle (le test).

Et des échelles il y en a de deux types:

Échelles en âge: la performance dérivée sera un âge (âge mental, âge de développement)..

Échelles en points: la note correspond à la position de l'individu par rapport au groupe de référence. Donc dans ces cas La note standard c'est une position par rapport à l'échantillon d'étalonnage (dans une loi Gaussienne).

 

Ces deux approches sont donc différentes!!!!

 

I. Différences entre les deux types d'échelles

I.1>Standardisation des items

Pour les échelles en âge: les items sont organisés par niveau d'age (cf Brunet-Lézine), et un item particulier correspond à un groupe d'âge relève de l'observation quand la majorité des enfants de cet âge passent cet item là. Le niveau de réussite maximum relève de son âge de développement. Mais souvent on attribue à l'enfant un bonus par crédit additionnel (car l'enfant peut réussir des niveaux supérieurs et ayant raté des niveaux inférieurs). Dans certains cas les items ne sont pas rangés par âge, ils peuvent être mis dans le désordre, et on va comptabiliser l'échec et réussite des enfants et faire un total et transformer la note brute en âge de développement en passant par la norme.

 

Pour les échelles en points: Il va y avoir différents subtests et on va accorder des points à l'enfant. C'est typiquement les échelles de type Wechsler (WAIS, WISC). L'accord des points se fait en fonction de l'exactitude de réponse, en général « Vrai » ou « Faux ». Dans certains sub-tests on peut attribuer des points en fonction de la précision de la réponse (O, 1 ou 2 points) mais aussi parfois sur la vitesse de traitement. On va sommer les points du sujet et on arrive à une note brute qu'il faudra transformer en une note standard.

 

I.2>Sélection des items

- Les échelles en âge: On va avoir des items très hétérogènes (les enfants selon leur âge peuvent faire des choses très différentes).On va mettre en évidence des séquences développementales.

 

Exemple avec item de posture 7 mois: tient assis 12 mois: marche quand on lui tient la main .
Des formes de comportements apparaissent selon l'âge

- Avec une échelle de points: ce n'est plus tellement une approche développementale. On a différents sous-tests et en général un sous-test mesure une fonction particulière. Les items ici seront très homogènes. (exemple: test d'empan). On travaille plus sur la difficulté de la tâche, leurs complexité. L'idée en développement c'est que plus je suis âgé plus je dois réussir.

II. Exemple du CDI (Child developpement inventory)

1/Combien il y a t il d'items au CDI? Et comment ont-ils été sélectionnés?

270 items et les critères de sélection sont que ces items doivent représenter des compétences développementales des jeunes enfants, être observable par les parents dans la vie quotidienne, être descriptif et clair (pas d'ambiguïté), être (potentiellement) discriminant pour l'âge.

 

2/ Quels sont les domaines de développement interrogés par le CDI?

Socialisation, L'autonomie, le moteur global, la motricité fine (préhension surtout), langage expressif, langage réceptif (compréhension), les lettres et les nombres (attention car cela résulte d'un apprentissage scolaire).

 

3/ Qui remplit le questionnaire?

Ce sont les parents qui remplissent le questionnaire

 

4/Ce questionnaire comporte une échelle de développement général. Combien d'items comporte cet échelle et quels ont été les critères de sélection de ces items?

Il y a 70 items. Ce sont les plus discriminant de l'âge par rapport à chaque échelle.

 

5/Comment a-t-on déterminé le niveau d'âge correspondant à chaque item?

Un item correspond à un âge si plus ou75% des parents d'un enfant de cet âge répondaient « OUI » à l'item.

 

6/ Élaboration de la norme: Combien il y a t-il de participants et quels sont les âges concernés?

Les données de 1121 enfants ont été utilisés pour établir la norme du CDI. Les âges concernés sont de 12 à 72 mois (et plus mais moins fiable)

 

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 15:47

Travaillons sur le document suivant:

 

000.jpg

Voir précisions indispensables ICI.

 


I. Précisions technique:

I.1> Calcul de l'écart standard par centrage-réduction, comparaison interindividuelle

 

Centrer et réduire une variable: Pour chaque valeur on la soustrait à sa moyenne et on la divise par son écart type.

(Voir cours de statistiques).

 

Ecart standard

On commence par calculer l'écart standard Z, Et pour une échelle donnée i:

distribution_centree_clip_image002.gif

Xi représente le score du sujet à l'échelle

Mx représente la moyenne de score de la population à l'échelle

Sx représente l'écart type de score de la population à l'échelle

L'écart standard est donc un écart type par rapport à une loi normale centrée-réduite qui positionne le sujet par rapport à une distribution Gaussienne:

clip_image010.gif

Prenons un exemple concret:

- Un étudiant du groupe A à une note à un examen de 10/20
- Un étudiant du groupe B a une note à un examen de 10/20. 

Sont-ils absolument égaux en ce qui concerne leur score?

Non car il faut situer chaque élève par rapport à son groupe:

- Dans le groupe A la moyenne des élèves est de 16 et l'écart type est de 5.
- Dans le groupe B la moyenne des élèves est de 8 et l'écart type est de 8.

Si on veut comparer les deux élèves il va falloir faire comme s'ils étaient dans un groupe similaire.

Quel est leur position par rapport à ce même groupe théorique?

Pour le premier ZA= (10-16)/5 = - 1,2

Pour le second ZB= (10-8)/8= 0,25

L'étudiant B semble donc de manière objective (en comparaison avec la moyenne de sa classe et l'écart type de la classe) avoir un meilleur résultat que A.

Par convention on retient un écart de |1,96| quand cet écart est atteint (donc +1,96 ou -1,96), on considère que le sujet n'est plus dans la norme. Ici donc nos deux élèves reste dans la norme.

 

Exercice

Pour l'échelle de dépression la moyenne chez les hommes est de MX= 18,53 items mesurés avec un écart type SX de 4,73.
Si un sujet obtient un score de 30/57 (il y a 57 items) à cet échelle ? Quel est son écart standard par rapport au groupe de référence?

Interprétez.

