I. Expérience de Tafjel & Billing & Bundy & Flament
L'objectif de cette expérience était de montrer que la simple induction expérimentale d'un clivage d'une population en au moins 2 groupes « minimaux » et de peu d'importance (pas
d'opposition sur des positions sérieuses, des idéaux ou des valeurs par exemple il se différenciaient par leur goût sur une couleur plus claire ou plutôt foncée) conduisait les individus à
favoriser leur groupes et défavoriser l'autre.
Le fait de diviser une population en deux, même si c'est anodin induit des comportements discriminatoires.
Ca peut être « garçons VS filles », « étudiants VS enseignants » etc...
paranthèse: les médias semblent très friand de ce clivage quand il s'agit de faire passer un message négatif sur une personne ou une communauté la majoration de ce clivage est de mise!
Cette catégorisation, qu'on vérifie tout simplement au niveau de la perception (cf psychologie cognitive), l'individu la fait pour rendre son environnement complexe plus simple c'est à dire
« simplifier le réel ».
Mais c'est un peu plus complexe que cela.
On observe un phénomène d'assimilation/contraste
• L'assimilation est une sous estimation des différences entre les éléments d'une même catégorie
• Le contraste est une surestimation des différences entre des éléments de catégories différentes.
Tafjel (1963) le met en évidence avec l'expérience suivante:
• Dans la condition H on a attribué des catégories aléatoires A et B
• Dans la condition N pas de catégories
• Dans la condition C, on a 2 catégories A et B en opposition (soit A les « petites lignes » et B les « grandes
lignes »)
→Dans les conditions H et N les sujets perçoivent simplement des mêmes différences de longueur entre les lignes.
→Mais dans la condition C ils surestiment les différences entre les lignes « d » et « e » par exemple (catégories différentes » et sous-estiment les différences entre les lignes « c » et « d » par exemple (mêmes catégorie).
Autrement dit, une même différence de longueur, lorqu'elle implique 2 lignes de la même catégorie, est estimée comme étant inférieure à une même différence de longueur impliquant 2 lignes de
catégories différentes.
Ce principe d'assimilation/contraste se retrouve aussi chez les sujets sociaux (individus) mais il y a une grande différence: Ici en plus d'une dimension cognitive il y a une dimension
motivationnelle qui est l'identité sociale (on va forcément se retrouver dans une catégorie d'individus).
II. Le biais de favorisation intragroupe
Il consiste à favoriser les membres de son groupe au détriment des membres de l'outgroup opérant sur le jugement social:
« Nous les femmes, nous sommes plus intuitives» ou « Nous les hommes nous sommes plus attentifs »...
Ceci est valable sur les cognitions mais aussi sur les comportements.
L'outil de prédilection pour mettre en évidence le biais de favoritisme intragroupe : les matrices de Tafjel.
Dans notre groupe de TD nous avons utilisé ces matrices: ICI
Comme Tafjel, nous avons utilisé deux critères arbitraires.
Ici il s'agissait de la préférence esthétique sur des tableaux de Kandisky et Kleen.
Comme Tafjel nous avons fait le pari que classer les étudiants sur 2 critères arbitraires (ici la préférence esthétique) devrait conduire les sujets à favoriser leurs groupes en dépit de l'autre
groupe.
Voici nos résultats (les scores attribués):
|
Intra Inter Outgroup 10,1 7,25 7,8 |
Lecture des résultats:
1> La comparaison des choix intergroupes avec les choix intragroupes et le choix hors-groupe montre que par opposition au choix intergroupe, les moyennes des choix intragroupes et horsgroupe se situent tout près du point d'équité maximale de la matrice (soit 7,5).
2>D'autres résultats montrent que les sujets qui favorisent l'endogroupe sont largement majoritaires
III. Conclusion
La simple répartition des sujets en deux groupes (même si le clivage est anodin) entraîne des discriminations entre les membres des deux groupes.
De toute évidence, la catégorisation sociale n'est pas juste un principe d'organisation. Elle est capable de créer un comportement discriminatoire.
Pourquoi favorise-t-on notre groupe au détriment de l'autre?
Tafjel (1972): En favorisant l'intragroupe, les individus cherchent à attribuer à leur groupe une valeur positive contribuant ainsi au maintien où à l'élaboration de leur identité sociale.
Tafjel & Turner (1979 puis 1985) ont énoncé les deux principes de la théorie de l'identité sociale:
On a besoin d'avoir et de préserver une identité sociale
On y arrive en faisant des comparaisons favorables entre l'endogroupe et l'exogroupe.
Le « bonheur financier » par exemple ne serai-il pas plutôt le fait de gagner plus qu'autrui plutôt que de gagner bien tout simplement?
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