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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:16

Rappel: Un grand merci au Dr Sylvain Bartolami pour son aimable autorisation d'utilisation de contenu ainsi que de ses illustrations dont il est l'auteur, que l'on peu retrouver sur le site SCHWANN.

 

 

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Ils ne sont pas faciles à diagnostiquer car on retrouve tout un cortège de symptômes...

I. Le syndrome post-traumatique

Il survient à la suite d'un stress extrême (guerre, catastrophe naturelle, autres)

I.1>Symptômes :

Reviviscence du drame: souvenirs récurrents , cauchemars voir hallucinations, décharges émotionnelles, insomnie, céphalées, sudation, asthénie, tremblements.

Hypervigilance permanente: la personne est à cran, cette hypervigilance va se caractériser par des sursauts, des troubles de la concentration (par conséquent mémoire), hypersensibilité (bruit), irritabilité.

Comportement d'évitement des situations associées au trauma: par exemple si on a eu un accident, éviter d'utiliser une voiture. Cela diminue les activités socioprofessionnelles (introversion). Eventuellement une propension aux idées paranoïaques, régression de la personnalité (infantilisation, crainte de l'environnement, dépendance et recherche de protection).

I.2>Aspects neurologiques :

Les structures cérébrales impliquées sont le système limbique (de l'hémisphère droit), le Locus coeruleus et le cortex sensoriel.

 

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Il y a une hyperactivité noradrénergique associée à une désensibilisation des autorécepteurs alpha2 des neurones du Locus coeruleus. 

Dans les conditions physiologiques, la libération de noradrénaline (NA) par les terminaisons axonales des neurones du Locus Coeruleus est contrôlée par les autorécepteurs alpha 2 qui exercent donc une inhibition de la libération de NA (signe moins). La désensibilisation pathologique des récepteurs alpha 2 entraîne une levée d'inhibition de la libération de NA qui s'en trouve accrue. Il y a alors un excès de NA libérée au niveau du cortex et du système limbique provoquant l'anxiété.

 

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  Rappel : Un autorécepteur « système de freinage interne »

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II. Le trouble panique

Ici il n'y a pas de déclencheur connu. La première crise est pourtant indirectement liée à différent stress tel que opérations chirurgicales, mort de proches, accouchement, divorce, insomnie, usage de psychotrope (caféine, cocaïne, haschisch). Les crises sont associées à des manifestation somatiques issue d'une dysfonction végétative (Cf. action de la CCK4 sur le noyau du tractus solitaire)

II.1>Symptômes

Crises anxieuses soudaines et très violentes:imprévisibles sans déclencheur identifié. Parfois un stress important ou l’usage de psychotropes (cannabis, cocaïne) précédent l’apparition du trouble panique (TP).

Crises associées à des manifestations somatiques: palpitations du coeur, bouffées de chaleur, douleurs de poitrine, dyspnée ou hyperventilation, sudation, tremblements, vertiges, nausées, hypertonie musculaire, troubles vestibulaires (équilibres).

Mauvaise interprétation des signes somatiques: mauvaise interprétation des signes somatiques. La personne pense qu'elle va mourir ou devenir folle.

II.2>Neurobiologie du trouble panique

Les origines sont bien cérébrales et non périphériques malgré les manifestations somatiques (agents panicogènes induisent des crises sans troubles somatiques).

Hyperactivité noradrénergique associée à une désensibilisation des autorécepteurs alpha2 car le LC subit une stimulation anormale (il y a aussi des neurones à noradrénaline dans le noyau caudé du striatum, aucune structure n'échappe à l'hyperactivité noradrénergique lors de TP). C'est le neurotransmetteur CCK4 qui provoque une activité anormale du LC. Les conséquences aussi activation anormale du SL et cortex (responsable de l'anxiété)

Hyperactivation anormale de l'hypothalamus et du noyau du tractus solitaire qui sera responsable de l'activation orthosympathique (et donc troubles somatiques).

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Au niveau cellulaire:

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La conséquence est que les seconds messagers vont conduire à une inhibition des récepteurs ionotropiques GABA-A. L'entrée de Cl- est compromise, alors cette levée d'inhibition correspond à l'excitation.

Selon le type de neurone l'excitation par la CCK aura plusieurs effets (Cortex et Sl= anxiété), (Hypothalamus et noyau du tractus solitaire= troubles somatiques) et enfin (noyau caudé et LC= libération de NA).

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III. Le trouble obsessionnel compulsif

III.1>Symptômes

 

Manifestations comportementales et cognitives seulement, pas somatiques. Idées fixes obsédantes ressenties comme insensées et opportunes.

Compulsions: comportement répétitif traduisant les obsessions ou la lutte du sujet contre ses obsessions.

 

Le sujet souffre car il sait que le comportement et les censées sont irrationnels, sans pouvoir les empêcher. Le malade cache sa maladie le plus possible, en consulte que lorsque les « manies » et rituels sont invalidants.

Le fait de ne pas consulter est bien pire. Le retard de prise en charge favorise l'ancrage de la maladie.

 

Maladie chronique, récurrente (50% de rechute).

I.2>Neurobiologie du TOC

On a peu de données car peu de modèles animal, on a fait les études à partir du sang mais on a vu que principalement hyperactivité sérotoninergique et/ou hypersensibilité des récepteurs 5HT.

