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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:41

INTRODUCTION:
La voix humaine:

voixhumaine
La parole est un signal acoustique continu et variable. La voix humaine se distingue des autres sons et les sons produit par cette dernière se distinguent entre eux.
Il n'y a pas de repères physique pour déterminer qu'un mot commence ou se finit, ce qui varie c'est l'amplitude (faible ou élevée)

Disciplines concernées par l'étude du traitement de la parole:
- Acoustique (sciences physique)
- Phonétique: propriétés acoustiques des langues
- Phonologie: étude fonctionnelle du langage parlé

Unités du langage parlé:
- Phonème: plus petite unité de la parole dont la moindre modification entraîne un changement du sens du mot (ex de voisins phonologiques: "hier" vs "bière" vs "fier"...)
- Syllabe: unité phonologique organisée autour d'une voyelle (le plus souvent encadrée, précédée ou suivie par une ou plusieurs consonnes).

Paradigme de l'écoute dichotique:
I11.jpg
Technique qui consitse, à l'aide d'écouteurs le plus souvent, à présenter des sons à chaque oreille. Ces sons peuvent être identiques ou différents et être présentés consécutivement ou simultanément.

Hypothèse:
Existence d'un mode de traitement spécifique pour les sons de parole distinct de celui des sons strictement acoustiques.

Résultats:
Meilleure identification des sons parlés présentés à l'oreille droite comparée à l'identification des mêmes sons présentés à l'oreile gauche.
->Supériorité de l'hémisphère gauche (relié au canal auditif droit) dans le traitement du langage
->Supériorité de l'hémisphère droit pour les autrres sons acoustiques (musique...)

Parole et segmentation:
- Les modèles de la reconnaissance des mots parlés doivent tenir compte du décours temporel de la parole auquel doit s'adapter l'auditeur (alignement du traitement sur le rythme de la parole). Exemple: celui parle s'entend aussi parler et peut de par ce fait réguler phonologiquement (différent pour suivre les sous-titres avec rythme imposé : on en a pas l'habitude contrairement à la parole).

I. Modèle de la cohorte (Marlsen-Wilson)
- Objectif: expliquer comment un mot parlé est reconnu en tenant compte du décours temporel de sa prononciation.
- Rendre compte des possibles interférences phonologiques au cours de l'analyse de la parole.
- Phase d'activation de la cohorte: l'auditeur sélectionne les premiers phonèmes et ainsi tous les mots de son lexique qui partagent les mots sons initiaux.
- Phase de sélection: chaque phonème entrant élimine les candidats qui ne correspondent pas au signal acoustique.
      kotkot.jpg
                                                                                                                                                  
        "Ma"........................................... "mar"......................."mari"....................."marit""Maritime"

      Réduction séquentielle du nombre de candidats lexicaux qui ne correspondent pas au fur et à mesure que l'information est traitée

Activation des mots:
cohorte2.jpg
  Le point d'unicité est le moment ou le signal acoustique ne peut plus être confondu avec les autres mots , on l'appelle parfois « point d'identification »

Le moment où le mot est reconnu est le point où en partant du mot, ce mot diffère de tous les autres mots (qui ont été sélectionnés dans notre lexique mental)  faisant partie de la cohorte.
Ce modèle est mis en difficulté dans une langue que l'on ne maitrise pas.
Rappel : le moment où le mot devient unique est appelé point d'unicité (ou d'identification).

Plus un nombre comporte de syllabes plus cela va retarder le point d'unicité et donc la reconnaissance : pour les mots courts, le point n'est atteint qu'en fin de mot.

exemple:

MARI         (les 3 premiers phonèmes ne sont pas suffisant pour la reconnaissance)
       ↑

Et pour les mots longs, le point d'unicité peu se trouver avant la fin du mot:

OBSTACLE
          ↑

Un mot est reconnu lorsqu'il ne reste qu'un candidat.
C'est à dire que l'input sensoriel correspond parfaitement à l'information acoustique en cours de traitement: processus d'appariement (lien entre ce qu'on perçoit auditivement et ce qu'on a en même phonologique sur le mot). Un manque d'attention peut perturbe le système.
Modulation par le contexte dans lequel les mots sont insérés (sélection du bon candidat).