REPONSE ICI

I. 2> Calcul de la Note théorique T et comparaison intraindividuelle

Comment se fait-il qu'on puisse avoir une note de 70 avec seulement 20 ou 14 items?
Les scores obtenus aux items ont été transformés en note T.

On en peut pas comparer par exemple 15/15 et 15/64, si ces deux scores ne sont pas dans la même unité métrique, de plus ils n'expriment pas la même proportion de score.

Comment rendre ces scores compatibles?

Ici par exemple on se demandera quels seraient les scores si L et F avaient exactement le même niveau de mesure? Quels autres scores pourrions nous calculer pour les rendre comparable.
Donc on veut rendre comparable différent scores en intrasujet mais cette démarche est également valable pour rendre différents scores compatibles en intersujets.

Par exemple on cherche par le test d'empan de la WAIS III comparer les performances des jeunes adultes, des adultes et des personnes âgées.
Pour rendre comparable les populations il va falloir se demander « si tous les sujets avaient le même âge, quel score aurions-nous obtenu? »

Le score standard T est un score théorique que l'on calcule afin de rendre comparable sur différentes populations différentes échelles ou différentes populations ayant des âges ou caractéristiques différentes.

T=  Zi x σ +m

 

Zi : écart standard

σ: écart type de la populationd de référence

m: moyenne de la popultion de référence

 

Par convention (la plupart du temps) moyenne = 50 et écart type = 10

Ainsi deux scores différents peuvent être comparés entre eux en référence à une population de référence!

 

II. Les échelles de validité

L évalue l'attitude à l'égard de l'outil :essaie t on de se conformer à la norme?.

Cet échelle semble normale. On peut donc supposer que le patient ne cherche pas à diminuer ses symptômes.

 

F traduit des réponses anormales sous réserve de trois hypothèses:
- Le patient peut ne pas comprendre les réponses (utilisation de la WAIS pour appréhender le niveau d'intelligence)
- Il peut exagérer ses symptômes (à vérifier avec échelle K)
- Il peut présenter une anomalie psychique 

 

K, s'il est élevé mesure une attitude défensive par rapport à l'outil et aux symptôme, s'il est faible au contraire il peut montrer une attitude de maximisation des symptômes.

 

Afin de se prévenir de l'anxiété le psychisme est équipé d'un appareil de régulation et on va développer des mécanismes de défenses qui pourraient altérer la perception de la maladie (déni, anosognosie)

 

Ici le patient a tendance à maximiser ses symptômes, K est plus faible que F et inférieur à 70. Néanmoins il faudrait plus approfondir Ici on ne fait que supposer.. tendance à « Devenir un faux positif »

 

L'inverse (F faible et K élevé) tradurait une falsification favorable, le sujet a une tendance à minimiser ses symptômes (attitudes défensive). « Rendre son profil normalisé », tendance à « Devenir un Faux négatif ».

 

III. Etude de la validité du profil

D'après les échelles de validité on vient demander si le profil est valide....

Pourquoi ce profil n'est-il pas valide?

Le score obtenu à l'échelle F est le plus élevé de toutes les échelles (nous savons dans ce cas-là que le test est invalidé).

Ici donc dans les réponses fournies il n'y aurait pas seulement la dimension psychopathologique mais d'autres facteurs qui rentrent en jeu.

Et on peut se demander si notre Item indicateur de la psychopathologie ne peut-il pas avoir un autre facteur explicatif de la réponse donnée?

 

La réponse par exemple à l'item 1 traduit elle la dépression ou la tendance à la falsification?

Ce qu'on pourrait appeler la falsification va se surajouter sur les réponses à l'item c'est une variable parasite.

Donc on ne sait pas les réponses sont dues par exemple au niveau de dépression ou la falsification.

 

La tendance que le patient a eu à l'égard de validité il l'a eu aussi peut être à l'égard items de psychopathologie, mais dans ce dernier cas on ne peut pas le vérifier (il a juste peut être menti aux échelles de validité et pas aux échelles de psychopathologie).

On ne peut pas valider car on ne sait pas si les items sont représentatifs de la tendance à falsifier ou de la psychopathologie.

Un outil est valide tant qu'on a pas montré son invalidité potentielle.

Bien qu'ils soient une aide précieuse au diagnostic, les outils sont à utiliser avec précaution....

 

Pour en revenir à la validité ici on a un doute que le profil traduise un état psychopathologique, on se demande s'il ne traduit pas une tendance à falsifier.

Pour le reste il faudra regarder le score à chaque échelle et pour commencer on va regarder l'allure du profil (la courbe, élément visuel).

 

Pour prendre la décision d'invalidité on fait une analyse fine mais l'observation de l'allure de la courbe nous donne une idée sur l'attitude du sujet.

 

Comment a-t-on mis en exergue cette tendance à la falsification?

Dans les études:
- témoin: "répondez au questionnaire"
- expé: "répondez en falsifiant"

 

On observe que les personnes qui noircissent leur tableau ont un pic sur F et une diminution sur L et K= tendance à falsifier de manière défavorable

La tendance est elle suffisamment importante pour invalider le profil?

La réponse à cette deuxième question nous l'aurons en analysant les scores à chaque échelle.

La tendance peut être là mais pas assez importante pour douter de la validité du profil.

 

Les échelles de validité peuvent avoir l'utilité d'inférer que ces attitudes peuvent être en lien avec une attitude psychopathologique.

 

 

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 13:13

 

 

mmpi-2.bichrogri

 

Le MMPI est un questionnaire d'évaluation de la personnalité (outil psychométrique).Il va permettre la mesure de dimensions de personnalité (dimension hystérique, dépressive, psychasthénique).

Le MMPI a une visée diagnostique (il y a t-il une personnalité pathologique? Trop impulsif? Trop anxieux?).

Il y a t il un trouble de la personnalité nécessitant un traitement?

 

Dans le livret il y a plusieurs phrases qui contiennent les items. Chaque item décrit des cognitions et comportement en lien avec une pathologie.

exemples:

 

- je taquine parfois des animaux

- mon âme quitte quelquefois mon corps,

- je manque toujours de confiance en moi

 

C'est une auto-évaluation dans le sens où le patient lit les items.. Puis il répond sur une feuille réponse qui a plusieurs lignes et chaque ligne correspond à un item. En face de la ligne il y a « Vrai » ou « Faux ». Il fait donc un lien entre le questionnaire et la feuille de réponse.

