Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 21:45

 INTRODUCTION
Perspective structurale: La mémoire est considérée comme un espace fini où les connaissances sont stockées à des endroits spécifiques après avoir été encodées et sont récupérables par un processsus de récupération actif.
Perspective fonctionnelle: La mémoire a une fonction d'adaptation à l'environnement et est contingente des paramètres contextuels et situationnels; c'est une construction permanente qui se vit au présent.
Selon cette dernière approche:
La mémoire est la forme même de la cognition (l'ensemble forme le psychisme)
Il ne peut y avoir de cognition/cognitions sans mémoire.
La mémoire prend le dessus sur la perception car le monde est construction de l'individu
On ne pourra pas totalement comprendre la cognition tant qu'on aura pas entièrement compris (ou presque) la mémoire.

I.L'approche structuraliste (TULVING)
II.1>Conception «boxologique»
Modèle dichotomique (Attkinson/Shiffrin):                                                Modèle de la MLT:

  


Application pratique du modèle boxologique: l'IRM
                    


Modèle neuropsychologique (boxologie 2):


          
 

II.2>Comment accède-t-on à la mémoire?
-ACTIVATION/INHIBITION:
(modèle de la cellule biologique,qu'on pourrait comparer à l' «association» de la psychanalyse classique...mais associations de choses forcément présentes dans la mémoire?): analogie de la volière.
-DIFFUSION
(de l'activation): donne une idée de l'espace sémantique du mot à un temps t.
Cela présuppose que les informations sont organisés en mémoire et que celle-ci est un réseau complexe:
Conception de Collins & Quillian:


             


Par exemple selon cette conception si je vous dit de me répondre le premier item qui vous vient à l'esprit quand je dis «oiseau»: selon vos propriétés épisodiques (culturelles, contextuelles...) vous pouvez me répondre d'emblée «canaris» (car vous pensez à un oiseau plutôt petit, qui peut chanter, qui peut voler, qui est jaune...). Si vous venez des tropiques vous me répondrez peut-être d'emblée «perroquet» et si vous travaillez depuis 10 ans comme dresseur de rapaces au Puy du fou alors peut-être me répondrez vous «faucon»....
-DECLIN: si manque d'activation régulier (analogie de la tablette).--->INHIBITION (oubli).

((parenthèse: ceci est un des sujets les plus contestés par la perspective fonctionnaliste et même les anciens ont toujours dit que l'oubli était un processus dynamique voire volontaire:
Freud montre que l'interdit du souvenir (inhibition) préserve l'individu: le refoulement!
Pavlov montre que  si on «massacre» le chien de stimuli on induit une inhibition comportementale)
Et aujourd'hui pour rendre compte du fonctionnement synaptique: Il y a des neurones activateurs/neurones inhibiteurs.))

II.L'approche Fonctionnaliste.

((parenthèse:Il est vrai que le capitalisme a besoin de modèles (fabriquer des IRM, des médicaments), mais dès 1970 des travaux de «natures fonctionnelles» (qu'on a pas pris en compte) ont clairement montré la faille de ce modèle structuraliste.))
L'approche fonctionnelle considère la mémoire comme un système ouvert (influençant l'environnement et réciproquement)

II.1>La mémoire  (et l'oubli donc) est contingente aux contextes/situations (TIBERGHIEN)
La conception fonctionnelle de la mémoire définit cette dernière comme «flexible» et non «rigide» comme la conception structurale.

II.1.1>Expérience du piano:(1976)
On étudie l'Organisation sémantique du piano selon le contexte:
Groupe contrôle: association piano---> 98% rappel:musique

                      

Groupe expé 1: «X aime la musique classique, il joue du piano» :
Groupe expé 2: «Le démenageur ne supportait plus de monter au 5ème étage le piano»:

   

-GROUPE1:  100% rappel: on associe à piano--->musique
-GROUPE2:  100%  rappel: piano--->poids
Ceci démontre bien que le produit de la mémoire n'est pas figée mais flexible! Et et probablement une construction conceptuelle temporaire en mémoire de travail (MDT).
Et la sémantique dépend du contexte!


I..2>Expérience de reconstruction: la vie de Betty/Gaëlle (désolé pour l'oubli de l'auteur j'ai du somnoler pendant sa présentation)
On va essayer de démontrer ici la RECONSTRUCTION.
On donne un texte aux sujets sur la vie de «Betty»/«Gaëlle» (le nom dépend du groupe dans lequel on est en cours Betty= 11h15-13h15 et Gaëlle=9h15-11h15) et il va devoir l'apprendre pour le restituer le plus fidèlement possible (mémoire explicite)

Condition contrôle: ____________________
Condition expérimentale: un «individu» i1 dans le couloir dit à un autre «individu» i2 (ce sont en fait des compères: chose courante en psychologie expérimentale) : «Tu savais que Betty/Gaëlle était gay toi?» bien sûr ils ne sont pas censés forcément parler de la Betty/Gaëlle du texte...

