Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:06

I. La psychométrie

 

                                 psychometrie.jpg


L’apparition et le terme psychométrie remonte à Galton 1889 mais les idées datent de WOLF 1932 à mesurer les aptitudes humaines.

Définition opérationnelle : « la psychométrie concerne toutes les méthodes quantitatives utilisées en psychologie ».

 I.1>Les objectifs : Mesurer les caractéristiques mentales

En élaborer les techniques de mesure

Concevoir les lois mathématiques reliant ces caractéristiques au comportement. Aujourd’hui la psychométrie  désigne principalement les méthodes employées dans la conception et construction des tests mentaux.

 

I.2>Psychométrie et évaluation : Diagnostic et pronostic (et conseils !)

L’objectif de la psychométrie est de réaliser une évaluation des caractéristiques individuelles sur le plan intellectuel et de la personnalité. Le test permet d’évaluer la position d’un individu en comparaison d’un groupe de référence. (la population d’étalonnage, qui va permettre d’étalonner le test).Mais il demeure une difficulté de construire une unité de mesure d’une variable psychologique (intelligence ou aptitude déterminée). On va donc situer la performance du sujet par rapport aux performances obtenues par la population d’étalonnage.

 

II. Test mental

II.1>Qu’est ce qu’un test mental ?

Pichot:« Un test mental ressemble à une situation expérimentale standardisée servant de stimulus à un comportement. Ce comportement est évalué par une comparaison statistique avec celui d’autres individus placés dans la même situation permettant ainsi de classer le sujet examiné soit quantitativement soit typologiquement. » .

Zazzo: « Une épreuve strictement définie dans ses conditions d’application et dans son mode de notation qui permet de situer un sujet par rapport à une population elle-même bien définie (biologiquement et socialement).

Un test n’est pas une situation expérimentale à proprement parler, car on ne manipule pas de variable!

 

II.2>La question de la comparaison statistique

La passation doit être standardisée : consignes, exemples, matériel, temps alloué, modalité de réponses, correction.

La comparaison du comportement d’un individu doit se faire en référence à une norme (population d’étalonnage).

Constituer la norme= étalonner le test.

 

II.3>De la performance à l’évaluation des caractéristiques psychologiques

Evaluation d’un caractère psychologique à l’aide d’un indicateur comportemental (mot, indicateur moteur, langagier etc) qui est la réponse du sujet.

L’adéquation entre indicateur et le caractère psychologique pose le problème de la validité de ce qui est mesuré.

 

III.Le principe de la comparaison statistique : l’étalonnage

Test : comparaison de la performance d’un individu à une norme.

Cette norme est constitué par le groupe/population d’étalonnage. Ce groupe doit être clairement définit en fonction de critères (sexe, age, CSP…) correspondant à la population visée par le test (échantillon suffisamment grand de 100 à 1000).

 

III.1>Loi de Laplace-Gauss

Fonction statistique caractérisée par la concentration des observations autour de la moyenne arithmétique (tendance centrale) des valeurs de la variable.

Elle est symétrique et définie par deux paramètres: moyenne arithmétique et écart type (écarts des valeurs de dispersion à la moyenne).

L'écart type caractérise l'aplatissement de la courbe et donne une idée de la dispersion des valeurs autour de la valeur autour de la moyenne (courbe aplatie c'est une dispersion importante, grande variance);

 

Exemple avec le QI:

qi_loi_gauss.jpg


III.2>La loi normale

Toute fonction de Gauss peut être ramenée à un modèle standard: celui de la loi normale

Moyenne= 0; SD (écart-type)=1

La procédure d'étalonnage normalisée est fondée sur les propriétés de la loi normale

En ramenant une distribution quelconque à la loi normale, on pourra ainsi comparer des populations avec des M et des SD différents.

L'étalonnage consiste à décrire la distribution du caractère psychologique mesuré dans la population d'étalonnage et à la répartir en un certain nombre de classes.

 

Exemple avec la loi normale centrée-réduite:

loi_normale_centree_reduite.jpg

 

III.3>L'étalonnage en classes d'effectifs égaux: décilage et centilag

Décilage: division de l'effectif de la population d'étalonnage en 10 classes égales comportant chacune 10% de l'effectif (si la population d'étalonnage comporte 100 sujets, chaque décile comprendra 10 sujets).

Centilage: division de l'effectif de la population d'étalonnage en 100 classes égales comportant chacune 1% de l'effectif.

Chaque décile est défini par une note minimale et une note maximale (les limites de la classe). En raison de la forme de la distribution, l'intervalle de classe (écart entre note minimale et maximale) n'est pas constant: le décilage ne discrimine pas de façon égale les sujets ayant des notes faibles ou fortes et ceux qui obtiennent des notes moyennes.