 

Mais cet outil pose des problèmes dans certaine pathologies psys (comme la schizophrénie où il y a un problème de méta cognition, perception de soi, et anosognosie) ainsi que les démences (anosognosie).

 

 

Exemple:

 

1/Je dors mal Oui Non

2/Je suis pessimiste Oui Non

3/Personne ne peut m'aider Oui Non

 

L'éventail des scores va ici de 0 à 3

 

 

A partir de quel score allons-nous considérer que le patient a une dépression pathologique?

La réponse à cette question se trouve dans le manuel de l'outil (ou article de validation de l'outil) dans les termes « Sensibilité et spécificité ».

Pour quel score il y a-t-il absence de pathologie?

 

Pour fabriquer l'outil on prend un groupe expérimental qui répond au critère de dépression (par exemple selon le DSM IV) et un groupe contrôle qui sera "Monsieur et Madame tout le monde".

 

Prenons un exemple ficitif:

 

Le score est pathologique si = 3/3

Le score n'est pas pathologique si < 3/3

 

3/3 est un bon score: l'outil est sensible car les personnes qui ont 3/3 sont les mêmes qui sont considérées comme pathologiques selon le DSM.

Parmi ceux qui ont 3/3 il n'y en a aucun qui ont été classés par le DSM comme faisant partie du groupe contrôle.

 

Le score permet de discriminer ceux qui ont des pathologies de ceux qui n'en ont pas.

 

 

 

 

tab

 

En tant que clinicien on cherche l'outil qui va nous faire prendre le moins de risque.

Celui qui sera sensible pour nous donner des vrais positifs ainsi que le plus spécifique qui ne nous donnera pas de faux négatif (mais des vrais négatifs donc).

 

Une problématique donc qui va nous amener parfois à  réduire la sensibilité (qui peut détecter que n'importe quoi ressemblant à la pathologie) mais il ne faut pas trop la baisser non plus car on va vite finir par ne plus rien détecter (faux négatifs).

 

Quand on construit un outil comme le MMPI, on va chercher à détecter quel est le score qui permet à la fois d'avoir un minimum de faux positifs et un minimum de faux négatifs et on ajuste au mieux ce score.

Et comme cet outil ne sera jamais totalement sensible et spécifique il y aura toujours des faux positifs et faux négatifs. Mais cherchons l'outil qui minimise ces dommages collatéraux.

 

En tant que clinicien on prend un risque mais il faut que ce soit un risque acceptable.

 

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 14:30

insomnie_pm-1.jpg       Somnambulisme.gif


On peut les diviser en quartes grandes catégories

Les insomnies

On y retrouvera les insomnies transitoires ( qui peuvent arriver chez tout le monde et pouvant avoir diverses origines comme par exemple l'anxiété ou la douleur), des insomnies secondaires (symptômes de maladies organiques ou psychiatriques), puis l'insomnie chronique ou psychophysiologique comme maladie en elle-même et les Insomnie fatale familiale (maladie génétique conduisant à la mort).

 

Les hypersomnies

On y trouvera le syndrome d'apnée nocturne et la narcolepsie

 

Les parasomnies

On y trouvera le somnambulisme, les cauchemards, les terreurs nocturnes, l'énurésie, la somniloquie, le bruxisme etc.

 

I. Les insomnies

Difficile de les définir de manière objective car personne n'a exactement la même durée de sommeil. Elle se définit subjectivement: quand on a la sensation de mal dormir, d'avoir un sommeil non récupérateur, léger.

Toutefois on peut observer des symptômes fréquents: temps de latence à s'endormir, des réveils précoces ou pendant la nuit.

Comparons l'hypnogramme d'un sujet « normal » et d'un insomniaque:

 

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L'hypnogramme est différent on voit bien que le sommeil n'est pas réparateur.

I.1> Les insomnies transitoires

Les insomnies transitoires sont fréquentes et peuvent présenter différentes origines:

- L'environnement (changer de lit, de chambre, de lieu,)

- Substances excitantes

- Stress physique (douleur)

- Décalage horaire

- Facteurs psychologiques (stress, anxiété)

En général ces insomnies transitoires durent en général moins d'un moins et elles peuvent éventuellement déboucher sur des insomnies chroniques.

I.2> Les insomnies chroniques

I.2.1>Description

  Dans 70% des cas on y montre un déficit de sommeil et dans les autres 30% On y montre un hypnogramme normal alors qu'il se plaint de mal dormir. Dans ce dernier cas les insomniaques ont un problème de perception de leur sommeil. On les réveille à l'hôpital et ils disent « ah mais je ne dormais pas ».

 

L'individu surestime la durée de son endormissement et considère le stade 2 comme de l'éveil ce qui lui donne la sensation de ne pas dormir. Les bons dormeurs ne se souviennent pas d'avoir été réveillés mais les insomniaques si, et ils considèrent les éveils comme des éveils continus en général.

Dans certains cas « l'insomnie est une mauvaise perception de son sommeil », parfois l'insomniaque rêve qu'il ne dort pas.

 

I.2.2>A quoi est due cette insomnie?

Dire que la quantité de sommeil diminue ou que la quantité d'éveil augmente c'est pareil...

Pas si sur!

La caféine est un stimulant du système nerveux et elle donne un hypnogramme identique à celui de l'insomnie

A l'EEG on constate que les ondes delta sont moins importantes que chez le bon dormeur.

L'anxiété qui est un état d'hypervigilance induit une insomnie.

 

Les éléments étudiés montrent qu'au cours de insomnie, il y a une augmentation de l'excitabilité du SNC ce qui est confirmé quand on fait des tests itératifs d'endormissement.

Les insomniaques devraient être somnolents la journée.... et pourtant NON, ils ne le sont pas!

Et les performances cognitives et physiques sont identiques voir parfois meilleures chez les insomniaques.

Donc le déficit de sommeil chez l'insomniaque est compensé par une augmentation de l'excitabilité du SNC.

