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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 15:02

             la_lecture.jpg

INTRODUCTION:

Comment reconnaît-on les mots quand on lit?
Si on lit a peu près vers 150 mots/min c'est car on dispose de processus automatiques.

Exemple: chronométrez- vous en lisant ce texte:

« Nous arrivons à lire en moyenne 5 mots par seconde quelquefois plus, ce qui veut dire que la lecture repose sur des processus très automatisés. Pourtant expliquer comment on reconnaît un mot n'est pas simple, justement car il s'agit d'une activité très automatisée. Ainsi, les adaptations de texte sur les écrans d'ordinateurs et de télévision se basent sur les recherches en perception visuelle surtout lorsque le texte défile sous nos yeux, en bas du journal TV ou quand il y a des sous titres."


=>120 mots/min approximativement
: activation des codes sémantiques très rapides. C'est un exploit dans la reconnaissance des formes pour le cerveau!

Exemple 2
: Faites la même expérience avec un texte (contenant à peu près le même nombre de mot que le texte français précédent) mais avec une langue que vous maîtrisez moins bien ou peu (en la connaissant un minimum cependant).
=>
La lecture est beaucoup plus lente!
=>Les recherches dans le lexique mental sont plus difficiles (car ils y occupent moins de place).

Quand on ne connait pas le mot on fait des recherches physiques (et non mentales puisqu'on ne connait pas) ce qui ralentit. La lecture dans une langue qu'on maitrise peu est très couteuse car non automatisée.
I. Mesurer l'actvité de lecture
I.1>Techniques électrophysiologiques:

retine.jpg
  Figure 1: techniques de mesures de l'activité rétinienne en laboratoire

Mouvement des yeux (rétiniens) pendant la lecture: l'oeil se déplace par saccades (un point à un autre) de façon non régulière.
001ok.jpg
002ok.jpg
Figure 2 et 3: Activité de l'oeil à la lecture de ces phrases.


I.2>Variables dépendantes mesurées:
- VD1:les saccades (les arcs de cercles sur le papier) est définie par son amplitude et sa hauteur.
- VD2: fixation (traduit par l'antisommet d'une saccade)
-  VD3:Retour en arrière (exprimé par flèche dans figure 3)

II. Processus impliqués
- processus automatiques (identifier lettres et mots)
- processus stratégique (chercher mot dans un journal)

III. Traitement et codage de l'information
Saisie de l'information par les organes récepteurs (codage sensoriel), puis transformation.
Pour etre traitée, l'info doit nécessairement être codée:
Toute info a un certain degré d'ambiguité, le travai mental va etre de la résoudre de n'importe quelle manière. Par exemple les mots polysémiques (vers, verts, verre....). Autre exemple: décodage d'un "K" atypique.


K               KK.jpg


K<---Oeil--->Codage sensoriel+ codage mnésique (donc memoire necessaire absolument):

III.1>Principe général valable aussi pour la lecture:
Schema-memoires-signos-2-copie-1.png
                           Figure 4 : Rappel sur  l'encodage et la récupération de l'information

III.2> Facteurs à prendre en compte:
- Performance liées aux limitations de l'organisme, à la tâche, aux stratégies du sujet, au degré de familiarité de l'information.


pererequ.jpg

Figure 5: Shannon, C.E, & Weaver, W. The mathematical theory of communication. Urbana.

- Le « bruit » est toute source d'interférence susceptible de détériorer le signal et donc d'affecter la communication (le sous titrage:  par exemple: blanc sur fond blanc par ex). Le bruit est introduit par le contraste entre la couleur du fond et la couleur des lettres:

hello1.jpghello2.jpg

Figure 6 : exemple d'un mot écrit sur un fond sans bruit puis avec bruit.

III.3>Niveaux de communication
Weaver introduit les problèmes de communications a 3 niveaux:
- Technique: précision de la transmission des symboles de la communication.
- Sémantique: les symboles véhiculent ils la signification désirée?
- Efficacité: Influence sur le comportement  et les attitudes: titre de l'article de journal

journal.jpg
        Figure 7: Article de journal

IV.Résultats expérimentaux:

IV.1>Effet de supériorité du mot:
"Dans quelle situation les lettes sont les mieux reconnues et dans quelle condition la lecture est elle facilitée?"
On penserait intuitivement que c'est que quand on a pas de brut qu'on reconnaît mieux la lettre.
Mesure du temps de détection de la lettre (Reicher,1969):

tableau.jpg
Figure 8: Illustration de l'expérience de Reicher,1969.