II. Modèle de Trace (Mac Clelland & Elhman)
II.1>Introduction
- Inspiré du modèle d'activation interactive (Mac Clelland & Rumelhart)
- Trois niveaux de traitement:
Les unités acoustiques de base (trait): /b/ vs /p/ (2 consonnes bilabiales)
Les unités phonémiques: /ba/ vs /pa/ ils se confondent facilement en raison de la coarticulation
Les unités mots

Ici on parle d'activation mais aussi d'inhibition (ceci en plus par rapport à la cohorte).

II.2>Simulation par programme informatique
- Les unités se transmettent de l'information (activation ou inhibition) de la même manière que dans la modalité visuelle (cf modèle activation interactif)
- Contrairement à la cohorte, les candidats activés sont alignés à partir du partage de leurs segments sonores initiaux mais ceci s'opère a chaque moment du traitement.

nardin.jpg
A chaque moment du traitement, les items compatibles avec l'information sont effectivement activés.
Lors du traitement du mot « cartable », on peut activer « car », « carte », comme le prévoit le modèle de la cohorte, dans une première phase.
Mais ensuite on peut activer art, table, tableau (il a laissé son car tableau vestiaire), comme le prévoit le phénomène d'activation de traits acoustiques et phonémiques dans le modèle trace.

II.3>Exemple:
Activations possibles à différents moments de l'audition du mot cartable.

one.jpg


Mots activés:


two.jpg


III. Paradigmes expérimentaux de la reconnaissance des mots parlés
III.1>L'identification perceptive
- Tâche: faire entendre un mot au sujet et lui demander de le reconnaître.
- VD: Réponse orale ou écrite (précision des réponse et temps de réponse).
- Procédure:  Faire varier le rapport signal/bruit (musique par ex)
- Erreurs:  les réponses incorrectes sont souvent des mots formellement proches. En cas d'erreur, la fréquence du mot fourni comme réponse est plus élevée que la fréquence du mot stimulus. (à la place de « val » (rare) on peut entendre « bal » (fréquent)).

III.2>La décision lexicale auditive
- Tâche: décider le plus rapidement possible si la séquence sonore constitue ou non un mot de la langue.
- VD: temps de réponse depuis le début de la prononciation du mot jusqu'à sa prononciation complète.
- Procédure: On entend un son et on doit répondre « oui » ou « non » si on pense que ça appartient à la langue
- Résultats: Temps de réponse (sensible à la fréquence orale des mots et à la densité phonologique du stimulus).
- Plus un mot a de voisins phonologiques et plus sa reconnaissance est ralentie (ex: droiture, voiture, toiture, etc...)

III.3>La répétition
- Tâche: faire entendre un mot au sujet et demander de le répéter le plus rapidement possible.
- VD: temps de réponse (souvent les sujets répètent le mot avant de l'avoir entendu complètement)
- Procédure: le sujet à un casque et un micro (très sensible); le temps est calculé entre le début de la séquence et le début de la prononciation du mot calculé sur les premier phonèmes.
- Résultats:
Temps de dénomination: sensible à la complexité phonétique du mot et à sa fréquence dans la langue.
Effet lexical: les mots sont plus vite prononcés (donc reconnus: assemblage phonologique) que les non-mots.

III.4>Le dévoilement
- Tâche: faire entendre un mot au sujet et lui demander de le reconnaître (appui sur un bouton).
- Procédure: les mots sont présentés par fragments de plus longs (30 ms chacun), jusqu'à présentation complète du mot; ex:« ou » puis « oub » puis « oubli » puis « oublier »
- Permet de mesurer la quantité d'informations sensorielle nécessaire pour reconnaître un mot.
- Résultats: permet de repérer le point d'identification du mot qui varie en fonction de la structure phonémique et syllabique des mots.

III.5>La détection de phonèmes
- Tâche: faire entendre un mot ou un non-mot. Le sujet doit reconnaître un son particulier du mot. (ex: son « A » dans le mot rivage).

requi-copie-1.jpg
C'est plus efficace quand on connaît une langue (faciliterait l'apprentissage d'une langue par la discrimination phonologique).
- VD: Vitesse de détection d'un phonème en fonction de sa place dans le mot
- Procédure: équivaut à une tâche de recherche de lettre dans une séquence écrite (cf cours sur reconnaissance des mots écrits, Reicher etc...)
- Résultats: le sujet se base sur les propriétés infralexicales du mot (effet de supériorité du mot); permet de montrer dans quel segment du mot les phonèmes sont le mieux reconnus (antérieurs au point de vue de l'unicité, mieux reconnus...)


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