Cette activité conduirait à des dysfonctionnement comportementaux liés à une baisse d'inhibition de comportements ancestraux, normalement inhibés par les perceptions sensorielles (ex: un sujet normal sait s'il est propre ou pas).

Le malade se lave de manière répétitive tout en ayant conscience d’être propre, conscience de la folie de son comportement.

 

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IVLes phobies

IV.1>Symptômes

L'anxiété est liée à la vue d'un objet ou à une situation et se déclare généralement pendant l'enfance ou l'adolescence

Anxiétés liées à une situation où à la vue d’objets. A la vue de l'objet phobogène le sujet se sent très mal à l'aide. Augmentation du rythme cardiaque, augmentation de la vigilance. Dans certains cas on peut avoir des crises de paniques (assez similaires au trouble panique).

(Pendant la crise phobique, il y a une réduction d'activité dans l'hippocampe et dans certaine régions du cortex que l'on interprète par une diminution des processus d'intégration lorsque la peur est ressentie).

Aussi ici un comportement d'évitement. Le patient fuit systématiquement les situations anxiogènes mais ce comportement quand il est difficile à mettre en oeuvre est générateur d'anxiété car l'évitement est anxiogène.

Dépendance vis à vis de l'entourage surtout dans l'agoraphobie (protection, séparation avec les objets phobiques). Avec le temps, l'évitement et la dépendance s'aggravent.

 

Phobies + évitement+ dépendance = Très mauvaise qualité de vie et souffrance

IV.2>Types de phobies

La phobie simple (11%): certains animaux, vue du sang, dentiste, étrangers

La phobie sociale (8%) :interactions avec autrui, caractérisée par des palpitations, tremblements de la voix, rougeur du visage et pensées négatives (« anxiété de performance »).

L'agoraphobie (3%) peur de sites non spécifiques non associés au trouble panique, où il semble difficile au patient d'obtenir de l'aide ou de fuir. La claustrophobie est une forme d'agoraphobie.

Manifestations somatiques: céphalées, nausées, vomissement, perte de contrôle de la vessie et des intestins.

 

Neurobiologie: on suppose dysfonctionnement Dopaminergique et sérotoninergique.

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V. L'anxiété généralisée

Elle apparaît insidieusement entre 10 ans et 20 ans et elle peut se prolonger dans des cas extrêmes pendant 20 ans.

V.1>Symptômes:

Hyperactivité émotionnelle(on se fait du soucis pour rien), caractérisé par un soucis excessif concernant la vie quotidienne et par une surestimation d'éventuels problèmes futurs. Le soucis est très difficile à contrôler.

Cognitifs: sentiment(s) de mal être, de tension, d’oppression, hypervigilance, irritabilité, troubles du sommeil, difficulté de concentration.

Somatiques: problèmes digestifs (colite), parfois cardiaques, hypertonie musculaire conduisant à une fatigue. De la fatigue.

L'AG est une pathologie chronique, une tendance habituelle à être anxieux.

Pathologie chronique dont la gravité varie avec le niveau de stress du patient. (pendant les vacances le niveau d'anxiété diminuerait).

V.2>Neurobiologie

Situation paradoxale on a des médicaments qui marchent on sait comment ils marchent mais... Mécanisme mal connu !!

Cortex, SL, raphé et LC

Paradoxe: car l'anxiété généralisée est la plus fréquente pour laquelle il existe un traitement efficace.

A la vue du fonctionnement des médicaments on pense qu'il y aurait un dysfonctionnement affectant la neurotransmission gabaergique.

 

VI. Les complications de l'anxiété

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  • Complications du SPT: dépression, autres troubles anxieux, toxicomanie (alcool, haschisch, héroïne mais pas cocaïne qui aggrave les symptômes).

  • Complications du TP: le caractère soudain du trouble panique induit à la longue dans la majorité des cas une anxiété additionnelle telle que l'anxiété d'anticipation ou l'anxiété de situation (agoraphobie).
     L'anxiété d'anticipation est la peur permanente des crises paniques. L'agoraphobie est la peur des diverses situations ou le patient à déjà vécu des crises, ou la fuite est difficile, ou des secours ne peuvent par arriver facilement (faire la queue, conduire une voiture, la foule, les ponts, les tunnels, les ascenseurs...)
     une autre complication est la dépersonnalisation qui est caractérisé par une impression d'étrangeté et de déformation du corps et de la pensée.
     Le trouble panique est handicapant dans la vie personnelle et socio-professionnelle et peux entraîner d'autres complications comme l'insomnie (difficulté d'endormissement et réveils nocturnes, 44%) l'alcoolisme, la dépression (50%) et le suicide.

  • Complications du TOC : la dépression, le trouble panique, la schizophrénie, l'alcoolisme, toxicomanie, la boulimie et le trouble du déficit de l'attention chez l'enfant (Ritaline)

  • Complications des phobies: dépression, alcoolisme (20 %), toxicomanie, insomnie (en particulier dans la phobie sociale avec difficulté d'endormissement et réveils nocturnes) autres troubles psychiatriques et suicides

  • Complications de l'AG: la dépression (AG et dépression sont des maladies très souvent associées), l'insomnie (70% des cas), d'autres types de troubles anxieux (panique), le suicide (12-18%).

 

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