 

Donc l'insomnie n'est pas un trouble du sommeil mais un trouble de l'éveil!

 

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 19:22

Les destins de la pulsion vont nous permettre de mieux comprendre ce qu'est une pulsion, de quoi elle est constituée..

                          Les destins de la pulsion 

                                clothing1a.jpeg 

La sublimation

C'est le destin auquel nous sommes le plus soumis. Une pulsion sexuelle ne peut jamais être totalement réalisée nous l'avons vu, car elle se confronte aux pulsions du Moi qui prennent compte elles de la réalité, du monde dans lequel nous vivons.

Dans l'exemple amusant (sinon j'aurais essayé...) de l'article précédent, je fais de la sublimation. Ma pulsion sexuelle (principe de plaisir) ne peut être totalement réalisé car confornté aux pulsions du Moi (principe de réalité), alors il va bien falloir faire un compromis. Dans l'exemple précédent j'ai mis ma pulsion sexuelle au service de mon imagination fantasmatique en me donnant tout de même une possibilité d'observation.

Je sublime quand je joue de mon instrument de musique, quand je caresse le chat, quand je parle mal de quelqu'un que je ne supporte pas, quand je joue au tennis avec un copain.

 

                           19316973.jpg

Le retournement de la pulsion sur la personne propre (changement de l'objet de la pulsion)

Cela dépend de l'organisation narcissique que nous allons voir plus bas. Plus il y a narcissime (plus on s'aime soi même) plus on va se privilégier comme objet de notre pulsion.

C'est essentiellement les comportements de voyeurisme (pulsion scopique active) et d'exhibitionnisme (pulsion scopique passive) qui ont fait supposer à Freud l'existence du narcissisme. La pulsion à but passif témoigne d'un retour à l'objet narcissique c'est à dire le Moi.

Le narcissique a une libido plus narcissique qu'objectale.

Illustrons-le aussi avec le sado-masochisme...

Le masochiste est plus narcissique que le sadique:

En admettant que la douleur puisse être source de plaisir le sadique s'identifiera à celui qu'il tourmente. On pourrait dire qu'il s'aime "indirectement".

Mais le masochiste s'identifie au sadique (il lui laisse assumer son propre rôle puisqu'il ne peut le faire lui-même) et donc par cette identification c'est comme si il s'aimait soi-même. On pourrait dire par cette identification "qu'il s'aime directement" puisqu'en s'identifiant l'autre c'est comme s'il s'aimait soi-même.

Donc dans les deux cas on jouit de l'excitation sexuelle qui accompagne les tourments mais on peut dire que le masochiste en jouit plus "égoistement", en fait plus narcissiquement.

 

Le renversement de la pulsion en son contraire (changement de but)

Le renversement de l'activité en passivité: c'est une étape logique suivant nécessairement le retournement sur la personne propre.

- Je veux infliger de la douleur à autrui (produire de l'excitation sexuelle)

- Je veux qu' autrui ce soir moi (changement d'objet, donc retournement sur la personne propre)

- Donc la pulsion est transformé en son contraire: Je veux avoir mal

Le renversement de contenu d'une motion pulsionnelle: Cela ne concerne que la transformation de l'amour en haine. La pulsion ne connait que deux choses (plaisir et déplaisir). Ce renversement explique l'ambivalence des sentiments humains (on dit bien que la haine est une forme d'amour).

Le renversement de la pulsion en son contraire ne concerne qu'une partie du quantum ( à comprendre comme force) de la motion pulsionnelle, il y a toujours une partie non transformée (ambivalence).


Le refoulement

C'est ce destin de la pulsion, chef d'orchestre de la névrose et des irruptions de l'inconscient qui va nous permettre d'en savoir plus sur la pulsion elle-même.

Nous avons vu que les motions pulsionnelles de la sexualité se heurtaient à des résistances du moi en raison du principe de réalité. Ces résistances (pulsions du Moi) rentrent donc en conflit avec la pulsion sexuelle.

 

A partir de maintenant on parlera de « pulsion » pour désigner la pulsion sexuelle et de « résistance » ou « censure » pour désigner les pulsions du moi.

 

Donc les résistances cherchent à rendre la pulsion inefficace et cherchent à refouler le représentant psychique (Vorstellung) mais jamais directement, par le truchement de  représentations qu'il contient et qui essaient de se frayer un chemin à la conscience...Pour cela elles vont envoyer un signal de déplaisir à l'appareil psychique qui refoulera le représentant psychique (représentation ou groupe de représentations de la pulsion), on va y revenir...

Freud dit « le concept de pulsion nous apparaît comme un concept limite entre le psychique et le somatique, comme le représentant psychique des excitations issue de l'intérieur du corps et parvenant au psychisme, comme une mesure de l'exigence de travail qui est imposé au psychique par suite de sa liaison au corporel »

Appelons les excitations du corps « quantum d'affect » (en gros sommation des forces que représente l'excitation) et son représentant dans le psychisme « représentant psychique », c'est une image de mémoire, trace mnésique comprenant une ou plusieurs représentations.

On l'appellera « représentation de chose » quand la représentation est dans le système inconscient ou préconscient (ce sont essentiellement des images mnésiques, ça peut être aussi des sons, voire des odeurs...). Quand cette trace devient consciente elle devient une « représentation de mot ». Mais nous reverrons ce point là qui nécessite à lui seul un article.

Donc un quantum d'affect lié au représentant psychique (représentation ou groupe de représentation). En gros on se représente toujours l'objet de notre quantum d'affect (représentation) car celui ci est indispensable à son but.

Illustrons ce dernier point comme ceci nous allons remonter plus tard à cette construction:

 

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                                        Comment cela se fabrique-t-il?


Le refoulement originaire

 

- Un quantum d'énergie libre (quantum d'affect) va être confronté à une représentation originaire (qui deviendra le Vorstellung), conséquente à une suite de perceptions (au hasard: la tétée par exemple), qu'il va essayer d'imposer à la conscience.

