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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 22:59

 

Théorie de la séduction (ou théorie du traumatisme sexuel, "neurotica")

 

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Dans le traitement de ses malades névrosés, Freud voit revenir quelque chose de récurent: Un ou des traumatismes sexuels qui seraient intervenus durant l'enfance.
Dans « Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défenses » en 1896, Freud en s'intéressant à leur étiologie nous dit que les symptômes de l'hystérie (de conversion), de la névrose de contrainte (névrose obsessionnelle), de l'hystérie d'angoisse (névrose phobique) sont les conséquences du processus de refoulement. Il souligne que le refoulement est un mécanisme de défense (inconscient) pour mettre à l'écart une représentation inconciliable avec le Moi.
Il tente aussi une approche de certaines psychoses mais on ne développera pas cela ici.

Ce qui est important de noter c'est qu'au départ Freud entend que reviennent conscients des scénarios ayant pour couleur des traumatismes sexuels qui seraient vécus dans l'enfance.
Il dit de l'hystérie «l'hystérie est déterminée par un incident sexuel primaire survenu avant la puberté, qui a été accompagné passivement, c'est à dire de dégoût et d'effroi » et de la névrose de contrainte « chez l'obsédé, ce même incident a été accompagné de plaisir ».

Névrose selon le sexe:


- L'hystérie est plus fréquente chez les femmes car elles seraient plus sujettes à des attouchements vécus passivement et avec effroi. La pénétration serait à l'âge tendre un vécu terrible pour une enfant.
- La névrose obsessionnelle est plus plus fréquente chez les hommes car il ne s'agit pas d'un acte vécu  passivement avec effroi mais activement avec plaisir (masturbation de la verge par une bonne d'enfant par exemple). Dans l'après coup le fait d'avoir participer activement et d'avoir pris plaisir à cela devient les reproches de l'obsessionnel.

Freud dit que la nature de la névrose sera fonction du traumatisme vécue et qu'un garçon peut être victime de pénétration, qu'il sera sujet potentiel au développement d'une hystérie et qu'une fille peut ressentir du plaisir à certaines stimulations et qu'elle sera sujette potentielle au développement d'une névrose de contrainte.

D'ailleurs de par cette théorie initiale une expression restera célèbre: « L'hystérie est au féminin ce que la névrose obsessionnelle est au masculin »


On a longtemps reproché à Freud qu'il ne devait pas croire aux fictions des malades qu'il traitait mais il répondait : "Le scénario semble tout le temps revenir... dans la seule situation de la psychanalyse"!!! et « Pour l'instant il n'y a que la psychanalyse qui peut rendre conscient ce qui est inconscient».

 



Le doute

 

Dans une lettre à son ami Fliess Freud lui confie: "Je ne crois plus à ma neurotica car dans chacun des cas il fallait accuser en général le père de perversion, une telle généralisation de ces actes envers des enfants semble peu croyable et puis surtout il n'existe aucun indice de réalité dans l'inconscient de telle sorte qu'il est impossible de distinguer la vérité et la fiction investie d'affect".

 

 

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                                                              "S.Freud et W.Fliess"

 

 

Malgré ces théories qu'il devait abandonner, Freud avait repéré que le refoulement est un processus universel, autant chez le névrosé que l'individu sain, mais que l'apparition d'une névrose apparaissait lorsqu'il y avait eu échec du refoulement.

Il est aussi important de noter que le refoulement suppose une causalité à deux temps:

- Refoulement originaire (ou primaire): l'événement traumatique auquel l'enfant n'a pu réagir adéquatement, est resté inscrit dans le psychisme, prêt à faire sentir ses effets comme un problème non résolu.

- Refoulement secondaire: c'est au moment de la puberté où la question sexuelle doit être reprise que le traumatisme, réactivé, joue son rôle pathogène. Son refoulement sera d'autant plus nécessaire que l'excitation, à ce moment de la puberté, sera forte, et c'est donc là le refoulé qui fait retour sous forme de symptôme. Il va falloir refouler à nouveau ce "retour du refoulé". La manière que va avoir le sujet pubère à affronter la sexualité va lui permettre ou non d'effectuer un refoulement secondaire correct, s'il échoue c'est le symptôme.

 

"C'est dans l'après coup que vont agir les traumas de l'enfance".

 



 

Théorie de la sexualité infantile (théorie du fantasme)

 

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Il est très important de lire cet ouvrage de Freud "Trois essais sur la théorie sexuelle"  ne serait-ce que pour comprendre d'où lui vient sa théorie des pulsions.

