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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 22:30

I.INTRODUCTION
I.1>A ne pas confondre avec la névrose infantile
La névrose infantile elle est un moment inévitable de développement de l'enfant. C'est un complexe nodal (qui fait noeud) où s'organise toute la vie pulsionnelle de l'enfant. Ca  peut correspondre à l'angoisse de castration qui est au centre du complexe d'Oedipe.
La névrose infantile Freud l'a découvert dans le transfert chez l'adulte et notamment dans ce sens qu'elle s'actualise dans le transfert elle s'exprime après coups dans la répétition à travers la névrose de transfert. C'est le schéma de la cure-type:
Dans le transfert le sujet répète sa névrose infantile sur l'analyste c'est ça la névrose de transfert.
Cette névrose de transfert remet à jour la névrose infantile.
On peut dire que la névrose infantile constitue un modèle psychopathologique qui va être caractéristique d'un stade de développement chez l'enfant.

I.2>Névrose de l'enfant?
Plutôt que de névrose chez l'enfant on parlera de troubles névrotiques.
Il y a discontinuité entre les symptômes de l'enfance et la pathologie de l'adulte. Des symptômes durant l'enfance ne donnent pas forcément une névrose correspondante à l'âge adulte (ex: troubles obsessionnels).

I.3>Normal VS pathologique
I.3.1>On va caractériser le pathologique selon certains facteurs:
Intensité des troubles
Fréquence
Persistance (au delà de l'âge habituel)

A.Freud : aptitude de l'enfant à progresser dans son développement : « ce n'est pas la crise en elle-même qui est pathologique, c'est l'impossibilité de la résoudre qui ouvre sur le champ de la psychopathologie ».


On distinguera aussi des régressions permanentes et temporaires qui elles seront réversibles (on les trouve par exemple à la naissance du petit frère/soeur), c'est le caractère durable qui la rend pathologique.

I.3.2>Mais aussi...
Il faudra s'interroger sur le caractère propre à l'enfant:

capacité à tolérer la frustration
équilibre entre tendance progressive et régressive
équilibre entre pulsion destructrice et libidinale (pulsion de mort vs pulsion de vie)
capacité à maîtriser l'angoisse
types de mécanismes utilisés (normaux à un certain âge: le déni ou projection par ex... Mais pathologiques plus tard)
Toutes ces raisons font qu'on ne peut appliquer une grille de normalité à chaque enfant.

Au moment de la période oedipienne on peut avoir certains symptômes mais il s'agit de savoir s'ils permettent à l'enfant d'enrayer l'angoisse ou alors s'ils sont inefficaces et l'enfant sera débordé par l'angoisse: il ne pourra pas passer au stade supérieur: la phase de latence (post-Oedipien).
A la phase de latence on a 2 lignes névrotiques: Inhibition et manifestations obsessionnelles sont plus observables pendant cette phase. Pourquoi?
Car la latence est le temps d'un travail psychique pour faire taire les pulsions (renoncement du moi aux pulsions du ça), d'où l'inhibition, les manifestations obsessionnelles. Cela montre que certains symptômes sont assez caractéristique d'une période de développement.

II. Les troubles à dominante anxieuse
L'expression symptomatique se fait essentiellement sous forme d'angoisse.

II.1>Trois formes principales d'expression:
Réactions d'angoisse épisodiques sous la forme de « crises d'angoisse » qui sont souvent associés à des évènements traumatiques pour l'enfant. Comme des maladies, interventions chirurgicales.
Crises d'angoisse paroxystiques qui associent 2 types de phénomènes:
- Psychique: un sentiment d'intense malaise intérieur, de désarroi, et de catastrophe imminente.
- Physique: somatiques et fonctionnels (dyspnée, tachycardie, troubles digestifs, urinaires, tremblements etc)
Ces réactions d'angoisses surviennent dans des contextes particuliers (veille de l'examen, départ à l'école). Attaques de paniques aigües etc.
Un fond permanent d'attente anxieuse : le sujet est toujours pessimiste, inquiet, prévoit toujours des obstacles, complications, accidents etc. Bref s'attend toujours au pire et justement un enfant exerçant une vigilance exacerbée et anxieuse ce qui est épuisant pour l'enfant. En contre partie on peut avoir une tendance au repli dans une existence routinière car l'enfant n'a pas à s'exposer à l'imprévu, il reste dans le familier ayant les choses sous contrôle.

