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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 12:33

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I. Mieux définir l'adolescence

L'idée naïve (l'adolescence comme phase de transition entre l'enfance et l'âge adulte) n'est pas suffisante en psychologie du développement.

- Elle présuppose que l'enfance et l'âge adulte seraient des états stables et ce n'est pas le cas, il ne peut pas y avoir de « transition » entre des « transitions ».

- Or toutes les périodes de la vie, y compris l'adolescence, sont à la fois des périodes de changements et de relative stabilité.

La définition de l'adolescence comme une période d'âge déterminée (12 à 18ans) n'est pas totalement fausse.... mais elle n'est pas satisfaisante non plus car:

- A  cause des variabilités interindividuelles dans son début et son achèvement

- A  cause du manque de critère pour caractériser le début et la fin de cette période

  L'adolescence n'est pas un stade (au sens des développementalistes), car il ne faut pas assimiler « stade » et « âge ».

Il est faux également de relier l'adolescence à la puberté.

- Inhelder & Piaget s'y refusaient déjà car ils définissaient l'adolescence sur des critères sociaux (« l'insertion de l'individu dans la société des adultes »). En effet il y a des « adolescents psychologiques » qui ne sont pas encore pubères.

Définir l'adolescence par les évolutions qui s'y déroulent (à la suite de Avighurst, vers le milieu du XX ème siècle qui parlait des « tâches de l'adolescence »):

- Adaptation aux transformations corporelles

- Construction identitaire

- Apprentissage de nouveaux rôles sociaux (y compris les rôles sexuels)

- Modification des interactions sociales (perception par les autres, « comment nous voient les autres? »)

- Acquisition de nouvelles compétences intellectuelles (cognitives, donc des changements psy)

Ces évolutions ne sont pas toujours synchrone (ne se font pas toutes en même temps) donc certaines sont diachroniques (cf « théorie focale » de Coleman) et parfois ça vaut mieux que quand tout arrive en même temps où ça peut être difficile à gérer.

On estime à 20% la proportion d'adolescents qui éprouvent des difficultés réelles de développement.

Peut-on définir l'adolescence de façon plus « intégrée » (sans en rester à une liste de domaines de changements)?

 Oui, essayons! L'adolescence correspond au déroulement de processus d'autonomisation (on peut dire aussi « désaliénation », ne plus être « autre »):

- C'est le cas au niveau intellectuel (le « stade formel » de Inhelder et Piaget, peut être entendu comme une désaliénation,  - Le stade formel situe une logique dans un ensemble d'autres logiques, on es plus prisonnier de la première structuration logique qui vient., les ados aiment la science fiction car ça envisage une autre société)

- Au niveau affectif et identitaire (dépasser les identifications de l'enfance, l'enfant s'identifiait aux personnes de son entourage, et à l'adolescence remise en cause de cette identification et recherche active d'autres identifications.)

- Et au niveau social (trouver une place dans la société, une place qui soit moins médiatisée par la famille).

 

II. Rechercher des explications

Rechercher les déterminants du changement

Trois directions qui sont toutes « développementales » (cognitif, social et affectif)

 

II.1>Le point de vue développemental en psychanalyse

Adolescent.jpgsigmund-freud-psychanalyste.jpg

 

L'adolescence est la « Cendrillon » de la psychanalyse. Les psychanalystes s'occupaient des adultes et inféraient sur la très jeune enfance.

- L'origine des transformations est somatique (puberté)

- Comment chercher à satisfaire la pulsion génitale nouvelle?

- « Tabou de l'inceste »; les objets de l'enfance sont insatisfaisants. On peut pas satisfaire cette pulsion génitale dans le cadre familial. Donc nos objets libidinaux dans l'enfance ne le sont plus au moment de l'adolescence.La pulsion a besoin d'un autre objet que la famille.

- La pulsion génitale tend à se satisfaire, mais les identifications de l'enfance (issues de l'Oedipe) sont devenues insuffisantes.

- Et pourtant (c'est ça le noeud du problème), les identifications de l'enfance, c'est l'individu lui-même, c'est ce qui constitue sa personnalité. Les identifications sont donc pour lui le seul moyen d'aborder la satisfaction génitale, alors qu'en réalité elles ne peuvent pas suffire...

- Conséquences: la problématique Oedipienne doit être réactivée pour être dépassée. 

En attendant... l'adolescent est amené à élaborer des mécanismes de défense qui selon Anna Freud sont de deux sortes:

- Contre le lien avec l'objet infantile (haine des parents)

- Contre les pulsions elles-mêmes, c'est à dire contre la sexualité génitale (d'où un dégout un en pas vouloir par certains genre « non moi j'ai pas l'âge » ou « je suis catholique donc pas avant le mariage » ou « je veux pas en entendre parler »).

 

Selon la théorie psychanalytique, l'adolescence s'accompagne de crise personnelle (pour les raisons citées au dessus).

Voilà pourquoi il est conseillé aux familles d'adopter une systémique de l'adolescent si elle veut garder de bons rapport moins conflictuels, lui laisser expérimenter sa sexualité, sortir etc.

Et donc la résolution de la crise passe par une socialisation hors de la famille.