 

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- Mais cette représentation originaire, en raison de la censure (imposée par les pulsions du Moi) va subir l'effet d'un tout premier refoulement déterminant, le refoulement originaire elle est refoulée dans l'inconscient et va venir se lier au quantum d'affect:

 

003.jpg

 

 

 

- Notre pulsion est désormais composé d'un quantum d'affect lié à une représentation originaire (le Vorstellung) et cette représentation originaire formera le représentant psychique de la pulsion.

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- Mais plus tard le sujet va avoir des « perceptions » ( ce terme c'est moi qui l'emploi) dont certaines de par leur ressemblance avec le Vorstellung seront attirés par lui.

 

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- Ces perceptions en mémoire si j'ose dire,  seront des représentations (qui seront donc des représentations de choses associées au Vorstellung), pouvant éventuellement devenir des représentations de mot si elle passent dans le système conscient (selon leur connotation plus ou moins importantes avec le Vorstellung et le quantum d'affect lié):

 

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Pour ainsi dire, et pour avoir une manière grossière d' illustrer le représentant psychique:

- Quand le quantum d'affect arrive dans la conscience on lui associe un affect "J'ai une envie gourmande"

- Quant la représentation ou groupes de représentations devient conscient c'est l'ensemble des idées, scénarios, images de désir par exemple je pense à du chocolat.

=> "Je mangerais bien......... du chocolat!"


Le refoulement secondaire ou après coup (le refoulement proprement dit)

Mais voilà .. la pulsion pousse toujours et les représentations liées au Vorstellung essaient de revenir au conscient pour la satisfaire.

Et la censure (la barrière du refoulement) est toujours là!!!

Certaines représentations deviendront conscientes pas de problème mais pour d'autre que se passe-t-il?

 

"C'est comme si la résistance imposée par le conscient était fonction de l'éloignement des rejetons de l'inconscient par rapport au refoulé originaire"

 

- La censure va intervenir comme nous l'avons vu pour rejetter les représentations liées si elles ressemblent un peu trop au Vorstellung ou si elles sont chargées de beaucoup de quantum d'affect:

 

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- Ces représentations qui sont un retour du refoulé (ou "rejetons de l'inconscient" comme les appelle Freud) vont être repoussés dans le Vorstellung avec toutes les autres qui lui ressemble:

 

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- Et ça donnera à nouveau cela. Les représentations seront refoulées dans l'inconscient elles reviendront dans le complexe associé à la représentation originaire. Mais elles continueront tout au long de la vie à se frayer un chemin à travers la conscience pour réaliser ce que désire le sujet:

 

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- Plus il y aura de refoulement plus il y aura prolifération du représentant dans l'inconscient:

 

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Et plus il y aura prolifération du refoulé dans l'inconscient plus le représentant va trouver des formes d'expressions extrêmes:

 

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Plus un rejeton (une représentation) a été refoulé, plus celui-ci est investi de quantum d'affect.

 

Dans la cure on demandera au sujet d'amener au jour ces rejetons (qui peuvent passer la barrière de la censure en raison de leur éloignement avec le Vorstellung) en fournissant des associations libres. Petit à petit on va essayer de concilier le sujet avec des représentations investies d'affect...

Le but est donc la levée du refoulement.

 

 


Nous avons parlé là du destin de la composante qualitative du refoulement. Mais il existe également une composante quantitative de la pulsion: le quantum d'affect.

 

Il m'a été difficile de distinguer quantum d'affect et affect mais j'ai compris ça :ce quantum d'affect  (une sommation de forces) on le ressent en nous sous forme d'affects (dégout, joie, peur, envie de rigoler, pleurer...).


Le refoulement donne effectivement un destin à la pulsion en écartant les représentations inconciliables de la conscience (en les refoulant dans l'inconscient dans le royaume du Vorstelllung).

Mais.. qu'advient-il du quantum d'affect???

 

Ce quantum d'affect, l'énergie de la pulsion, sa composante quantitative pourra avoir plusieurs destins. Il va subir un autre destin de refoulement. En fait plusieurs destins lui sont possibles:

 

- Acccession à la conscience (pas de soucis)

- Inhibition

- Formations de substituts/symptômes

- transformation en angoisse

 

Pour détailler ces concepts métapsychologiques en les rendant intelligibles, comme souvent, nous devons passer à autre chose pour revenir sur ça (c'est ça la difficulté des concepts en psychanalyse, enfin je trouve).

Prochain chapitre: L'Inconscient.

 

En attendant pour en savoir plus allez visiter ce lien fantastique: http://geza.roheim.pagesperso-orange.fr/html/refoulc.htm

 

Ou aussi cet article pourra vous aider...

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:13

On emploiera le terme de pulsion un moment sans le détailler, cela sera fait par la suite..

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Dans les "trois essais sur la théorie sexuelle". Freud commence à nous sensibiliser à l'omniprésence des "aberrations sexuelles" ou « perversions ».

 
Dans les déviations de la pulsion par rapport à l'objet (à entendre au sens de Freud comme une déviation par rapport à l'objet sexuel « normal » c'est à dire l'objet de reproduction, c'est à dire une personne de sexe opposée), on retrouve:

 

- L'homosexualité ou « inversion »,

- La sexualité avec des objets,

-La pédophilie 

- La zoophilie.


Il y a déviation dans le sens où l'objet utilisé (une personne du même sexe, un enfant immature, un objet ou encore un animal) ne convient pas à la fonction de reproduction.

La perversion à l'époque de Freud c'est tout ce qui consiste à s'écarter de la fonction de reproduction, « on ne fait pas de sexe pour le plaisir ».

Dans les déviations de la pulsion par rapport au but (se reproduire) on retrouve:

- Les transgressions anatomiques: le simple baiser, les rapports oraux-génitaux,l'usage sexuel de l'orifice anal, le fétichisme.

- Les fixations de buts sexuels préliminaires: toucher et regarder (très important puisque c'est à partir de cela que Freud dégagera le concept de narcissisme), sadisme/masochisme.

 

            le_fetichisme_une_drole_de_manie_rubrique_article_une.jpg

 

La question de perversion comme beaucoup d'autres est tributaire de facteurs culturels, temporaires et statistiques.

 

L'homosexualité et la pédophilie étaient considérées comme des activités normales à l'Antiquité (Grecque du moins). Puis elles ont été prohibées.