II.2>Mais aussi...
A tout cela il peut s'associer des troubles du sommeil : insomnie d'endormissement, réveils nocturnes, insomnie du réveil (par anticipation anxieuse). Parfois aussi on trouvera une hypersomnie (idiopathique?) n'amenant pas de repos.
Il peut s'y associer également un tempérament hyper-émotif et irritable. Mais aussi des troubles fonctionnels chroniques (céphalées, troubles digestifs etc).
Un enfant ne se permettra jamais d'être « angoissé » cela ne fait pas partie de son vocabulaire du vécu. Cela se manifestera somatiquement.
L'angoisse est inéluctable dans le développement de l'enfant.
On se demandera si les réaction sont irréversibles ou si elles expriment une étape du développement de l'enfant.
Pour parler d'état névrotique d'angoisse, il faut que les mécanismes de défense face à l'angoisse soient durablement débordés, c'est à dire inefficaces.
Enfin comme le souligne A. Freud ce qui compte c'est la capacité du Moi de l'enfant à maîtriser l'angoisse.

III.Les troubles à dominante hystérique
III.1>Symptomatologie
Chez l'enfant/ adolescent l'hystérie prend 3 formes:
Personnalité hystérique: (théâtralisme, mythomanie, mise en scène, grande susceptibilité au jugement d'autrui, grand dépendance à l'autre et quête affective, une propension à la dépression)
Scotomisations importantes: dans certains secteurs de la perception, de la cognition, ou de la mémoire : les amnésies hystériques par exemple. Les scotomisations sont dues à la prégnance du refoulement. Les scotomisations sur la cognition peuvent expliquer des problèmes scolaires particuliers (maths par ex). On peut aussi appeler ça « rétrécissement du champ de la conscience chez l'hystérique ».
Conversion hystérique: la façon dont le psychique est traduit dans le corps (paralysies motrices, sensorialité, hallucinations, fonctionnement neuropsychologique (convulsions, épilepsie).
Ces symptômes s'accompagnent de la « belle indifférence ».

Les symptômes conversifs peuvent s'observer pendant l'Oedipe mais sont surtout observés pendant la latence. Attention tout n'est pas hystérique chez l'enfant (mensonge, théâtralisme et tout ça)
En revanche on peut évoquer l'hystérie sous forme de mutisme complet (intra et extra familial).

On pourra parler d'hystérie devant certaines inhibitions scolaires avec particulièrement des troubles de la mémorisation et les amnésies en secteur ou défaut d'attention (cf scotomisation).
Aussi parler d'hystérie devant des symptômes de conversions hystériques (aphonies etc).
La difficulté à poser ce diagnostic doit associer trait de personnalité hystérique + des symptômes pertinents.

III.2>Explication psychopathologique de la proportion à l'hystérie
Il y aurait des pulsions libidinales trop intense face à un moi encore immature, incapable ni de les contrôler, ni de les canaliser. De telle sorte que l'ensemble du corps et des conduites de l'enfant sont saturées d'investissement libidinal. Insister sur l'importance de l'oralité (fixation stade oral).


IV. Les troubles à dominante obsessionnelles

IV.1>Généralités
Chez l'enfant et de l'adolescent ces troubles névrotiques regroupent à la fois les traits de caractères anaux (entêtement, ordre, avarice, le goût des collections,), et des formations réactionnelles au désir anal (défenses): c'est l'attitude psychologique de sens opposée à un désir refoulé, constitué en réaction contre celui-ci. C'est un des mécanismes de défense majeur de la névrose obsessionnelle (ex: la pudeur s'oppose à des tendances refoulées exhibitionniste ou soucis excessif de la propreté s'opposant au désir de se souiller et de souiller l'autre: manie de la propreté, obséquiosité).

IV.2>Symptomatologie
IV.2.1>En général
Des symptômes dominés par l'activité compulsionnelle, c'est à dire: idées obsédantes, des rituels conjuratoires pour chasser des mauvaises pensées, des rites du coucher extremement longs et compliqués. Aussi des ruminations mentales ou arithmomanie.
Des comportements et des modalités relationnelles dominées par l'hésitation et le doute au point de l'impossibilité de faire un choix, prendre une décision. La différence avec la normalité c'est que la réalité suffit à nous conforter, pas dans l'obsession.
Une ambivalence irréductible (tout « bon » ou tout « mauvais » tou « noir » ou tout « blanc » pas de nuances de gris.)
Annulation rétroactive

IV.2.2>Deux aspects particuliers

Un aspect mentalisé
Un aspect agit (comportemental)
Ces deux aspects font référence aux obsession (versant mental) et aux compulsions (versant comportemental).

Les obsessions sont dépensées des sentiments, des représentations en désaccord avec la pensée consciente du sujet. Elles s'imposent au sujet, assiègent son esprit, avec un sentiment de malaise anxieux.
Les compulsions sont des actes que le sujet se sent contraint de réaliser en dépit de leurs caractères absurdes. Et pour apaiser son angoisse il y a ces obsessions.