 

III.3>L'étalonnage en classes normalisée: effectifs inégaux. 

Effectif divisé en un nombre impair de classes (9 classes par exemple) mais les effectifs de chaque classe ne devront pas être égaux

La classe centrale est centrée sur la note moyenne de la distribution

Par construction les classes ont une largeur égale, mais leurs effectifs ne sont plus identiques: ils suivent les fréquences théoriques: ils suivent les fréquences théoriques d'une distribution Gaussienne (on utilise alors le modèle de la loi normale).

 

III.4>Importance de l'étalonnage pour l'utilisation des tes mentaux

L'exploitation des résultats d'un test n'a de sens que par référence à l'étalonnage (on peut alors situer la position d'un sujet quelconque par rapport à cette norme).

Chaque sujet examiné doit être comparé au groupe d'étalonnage qui correspond à ses propres caractéristiques (âge, sexe...).

Nécessité de réactualiser les étalonnages et souvent le contenu des tests pour que l'évaluation demeure cohérente et efficace. Les test bougent selon l'époque, la culture, il faut remplacer des items, reconceptualiser les tests.

 

Distribution statistique des valeurs d'un caractère dans un échantillon de population.

On définit ainsi la fréquence des différentes valeurs que peut prendre le caractère dans un échantillon de la population (sous ensemble extrait au hasard de cette population).

 

Paramètres d'une distribution de Gauss: 

Situer la performance d'un sujet donné par rapport à la population de référence (une courbe par test).

 

La loi normale

Modèle standard de moyenne 0 et écart type 1 (données centrées réduites)

 

IV. Caractéristiques des test et biais d'évaluation: quelles caractéristiques pour un bon test?

Les tests ont trois propriétés essentielles en tant qu'instruments de mesure:

- Sensibilité ( ou finesse de discrimination): capacité du test à distinguer deux valeurs proches du paramètre mesuré. Dépend du mode d'étalonnage (nombre en classes d'étalonnage), du contenu et du nombre des items.

- Fidélité: définit la stabilité du test lors de mesures répétées. Un test doit donner le même résultat, lors de passations successives, si le caractère mesuré n'a pas varié. Méthode test/retest (les résultats obtenus doivent être sensiblement les mêmes).

- Validité: on distingue la validité de contenu (ce que mesure le test, exemple: richesse du lexique mental) et la validité prédictive (ce qu'il permet de prédire, un pronostic donc à court terme, moyen terme ou long terme).

 

IV.1>Contrôle des caractéristiques: comment vérifier ces trois critères?

La sensibilité est définie à priori par le nombre d'échelons (ici le nombre de classes) que comporte l'échelle de mesure. Utiliser un grand nombre de classes ne donne cependant qu'une sensibilité souvent illusoire en regard des erreurs de mesures.

La fidélité est contrôlée par plusieurs méthodes, la plus courante étant le test-retest, qui nécessite deux administrations successives du même test aux mêmes sujets. On étudie alors la corrélation entre les deux tests.

La validité prédictive (pronostic): est estimée par la corrélation entre les résultats au test et un ou plusieurs critères externes (CSP, niveau scolaire, jugement clinique) donnés à postériori.

 

La validité prédictive est généralement modérée,  d'autant plus que les critères externes sont fournis longtemps après le test.

Validité de contenu: difficile à apprécier. Des items sont satisfaisant, d'autres sont défectueux (ils ne mesurent pas ce qu'ils doivent mesurer comme par exemple quand personne ne sait répondre à l'item).Elle est généralement évaluée par la corrélation entre les résultats au testet les résultats obtenus par les mêmes sujets à d'autres test censés mesurer les mêmes caractéristiques.

 

IV.2>Deux types d'erreurs

Erreur aléatoire ("le hasard a fait que"):

- Affecte de manière aléatoire la performance du sujet

- Estimation de l'étendue des fluctuations aléatoires attendue dans le score obtenu par le sujet. Donc pas en lien avec la validité.

 

Erreur systématique

- Affecte de façon non aléatoire la performance du sujet

- En lien avec la validité: source de variation s'appuyant sur un construct psychologique autre que celui qui est mesuré.

 

IV.2.1>Les origines de l'erreur de mesure

Facteurs personnels stables:

- Intelligence

- Niveau éducation

- CSP

- Facteurs personnels transitoires (quelqu'un d'intelligent peut échouer à un test d'intelligence voilà pourquoi on préfère les appeler « tests d'efficience intellectuelle »)

- Vigilance

- Fatigue

- Motivation

- Etat de santé

- Prise de médicament

 

Situation d'évaluation (bruits, température, contexte) pouvant être source de variables parasites

Procédure d'évaluation (situation de passation non standardisée)

Nature du test (items formant le contenu du test).

