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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:13

On emploiera le terme de pulsion un moment sans le détailler, cela sera fait par la suite..

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Dans les "trois essais sur la théorie sexuelle". Freud commence à nous sensibiliser à l'omniprésence des "aberrations sexuelles" ou « perversions ».

 
Dans les déviations de la pulsion par rapport à l'objet (à entendre au sens de Freud comme une déviation par rapport à l'objet sexuel « normal » c'est à dire l'objet de reproduction, c'est à dire une personne de sexe opposée), on retrouve:

 

- L'homosexualité ou « inversion »,

- La sexualité avec des objets,

-La pédophilie 

- La zoophilie.


Il y a déviation dans le sens où l'objet utilisé (une personne du même sexe, un enfant immature, un objet ou encore un animal) ne convient pas à la fonction de reproduction.

La perversion à l'époque de Freud c'est tout ce qui consiste à s'écarter de la fonction de reproduction, « on ne fait pas de sexe pour le plaisir ».

Dans les déviations de la pulsion par rapport au but (se reproduire) on retrouve:

- Les transgressions anatomiques: le simple baiser, les rapports oraux-génitaux,l'usage sexuel de l'orifice anal, le fétichisme.

- Les fixations de buts sexuels préliminaires: toucher et regarder (très important puisque c'est à partir de cela que Freud dégagera le concept de narcissisme), sadisme/masochisme.

 

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La question de perversion comme beaucoup d'autres est tributaire de facteurs culturels, temporaires et statistiques.

 

L'homosexualité et la pédophilie étaient considérées comme des activités normales à l'Antiquité (Grecque du moins). Puis elles ont été prohibées.

L'homosexualité a longtemps été considéré comme une aberration, une « anormalité », puis elle semble être tolérée voire encouragée à notre époque. La pédophilie elle est restée une perversion moralement et légilativement condamnable.

 

Des rapports bucaux-génitaux auraient été surement fort condamnables moralement à une certaine époque. Il semblerait qu'ils soient plus que fréquents et normaux aujourd'hui dans les actes préliminaires surtout à partir du XX ème siècle (voir: « Le comportement sexuel de l'homme » et « le comportement sexuel de la femme » de A. Kinsey, recensement statistiques sur les activités sexuelles humaines, étude fait sur plusieurs états des USA).

Et dans 100 ans? Peut-être que les rapports avec les animaux seront de mode?

Bref, les idées humaines évoluent en tout temps, en tout lieu, et en toute société.


Freud nous sensibilise au fait que la perversion est inhérente à l'Homme et constitue paradoxalement sa normalité.

On la retrouve partout et ce, comme nous l'avons vu dans l'article précédent dans sa meilleure prédisposition dès l'enfance. C'est l'éducation morale qui contribue à éteindre nos dispositions perverses.

Le point fort de cette sensibilisation c'est aussi de nous sensibiliser à une force chez l'homme qui est différente de l'instinct animal qu'il nomme la pulsion. L'homme a des désirs qui ne répondent pas juste à sa survie ou à sa reproduction.

Donc l'Homme ne répond pas à un instinct mais à une poussée différente qui peut se satisfaire selon différentes modalités et qui n'ont pas un seul but exclusif.

Cette force qui nous pousse à la recherche d'un « plaisir » c'est la pulsion (sexuelle).

 

Le monde dans lequel nous vivons fabrique des résistances morales et esthétiques pour lutter contre les perversions. Ca peut être le pudeur, le dégoût.

Ce que Freud remarque chez les névrosés c'est que ce sont le plus souvent des souvenirs liés aux pulsions sexuelles qui reviennent à la conscience par la méthode psychanalytique. Ce sont ces souvenirs là, ces représentations qui ont été écartées de la conscience, en faveur des exigences monde culturel, de la société.

Elles ont été écartées (refoulées) car elles se sont confrontées à d'autres pulsions d'individu qui lui servent à survivre. Bien sûr on peut trouver l'exemple prototypique qui est la faim mais la société nous apprend qu'on ne peut pas vivre en communauté en faisant ce qui nous plaît et/ou n'importe quoi.

Ces pulsions qui servent à préserver l'intégrité de l'individu dans son monde, Freud les appellent pulsions d'auto-conservation ou « pulsions du Moi ».

Ces pulsions du Moi on les voit se réveiller dans la cure lors de résistance, elles servent à empêcher une représentation lié à une motion sexuelle de parvenir dans le conscient de l'individu. Mais nous y reviendrons.

 

La névrose est une impossibilité de faire un choix entre pulsions sexuelles et pulsions du Moi, les expressions symptomatiques sont un compromis entre le désir et la défense. Le pervers fait le choix de sa pulsion sexuelle quitte à dénier les exigences de la réalité. La névrose est pour ainsi dire le négatif de la perversion.

 



C'est l'embrouille? On va essayer de reprendre...

 

Le monde interne du sujet est remplit de pulsions qui peuvent être appréhendées dans un aspect économique (certaines sont plus fortes que d'autres, certains individus ont des pulsions plus ou moins « puissantes » que d'autres), dynamique (des pulsions circulent et peuvent entrer en conflit entre elles), et topique ( les pulsions sont « stockées » dans l'Inconscient, mais elles peuvent parvenir au conscient pour simplifier pour l'instant, mais une pulsion peut circuler d'un lieu à un autre).