Résultats:
- Les temps de réponse sont plus courts quand la lettre est à l'intérieur d'un mot (plus que dans les deux autres conditions): la lettre bénéficie du mot: l'activation du mot aide la reconnaissance de la lettre.
C'est l'effet de supériorité du mot : une lettre est mieux reconnue quand elle est insérée ds un contexte par rapport a la situation ou elle est présenté seule: la lettre bénéficie du contexte!!! (Reicher, 1969).
On peut déduire des mots de textes à trou car l'activation du mot permet l'activation des lettres manquantes.

IV.2>Identification des mots écrits
IV.2.1>Encodage
Encodage de l'information sensorielle (perception visuelle des éléments constitutifs des mots comme les traits, lettres et mots eux mêmes)
Contact entre le mot imprimé sur la rétine et les différentes représentations des mots en mémoire (appariement dans le cerveau). Comparaison entre un ensemble de traits physiques extraits du mot écrit et les multiples représentations en mémoire.

arbr.jpg

 ===> Activation en mémoire.
On peut reconnaître un mot en 150 ms.
Apparition du mot « ville » en amphi en 150 ms et tout le monde (ou presque) est arrivé à le lire.

IV.2.2>propriétes:
- Quand on connaît la forme on l'active plus vite (donc rôle prépondérant de la mémoire), exemple:

                                   BUREAU       VS       LINCEUL


- Des processus ascendant (papier ou écran--->oeil)
- Des processus automatiques et irrépressibles.
- Mise en correspondance entre la forme physique (visuelle), de ce mot imprimé sur la page et une représentation abstraite de cette forme en MLT.

V.Modèles théoriques:
V.1>Modèle des logogenes de Morton

NB: Ce modèle est aussi valable pour la reconnaissance des mots parlés

- Modèle de reconnaissance: interface perception-mémoire (pour chaque mot qu'on connait on a un correspondant en mémoire).
Le « logogène » est le correspondant hypothétique en mémoire, une entité mnésique hypothétique donc.
Autant de logogène en mémoire de que de mots connus. Chaque mot à son logogène.

- Chaque logogene est caractérisé par son niveau d'activité au repos (activation résiduelle). Plus le mot est utilisé plus ce niveau (trace des traitements précédents) est élevé.
exemple du niveau d'activité de deux logogenes d'un étudiant en informatique.

smalllogogene.jpg               biglogogene.jpg
                   Figure 9: mot "cognition"                                                       Figure 10: mot "seveur"

Le logogène peut recevoir de l'activation (augmenter le niveau)
- par une source visuelle ou sonore
- par le contexte (cadre global dans lequel les mots sont présentés) : analyse visuelle, auditive et contexte.
Dès que le seuil d'un logogene donné est atteint, le logogene se déclenche et le mot est reconnu:

logogene-activation1.jpg logogeneactivation2.png
            Figure 11:Atteinte du seuil d'activation                                          Figure 12: Activation


Notion de seuil: il n'est pas suffisant pour un mot subliminal, ou un certain contexte (perceptif par exemple). D'où les résultats mots fréquents vs mots rares.

V.2>Le modèle de recherche sérielle de Forster:
La fréquence des mots est déterminante pour évaluer leur vitesse de reconnaissance:

schema.jpg
                                   Figure 13:  Reconnaissance d'un mot à partir d'un lexique (ou module) orthographique.