L'homosexualité a longtemps été considéré comme une aberration, une « anormalité », puis elle semble être tolérée voire encouragée à notre époque. La pédophilie elle est restée une perversion moralement et légilativement condamnable.

 

Des rapports bucaux-génitaux auraient été surement fort condamnables moralement à une certaine époque. Il semblerait qu'ils soient plus que fréquents et normaux aujourd'hui dans les actes préliminaires surtout à partir du XX ème siècle (voir: « Le comportement sexuel de l'homme » et « le comportement sexuel de la femme » de A. Kinsey, recensement statistiques sur les activités sexuelles humaines, étude fait sur plusieurs états des USA).

Et dans 100 ans? Peut-être que les rapports avec les animaux seront de mode?

Bref, les idées humaines évoluent en tout temps, en tout lieu, et en toute société.


Freud nous sensibilise au fait que la perversion est inhérente à l'Homme et constitue paradoxalement sa normalité.

On la retrouve partout et ce, comme nous l'avons vu dans l'article précédent dans sa meilleure prédisposition dès l'enfance. C'est l'éducation morale qui contribue à éteindre nos dispositions perverses.

Le point fort de cette sensibilisation c'est aussi de nous sensibiliser à une force chez l'homme qui est différente de l'instinct animal qu'il nomme la pulsion. L'homme a des désirs qui ne répondent pas juste à sa survie ou à sa reproduction.

Donc l'Homme ne répond pas à un instinct mais à une poussée différente qui peut se satisfaire selon différentes modalités et qui n'ont pas un seul but exclusif.

Cette force qui nous pousse à la recherche d'un « plaisir » c'est la pulsion (sexuelle).

 

Le monde dans lequel nous vivons fabrique des résistances morales et esthétiques pour lutter contre les perversions. Ca peut être le pudeur, le dégoût.

Ce que Freud remarque chez les névrosés c'est que ce sont le plus souvent des souvenirs liés aux pulsions sexuelles qui reviennent à la conscience par la méthode psychanalytique. Ce sont ces souvenirs là, ces représentations qui ont été écartées de la conscience, en faveur des exigences monde culturel, de la société.

Elles ont été écartées (refoulées) car elles se sont confrontées à d'autres pulsions d'individu qui lui servent à survivre. Bien sûr on peut trouver l'exemple prototypique qui est la faim mais la société nous apprend qu'on ne peut pas vivre en communauté en faisant ce qui nous plaît et/ou n'importe quoi.

Ces pulsions qui servent à préserver l'intégrité de l'individu dans son monde, Freud les appellent pulsions d'auto-conservation ou « pulsions du Moi ».

Ces pulsions du Moi on les voit se réveiller dans la cure lors de résistance, elles servent à empêcher une représentation lié à une motion sexuelle de parvenir dans le conscient de l'individu. Mais nous y reviendrons.

 

La névrose est une impossibilité de faire un choix entre pulsions sexuelles et pulsions du Moi, les expressions symptomatiques sont un compromis entre le désir et la défense. Le pervers fait le choix de sa pulsion sexuelle quitte à dénier les exigences de la réalité. La névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion.

 



C'est l'embrouille? On va essayer de reprendre...

 

Le monde interne du sujet est remplit de pulsions qui peuvent être appréhendées dans un aspect économique (certaines sont plus fortes que d'autres, certains individus ont des pulsions plus ou moins « puissantes » que d'autres), dynamique (des pulsions circulent et peuvent entrer en conflit entre elles), et topique ( les pulsions sont « stockées » dans l'Inconscient, mais elles peuvent parvenir au conscient pour simplifier pour l'instant, mais une pulsion peut circuler d'un lieu à un autre).

Une pulsion agit comme une force constante, une poussée à laquelle on ne peut échapper (contrairement à une stimulation extérieure: par exemple je retire ma main d'un endroit brulant), puisqu'elle provient de l'intérieur du corps.

Cette pulsion est définie par sa source (lieu de l'organisme qui est à l'origine de l'excitation interne), son but est la satisfaction (abaissement de la tension), au moyen d'un objet (celui, celle, le chocolat, le sein, la guitare, le ballon de foot).

 

Principe économiques qui régissent la pulsion sexuelle:

La pulsion sexuelle est régit par le principe de plaisir (ou principe de Nirvana), qui a pour but l'élimination totale de la tension qu'elle crée.

Mais cette pulsion va se confronter au principe de réalité (formé par l'ensemble des pulsions du Moi) et ne pourra donc pas se décharger totalement.

Principe de constance: Fonction économique de l'appareil psychique ayant pour but de maintenir un niveau d'énergie aussi bas que possible tout en préservant son intégrité.

La pulsion sexuelle ne peut jamais être totalement satisfaite sinon cela anéantirait le psychisme et/ou l'intégrité du sujet, c'est pour cette raison que les pulsions du Moi (d'autoconservation) sont là, pour empêcher cela, elles empêchent la satisfaction totale de la pulsion sexuelle..

Le principe de constance devra faire un compromis entre principe de plaisir (évacuation de la tension) et principe de réalité. Comment gérer l'élimination de la tension sans nuire à l'intégrité de l'appareil psychique?

 

Je vais prendre un exemple amusant:

Je suis dans un centre commercial, si je suis pour un peu pervers (et ici dans le sens très commun du terme) ma pulsion sexuelle va me dire touches les fesses de cette fille ça te procurera un plaisir immense. Seulement si je le fais il y a de grandes chances que je me prenne une tarte et qu'elle se plaigne à la sécurité. Une ou des pulsions du Moi vont me dire « hé t'es fou, arrêtes ça tout de suite c'est dangereux, penses à autre chose ».

Je devrais donc faire un compromis de cela, et je regarderais très discrètement les formes de la fille.

Je satisferais en partie ma pulsion sexuelle tout en ne me mettant pas en danger.

Mon appareil psychique m'aura soumis à ce principe de constance.

 

Pulsions sexuelles VS Pulsions du Moi (ou pulsions d'auto-conservation)

Pulsions sexuelles et pulsions du Moi n'ont pas le même but, même si ces deux buts peuvent être considérés comme important.