Une pulsion agit comme une force constante, une poussée à laquelle on ne peut échapper (contrairement à une stimulation extérieure: par exemple je retire ma main d'un endroit brulant), puisqu'elle provient de l'intérieur du corps.

Cette pulsion est définie par sa source (lieu de l'organisme qui est à l'origine de l'excitation interne), son but est la satisfaction (abaissement de la tension), au moyen d'un objet (celui, celle, le chocolat, le sein, la guitare, le ballon de foot).

 

Principe économiques qui régissent la pulsion sexuelle:

La pulsion sexuelle est régit par le principe de plaisir (ou principe de Nirvana), qui a pour but l'élimination totale de la tension qu'elle crée.

Mais cette pulsion va se confronter au principe de réalité (formé par l'ensemble des pulsions du Moi) et ne pourra donc pas se décharger totalement.

Principe de constance: Fonction économique de l'appareil psychique ayant pour but de maintenir un niveau d'énergie aussi bas que possible tout en préservant son intégrité.

La pulsion sexuelle ne peut jamais être totalement satisfaite sinon cela anéantirait le psychisme et/ou l'intégrité du sujet, c'est pour cette raison que les pulsions du Moi (d'autoconservation) sont là, pour empêcher cela, elles empêchent la satisfaction totale de la pulsion sexuelle..

Le principe de constance devra faire un compromis entre principe de plaisir (évacuation de la tension) et principe de réalité. Comment gérer l'élimination de la tension sans nuire à l'intégrité de l'appareil psychique?

 

Je vais prendre un exemple amusant:

Je suis dans un centre commercial, si je suis pour un peu pervers (et ici dans le sens très commun du terme) ma pulsion sexuelle va me dire touches les fesses de cette fille ça te procurera un plaisir immense. Seulement si je le fais il y a de grandes chances que je me prenne une tarte et qu'elle se plaigne à la sécurité. Une ou des pulsions du Moi vont me dire « hé t'es fou, arrêtes ça tout de suite c'est dangereux, penses à autre chose ».

Je devrais donc faire un compromis de cela, et je regarderais très discrètement les formes de la fille.

Je satisferais en partie ma pulsion sexuelle tout en ne me mettant pas en danger.

Mon appareil psychique m'aura soumis à ce principe de constance.

 

Pulsions sexuelles VS Pulsions du Moi (ou pulsions d'auto-conservation)

Pulsions sexuelles et pulsions du Moi n'ont pas le même but, même si ces deux buts peuvent être considérés comme important.


Les pulsions sexuelles poussent (une fois matures) à la conservation de l'espèce, la reproduction donc dans le but très élaboré de la pulsion sexuelle.

Freud dira que le plaisir procuré par la sexualité n'est pas le but mais le moyen (de se reproduire).

Les pulsions du Moi ont quant à elles pour préserver l'intégrité de l'individu, sa survie immédiate.

Ce qui implique que le sujet sera dans un conflit permanent.

Bien sûr en admettant un instinct à l'Homme on se dira que bien évidemment les pulsions du Moi (de sa survie immédiate sont essentielles) mais comment se sont mis en place les pulsions sexuelles, au sens large?

 

Les pulsions sexuelles sont dans un premier temps étayées (étayage) sur les pulsions du Moi. En d'autres termes elles se reposent au départ sur les pulsions du Moi.

Le sein apporte la nourriture indispensable pour la survie organique mais il y a aussi autre chose, le nourrisson ne veut pas seulement retrouver le sein pour survivre mais pour le plaisir, l'amour.

La nutrition est un prétexte d'amour, de plaisir, de jouissance pour le nourrisson!

L'amour, le plaisir, la jouissance s'étayent sur la nutrition.

De manière générale une pulsion sexuelle s'étaye toujours sur autre chose lors du développement de l'enfant.

 

Pulsions partielles et sexualité infantile 

Nous avons pu voir que dans son but élaboré la pulsion sexuelle nous pousse à la reproduction. Mais nous avons vu que ce n'était pas forcément le cas dans les perversions (déviation de la pulsion par rapport à l'objet et au but). Sans doute est-ce en raison de l'observation de perversions que Freud emploie ce terme spécifique de pulsion (Trieb) plutôt que d'instinct (Instinkt)...

Mais ce qu'on retrouve dans la perversion n'est rien d'autre qu'une fixation à des pulsions partielles de l'enfance.

Pour prendre l'exemple simple du baiser: on ne sait toujours pas l'origine de ce fameux baiser. Certains spécialistes pensent que cela remontent à la préhistoire, quand les mères mâchaient la nourriture pour donner à leur bébés.

Peut-être que le pervers qui a rendu cette coutume à la mode était fixé sur le plaisir que lui apportait cet échange avec sa mère? Apparement cela a eu du succès....

Trêve de plaisanterie, on dit que ces pulsions sont partielles car elles fonctionnenent de manière autonome indépendemment les unes des autres. Nous avons même vu que Freud se sert des pulsions partielles pour définir des stades de la sexualité infantile (oral, anal, phallique, génital).

Lors d'une maturation de ces pulsions partielles il y aura développement d'une pulsion sexuelle plus élaborée à l'âge adulte entrant au service de la reproduction.

Quels devenirs de ces pulsions? Elles ne peuvent pas se réaliser totalement vu qu'elles sont confrontées aux pulsions du Moi alors que vont-elles devenir? Ceci est l'objet de l'article suivant...

Les destins de la pulsion vont nous permettre de mieux comprendre ce qu'est une pulsion, de quoi elle est constituée...

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