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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:58

 

 

Réflexion générale:

« Pourquoi l'échec affecte autant l'estime de soi et pourquoi les individus ont tellement besoin de protéger leur estime de soi quand ils échouent? Intellect, beauté...

Une des pistes de réflexion actuelle suppose une survalorisation de l'intelligence dans la société. L'intelligence est la valeur par excellence que tout le monde souhaite posséder. Elle est avant tout perçue comme une disposition stable: on viendrait au monde avec une quantité déterminée d'intelligence (stéréotype), ce qui expliquerait les succès mais aussi les échecs. Or cette conception de l'intelligence est très « pathogène » pour l'individu. »

Ce n'est pas parce qu'on parle bien qu'on est intelligent!

 

I. Intelligence et modèles de l'intelligence; modèles de la cognition

Les modèles de l'intelligence sont basés sur les modèles cognitifs au sens large. On sait qu'il y a par exemple un rapport entre intelligence et mémoire. Cela donne des capacités intellectuelles corrélées les unes avec les autres.

 

L'évaluation des fonctions intellectuelles repose sur une théorie de l'intelligence:

- Il n'existe pas de définition abstraite de l'intelligence

- L'intelligence c'est mettre en pratique des capacités adaptatives qui résultent d'aptitudes (Thurnstone)

- Ces aptitudes représentent l'efficacité fonctionnelle de différents processus cognitifs (exemple: degré de perception, ou d'attention)

 

Les modèles classiques de l'intelligence sont donc des modèles de l'efficience intellectuelle. (Avant quelqu'un d'instruit i était forcément intelligent)

Toutefois , ces divers modèles supposent tous une architecture mentale qui se traduit par l'existence d'aptitudes ou de facteurs de l'intelligence.

Il existe ainsi parmi ces modèles des modèles factoriels et des modèles hiérarchiques et non hiérarchique de l'intelligence..

- Factoriels: Car ils décrivent l'intelligence comme une mosaïque d'aptitudes.

- Hiérarchiques (ou non): car les facteurs ou aptitudes ont un rôle général ou au contraire spécifique et qu'ils sont considérés comme dépendants les uns des autres (modèles hiérarchiques) ou au contraire indépendants (modèles non hiérarchiques).

 

II. Théorie globale de l'intelligence: Binet & Simon (1905-1911)

II.1>Conception générale

La difficulté à définir l'intelligence incite à une approche empirique de celle-ci. On l'évalue à partir de multiples tâches, représentatives de ce qu'un individu connaît et de ce qu'il sait faire à un âge donné. Binet et Simon envisagent le développement.

Pour Binet, l'intelligence est une faculté générale qui repose sur des processus de haut niveau (comme le raisonnement abstrait, le langage, etc) et qui résulte de la synthèse de multiples capacités dans des domaines très divers, sensori-moteur, spatial, numérique....

Cette conception sera également retenue par Wechsler lors de la conception de la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale)à la fin des années 1930. ON est en à la WAIS III.

 

II.2>Age mental et le QI

Pour mesurer le niveau intellectuel des enfants, Binet crée la notion d'age mental: De la sorte, un enfant peut avoir un âge mental en retard ou en avance par rapport à son âge réel.

Pour évaluer cette avance/retard, Stern (1920) utilisera le rapport entre l'âge réel et l'âge mental: c'est le concept de QI. En multipliant ce rapport par 100, le QI normal est égal à 100. EN dessous cela indique un retard et en dessus une avance dans le développement intellectuel.

Toutefois ce calcul du QI n'a plus de sens chez l'adulte puisque l'âge mental n'augmente plus après 16 ans: le QI de Stern ne peut plus donc être étudié chez l'adulte.

La mesure de l'intelligence de l'adulte fait référence à un étalonnage normalisé par classe d'âge. La moyenne est fixé à 100 et l'écart type à 15 dans l'épreuve de Wechsler.

 

III. Théories factorielles de l'intelligence

Très rapidement cependant, l'intelligence est conçue comme une mosaïque d'aptitudes.

Entre 1904 et 1927, Spearman (inventeur du coefficient de corrélation), à partir de la méthode d'analyse factorielle et qu'il vient d'inventer, propose un modèle bifactoriel.

Ce modèle bifactoriel, comporte un facteur commun à toutes les épreuves (le facteur g pour "général)" auquel s'ajoutent des facteurs spécifiques qui lui sont subordonnés

Rappel: parmi les modèles factoriels il y a les modèles hiérarchiques et non hiérarchiques

 

III.1>Les modèles non hiérarchiques

Pas de hiérarchie entre les aptitudes

Thurnstone met en cause la validité du facteur g et invoque un modèle dit des aptitudes mentales primaires représentés par 5 facteurs spécifiques: verbal, spatial, numérique, fluidité verbale et raisonnement, qui ne sont pas hiérarchisés.

Le modèle proposé ultérieurement par Guilford comporte quant à lui même 150 facteurs!

Chaque facteur est défini par 3 dimensions : les opérations cognitives; le format des informations; leur organisation.

