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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 17:07

I. Deux mécanismes
I.1> Mécanisme homéostasique et circadien

 

  20100222PHOWWW00189.jpg

Le sommeil n'est pas un phénomène passif mais processus actif, et le sommeil s'adapte chaque jour au besoin de l 'organisme. Il existe deux paramètres essentiels qui peuvent varier:La durée, et l'heure de coucher.

Elles sont sujettes à des régulations: Mécanisme homéostatique et mécanisme circadien.

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Le besoin/la durée du sommeil est régulée par un mécanisme homéostasique (H) et va dépendre de la durée d'éveil
L'heure du coucher est régulée par un mécanisme circadien (C )qui va donner un moment privilégié pour dormir en fonction de la température corporelle (quand elle sera la plus basse).
La pression de sommeil se fera la plus grande quand on sera resté éveillé depuis un certain temps et notre température corporelle sera au plus bas (donc quand l'écart entre les courbes H et S sera le plus grand). 

La durée du sommeil et l'heure à laquelle on se couche dépend de l'interaction entre ces deux mécanismes!

Au niveau de l'hypnogramme on observe le sommeil profond en début de nuit puis il disparaît à la fin de la nuit. Cette régulation homéostasique on la retrouve à l'intérieur de la nuit de sommeil.


I.2>Démonstration du mécanisme homéostasique

La régulation homéostasique (plus on reste éveillé plus on a besoin de sommeil)a été mise en évidence comme ceci:

Oon mesure la quantité de sommeil profond en fonction de la durée d'éveil on obtient une droite qui nous montre que plus on reste éveillé plus on va dormir profondément.

Ce qui est étrange à priori c'est qu'on observe la même quantité de sommeil profond chez des animaux n'ayant pas le même degré d'activité, donc le sommeil profond répond la durée de l'éveil et cette augmentation n'est pas corrélée avec l'activité physique.

 

I.3>Démonstration du mécanisme circadien

Il va être démontrée par des expériences de privation. On prive les gens de sommeil pendant 3 jours. Toutes les trois heures on leur demande sur une échelle d'estimer leur état de fatigue. A certains moments de la journée ils se sentent très fatigués surtout aux petits matin puis ça va mieux plus tard. Cette fatigue est ressentie de manière circadienne.

Si on compare cette courbe à une courbe de température corporelle elle est inversée: les sujets se sentent le plus fatigué quand la température corporelle est la plus basse et se sentent le plus éveillé quand la température corporelle est au plus haut.

Donc le moment où la température est la plus faible est privilégié pour dormir.

 

La tendance sommeil ne répond pas uniquement de la durée d'éveil mais est également déterminée par un mécanisme circadien.

La durée de notre sommeil dépend elle de l'interaction entre ces deux mécanismes (processus homéostasique lié à la quantité d'éveil + processus circadien lié à l'heure à laquelle le sommeil se déroule).

 

I.4>La sensation de  fatigue (ou pression de sommeil)

 

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La pression de sommeil la plus grande va se faire vers 4h car on aura pas dormi depuis un moment et notre température corporelle sera au plus bas. Après dans la journée ça ira mieux car notre température aura remonté vers 17h (2), et ensuite quand elle sera encore descendu disons vers 2h du matin (on sera éveillé depuis encore plus longtemps) la pression de sommeil va se faire très forte.

 

II. Problématiques chez le sujet dépressif

Le problème avec le sujet dépressif en comparaison d'un sujet sain c'est que sa courbe homéstasique monte moins haut que celle d'un sujet sain.

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Les conséquences seront que la pression du sommeil va se faire moins forte et que le dépressif rencontrera des difficultés d'endormissement (c'est pour ça que le dépressif souvent se couche tard et/ou se couche/lève de manière irrégulière, ) et la descente vers la courbe C sera plus rapide (trop rapide) donc il dormira moins et aura un sommeil superficiel non réparateur.

 

Priver le dépressif de sommeil une double conséquence:

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Il s'endormira plus vite (son écart entre H et C sera important) et dormir plus longtemps (redescente de H vers C plus longue) et mieux dormir par conséquent!

  Le dépressif souffre d'une hyporégulation sérotoninergique, la sérotonine est sécrétée pendant l'éveil, s'il est éveillé plus longtemps il sécrète plus de sérotonine jusqu'à revenir à la norme.

Explication plus détaillée ICI.

Mais ce système ne marche pas à long terme!!!

 

III. Situations où ces deux mécanismes ne sont plus en phases

III.1> Perturbations avec changement de phase des synchroniseurs

Avec le décalage horaire et vols transméridiens: Le NSC a des horloges biologiques secondaires avec lesquelles il est en phase. Après décalage, au départ on a une désynchronisation externe (le rythme biologique n'est plus en phase avec la variation périodique jour/nuit) puis....le NSC va se caler facilement sur les nouveaux synchroniseurs mais pas les autres horloges (comme la température donc le mécanismes circadien) et on aura une désynchronisation interne (les deux rythmes H et C ne sont plus en phases) ce qui pourra avoir quelques effets (fatigue, irritabilité...) mais qui se résoudra en général assez rapidement.

 

III.2> Perturbations sans changements des synchroniseurs

Pour les travailleurs de nuits il n'y a pas à proprement parler de désynchronisation externe (ils sont en phase à leur manière avec la variation périodique jour/nuit). Mais il y a bien une désynchronisation interne car les mécanismes de régulation homéostasique et circadien ne sont plus en phase. Mais ici cela est beaucoup plus problématique que dans le cas du décalage horaire:

 

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Quand le sujet va aller dormir (2) l'écart entre H et C sera faible et il aura du mal à s'endormir voir il ne s'endormira pas avant longtemps ou pas du tout (insomnies) et pendant l'activité l'écart sera important  (1) et il sera victime de somnolences.

Le cortisol (hormone de stress) est sécrétée en général vers 6 ou 7 heures (donc au lever), chez le travailleur (comme chez les autres) elle est libérée le matin ce qui ne l'aide pas à s'endormir et baisse le soir ce qui n'aide pas à lutter contre les somnolences. A long terme cela entraînera un déficit chronique de sommeil avec de dangereuses conséquences (santé mentale, troubles endocriniens, troubles des défenses immunitaires).

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