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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 14:41

I. L'erreur fondamentale d'attribution (Ross)

C'est la tendance des individus à sous estimer les explications externes (ou situationelles) au profil des explications internes (ou dispositionelles)

Voici un chercheur en Neuropsychologie cognitive du CNRS  :

                         3957855.jpg

    Il est peut-être en vacances et teste la coutume locale... Pourquoi ce ne serait pas possible? ;-)



On se souviendra volontiers de l'émission passée il y a deux semaines sur France 2 inspirée de l'expérience de Milgram et revisitée par Beauvois sur le pouvoir de la télé, intitulée "le jeu de la mort".

Récapitulatif:

La plupart de mes amis non-psycho m'ont dit (et ils ne doivent pas être les seuls) : "Mais ils sont tarrés ces gens, ils ont pris des malades pour leur expérience. Attends moi j'aurais jamais fait ça! C'est dingue de voir le nombre de cons!"

Comme si tous les gens chez Milgram et chez Beauvois sélectionnés étaient des dangereux psychopathes!!

Pourquoi le quidam pense qu'il ne pourrait jamais être un "bourreau" ou un " lâche sans personnalité" comme les sujets naïfs de Milgram ou dans le jeu de la mort de France 2?

Ou aussi ils diront pour l'expérience de Zimbardo, (Rappel ICI) qu'ils n'auraient jamais agis comme les gardiens.

=>C'est car les individus donnent  plus d'explications personnologiques ou « dispositionnelles » (ils vont chercher l'explication dans l'acteur) que d'explications situationnelles (ou contextuelles).

Nous privilégions donc les explications idiosynchratiques : comportement (ce qu'on fait) et renforcement (ce qui nous arrive) à défaut du contexte!

Excellentes illustrations sur le lien suivant :
http://psychologies.canalblog.com/archives/2009/09/23/15174953.html

II. Expérience

C'est l'expérience faite en TD.

Matériel expérimental: ICI.

Résultats

En moyenne on a une préférence des sujets pour le questionnaire numéro 4 et le questionnaire le moins apprécié est le questionnaire numéro 1

III. La norme d'internalité

Jellison & Green (1981)

« Ce serait l'expression d'une norme sociale qui fait accorder plus de valeurs aux sujets ayant rempli le questionnaire de manière interne, ça renverrait à une norme d'internalité.

- Cela vient de l'éducation « c'est bien vu d'endosser la responsabilité de ses actes ».

- Cette culture prédomine en Europe de l'Ouest et Amérique du Nord. Le rôle de la famille est important car il inculque l'éducation et les valeurs.

- Les internes sont mieux évalués pour la réussite sociale que les externes (il faut assumer ses actes).Cela marche même lors d'un entretien d'embauche.
- On trouve des individus plus internes (ou externes) que d'autres.

Leur hypothèse

« Si l'internalité est socialement valorisée, les évaluateurs devraient juger plus favorablement, les individus ayant répondu au questionnaire de manière interne que ceux ayant répondu de manière externe. »

Résultats

Les résultats montrent que conformément à leur hypothèse les individus les plus internes (les plus normatifs) sont jugés plus favorablement que les autres.
On pourrait dire que c'est un « biais préférentiel » pour les internes.

III.1>L'effet "PIP" (primus inter pares)

« Je suis comme les autres mais en mieux »

C'est la tendance que nous avons à nous percevoir un peu mieux que nos pairs en général mais surtout dans nos points forts.
Les sujets répondent en tant qu'évalués au questionnaire d'internalité.

Répondez en votre propre nom

Répondez au nom de la moyenne des autres individus


Hypothèse

"Si l'effet PIP est vrai on utilisera plus d'arguments internes (ou énoncés normatifs) en notre faveur car ils sont lus favorisés,  et plus d'externes en faveur des autres."

Résultats

Conformément à l'hypothèse les sujets donnent plus de réponses normatives quand ils répondent en leur propre nom qu'en nom d'autrui.
Les sujets sont "conscient" de la valorisation sociale des énoncés internes et l'utilisent stratégiquement pour servir leur intérêts. S'il n'en étaient pas conscient il ne l'utiliseraient pas de manière stratégique.

Il y a des « clairvoyants » (qui connaissent cette valorisation sociale) et d'autres non.
=> Cf entretien d'embauche (méthode de coaching)

 

III.2> Paradigme de l'auto-présentation

Le sujet répond en tant qu'évalué au questionnaire d'internalité, on demande à des sujets de répondre de manière à se faire bien voir par un évaluateur ou de répondre de manière à se faire mal voir par l'évaluateur.
Hypothèse

"Si l'internalité est socialement valorisée alors les sujets répondront plus par des arguments internes dans le but de se faire bien voir."

Résultats

Les sujets donnent plus de réponse internes lorsqu'ils doivent donner une image positive d'eux-mêmes qu'une image négative.
=> Les sujets sont donc conscient (ou perçoivent) du caractère socialement désirable de l'internalité.

 

III.3>Paradigme des juges (Jellison & Green)

On présente aux sujets des réponses de sujets fictifs à des échelles de LOC. Les sujets placés en position de juges préfèrent les sujets fictifs qui fournissent des réponses internes.

Belle illustration du paradigme des juges (cf vidéo) ICI

 

III.4>Résumé

Les explications internes sont socialement désirables
La prévalence des explications internes peut-être considérée comme l'expression d'une norme sociale: la norme d'internalité

La valorisation socialement apprise des évènements psychologiques (comportements + renforcements accentuant le poids de l'acteur comme facteur causal).

 

stop.jpg

                             Lui c'est sûr il est pas "clairvoyant"

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