Biais de représentativité

- Un signe isolé n'est pas une preuve de pathologie


Biais de confirmation

- Recherche de la validation de nos hypothèses (le résultat obtenu ne dois pas être pris pour argent comptant, et tout ne doit pas se baser sur un seul test).

 

Biais de récence: on ne doit pas associer le résultat au test à :

- Motif de consultation

- Dossier médical

- avis de l'entourage

 

Biais MDT

Nombreuses informations soumises à la primauté et à la récence

B iais Rosenthal

Nos caractéristiques conditionnent notre objectivité (sexe, âge, race, compétence).

 

IV.3>Les caractéristiques du test: rappel

Validité Un test mesure ce qu'il est censé mesurer

Sensibilité

- intra-individuelle: différences au sein d'un même individu au cours de mesures répétées

- inter-individuelle: discrimination de deux individus proches 'effets plafonds, plancher, nombre d'items, leur contenus)

Fidélité

 

CONCLUSION:

Mesurer c'est quantifier, ni comprendre ni expliquer.

Le psychologue doit interpréter les résultats au regard de nombreuses variables (cf intelligence).

EXERCICE

Découper les notes en dix déciles.

Voir feuille ICI

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Bangaly Sanoh 20/10/2016 10:45

La Psychophysique est la meruse des phenomenes physique
La Psychometrie est un ensemble des techniques de mesure en psychologie.

killbiitch 25/10/2016 13:57

Psychophysique: Mesure des phénomènes "physiques"(psychophysiologiques plus précisément) en rapport avec la psyché et son traitement de l'information. exemple: réaction électrodermale, dilatation pupillaire, fréquence cardiaque.
Un appareil de psychophysique on va dire qui illustre très bien cela: le détecteur de mensonges.

La psychométrie c'est la science de la mesure grâce à des outils (statistiques, équations) appliquée à la psychologie dans ses divers et vastes domaines. Par exemple la loi de Laplace-Gauss, le centilage et l'écart type pour la mesure du quotient intellectuel.

killbiitch 25/10/2016 13:50

@Bangaly Sanoh: ?????

Frédéric 15/05/2015 18:09

Bonjour,
un article très intéressant, dans le cadre de mon mémoire de M1, je cherche une définition différentielle des deux types de mesures : psychophysique et psychométriques ? auriez-vous des pistes ? des références ?
merci

JN 18/05/2015 02:51

Psychophysique: on en parle un peu moins aujourd'hui en tant que tel. C'est une tentative d'objectivation des phénomènes psychiques par la mesure de phénomènes "physiques" (analogie aux sciences physiques) même si c'est parfois des mesures physiologiques. Mesurer par exemple les seuils de perception (pour des sons par exemple entre 20 Hertz et 20000 Hz). Un des principes stars en psychophysique c'est la théorie de la détection du signal. Mais la psychophysique est davantage une méthodologie qu'une discipline en elle même tout comme la psychométrie.

La psychométrie c'est la science des mesures en psychologie. Comment va-t-on mesurer le QI? Comment valider sur le plan statistiques la validité s'un test psychologique (et donc la sensibilité, spécificité,la fidélité du test...). Si vous voulez ce sont des maths appliqués à la mesure en psychologie pour simplifier grossièrement.

Pas d'ouvrages en particulier à vous conseiller. A vous de faire vos investigations. Le Web est un outil formidable. Il me semble qu'il y a un petit livre "que sais je?" sur la psychométrie.

Kaputzan 11/11/2010 20:18



Bonjour,


Je viens de lire votre page consacrée à la psychométrie. Je souhaitais vous dire que j'ai lu de nombreuses pages de notes de cours d'étudiants sur la psychométrie mais j'ai rarement trouvé de
page aussi précise et juste que la vôtre. Vous méritez nos encouragements.


Si cela peut vous aider dans votre apprentissage de la psychologie différentielle et la construction des tests, vous pouvez consulter les analyses psychométriques que je publie actuellement
autour du test KPTI. Vous y trouverez une illustration pratique de votre passage sur les 3 critères Validité, Fidélité et Sensibilité du test.


Le répertoire des articles sur l'analyse psychométrique du test
KPTI


Amitiés psychologiques


Kaputzan



JN 11/11/2010 23:09



C'est parce que j'ai la chance d'avoir de bons profs et dont la plupart me permettent une retranscrition.


En particulier Monsieur Launay dans ce cas précis.


 


Un grand merci pour cet encouragement!



Présentation

  • : site-psychologie (ressources)
  • site-psychologie (ressources)
  • : psychologie générale, psychologie cognitive et expérimentale, psychologie sociale, psychologie clinique/psychopathologie, psychologie du développement et différentielle, Psychophysiologie/Neuropsychologie.
  • Contact

Recherche