Les modèles de Thurnstone et Guilford ont été critiqués sur deux points:

- Le rejet du facteur g

- Le nombre de facteurs qui dépend de la méthode d'analyse factorielle utilisée( qui ne donnent pas les mêmes résultats à partir des mêmes données)

 

III.1.1>Intelligence fluide, Intelligence cristallisée (Cattell)

Cette distinction serait utile pour élaborer des tests indépendants de la culture (dits « culture free »). En effet les performances aux tests d'intelligence sont fortement déterminés par le niveau de scolarisation, la langue te le contexte culturel en général. On réduirait cette influence en employant des épreuves spécifiques de la mesure d'intelligence fluide. Il n'existe malheureusement pas de tests absolument indépendants de la culture et l'ambition d'en construire a été largement abandonné. Le WAIS a été adapté à chaque culture (par exemple les japonais ont plus de facilité à traiter les symboles abstraits). Bref, c'est délicat.

 

Avec la collaboration de Horn, Cattel suggère un nouveau modèle qui comporte 9 aptitudes à large spectre.

001-copie-2.jpg

IV. Les modèles hiérarchiques

Pour dépasser l'opposition Thurnstone/Spearman, Gustafsson puis Caroll élaborent des modèles qui conservent le facteur g ainsi que des facteurs de groupe et des facteurs spécifiques, mais selon trois niveaux hiérarchisés.

 

IV.1>Modèle hiérarchique des aptitudes (Gustafsson)

psychometrie002.jpg

 

 

V. Intelligence et processus cognitifs

Les conceptions de l'intelligence ont été influencées par les travaux de psychologie cognitive (que ça touche les travaux sur la perception, la mémoire...)

On en retiendra deux exemples:
- Théorie de Gardner et théorie de Stenberg

- L'analyse des composantes du facteur g

 

Avec le développement des recherches en psychologie cognitive, ces modèles ont évolué vers des conceptions plus fonctionnelles qu'une simple description structurale en terme d'aptitudes ou de facteurs.

Cette nouvelle conception met en avant 4 principaux domaines de l'activité cognitive identifiés à partir d'analyses factorielles:

 

Compréhension verbale

Organisation perceptive

Mémoire de travail

Vitesse de traitement

 

La conception de GARDNER  s'oppose radicalement aux modèles factoriels en affirmant.

Il existe des formes d'intelligence multiples qui sont indépendantes les unes des autres.

 

VI. Les formes de l'Intelligence

VI.1>Formes d'intelligences multiples (Gardner) 

 

multiple-intelligence

1> Intelligence verbale(capacité de comprendre et de produire un langage)

2> Intelligence logico-mathématique (capacité d'utiliser et d'évaluer des relations numériques, causales, abstraites ou logiques

3> Intelligence spatiale (capacité de percevoir, transformer et recréer des informations spatiales)

4> Intelligence musicale (capacité de comprendre un message musical)

5> Intelligence kinesthésique (Capacité de contrôler les différentes parties de son corps pour résoudre des problèmes ou produire des choses)

6> Intelligence interpersonnelle (on pourrait la comparer à l'intelligence « émotionnelle ») (capacité de reconnaître et distinguer les sensations, les croyances et les intentions d'autrui

7>Intelligence nitra-personnelle (capacité d'élaborer une représentation de soi-même et de s'appuyer sur celle-ci pour décider des actions les plus appropriées à entreprendre)

8>Intelligence naturaliste: Capacité de comprendre le monde naturel et d'y agir avec efficacité.

 

VI.2>La théorie triarchique de Sternberg

Il  met en avant l'existence de trois formes distinctes d'intelligence:

Analytique

Pratique

Créative

 

Pour Sternberg les performances intellectuelles reposent sur:

- Les processus cognitifs qu'elles mettent en jeu (aspect componentiel de l'intelligence)

- L'expérience antérieure du sujet (aspect expérientiel, par ex la familiarité avec la tâche, le degré d'expertise).

- Le contexte auquel elles s'appliquent (aspect contextuel), à travers des processus d'adaptation, de sélection et de transformation.

 

VI.3>L'analyse des composantes du facteur g

C'est le niveau général en gros d'une personne. Il met en évidence deux aspects important du fonctionnement cognitif:

La vitesse de traitement d'une part

La capacité de la MDT d'autre part

VII. Coomment évaluer l'efficience intellectuelle et le fonctionnement cognitif?

L'évaluation de l'intelligence ne peut être directe, faute de savoir précisément définir ce qu'est l'intelligence.

En réalité l'intelligence est appréhendée à partir du comportement produit en réponse à un stimulus (item du test).

Cette réponse est censée traduire l'effet d'un facteur hypothétique qu'on appelle en psychologie un « construit »

Ce que l'on mesure n'est pas donc l'intelligence en elle-même mais l'efficacité avec laquelle l'individu utilise ses potentialités intellectuelles. C'est l'efficience intellectuelle qu'on mesure pas l'intelligence (question examen: peut on mesurer l'intelligence?)

C'est pourquoi la plupart des tests comportent plusieurs échelles qui mesurent à partir de comportements différents:

- Les connaissances du sujet

- Son efficience dans des tâches « intellectuelles » variées, représentatives de son activité intellectuelle courante.

=> Cette activité intellectuelle reflète des prédispositions innées, des acquisitions relevant de divers types d'apprentissage et la qualité de son fonctionnement cognitif. Ainsi les apprentissages nous « aident » à être intelligent.

 

Composition de l'échelle (WAIS III, 2000):

 

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