 

Après son premier essai sur les perversions universelles (dont nous reparlerons plus tard quand nous nous intéresserons à la pulsion), Freud attire, dans le deuxième essai notre regard sur la sexualité infantile.

La lecture du chapitre précédent (sur les perversions adultes) donc est essentielle pour comprendre ce que Freud entend par sexualité. Inutile de rappeler pour une énième fois que sexualité (au sens de Freud du moins) n'est pas réductible à génitalité ou coït.

 

Il commence à dénoncer le déni des adultes, des scientifiques, des auteurs quant aux activités sexuelles infantiles puis parle tout de suite après et j'adore ce passage (page 95 du folio de poche), de l'amnésie infantile, une période où la mémorisation des informations sémantiques est efficiente mais celles des informations épisodiques déficientes (excusez moi pour mon ironie d'introduction de langage cognitiviste), Freud le dit autrement bien entendu:

 

"Mais comment se fait-il que notre mémoire reste tellement à la traîne par rapport à nos autres activités psychiques? Nous avons pourtant des raisons de croire qu'à aucune autre période de la vie elle ne sera mieux d'enregistrer et de reproduire que précisément pendant les années d'enfance".

« Cette amnésie est analogue à celle des névrosés ».

 

Il va décrire les manifestations, les buts de la sexualité infantile et des stades de sexualité

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Les manifestations de la sexualité infantile

- Le suçotement (pouvant être accompagné d'une « masturbation génitale »),et  l'autoérotisme qui l'accompagne: bien évidemment le suçotement exclue la finalité alimentaire et peut être interprété comme la reviviscence active tant qu'à faire ce peu du plaisir de la tétée. On le constate souvent avant l'endormissement.

« La satisfaction sexuelle est le meilleur des somnifères »


L'autoérotisme: mise en évidence de l'étayage des pulsions sexuelles sur les pulsions d'autoconservations. N'est ce pas plus le désir du sein que le besoin de nutrition que recherche l'enfant? La pulsion est dite autoérotique car elle ne connait pas encore d'objet mais le seul corps de l'enfant.

Le but sexuel infantile

Freud nous dit qu'elle répond à la pulsion et que son but est d'apaiser la tension (déplaisir) et que la satisfaction a du au moins être vécue une fois pour laisser derrière elle le besoin de répétition.

 

« Nous pouvons nous attendre à ce que la nature ait pris de solides précautions pour ne pas laisser cette expérience de satisfaction au hasard ».


Le but sexuel est donc de substituer à la sensation de stimulation projetée sur la zone érogène une stimulation externe qui suspende la sensation de stimulation interne en provoquant la sensation de satisfaction (comme la succion).

 

Les stades de la sexualité infantile

Pour arriver au but le moyen c'est la masturbation. Par cela Freud définit plusieurs stades de la sexualité infantile.


- Oral: on vient de le voir (sein et suçotement)

- Anal (ou sadique-anal)

- Phallique

- Génital à la puberté.

 

"L'enfant est un pervers polymorphe" 

L'enfant dispose de toutes les aptitudes requises pour la perversion, il ne se comporte en aucune autre sorte de manière différente que le pervers adulte. S'il le met aussi facilement en acte c'est qu'il ne dispose que de faibles résistances non encore élaborées (pudeur, dégoût, morale ne sont pas encore bien établis)

 

"A cet égard l'enfant ne se comporte pas autrement que la femme moyenne inculte, chez qui subsiste la même prédisposition perverse polymorphe. Dans les conditions habituelles, celle ci peut rester à peu près normale sexuellement mais sous la conduite d'un habile séducteur, elle prendra goût à toutes les perversions et en maintiendra l'usage dans ses activités sexuelles."

 

Les recherches sexuelles et théories infantiles 

 

Il y a une vrai pulsion épistémophile (pulsion de savoir) de l'enfant à tout ce qui touche la sexualité: d'où viennent les enfants? Le complexe de castration. La théorie de la naissance, la conception sadique du rapport sexuel.

 

Pourquoi Freud s'est il interéssé à ça?

 

Le résumé que je fait de "Trois essais sur la théorie sexuelle" nous sert à ouvrir le prochain chapitre sur la théorie fondamentale Freudienne : la théorie de la pulsion.

C'est de par la reflexion rigoureuse sur les "perversions" (attention aux faux amis), de la sexualité infantile et des métamorphoses de la puberté (les trois essais du livre donc) que Freud va en venir à la théorie de la pulsion.


Qu'est ce que la pulsion? En quoi peut-elle participer à la vie psychique (saine ou névrotique)? Quel(s) destin(s) pour la pulsion. Ce concept métapsychologique sera abordé dans l'article suivant.

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