Résultat condition contrôle: les sujets ne révèlent rien de particulier sur la vie sexuelle de Betty/Gaëlle.
Résultat condition expérimentale: Les sujets se mettent à parler de l'homosexualité de Betty/Gaëlle en inventant des prétextes.
Ceci s'apparente bien à la loi de clôture de la GELSTAT :

            


En sachant que la perception ne peut s'empêcher de combler le vide ne serait-ce pas pareil pour le reste de la cognition (et la mémoire en particulier)?

II.3>Travaux de Loftus sur les faux souvenirs (1974):
Loftus montre que le patient du psychologue clinicien lui répond en fonction de l'école de pensée de ce dernier (fait des associations symboliques: rêves, sexualité, si le clinicien est psychanalyste... parle de sa famille et de sa culture s'il est systemiste... de ses traumatismes scolaires s'il est comportementaliste etc.)
===>N'est-ce pas là encore une démonstration de la contingence de la mémoire par rapport au contexte???

Elle (Loftus) a effectué également d'autres travaux sur les sois-disants souvenirs d'abus sexuels que je n'exposerais pas (car j'ai du m'endormir à ce moment-là)

II.4>Le modèle fonctionnaliste de la mémoire aujourd'hui

Les illusions de mémoire (Rodiger & al): la mémoire (et la cognition en général) est flexible et reconstructible.

D'après Rodriger & al on ne peut plus rester dans une approche structurale: c'est la situation où il y a récupération qui est importante et que l'on va étudier.
Donc dans ce modèle il n'y a pas que le passé qui compte mais le présent est au moins aussi important (vu que la mémoire est au présent: on ne prend jamais conscience de l'immédiateté!).

Il y a APPARIEMENT /RECOUVREMENT (d'expériences) donnant de la RESONANCE (sentiment de familiarité) entre le présent (passé immédiat) et le passé lointain. C'est le présent  qui fait le passé!!!

Différent du modèle Activation/récupération (modèle structural).


Postulat fonctionnaliste : La mémoire est un système unique stockant des traces épisodiques (et NON des contenus) lié à l'histoire du sujet. Ces traces (liés à l'expérience du sujet, émotions...).
Il existe plusieurs traces épisodiques «stockées», une trace MULTI-MODALES (sens, langage, corps).
=>Pas de dualisme corps/psyché: la cognition est incarnée!


Cette conception d'une trace épisodiques multimodales et diffuse peut expliquer les différentes modalités de rappel de la Madeleine de Proust (Olfaction, Gustation : «la petite rosée»).

=>Stockage MULTIMODAL donc et DIFFUS des traces épisodiques par APPARIEMENT : l'individu vit avec toutes ses sensations la situation présente analogue à des situations antérieures : c'est la RESONANCE: cet agrégat donne l'illusion de l'existence (pré-existence) d'un schéma antérieur alors que ce n'est qu'une émergence immédiate et qui ne se fera plus jamais de la même façon (reconstruction de souvenirs, faux souvenirs...)
=>La construction se fait ICI et MAINTENANT et on ne pourra plus jamais revivre le souvenir de la même façon (souvenirs émergents).
Les physiciens considèrent comme les  fonctionnalistes, que les choses existent dépendement de ceux qui les observent.

En perspective fonctionnaliste on considère  le «processus de récupération» comme un système circulaire= dynamique+ouvert: dynamique (car passé influe sur présent et présent influe sur passé) ouvert (car relation dépendante à l'environnement) et non linéaire (pas de cause à effet car «l'effet est la cause» finalement).

CONCLUSION: La mémoire est un système circulaire (dynamique ouvert) non linéaire.


Citation du neurologue Rozenfield: «Il n'existe pas de souvenirs spécifiques au niveau cérébral. Ne s'y trouvent que les moyens nécessaires à la réorganisation d'impressions antérieures, destinés à donner une réalité concrète du monde (incohérent et irréel dans la mémoire). Les souvenirs ne sont pas immuables; ce sont des reconstructions opérées sur le passé en perpétuel remaniement.»


 

Par JN - Publié dans : Mémoire fonctionnelle
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