Les pulsions sexuelles poussent (une fois matures) à la conservation de l'espèce, la reproduction donc dans le but très élaboré de la pulsion sexuelle.

Freud dira que le plaisir procuré par la sexualité n'est pas le but mais le moyen (de se reproduire).

Les pulsions du Moi ont quant à elles pour préserver l'intégrité de l'individu, sa survie immédiate.

Ce qui implique que le sujet sera dans un conflit permanent.

Bien sûr en admettant un instinct à l'Homme on se dira que bien évidemment les pulsions du Moi (de sa survie immédiate sont essentielles) mais comment se sont mis en place les pulsions sexuelles, au sens large?

 

Les pulsions sexuelles sont dans un premier temps étayées (étayage) sur les pulsions du Moi. En d'autres termes elles se reposent au départ sur les pulsions du Moi.

Le sein apporte la nourriture indispensable pour la survie organique mais il y a aussi autre chose, le nourrisson ne veut pas seulement retrouver le sein pour survivre mais pour le plaisir, l'amour.

La nutrition est un prétexte d'amour, de plaisir, de jouissance pour le nourrisson!

L'amour, le plaisir, la jouissance s'étayent sur la nutrition.

De manière générale une pulsion sexuelle s'étaye toujours sur autre chose lors du développement de l'enfant.

 

Pulsions partielles et sexualité infantile 

Nous avons pu voir que dans son but élaboré la pulsion sexuelle nous pousse à la reproduction. Mais nous avons vu que ce n'était pas forcément le cas dans les perversions (déviation de la pulsion par rapport à l'objet et au but). Sans doute est-ce en raison de l'observation de perversions que Freud emploie ce terme spécifique de pulsion (Trieb) plutôt que d'instinct (Instinkt)...

Mais ce qu'on retrouve dans la perversion n'est rien d'autre qu'une fixation à des pulsions partielles de l'enfance.

Pour prendre l'exemple simple du baiser: on ne sait toujours pas l'origine de ce fameux baiser. Certains spécialistes pensent que cela remontent à la préhistoire, quand les mères mâchaient la nourriture pour donner à leur bébés.

Peut-être que le pervers qui a rendu cette coutume à la mode était fixé sur le plaisir que lui apportait cet échange avec sa mère? Apparement cela a eu du succès....

Trêve de plaisanterie, on dit que ces pulsions sont partielles car elles fonctionnenent de manière autonome indépendemment les unes des autres. Nous avons même vu que Freud se sert des pulsions partielles pour définir des stades de la sexualité infantile (oral, anal, phallique, génital).

Lors d'une maturation de ces pulsions partielles il y aura développement d'une pulsion sexuelle plus élaborée à l'âge adulte entrant au service de la reproduction.

Quels devenirs de ces pulsions? Elles ne peuvent pas se réaliser totalement vu qu'elles sont confrontées aux pulsions du Moi alors que vont-elles devenir? Ceci est l'objet de l'article suivant...

Les destins de la pulsion vont nous permettre de mieux comprendre ce qu'est une pulsion, de quoi elle est constituée...

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 22:59

 

Théorie de la séduction (ou théorie du traumatisme sexuel, "neurotica")

 

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Dans le traitement de ses malades névrosés, Freud voit revenir quelque chose de récurent: Un ou des traumatismes sexuels qui seraient intervenus durant l'enfance.
Dans « Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défenses » en 1896, Freud en s'intéressant à leur étiologie nous dit que les symptômes de l'hystérie (de conversion), de la névrose de contrainte (névrose obsessionnelle), de l'hystérie d'angoisse (névrose phobique) sont les conséquences du processus de refoulement. Il souligne que le refoulement est un mécanisme de défense (inconscient) pour mettre à l'écart une représentation inconciliable avec le Moi.
Il tente aussi une approche de certaines psychoses mais on ne développera pas cela ici.

Ce qui est important de noter c'est qu'au départ Freud entend que reviennent conscients des scénarios ayant pour couleur des traumatismes sexuels qui seraient vécus dans l'enfance.
Il dit de l'hystérie «l'hystérie est déterminée par un incident sexuel primaire survenu avant la puberté, qui a été accompagné passivement, c'est à dire de dégoût et d'effroi » et de la névrose de contrainte « chez l'obsédé, ce même incident a été accompagné de plaisir ».

Névrose selon le sexe:


- L'hystérie est plus fréquente chez les femmes car elles seraient plus sujettes à des attouchements vécus passivement et avec effroi. La pénétration serait à l'âge tendre un vécu terrible pour une enfant.
- La névrose obsessionnelle est plus plus fréquente chez les hommes car il ne s'agit pas d'un acte vécu  passivement avec effroi mais activement avec plaisir (masturbation de la verge par une bonne d'enfant par exemple). Dans l'après coup le fait d'avoir participer activement et d'avoir pris plaisir à cela devient les reproches de l'obsessionnel.

Freud dit que la nature de la névrose sera fonction du traumatisme vécue et qu'un garçon peut être victime de pénétration, qu'il sera sujet potentiel au développement d'une hystérie et qu'une fille peut ressentir du plaisir à certaines stimulations et qu'elle sera sujette potentielle au développement d'une névrose de contrainte.

D'ailleurs de par cette théorie initiale une expression restera célèbre: « L'hystérie est au féminin ce que la névrose obsessionnelle est au masculin »


On a longtemps reproché à Freud qu'il ne devait pas croire aux fictions des malades qu'il traitait mais il répondait : "Le scénario semble tout le temps revenir... dans la seule situation de la psychanalyse"!!! et « Pour l'instant il n'y a que la psychanalyse qui peut rendre conscient ce qui est inconscient».

 



Le doute

 

Dans une lettre à son ami Fliess Freud lui confie: "Je ne crois plus à ma neurotica car dans chacun des cas il fallait accuser en général le père de perversion, une telle généralisation de ces actes envers des enfants semble peu croyable et puis surtout il n'existe aucun indice de réalité dans l'inconscient de telle sorte qu'il est impossible de distinguer la vérité et la fiction investie d'affect".

