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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 19:04

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L'hypnose suggera à Freud avant même la découverte des résistances que le sujet possède en lui des souvenirs, des réminiscences, qu'il pensait avoir oublier. Cela peut être des souvenirs précis, des comportements refaisant surface..
Mais Freud constata de lui même les limites de l'hypnose (de plus il n'aimait pas ce procédé "mystique"). Il continua donc la méthode cathartique de Breuer persuadé qu'on pouvait faire ressurgir des souvenirs à la conscience.

Freud fait donc le pari de ramener les souvenirs inconcients en laissant le sujet dans son état normal: 

J'agis de même avec mes malades. Lorsqu'ils prétendaient ne plus rien savoir, je leur affirmais qu'ils savaient, qu'ils n'avaient qu'à parler et j'assurais même que le souvenir qui leur reviendrait au moment où je mettrais la main sur leur front serait le bon. De cette manière, je réussis, sans employer l'hypnose, à apprendre des malades tout ce qui était nécessaire pour établir le rapport entre les scènes pathogènes oubliées et les symptômes qui en étaient les résidus. Mais c'était un procédé pénible et épuisant à la longue, qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive.


Je ne l'abandonnai pourtant pas sans en avoir tiré des conclusions décisives : la preuve était faite que les souvenirs oubliés ne sont pas perdus, qu'ils restent en la possession du malade, prêts à surgir, associés à ce qu'il sait encore. Mais il existe une force qui les empêche de devenir conscients. L'existence de cette force peut être considérée comme certaine, car on sent un effort quand on essaie de ramener à la conscience les souvenirs inconscients. Cette force, qui maintient l'état morbide, on l'éprouve comme une résistance opposée par le malade.

 

On peut voir dans cet extrait Freud mettre en évidence le processus de résistance quand un sujet essaie d'amener un élément refoulé à la conscience.

Pourquoi Freud abandonne-t-il la méthode cathartique?

 

 

Incapable d'en sortir, je m'accrochai à un principe dont la légitimité scientifique a été démontrée plus tard par mon ami C. G. Jung et ses élèves à Zurich. C'est celui du déterminisme psychique, en la rigueur duquel j'avais la foi la plus absolue. Je ne pouvais

pas me figurer qu'une idée surgissant spontanément dans la conscience d'un malade, surtout une idée éveillée par la concentration de son attention, pût être tout à fait arbitraire et sans rapport avec la représentation oubliée que nous voulions retrouver.

Qu’elle ne lui fût pas identique, cela s'expliquait par l'état psychologique supposé. Deux forces agissaient l'une contre l'autre dans le malade ; d'abord son effort réfléchi pour ramener à la conscience les choses oubliées, mais latentes dans son inconscient ; d'autre part la résistance que je vous ai décrite et qui s'oppose au passage à la conscience des éléments refoulés.

Si cette résistance est nulle ou très faible, la chose oubliée devient consciente sans se déformer; on était donc autorisé à admettre que la déformation de l'objet recherché serait d'autant plus grande que l'opposition à son arrivée à la conscience serait plus forte. L'idée qui se présentait à l'esprit du malade à la place de celle qu'on cherchait à rappeler avait donc elle-même la valeur d'un symptôme. C'était un substitut nouveau, artificiel et éphémère de la chose refoulée et qui lui ressemblait d'autant moins que sa déformation, sous l'influence de la résistance, avait été plus grande. Pourtant, il devait y avoir une certaine similitude avec la chose recherchée, puisque c'était un symptôme et, si la résistance n'était pas trop intense, il devait être possible de deviner, au moyen des idées spontanées, l'inconnu qui se dérobait. L'idée surgissant dans l'esprit du malade est, par rapport à l'élément refoulé, comme une allusion, comme une traduction de celui-ci dans un autre langage.

 

Ce que Freud nous dit ici c'est que rien ne se fait par hasard dans la cure (puis dans les actes et le langage par extension..), les idées du sujet sont déterminées: déterminisme psychique.

Il nous dit aussi que le plus la résistance sera importante, plus le refoulé sera déformé. Mais il y a toujours une ressemblance du symptôme à l'idée refoulée.

Lacan dira plus tard que "L'inconscient est structuré comme un langage".

Avec le mot d'esprit et sa métaphore des deux commercants malhonnêtes, Freud nous explique que l'idée refoulé fait son retour de manière déformée pour passer la barrière de la résistance (ou censure) et ne pas être refoulée à nouveau. Les idées substitus des sujets surgissent à la place des souvenirs refoulées et en sont le déguisement.

 

 

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La méthode des associations libres

 

Suivons l'exemple de l'école de Zurich (Bleuler, Jung, etc.) et appelons complexe tout groupe d'éléments représentatifs liés ensemble et chargés d'affect. Si, pour rechercher un complexe refoulé, nous partons des souvenirs que le malade possède encore, nous pouvons donc y parvenir, à condition qu'il nous apporte un nombre suffisant d'associations libres. Nous laissons parler le malade comme il lui plaît, conformément à notre hypothèse d'après laquelle rien ne peut lui venir à l'esprit qui ne dépende indirectement du complexe recherché. Cette méthode pour découvrir les éléments refoulés vous semble peut-être pénible; je puis cependant vous assurer que c'est la seule praticable.

 

Il arrive parfois qu'elle semble échouer : le malade s'arrête brusquement, hésite et prétend n'avoir rien à dire, qu'il ne lui vient absolument rien à l'esprit. S'il en était réellement ainsi, notre procédé serait inapplicable. Mais une observation minutieuse montre qu'un tel arrêt des associations libres ne se présente jamais. Elles paraissent suspendues parce que le malade retient ou supprime l'idée qu'il vient d'avoir, sous l'influence de résistances revêtant la forme de jugements critiques. On évite cette difficulté en avertissant le malade à l'avance et en exigeant qu'il ne tienne aucun compte de cette critique. Il faut qu'il renonce complètement à tout choix de ce genre et qu'il dise tout ce qui lui vient à l'esprit, même s'il pense que c'est inexact, hors de la question, stupide même, et surtout s'il lui est désagréable que sa pensée s'arrête à une telle idée. S'il se soumet à ces règles, il nous procurera les associations libres qui nous mettront sur les traces du complexe refoulé

 

Freud explique qu'un complexe est un ensemble de représentations liés ensemble et chargées d'affects. Toujours suivant le principe du déterminisme psychique, si on fait l'hypothèse que tout ce que dira le malade ne sera pas du au hasard mais à la dynamique de son inconscient, alors il est possible par le biais d'associations librement définies par le sujet ( d'où le psychanalyste qui insiste : "et ça vous fait penser à quoi?") de redécouvrir le complexe qui a été refoulé.

Les jugements critiques ("c'est asurde" ou "ça n'a rien à voir") forment par excellence les résistances du sujet on l'encourage donc de ne pas tenir compte de cela.

Le plus intéressant c'est que là ou il y a résistance, il y a retour du refoulé qui essaie de se frayer un chemin!  Quand il y a résistance on touche à quelque chose. Plus il y a résistance plus on touche à quelque chose!

 


 

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