Les étapes:
- Création d'un code d'entrée à partir des données sensorielles ("lire"= Code d'accès)
- Comparaison de ce code d'entrée (code d'accès) à tous les codes qui lui sont proches dans le module approprié (module orthographique pour la lecture). L'ensemble des codes proches du code d'accès est appelé un BIN.

exemple: "LIRE"
- BIN1: Rire
- BIN2:Dire
- BIN3:pire
- BIN4: cire
- etc

- Consultation du BIN (mots proches orthographiquement) par ordre de fréquence puis appariement:
>Le BIN est caractérisé par sa taille (nombres d'unités)
>Le BIN est consulté en mémoire en fonction de la fréquence des unités qui le composent (du code le plus fréquent au code le plus rare).
>Dès qu'un appariement se produit, l'information est transmise à l'aide d'un POINTEUR au fichier central:

ooo.jpg


V.3>Modèle d'activation interactive: Mac Clelland & Rumelhart (1981)
NB: Ce modèle est aussi valable pour la reconnaissance des mots parlés. Aussi il permet de bien mettre en évidence l'effet de supériorité du mot.
- Processus de reconnaissance d'un mot, trois étapes qui opèrent entièrement en parallèle:
1> Détection des traits visuels distinctifs (lignes horizontales, verticales, diagonales et courbes)
2>Identification des lettres  par une structure dite alphabet mental.
3> Identification des mots par le lexique mental.
Ces 3 niveaux agissent simultanément quand on lit un texte par exemple. Mais comment sont organisés ces niveaux entre eux?

model.jpg

I. Stimulus; 2>Features detector; 3>Letter detectors;4>Words detector
Tous les noeuds communiquent entre aux à travers des connexions qui peuvent être facilitatrices ou inhibitrices:

     activ.jpg

- Interaction entre perception et mémoire
- Le flux d'information pour l'identification des mots est continu et bidirectionnel (ascendant et descendant) traits<----->lettres<----->mots
- L'activation (valeurs de 0 et 1) au niveau des détecteurs produite par un stimulus visuel est transmise à l'alphabet mental.
- L'alphabet mental transmet l'activation à son tour au lexique mental.

CONCLUSION DU MODELE:
"Combinaison entre l'activation ascendante et descendante au niveau de l'alphabet mental représente l'interaction entre les processus mnésiques (connaissances lexicales stockées à long terme) et les processus perceptifs."

VI.Tâche de décision lexicale
- Tâche particulièrement adaptée à l'étude du lexique mental
- Décider le plus rapidement possible si une suite de lettres (présentées visueellement) constitue ou non un mot de la langue.
- Tâche binaire (2 types de réponses), le matériel expérimental est constitué de mots réels et de non-mots.
- Lorsque la personne connait plusieurs langues et que le mot s'écrit de la même manière dans les n langues le temps de réaction est encore plus rapide (ex: taxi), il faut aussi qu'ils veulent dire la même chose si on ne veut pas observer de perturbations.

                                  MARQUIS

la réponse OUI indique que le sujet considère que la suite de lettres M+A+R+Q+U+I+S constitue un mot. Elle appartient donc à son lexique.
                                     APNED

la réponse NON indique que la suite de lettres A+P+N+E+D n'est pas un mot. Ele n'appartient pas à son lexique.

Exemples:

- JULDO : non
- AVIS: oui
- SATUV: non
- etc
- On suppose qu'à chaque fois que le sujet répond OUI, il a accédé à son lexique mental.
- Le temps de reconnaissance d'un mot est en moyenne de 200ms (+ pour les mots rares)

VI.1>Facteurs qui influencent le temps de décision lexicale

Fréquence des mots:             Fréquents> rare                                   « dire » reconnu plus rapide que «cire»
Longueur des mots:              Courts> Longs                                      «as» plus rapidement que «passerelle»
Complexité syllabique:         Mots simples reconnu + vite                  «requin» plus vite que « redire »
Enveloppe du mot                 Mots majuscules/min + vite qu'alterné  «partir» + vite que «PaRTiR»
Voisinage orthographique    Nombre de voisins et taille                    "Lire"  "Dire"  "Rire"

VI.2>Facteurs qui influencent la reconnaissance

- Facteur d'ordres perceptifs (Luminosité, couleur, fond, contraste, forme des lettres, police de caractère)
- Aspects formels: La forme des lettres peut modifier la vitesse de reconnaissance des mots:

Psychologie         Psychologie               Psychologie     Psychologie          Psychologie          Psychologie
C'est pour cela que sur les ordinateurs et dans les livres certaines poices de caractères sont plus utilisées que d'autres. Inutitle d'expliquer pourquoi.


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