IV.2.3>Différents cas de figures
Des adolescents qui étaient turbulents et opposants et qui brusquement s'assagissent, sont en proie à des angoisses.
La raison de l'élément déclencheur est l'activité masturbatoire de la puberté et la culpabilité qu'elle entraîne. Le début de la névrose obsessionnelle s'accompagne de préoccupations phobiques (nosophobie par ex). Cela est un déplacement des formations réactionnelles. Le déplacement sur la phobie peut servir de rationalisation aux formations réactionnelles.
Plus rarement des manifestations obsessionnelles et rituels importants dans les premières années et qui sont de mauvais prognostics et qui peuvent signer une psychose. Ce sont de mauvais diagnostics car leur but est de maintenir l'environnement immuable. Aussi ces ritualisations sont des tentatives désespérées de contention des pulsions vécues comme dangereuses et destructrices.

IV.3>Classification psychopathologique (Freud)
« Une des raisons de l'organisation obsessionnelle est l'hypermaturité du moi devant ses pulsions inacceptables. » l'inverse de l'hystérie donc. On a un surmoi très fort.
Sont mis en place des mécanismes de défense: annulation, isolation etc.
Cette situation est typique de la latence. Ce qui fait qu'à la latence on observe des manifestations obsessionnelles qui sont un travail de la latence. Latence = période de maturation du moi et aussi d'exigence de socialisation.
 
V.Les troubles à dominance phobique

V.1>Définition
« La phobie correspond à un affect pénible émergeant systématiquement en présence d'un objet ou d'une situation réelle, que l'enfant ressent comme dangereux.

Phobies de situations (agoraphobie, claustrophobie, acrophobie) ou d'animaux
Conduites d'évitements (éviter à tout prix l'objet phobogène)
Conduites de réassurance ( avec un objet contra-phobique)
Les phobies sont très fréquentes dans l'enfance (peur du noir). Pour Winicott l'absence de toute phobie est inquiétante car l'enfant n'est pas en mesure de reconnaître son angoisse probablement à cause de l'intensité de l'angoisse et peut donc la nier en permanence.
On décrit des phobies du noir à partir de 2 ans, à partir de 3 ans des gros animaux , à 4 ans des gros animaux. A partir de 5 ans des phobies de situations.
Dans certains cas de sur-protection de l'enfant ça va fixer les symptômes phobiques en une organisation pathologique.

V.2>Types de phobies
V.2.1>Phobies « élaborées »
Une organisation phobique fréquente: les phobies scolaires (elles surviennent le plus souvent vers la fin primaire).
Les phobies sociales on va plus les trouver dans des pathologies graves de personnalités (psychotiques).

V.2.2>Les phobies archaïques
On les observe chez des enfants jeunes présentant des TED (troubles envahissant du développement) , le plus souvent psychotique (peur d'une chasse d'eau, d'un aspirateur. Angoisse d'anéantissement, de liquéfaction, de morcellement...)
S'y associe une réaction massive de l'enfant du côté de la sidération et surtout l'absence de conduite d'évitement, l'absence d'objet contra-phobique.
Enfin s'y associe une grande décharge motrice dans des crises d'automutilation, heteroagressives.
Ces peurs archaïques renvoient à l'incapacité à élaborer mentalement l'angoisse.

V.3>Explication psychopathologique
L'intérêt de ces manifestations (constantes dans l'enfance et dont toute absence est inquiétante) c'est que l'enfant peut extérioriser son angoisse en ayant peur de quelque chose de réel. Et donc de mettre en place des mécanismes de réassurance, évitement etc. Cela permet à l'enfant d'utiliser le mécanisme de déplacement, un mécanisme économique (au sens métapsychique).
Enfin, des bénéfices secondaires: les mécanismes phobiques s'associent à des bénéfices secondaires (comme dans toutes pathologies) ça permet d'être entouré, de plus être seul, ou de ne plus aller à l'école, de dormir dans le lit des parents.
A l'origine de toute phobie infantile se trouve le refoulement d'un contenu psychologique inacceptable pour la conscience

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commentaires

Céline 15/05/2010 20:04



Ton site est en fait une vraie mine d'or, la dernière fois que j'y suis passé, j'étais un peu fatiguée et j'avoue que je n'ai pas compris l'intégralité de tes articles. Maintenant que je relis
plus attentivement, je trouve vraiment ça hyper intéressant x3 


Il y a quand même quelques notions hors de ma portée, mais tu m'expliqueras

JN 16/05/2010 00:03



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