 

II.2> Le point de vue socio-développemental

 

Ici l'origine des transformations se situe directement dans les interactions sociales et dans le jeu des identifications (groupes de pairs; lieux de socialisation comme l'institution scolaire, etc)

Deux concepts (élaborés en psychologie sociale mais utilisées en DVPT) pour mieux comprendre ce qui se passe:

- Le « statut »: comment une personne est perçue par les autres, en tant qu'appartenant à un groupe social; cela génère des attitudes comportementales de la part des autres.

- Le « rôle » (ou les rôles): ce que l'individu doit faire pour valider son statut, c'est à dire son appartenance à tel ou tel groupe; une manière de répondre non aux attentes.

Or au moment de l'adolescence, il y a une modification non quelconque du statut et par conséquent une évolution obligatoire des rôles à jouer.Mais cette évolution n'est pas toujours facile:

- Possibilité de désaccord entre divers rôles (ex: dans la famille ou avec les amis)

- Discontinuité développementale des » nouveaux » rôles à jouer (sexualité, insertion professionnelle).

- L'incongruité de certains rôles: on me pousse à faire ça... mais vraiment ça ne me convient pas (ex: lors d'une forte incitation à certaines formes de réussite sociale).

 

II.3> Le point de vue cognitif

 

                   cognition.jpg

L'origine des changements est situé dans le progrès des compétences intellectuelles, l'adolescent raisonne, discute et réfléchit

Changements décrits par Inhelder et Piaget, puis par les posts-piagétien:

- Une pensée plus abstraite

- Un raisonnement hypothético-déductif (on peut même raisonner à partir d'une hypothèse fausse)

- Une manière de situer le réel (la société actuelle par exemple) parmi d'autres possibilités.

Tous ces changements se manifestent dans les divers domaines de fonctionnement... Pas seulement dans les domaines qui relèvent des connaissances scientifiques! Attention aussi à ne pas se tromper sur l'architecture du psychisme (comment organiser le cognitif par rapport aux autres aspects, il n'y a pas de domaines privilégiés même celui de Piaget permettant d'évaluer des compétences à l'état pur vu qu'il y a des décalages horizontaux aussi donc les niveaux de compétences sont distribués dans tous les domaines... et ils ne sont pas forcément les mêmes selon ces domaines pour une même personne: décalages horizontaux)

Au lieu de présenter des épreuves Piagétienne en pensant évaluer « le niveau cognitif » atteint pour une personne, il est préférable d'analyser les aspects cognitifs domaines par domaine...

 

III. Une approche générale et différentielle de l'adolescence. L'exemple de la puberté.

Toute analyse développementale recherche à la fois:

- Des processus et mécanismes généraux (communs à un grand nombre d'individus, ou même à tous; c'est ce qu'on fait en psychanalyse)

- ET des variabilités interindividuelles.

 

III.1> Quelques points de repères descriptifs

 

courbe

 

- Le pic de croissance en taille et ses variations interindividuelles... et intra-individuelles (toutes les parties du corps ne grandissent pas en même temps).

- La différenciation sexuelle, pas tout en même temps et pour certains aspects cela peut durer longtemps.

La croissance en taille (squelette et muscles) ne se situe pas toujours de la même manière, temporellement, par rapport à la différenciation sexuelle; comparer à ce sujet garçons et filles.

Donc des mécanismesuniversels, des facteurs de différenciation, des processusindividuellement analogues (pas « identiques »).

La variabilité se manifeste en particulier:

- Dans l'âge de déclenchement des séquences

- Dans la durée des séquences et du processus global (plusieurs années de différence interindividuelle).

 

III.1> Illustration: garçons et filles

 

garcons-filles.jpg

Il y aune symbolisation du pic de croissance. Chez les filles il est plutôt vers la gauche et les garçons plutôt vers la droite. Chez les garçons il peut y avoir un développement génital au début mais moins intellectuel et ça peut être l'inverse chez les filles. Chez les filles règles entre 10 et 16 ans.

 

III.2> L'esprit et/est le corps

Tous les phénomènes psychiques qui se passent dans le cerveau se passent aussi dans le corps.

Une observation surprenante difficile à expliquer:

 

Des conflits familiaux en l'absence du père se trouvent liés à une démarche (premières règles) plus précoces chez les filles.

 

Une question de phylogenèse? Invérifiable. Mais voici des hypothèses.

Cela a été utilise que quand il y ai stress la jeune fille ai des règles précoces car elle peut se reproduire plus vite. Les enfants ressentent le stress dans les familles.

Question d'hérédité? Invérifiable.

Une femme qui a des règles précoces a des chances d'en avoir une qui en a aussi.

Une question d'interaction stimulante?

On peut mettre en liaison la précocité des règles avec le nombre d'année d'un beau père dans la famille.

 

L'adaptation psychologique aux transformations corporelles

- S'identifier à sa propre image; pas toujours facile (dysmorphophobie).

- Une puberté précoce est plutôt favorable pour les garçons et plutôt défavorable pour les filles. (la fille se trouve marginalisé par rapport aux autres filles et aux garçons si immatures au même âge).

 

 

 

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dd 27/09/2014 22:50


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