Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 19:22

              loadimg.php.jpeg

 

Gisela Pankow propose à la fois une théorisation de la psychose et elle essaye de proposer une clinique, une approche thérapeutique de la psychose. Ce qui est important pour elle est de déterminer les moyens thérapeutiques spécifiques qui peuvent être proposés au patient.

Elle considère qu’il y a vraiment un point important dans l’approche de la psychose et c’est celui de l’image inconsciente du corps, c'est-à-dire ces expériences du corps prises dans le langage, ces premières impressions somatiques et psychiques, ces premiers affects. Une précocité du lien et la manière dont il est mis en mot. Si cette image inconsciente du corps peut être prise dans le champ de la psychose on observer que dans des dessins d’enfant ce qui disparait c’est des parties qui font conflits.

Pour Gisela Pankow, le rapport à l’unité corporelle est extrêmement fragilisé, toujours susceptible d’être morcelé, non unifié. C’est ce qui pour elle peut expliquer ces difficultés majeures, de perte de limite de confusion entre le dedans et le dehors.

Elle évoque certains modelage qu’elle fait réalisé à des patients schizophrènes, et sur ces modelage ne figure que certains éléments anatomique, mais pour autant le patient ne peut penser qu’il ne s’agit pas d’un corps « normal », il y a une impossibilité de percevoir le corps dans son ensemble. Pour envisager la perspective thérapeutique Pankow se focalisera sur le corps.

La conséquence de cette fragilité du lien tient au fait que le sujet va être bloqué sur une problématique pré œdipienne qui peut plonger le sujet dans un profond isolement, qui peut l’instaurer dans des relations de fusion. Ce sera toujours une relation teintée de narcissisme dans lequel l’objet n’arrivera pas à prendre place. Dans le champ de la psychose il y a un réel problème : celui de la relation transférentielle, et il va falloir à partir de ce problème du lien, inventer une technique qui va permettre à ces patient de favoriser un accès à une symbolisation (de son histoire), d’essayer de créer des liens, une chaine associative.

Elle envisage plusieurs perspectives thérapeutiques. L’une d’elles est le contact avec la famille, c'est-à-dire que s’il y a eu pour tel individu une déconstruction de l’image du corps elle va tenter de comprendre ce qu’il en a été de la dynamique familiale, d’inscrire cet individu au sein de plusieurs générations (relations aux parents, aux grands-parents…), elle contextualise l’histoire du cas, et elle considère qu'en invitant les membres de la famille, c’est une invitation à comprendre, pour cette famille, mais c’est aussi une possibilité de parler de sa place (de mère, de père), de sa relation à l’enfant. Alors pour les patients schizophrènes elle propose de fonctionner en plusieurs temps :

 

Les temps de rencontre

Rencontre avec la mère

- Elle écoute cette mère parler de ce qu’il se joue avec la famille,

- Elle interroge la mère sur ces relations avec ces propres parents.

- Elle propose à cette mère d’évoquer la situation dans laquelle elle se trouvait au moment de la conception de l’enfant.

 

Rencontre avec le père (les mêmes trois temps).

 

Rencontre alors le patient

Elle réfléchie à comment instaurer une relation thérapeutique avec un patient psychotique. Elle invente une technique qu’elle qualifie de greffe de transfert. Il s’agira d’élaborer une méthode qui lui permet d’établir un lien transférentiel en greffant un élément tiers à l’intérieur de la relation patient - analyste. L’objectif de cet élément tiers est de faciliter un repérage entre le moi et le non moi, les limites corporelles, et respecter cette cohérence fragile de l’image du corps.

 

Méthodes

Soit elle est confronté à des patients très perturbés : elle considère que l’acte thérapeutique peut être initié par l’intermédiaire de technique, par exemple des techniques de relaxation (training autogène de Schulz), des exercices de détente à poursuivre à domicile où elle invite le patient à ressentir des sensations de manière à faciliter un ressenti d’un corps habité. Son objectif est de faire vivre au patient des sensations corporelles et de mettre en place une expérience des limites du corps propre. L’objectif au niveau symbolique est de viser à une restructuration de l’image du corps dans la relation à l’autre.

Pour d’autres patients moins perturbés : on peut demander au patient de réaliser un dessin, un modelage. Elle demande au patient d’acheter de la pâte à modeler de couleur différente, d’acheter un cahier, des crayons de couleurs et de dessiner pour elle puis de lui ramener ces dessins. Quand le patient vient avec cette production elle interroge. Puis elle demande un complément par la parole, une verbalisation qui constitue un point de départ. Elle va appliquer à ces différentes formes de production une méthode d’association d’idées très proche du rêve éveillé, elle invite même le patient à raconté une histoire avec un avant, un pendant et un après. Elle instaure un jeu dans la relation thérapeutique. Ce jeu elle ne peut le penser qu’à partir de ces greffes de transferts.

 

A partir du moment où dans le travail thérapeutique il y a eu cette possibilité d’instauration par le biais de ces greffes de transfert d’un discours sur une souffrance, elle laisse libre champ au patient de continuer le travail thérapeutique à son rythme, que se soit au niveau de séances en face a face ou en s’installant sur le divan.

 

Conclusion

La cause de délire dans les problématiques psychotiques fait souvent suite à des paroles imposées qui portent sur l’énigme que représente la présence de l’autre, quand cette présence comme l’absence n’ont pu être régulés autour de la loi œdipienne. Du coup on est dans des problématiques narcissiques, et le délire sera une manière de répondre à ces paroles imposées. Quand la réponse peut trouver un écho au niveau de la sphère publique il peut y avoir une fonction de compensation qui permet de constituer un statut, une image. Dans le champ thérapeutique des psychoses le travail se situe au niveau de l’identité. Dans le champ de la psychose se n’est pas la réussite privée qui va constituée un objectif, mais c’est d’instaurer une participation sociale forte à la forclusion. Sans ce possible recours à la bonne distance, entre le moi et les semblables les risque des passages à l’acte sont possible : ce qui à été forclos du symbolique peut ressurgir sous la forme d’angoisse ou de passage à l’acte auto agressif ou hétéro agressif.

 


 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : site-psychologie (ressources)
  • site-psychologie (ressources)
  • : psychologie générale, psychologie cognitive et expérimentale, psychologie sociale, psychologie clinique/psychopathologie, psychologie du développement et différentielle, Psychophysiologie/Neuropsychologie.
  • Contact

Recherche