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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 01:40

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INTRODUCTION
L'état limite ou "Borderline" a souvent été une frontière (voir une poubelle) où on a jeté les différentes pathologies n'étant pas dans la névrose ou la psychose.
Dans la grande majorité des cas l'anamnèse montrent que ces enfants ont subit des violences/abus, souffert de placements, hospitalisations, conflits familiaux, dépression maternelle, des distorsions dans les relations précoces, des défauts d'étayage (d'appui) au niveau de la fonction de soutien de l'Autre.
L'insuffisance des apports libidinaux (le manque d'amour et protection plus simplement), la discontinuité et le défaut d'ajustement des soins (des soins non adaptés).
Des enfants extrêmement fragile en raison de cela, intolérants à la frustration. Des enfants qui rejettent toute forme d'aide tout en aidant dans la demande d'aide. Ils vont se protéger dans une carapace défensive faite d'autosuffisance, d'omnipotence vis à vis des objets alors qu'en même temps ils sont incapables d'entrer en relation avec eux.

 

I. Les différentes formes de pathologies limites 

I.1> Les parapsychoses (ou prépsychoses)

Attention au terme prépsychotique , ça ne veut pas dire qui précède la psychose. Il est utilisé ici pour désigner une organisation psychique particulière. On préfèrera utiliser « parapsychoses » pour éviter la confusion.

Ce qui les caractérise:

Présence d'angoisse et de mécanismes de défenses archaïques proches de ceux de la pychose mais qui s'en différencient par l'absence de confusion entre la réalité psychique interne et la réalité extérieure.
Une meilleure adaptation au réel.
Meilleure différenciation de soi et de l'autre

Cependant on constate l'existence d'une vie imaginaire très intense (parfois trop) qui infiltre et envahit le fonctionnement mental (de ce fait incohérent). Ce fonctionnement fonctionne en processus primaire (référence au principe de plaisir). Des fantasmes agressifs et sexuels particulièrement violents et crus. Il manque un « filtre ».
L'Angoisse n'est pas une angoisse de castration (comme névrose) mais de séparation et de perte d'objet pouvant parfois aller jusqu'à une menace de la cohérence de soi, aliénation (versant psychotique)..
Les tendances agressives dominent la vie psychique. Pas d'ambivalence (amour et haine en même temps, cohabitation de sentiments) censée être intégrée dans la relation à autrui mais un clivage des objets en bon et mauvais.
On ne retrouve pas de trace du développement organisé de la vie libidinale c'est à dire avec les sédiments successifs (du stade oral, puis anal, puis phallique...), mais eu lieu de ça les stades semblent confondus et mélangés sans que se dessine une organisation de l'évolution libidinale dans un sens (plus marquée par stade anal dans névrose obsessionnelle par ex ici tout est mélangé)

 

I.2> Les pathologies narcissiques ou anaclitiques (personnalités « as if » ou « faux self »)

Les pathologies narcissiques sont caractérisées par l'existence constante de faille narcissique (atteinte de la représentation de soi au niveau identitaire plus qu'identificatoire).
Au niveau clinique, une symptomatologie polymorphe, mais avec premier plan les troubles du comportement (instabilité, agressivité, inhibition massive...).
L'Angoisse de séparation/ Abandon est extreme et signe donc l'importance de la souffrance dépressive.
Attention à cette menace qui mène chez l'enfant une tendance à la dévalorisation de soi et donc une culpabilité très présente, on retrouve ci l'enjeu de la position dépressive.
Le mode d'échange avec l'autre relève d'un type de relation objectal anaclitique.
Le vécu abandonique est manifeste d'où la désignation de ces enfants parfois en ce terme.
Ce sont des enfants mettant en place un processus de défense particulier très efficace pour éviter l'effondrement: le clivage du Moi et qui favorise le fonctionnement en faux-self. Ces enfants peuvent maintenir côte à côte des positions insoutenables sans qu'il y ai conflit interne (elles ne se rencontreront jamais, ne s'annuleront jamais). Les conflits spécifiques de L'Oedipe sont contournés et évités. (différent de perversion).
Les remaniements à la période de latence sont simplement ignorés.
Grâce à cette modalité défensive particulière ils se développent en secteur... ils ont une attitude à la conformité qui maintient le lien avec le réel mais dans des rapports plus marqués par le mimétisme ou la fausse soumission. Les apprentissages seront de surface (toujours marqués par mimétisme), on peut avoir de bons résultats scolaires pour les tâches structurées mais problèmes pour les tâches imaginaires (où ils ne pourront pas utiliser du mimétisme).

I.3> Les dysharmonies évolutives (de types névrotiques ou psychotiques)

On se réfère plus à un point de vue développemental/génétique plus que structural.
La dysharmonie évolutive correspond à une intrication chez un même sujet de mécanismes de niveaux psychotiques, névrotiques et psychopathiques associés à des traits cliniques diversifiés.
Qualifier de psychotique ou névrotique, c'est souligner la place prise par certains traits structuraux. Tout en insistant sur le fait que l'organisation reste en mosaïque.
Sur le plan clinique (selon Marcelli) différents décalages:

entre les lignées de maturation neurobiologiques (développement moteur, cognitif...)
entre les lignées de la maturation pulsionnelle et organisation de la personnalité (exemple: sexualisation trop précoce par rapport à organisation du moi trop infantile ou l'inverse; une hypermaturité du  moi qui n'accepte pas les pulsions sexuelles.
Une dysharmonie au sein d'une même lignée.