 

 

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                                                              "S.Freud et W.Fliess"

 

 

Malgré ces théories qu'il devait abandonner, Freud avait repéré que le refoulement est un processus universel, autant chez le névrosé que l'individu sain, mais que l'apparition d'une névrose apparaissait lorsqu'il y avait eu échec du refoulement.

Il est aussi important de noter que le refoulement suppose une causalité à deux temps:

- Refoulement originaire (ou primaire): l'événement traumatique auquel l'enfant n'a pu réagir adéquatement, est resté inscrit dans le psychisme, prêt à faire sentir ses effets comme un problème non résolu.

- Refoulement secondaire: c'est au moment de la puberté où la question sexuelle doit être reprise que le traumatisme, réactivé, joue son rôle pathogène. Son refoulement sera d'autant plus nécessaire que l'excitation, à ce moment de la puberté, sera forte, et c'est donc là le refoulé qui fait retour sous forme de symptôme. Il va falloir refouler à nouveau ce "retour du refoulé". La manière que va avoir le sujet pubère à affronter la sexualité va lui permettre ou non d'effectuer un refoulement secondaire correct, s'il échoue c'est le symptôme.

 

"C'est dans l'après coup que vont agir les traumas de l'enfance".

 



 

Théorie de la sexualité infantile (théorie du fantasme)

 

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Il est très important de lire cet ouvrage de Freud "Trois essais sur la théorie sexuelle"  ne serait-ce que pour comprendre d'où lui vient sa théorie des pulsions.

 

Après son premier essai sur les perversions universelles (dont nous reparlerons plus tard quand nous nous intéresserons à la pulsion), Freud attire, dans le deuxième essai notre regard sur la sexualité infantile.

La lecture du chapitre précédent (sur les perversions adultes) donc est essentielle pour comprendre ce que Freud entend par sexualité. Inutile de rappeler pour une énième fois que sexualité (au sens de Freud du moins) n'est pas réductible à génitalité ou coït.

 

Il commence à dénoncer le déni des adultes, des scientifiques, des auteurs quant aux activités sexuelles infantiles puis parle tout de suite après et j'adore ce passage (page 95 du folio de poche), de l'amnésie infantile, une période où la mémorisation des informations sémantiques est efficiente mais celles des informations épisodiques déficientes (excusez moi pour mon ironie d'introduction de langage cognitiviste), Freud le dit autrement bien entendu:

 

"Mais comment se fait-il que notre mémoire reste tellement à la traîne par rapport à nos autres activités psychiques? Nous avons pourtant des raisons de croire qu'à aucune autre période de la vie elle ne sera mieux d'enregistrer et de reproduire que précisément pendant les années d'enfance".

« Cette amnésie est analogue à celle des névrosés ».

 

Il va décrire les manifestations, les buts de la sexualité infantile et des stades de sexualité

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Les manifestations de la sexualité infantile

- Le suçotement (pouvant être accompagné d'une « masturbation génitale »),et  l'autoérotisme qui l'accompagne: bien évidemment le suçotement exclue la finalité alimentaire et peut être interprété comme la reviviscence active tant qu'à faire ce peu du plaisir de la tétée. On le constate souvent avant l'endormissement.

« La satisfaction sexuelle est le meilleur des somnifères »


L'autoérotisme: mise en évidence de l'étayage des pulsions sexuelles sur les pulsions d'autoconservations. N'est ce pas plus le désir du sein que le besoin de nutrition que recherche l'enfant? La pulsion est dite autoérotique car elle ne connait pas encore d'objet mais le seul corps de l'enfant.

Le but sexuel infantile

Freud nous dit qu'elle répond à la pulsion et que son but est d'apaiser la tension (déplaisir) et que la satisfaction a du au moins être vécue une fois pour laisser derrière elle le besoin de répétition.

 

« Nous pouvons nous attendre à ce que la nature ait pris de solides précautions pour ne pas laisser cette expérience de satisfaction au hasard ».


Le but sexuel est donc de substituer à la sensation de stimulation projetée sur la zone érogène une stimulation externe qui suspende la sensation de stimulation interne en provoquant la sensation de satisfaction (comme la succion).

 

Les stades de la sexualité infantile

Pour arriver au but le moyen c'est la masturbation. Par cela Freud définit plusieurs stades de la sexualité infantile.


- Oral: on vient de le voir (sein et suçotement)

- Anal (ou sadique-anal)

- Phallique

- Génital à la puberté.

 

"L'enfant est un pervers polymorphe" 

L'enfant dispose de toutes les aptitudes requises pour la perversion, il ne se comporte en aucune autre sorte de manière différente que le pervers adulte. S'il le met aussi facilement en acte c'est qu'il ne dispose que de faibles résistances non encore élaborées (pudeur, dégoût, morale ne sont pas encore bien établis)

 

"A cet égard l'enfant ne se comporte pas autrement que la femme moyenne inculte, chez qui subsiste la même prédisposition perverse polymorphe. Dans les conditions habituelles, celle ci peut rester à peu près normale sexuellement mais sous la conduite d'un habile séducteur, elle prendra goût à toutes les perversions et en maintiendra l'usage dans ses activités sexuelles."

 

Les recherches sexuelles et théories infantiles 

 

Il y a une vrai pulsion épistémophile (pulsion de savoir) de l'enfant à tout ce qui touche la sexualité: d'où viennent les enfants? Le complexe de castration. La théorie de la naissance, la conception sadique du rapport sexuel.

 

Pourquoi Freud s'est il interéssé à ça?

 

Le résumé que je fait de "Trois essais sur la théorie sexuelle" nous sert à ouvrir le prochain chapitre sur la théorie fondamentale Freudienne : la théorie de la pulsion.

C'est de par la reflexion rigoureuse sur les "perversions" (attention aux faux amis), de la sexualité infantile et des métamorphoses de la puberté (les trois essais du livre donc) que Freud va en venir à la théorie de la pulsion.


Qu'est ce que la pulsion? En quoi peut-elle participer à la vie psychique (saine ou névrotique)? Quel(s) destin(s) pour la pulsion. Ce concept métapsychologique sera abordé dans l'article suivant.

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