II.Les mécanismes psychopathologiques commun


Les failles narcissiques sont constantes. On constate un échec dans l'élaboration de la position dépressive et donc dans l'élaboration de l'absence.
Une quête d'étayage et contournement des conflits d'identifications les plus évolués (oedipiens).
Le type d'angoisse: ce sont donc des angoisses de séparation, d'abandon et de perte d'objet auquel s'associe parfois des angoisses plus archaïques de type psychotique (ex: annihilation).
Les défenses utilisées pour se protéger de ces angoisses sont:


Le déni(surtout déni de la dépendance à l'autre, mais aussi agressivité)
Le clivage (clivage du moi pour le faux self et clivage de l'objet en bon et mauvais objet)
Idéalisation VS dévalorisation de la relation à l'autre (un clivage en fait)
La projection (projeter sur l'autre ce qu'on ne veut pas chez soi)  et identification projective (dépôt de soi à l'intérieur de l'autre)
Réparation maniaque toute puissante avec maîtrise des affects

 

II.1> Les défauts d'étayage

Souvent précoces dans l'histoire de l'enfant, ils sont soit manifeste (dissociation familiale, placements) soit plus subtils et se dégagent lors de l'entretien clinique et notamment à travers la place faite à l'enfant dans la famille et dans le discours des parents.
Parfois lors de l'entretien certains défauts d'étayage ne seront pas dévoilés (ex: dépression maternelle, conflits familiaux graves, maltraitances et abus...).

II.2> les défauts de contenance

Les atteintes à la fonction contenance tiennent une place importante dans la formation des pathologies limites de l'enfant (la mère n'a pu assurer correctement ses fonctions de contenance et de pare-excitation, la fonction alpha de la mère constitue la pare-excitation, protège le bébé..).
Donc défaut de cette contenance dans les pathologies limites (ça va altérer l'appareil à penser les pensées). Ce faisant, l'enfant échoue à maîtriser et organiser sa vie psychique, notamment il reste soumis à des débordements par excès de tensions internes.
Ses capacités de mentalisation sont mis en échec et il en résulte une prédominance de l'expression par l'agir et par le corps.

II.3> L'échec dans le registre de la transitionnalité

Ca fait référence à l'objet et l'aire transitionnel (Winicott).
On met ici en évidence des manifestations très diverses de l'enfant concernant l'objet transitionnel, soit qu'il est inexistant, soit que son apparition soit retardée ou qu'alors il est changeant.  L'entourage et en particulier la mère ne sot pas sensibilisés à sa fonction.
Objet transitionnel peut être un doudou.
Ca désigne un objet concret choisi par le bébé et notamment au moment de l'endormissement, un tissu, un bout de couverture etc...
 Cet objet constitue un intermédiaire entre le monde interne et externe de l'enfant.
Pour Winicott la capacité à utiliser un objet transitionnel permet le passage (ou transition) de la première relation orale à la mère vers la véritable relation d'objet.
Winnicott : « première possession de non-moi » une grande fonction constitutive de l'aire transitionnelle, un espace de créativité propre à l'enfant comparable à un espace psychique=> La capacité d'être seul. Cette transitionnalité est à l'origine des capacités artistiques et culturels.
Chez les enfants limites, la mère empêche l'enfant de construire son aire transitionnelle: c'est l'emprise! Ca va altérer son aptitude à jouer …. seul!
L'enfant aura du mal à être seul suite à cela. Il ne pourra pas utilise le jeu dans son utilisation de maitrise de l'absence.

 
I.4Les défauts d'élaboration de la position dépressive

Si l'enfant peut aborder cette position (contrairement à l'enfant psychotique) il ne peut pas l'élaborer.
Notamment car l'accès de l'enfant à l'autonnomie constitue une menace pour l'économie narcissique de la mère. C'est à dire que pour la mère c'est une menace de détachement.
L'élaboration de la position dépressive reviendrait à tuer la mère ce qui empêche l'enfant de dépasser ce stade. Ici, si il la tuait la mère en survivrait pas.
Ici ce sont des enfants thérapeutes (fonctions de parents pour les parents)
L'enfant ne parvient à intégrer ni les angoisses dépressives ni de séparation ni à dépasser le conflit d'ambivalence.
Cependant, demeurent acquises la reconnaissance de la mère comme objet total et la différenciation entre le soi et le non soi.

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commentaires

CP 05/12/2015 08:01

Comment grandissent ces enfants? Que deviennent-ils? J'ai lu que vers 40 ans, les choses s'améliorent, notamment grâce à une pédagogie émotionnelle (TCC).

DF 22/02/2015 12:44

Enfin un article qui ose parler des causes sans monter l'enfant du doigt comme s'il était le seul responsable de son état.

Dans mon cas de papa avec un enfant pré-psychotique, j'ai remarqué que la souffrance de mon enfant était la même que sa mère, sa grand mère, son arrière grand-mère. Ce qui a fait souffrir dans l'enfance est reproduit une fois adulte pour ne plus avoir à en souffrir et se transmet sur plusieurs générations.

Avant de comprendre cela, j'étais beaucoup dans la colère car je ne comprenais pas la maltraitance sur mon enfant. Aujourd'hui, je suis dans le pardon et à la recherche de solutions.
FD

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